[?sr> ANNALES SCIENCES NATURELLES QUATRIEME SERIE ZOOLOGIE I ^ Paris Imprimerie dt L. MARTINET, nie Mignoo , 2, ANNALES DES SCIENCES NATURELLES COMPRENANT LA ZOOLOGIE, LA BOTANIQUE L'ANATOMIE ET LA PHYSIOLOGIE COMPARÉE DES DEUX RÈGNES ET LHISTOIUE DES COUl'S OKGAINISliS FOSSILES RÉDIGÉES pou; 1,* zuoLuciR PAR M. MILNE EDWARDS roui I.A IIOTANKIDE PAR y\y\. AD. BRONGNIART ET J. DECAISNE i (Ji AT mi: ME SÉRIE ZOOLOGIE TOME yii r'-* y LIBKAIHIE DE VICTOK MASSON fLACb Dt L'LCULE-Dt-MËDECmE 1857 ANNALES DES SCIENCES NATURELLES PARTIE ZOOLOGIQUE HISTOIRE L'ORGANISATION ET DU DÉVELOPPEMENT DU DENTALE , Par le D' H. LACAZE-DI'TDIERS , Professeur de zoologie y la Faculté des sciences de Lille. (Suite.) VI. APPABEIL DE LA CIHCULATIOK. Nous revenons maintenant aux organes de la nutrition, dont l'élude eut dii !oj;iqiienieiit être com|ilélée d'abord : si leur histoire a été iiiterronipue, c'est qu'il était nécessaire de connaître le plus grand nombre pdssible d'organes, al'm de mieux juger de la dispo- sition de ra|ipareil (|ui sert à l'irrigation organiiiue. La circulation et la respiration dans le Dentale |)résentent des pai'licularilés t'Iranges , que l'on ne trouve que rarement dans les autres animaux. Le cMcur n'existe pas; les branchies manquent à peu ])rcs ou sont ti'ès rudimeiitaires ; aussi doit-on prévoir des mo- dilications organiijues en rapport avec ces conditions spéciales. La respii'atidu, lorsqu'elle est localisée dans un organe particu- lier, eniraine aprcs elle des dispdsiliiins à |ieu prèsconslantcsdans ra|i|iareil de laciicnlaliim. Lors doric que des modilications aussi iuipoi'tanles (|iie celles qui viennent d'être indiipiées se montrent, on doit s'attendre à des changcmenis considérables. I-a iietile circulation n'a pas de raison d'èlrc . et la disprition 6 H. LACAZK-IIL'TUIERS. de l'organe central d'impnlsioii apporle nne perturbation dans toutes les autres eondilions de rappareil. On le i)ressent déjà , les résultats (pii vont suivre ne peuvent se trouver d'accord, avec ceux (pie MM. .Dcshayes et W. Clark ont fait connaître. Il est inutile d'analyser maintenant d'une manière générale leurs travaux; il est prélérab'e de discuter leurs opinions, quand l'histoire des particularités organiques se présentera. En abordant l'étude des organes de l'irrigation organirpie, j'é- prouve un certain embarras. Dans les animaux où les appareils sont complets, on établit habituellement des divisions classiques bien connues ; on déci'it le centre d'impulsion , et, parlant de lui, on va, suivant les vaisseaux, dans toute l'économie, puis on revient au point de départ, et l'appareil se trouve complètement et métho- diquement étudié. Ici ce n'est plus la même chose ; il faut aller un peu au hasard, et, je dois l'avouer, (piand j'ai commencé mes reclierelies, j'ai eu des dirticidtés extrêmes. .Me rapportant aux choses habituelles, je cherchais partout le cœiu', poui' en |iartir et reconnaître les vais- seaux principaux ; ipie l'on juge de mon embarras en l'ace de cette anomalie, que j'étais loin, je l'avoue, de sup|)oser en voyant MM. Desliayesel W. Clark assigner chacun non-seulement la |)osi- •tion, la lornie du cœur, mais encore le nombre de ses pulsations. L'on ne doit ilonc pas s'attendre à trouver ici les divisions sco- lasliques habituelles : (piel(|ues vaisseaux, quelques grands el vastes sinus sanguins, dpn lacuncsû;\n&\e reste de l'économie, voilà ce (pie nous avons à étudier successivement. Que l'on remarque la différence des choses: pas de cu'ur, partanl pas d'artères, pas ûe, veines. La distinction entre ces deux espèces de canaux man- quant com|ilétemenl , il n'est pas possible d'établir une marche bien précise dans les descriptions. L'élude des sinus sera la première, puis viendra celle des vais- seaux ou canaux peu nomlireux qui méritent ce nom, et enfin celle des lacunes ou vacuoles remplies de sang; un aperiMi général de la circulation tei'uiinera, il sera conmie un résumé général où les connexions de toutes les parties de l'appareil seront examinées et •indi(|uéesavec soin. ORGA.MSATIOM Ul DENTALEi f § I". — Des sinus. J'appellerai ainsi de «ramles cavités, fort dilatées et dilatables, occupant des positions constantes , et remplies haliiluelleinent de lirpiide. J'en trouve ciin| principales, auxquelles les noms mêmes des parties qu'elles avoisinoiit peuvent èlre conservés. L'une occupe tout le pied, c'est le sinus pédieux; l'autre entoure l'anus, c'est \e sinus péri -anal ; un troisième s'étend sur toute la (ace inférieure du corps, en arrière de l'anus, c'est \e sinus génital ou abdominal; un autre entoure la cavili'' de l'appareil lingual , je le nomme \e sinus péri-lingual ; lui autre, placé au-dessus du pé- doncule de lalionclip, vers les gaufilioiis céphaliques, recevra le nom ûe sinus sus-œsophayien : ce nom peut lui être donné, en rai- son de sa position dorsale et de ses rapports avec les ganglions que l'on nomme sus-œsophagiens. 1° Sinus pédieux (1). — Quand on fait une fente au pied, on tombe, cela a été iu(ii(pié déjà eu parlant du système nerveux, dans une cavité ipii semble occuper tout l'organe de la locomotion. Celte cavité se reconnaît facilement; mais elle devient bien plus éviilente rpiand, faisant simplement une pi(p"ire dans un point quel- conque, on pousse une injeclion dans son intérieur. Si l'on a un animal convenablement mort cl préparé, on voit bientôt le pied se gonder, firendre la couleur de l'injection, et se dilater, en dessinant joules les fnrmes de ses lobes, comme s'il était gondé natiu'ellcnii'ul |iar l'animal. C'est à celle cavité, qui occupe à la fois tout le pied et ses lobes, que je dorme le nom de sinus pédieux. Sur un animal mort dans le relàclieuKMit, après l'empoisonne- ment par l'acide cyanliydri(pie, les parois du \)'m\ sont peu épaisses; il s'en faut de beaucoup (lu'iîlles soient ainsi lorsque l'animal se contracte quand il est encore vivant. Nous reviendrons plus loin sur la (lisposiliou des vaisseaux ih". ses parois, si laut est (lu'cui [iuis.se lui tiouv(.'r des vaisseaux. I,;i ri\\\\r est essenliislleiucut ((/ Voyez AiM. dent, mi., i' sériu, Zoui. , t. VII, |]|. i, liy, i (rf], 8 B. LACJtzE-DurnieRs. variable pour sa capacité, et son élend\ie change avec l'état de relâchemenl ou de eoniraclion du pied. 2° Sinus péri-anal. — Lorsqu'on injecte le sinus pédieux, oo remarque que la coloration devient plus vive dans le talon , et que cela est dû à ramincissenient des parois dans ce point. Le sinus devient presque sous-cutané. La matière à injection passe alors dans les parties du corps postérieures au pied , et remplit le second sinus, celui qui entoure le gros tube, et le renflement bulbaire de la dernière portion du tube digestif, au-dessous de l'orifice en boutonnière, dont la description a été donnée pré- cédemment. Ce sinus est des plus importants à bien connaître, il mérite une étude des plus attentives; on en verra bientôt la raison. On le trouve l'acilement ; sa [lositiou en arrière du talon, autour de la dernière partie du tube digestif, ne peut mani|uer de le taire découvrir; il est plus large en arrière qu'aux côtés de l'orilicc anal, et à une courte distance des différents orifices un étrangle- ment le sépare du troisième sinus, qui a été nommé sous-abdomi- nal ou génital (1). Nous verrons plus tard ses rapports, ses connexions, ses conununications ; pour le moment, indiquons les dispositions toutes particulières (pi'il pn'sente. Si l'on détache avec grand soin , et le plus près possible , la paroi du sinus autour de l'orifice en boutonnière, on voit, ipiand on n'a poussé (pi'une petite ijuantité de matière, que le bulbe anal est entouré par l'injection jus(|u'au rectum dans le voisi- nage du diaphragme postérieur. Si, à l'aide d'une aiguille, ou en- lève peu à |)eu la matière grasse, sans rompre les tissus, ou voit bientôt que la cavité de ce sinus est traversée en tous sens par des Irabécules ou filaments blanchâtres, qui rayonnent du centre à la circonférence; qu'au centre est le tube large (jui fait suite au bulbe sur leipiel ils s'insèrcul; ipi'à la circonférence les organes formant les parois du siruis reeoivent leur terminaison ; (prenliu le bulbe est comme suspendu par eux dans la cavité du sinus. (1) Voyes iiin. des w. »«{.. i' série, ZouL.t. Vil, pi. î, tig. 1, 1, i (")■ URGANISATION DU DENTALE. '.> C'est In un (nh important, et qui servira, je l'espère au moins, à expliquer comment peuvent avoir lieu certains mouvements du tube anal et de son orifice : mouvements qui ont été vus et comp- tés, mais mal interprétés par M. W. Clark. 3° Sinus abdominal (1;. — Quand on a ouvert le manteau sur la ligne médiane et rabattu ses lambeaux, on voit au milieu du corps, depuis l'étranglenient qui limite en arrière le sinus péri- anal, jusque pres(}uc à l'orifice du pavillon ou du sommet, un tube large, transparent, qu'il est toujours extrêmement facile de remfilir avec de la matière à injection. Au travers de ses parois minces et du li(|uide incolore qu'il contient, on voit en arrière les glaniles génitales d'un blanc jaunâtre , et en avant ijuelques portions du foie : c'est; le sinus génital ou abdominal. Il est long et de moins en moins large, à mesure que l'on s'é- loigne davantage de l'étranglement antérieur qui le sépare du sinus péri-anal : c'est le plus développé de tous les sinus. Sur .ses côtés, quand on l'a distendu avec de la matière à injec- tion et alors il t'ait saillie comme un bourrelet longitudinal dans la cavité du manteau), on voit comme de toutes petites dépressions correspondant aux intervalles de chacun des lobes de la glande génitale. Il semble que la paroi du sinus abdominal soit retenue du côté du dos de l'animal par des [)a(piets de libres (pii sont muscu- laires, et qui probablement ont pour but de l'aire contracler le sinus et de rap|iroclier sa paroi inréricurc du dos. Quand le sinus n'est pas rcnq)li de matière à injection, on voit par transparence, dans les points correspondants à ces paquets fibro-musculaires, des creux (pii ressemblent à de juMils trous : ce sont les espaces inlerlobulaires de là glande génitale. A l'extrémité, vers le .sommet, le sinus se termine en un tout petit cul-de-sac. Il' Sinus péri-lingual ('2^. — Kn taisant la description du tube digestif, on a vu rpje la langue , et loul ra|)pareil musculo-carlila- (I) Voyez Ann de» »c. nul., i« htIc, Zuol,, 1. Vil, |il. :!-i, (i^'. ( L. (i, /(i., tii. \ [.j. n'j. iO a. LAtAZE-DUTBIEIlS. 'ginenxqiii lui coiTespnnd, csl placée dans une poche indépendante des organes de la digeslion , el parfailement distincte du pied en dessous on des organes génitaux et hépatiques en arrière. Quand on pousse les injections convenablement dans certains points, on renianpie <|nc les lii|uides se répandent tout autour de la niasse njiisculo-earlilagineuse de la langue; que la conche de nialière à injection est infiniment plus considérable en dessous qu'en dessus, qu'elle est ii peine sensible du côté du dos. On se rappelle que, en étudiant la poche linguale, il a été dit que l'une des difficnllés de la préparation était les soudures et le rapproche- ment des parois du corps et de la cavilé linguale. Or, l'espace laissé entre les deux n'est autre chose que le sinus péri-Ungual, dont la capacité est d'autant plus considéraide, (pie l'espace qui sépare les deux parois est lui -même plus grand. Ce sinus péri-lingiial est constant, il ne peut être mis en doute, et je l'ai toujours reconnu (piandj'ai l'ail pénétrer jusqu'à lui la matière à injection. 5° Sinus sus-œsophagien (\). — Il y a loin des iunïienses poches précédcnles au petit réservoir cpii va être niainlenant décrit. J';ivouo que le nom de siints est à peine applicable, si par lui on entend une cavité relativement aussi grande que celles des sinus décrits. Mais, comme dans la partie dorsale du tube digeslif se trouve un véritable renflement, où viennent aboutir de nombreux vaisseaux , et dans lequel sont logés des organes importants, on ne doit pas hésiter à considérer ce petit sac sanguin connne un siinis véritable. Son histoire est bien intéres- sante, car elle csl , on peut le dire, celle du point le plus central et le plus parfait de l'appareil de la circulalion. Sa préparation est délicate et dilfieilc ; elle réussit ordinaire- ment assez bien ; mais pour voir nellemeni les choses, il faut ll.xcr l'animal snrla face dorsale, rabalh-e le pied en avant, el le manteau étant reployé en arrière sur le corps se présente alors par sa face in- terne dans sa position naluiclle. Avec du soin et beaucoupd'atten- (I) Voyei AiM. des se. nat., i' série, t. Vit, pi. '.! el 3, Gg. i (g) : pi. 4, fig.4 (a). ORGANISATION BV DENTALE. H (ion, on déchire les parois à la base du bulbe buccal , et l'injection, poussée par la déchirure , péurlro aiséuieut cl colore les parlies. Alors se poulie le pclil sinus, (|ui se nioulre (Milre les deux replis tentaculaires en arrière du pédicule du niameiou buccal, en avant du manteau. Que l'on ouvre avec soin (l) celle petite cavité, et qu'on la débarrasse de la inalière à injection, on trouvera dans son inté- rieur i sans parler encore de ses communications) les deux gan- glions céi'ébroïdes part'ailement isolés , il sul'lira , pour bien les voir, d'enlever de la matière grasse colorante. On verra aussi les nerfs (|ui en naissent pour se rendre dans les dilïérentes par- tics, et qui ont été déj'i indiqui's avec soin. Tels sont les sinus principaux. Peut-être pourrait-un trouver encore (juehpjes autres iieliles dilatations, lonuant comme des ré- servoirs au licpiitle sani;iiin; mais elles n'auraient pas une impor- tance telle, qu'elles pussent mériter une description spéciale. § II. Des vaisseaux. Décrire des vaisseaux avant tonte indicalion d'un organe cen- tral, cela parait et doit paraître chose singulière; mais cependant il est impossible d'agir autrement, et il est impossible surtout de ne pas prendre d'abord, afin de les étudier isolément, les choses qui paraissent les plus évidentes. Los vaisseaux bien limités cl méritant ce nom ne sont qu'au nundjre de deux, y compris leuis ramilicati(ms. Ils sont l'un et l'autre logés dans le manteau, et i-ap|iellcnl teni à fait les artères et les veines des animaux doni la circidation se [)asse dans un appa- reil complet. Stu" le mamelon buccal, sur les côtés de la base du pied et dans l'épaisseur des rc|)lis lentacidifères, on rencontre en- core quelques vaisseaux ; mais leurs parois sont si peu dislineles, si peu limitées, fpi'il y a nnc grande difTi'iTuce avec les deux pré- cédenls. 1° Faisseiiu pallcal inférieur moyen. — O vaisseau se l'ait l'cmarqner sans aucimc pi'éparation ; aussi a-l-il c\r iuilii|U(' par .M. W. (;lark. et ou le reconnail tlans li's dessins de .\l. Uesliayes. (1) Voyez .Intl. des se. nat., 4'^ série, Zool., t. VII, pi. 3, lig. 2 (o). 12 H. LACAZK-UUIIIIlitti*. On le voit dès que ranimai est débarrassé de sa coquille, et qu'on l'a placé sur le dos (1). Il oeeu[)ela li};ne médiane de laparlie Iranspa- renle du tube, depuis l'origine du pavillon jusqu'à la partie placée en face du talon du pied, là où elle présente une sorte de rétrécisse- ment ou d'élranglement transversal. Pour le voir avec plus de netteté, il faut [lousser un peu d'eau dans le manteau, qui tout de suite se gonfle et devient d'une grande Iransparence. Quand on veut le rendre encore plus évident , on doit clierclier , avec ime se- ringue bien fine, à faire pénétrer luie matière colorante dans son intérieur. Mais pour réussir dans cette préparation, il est néces- saire que l'animal soit complélemeiit mort cl qui^ son corps ne porte aucune blessure. J'aidonnéà cet égard, en commençant, des indications suffisantes. Quand on se place dans de bonnes conditions, on voit la ma- tière à injection suivre surtout le vaisseau ]ialléal moyen inférieur d'arrière eu avant. Il est, au contraire, liien |ilus difiicile de la faire marcher vers l'e.vtrémité postérieure. Cependant ou y réussit, et l'on peut observer alors comment il se termine en avant et en arrière. Le vaisseau palléal est coni(pie et parlaitemeiil régulier, ses bords sont droits; son diamètre est traulaiil plus grand qu'on l'examine plus près delà base du pied. Arrivé en avant à l'étranglement du manteau ("2 , il scbifuique brusquement, et ses deux divisions, de plus en plus volumineuses, acquièrent un diamètre plus considérable que lui- même. Ses deux branches (3; se portent syuiélriqiiemcnl à droite et à gauche, en décrivant une légère courbe à concavité postéiienre, et en suivant luie direction générale [ici'pendiculaire à celle de l'axe de l'animal. Elles pénètrent lalcM'alement dans le corps, en face du talon du pied et de l'orilice poslérieiu' de la digestion ou bulbe anal. Quand nous suivrons le sang dans l'économie, nous verrons quelles ramificalions secondaires parlent de ces divisions, et quels (1) Voyez Ann. des se. uni., 4' série, Zool. , t. VI, pi. 11, fig. 1 (g). (2) Id., i. VII, pi. 2, fig. 1 , 7' le point par où l'on VT10N IX IIKMALK. \o rapports imporlants ces branches ont avec la partie fort riclic en vaisseaux sanguins placées en avant d'elles. En arrière, le tube, devenant de plus en plus grêle, s'approche du bourr(!let terminal et là se hiluniue comme en avant. Ses deux branches se séparent perpendiculairement et entourent d'un petit cercle la terminaison du tube ou manteau. Ces deux ramifications ne peuvent être reconnues que par des injections, en raison de leur délicatesse et de leur transparence. 2° Vaisseau palléal moyen dorsal , et ses rameaux (1). — I.e second vaisseau, bien évident, que l'on injecte avec la plus grande facilité, est encore placé dans l'épaisseur des parois du tube du manteau ; mais cette l'ois du ctMé du dos, dans la portion qui est libre, depuis la soudure, avec le corps en arrière du pédoncule du iTiamelnn buccal, jusqu'au bord libre du tube. Ce vaisseau palléal antérieur est gros et bien nettement limité. Il s'étend sans flexuosités, comme le précédent, du sinus sus-œso- phagien au bourrelet charnu musculaire qui termine en avant le tube du manteau. Dans ce trajet, son diamètre diminue peu; aussi est-il presque cylindrique. Arrivé au bord postérieur du bourrelet du manteau, il diminue brusfjuement, en donnant trois branches : l'une médiane, grêle, (]ui continue la direction en droite ligne, et les deux autres, qui suivent le bord postérieur du bourrelet, en faisant comme un cercle vasculaire en arrière du muscle sphincter qui le forme (2). Ces deux branches se séparent à angle droit, et se portent à droite et à (tauche, en descendant siu- le côté inférieur du tube ; là elles ont luie tendance à marcher à la rencontre l'ime de l'autre, mais elles s'épuisent, et, bien (|u'on reconnaisse encore peut-être un |)eu leur trajet, elles ne sont plus aussi e.xaetcnient limitées, elles se confondent avec les vaisseaux capillaires du manteau. Quanta la branche im|)aire(3), qui continue le vaisseau palléal mwjen (lursal , clh- traverse 1(! bourrelet perpendiculairement et ar- (() Voyez^nn. de»je.na«.,4'»(Srie,Zooi. .1, Vll.pl. .'li't i, fi^. IfM.fig. 2 d). (î) M., pi. 2, 3. Cg. t (a), {«'). (31 lil.. pi. 3, fiit. I ((.' . \ll H. i.*caze:-diitbiers. rive à la lamelle l'eslonnée mince, que l'on n vue former une colle- rette à la base des lobes du pied. Là elle se divise en deux branches, qui se séparent perpendiculairement à la direction primi- tive à gauche et à droite, et qui siiivcnl la base de cette bandelette, en décrivant l'une cl l'autre une circonférence (2) autour du bord antérieur du bourrelet. Ces deux branches marchent tout à fait parallèlement à celles que nous avons vues se détacher les pre- mières et longer le bord postérieur du même bourrelet. Ces vaisseaux s'injectent assez facilement, et l'on peut très bien voir que le bord libre de l'orifice antérieur du manteau se trouve ainsi parcouru par deux canaux circulaires parallèles. Les deux branches terniinales de la bifurcation antérieure four- nissent des petits rameaux secondaires perpendiculaires à leur di- rection, qui se dirigent dans la lamelle festonnée, et qui bientôt, dans chaque feston ou ondulation du bord, s'y distribuent comme les filaments d'une petite houppe; on les distingue facilement par les injections, maison en perd bien vite les dernières ramifications. Je pourrais dire ici, comme pour les sinus, qu'il y a bien encore quelques vaisseaux à déciire ; mais ils sont peu nombreux, et ils n'offrent plus celte régularité qui permet de les comparer en tous points aux vaisseaux des animaux plus parfaits. Je les indiquerai en étudiant la marche du sang. 3° Des lacunes. — Ce nom seul rappelle des discussions et des critiques vives, habilement présentées et dirigées contre des tra- vaux dont la valeur n'a été cependant nullement diminuée. Ces attaques, souvent partiales, ne pouvaient faire disparaître des faits incontestables. S'il est un Mollus(jue présentant des lacunes, c'est bien certaine- ment le Dentale. On a entendu et l'on entend par lacunes les espaces laissés entre les organes ou les éléments des organes , dans les(iuels le sang, apporté par le système artériel, tombe et se répand pour être ensuite rapporté aux centres circulatoires par les veines, qui souvent ne sont plus représentées que par les gros troncs. (1) Voyez Ann. des se. nat., 4* série, Zool., t. VII, pi. 3, fig. 1 (a'). ORGAMSATIOM DU DE?(TALK. 15 Le système des canaux sanguins, liabitiiellement si bien circon- scrit, et continu avec lui-même, semble préscnicr un hiatus. Entre les artères et les veines, il y a les espaces inlerorçraniques du corps , qui servent de capillaires. Voilà ce i]u"a avancé M. Milne Edwards dans ses beaux travaux sur la circulation du Mollusque. Bojanus lui-même , en ('■tudiant l'organe auquel les anatomistes ont attaché son nom, avait pressenti que le système des canaux était incomplet dans ces animaux. Dans un rapport très remarquable et 1res habilement fait, M. Robin a critiqué la théorie de la circulation lacunaire, et si je ne me trompe , tous les arguments contre l'existence des lacunes se résument à un seul que nous allons examiner (1). >Iais d'abord un mot sur les lacunes du Dentale. Lorsque l'on pousse les injeclions par une blessure failc dans un point quel- conque , on arrive toujours à remplii- plus ou moins directement quelques-uns des vaisseaux ou des sinus qui vicnnenl d'cire décrits; c'est surtout dans la partie postérieure du corps (luel'on trouve ces espaces sanguins. En pi(]uanl les téguments entre les muscles rétracleurs placés sur le dos, et en poussant uul matière colorée restant fluide, comme de l'eau colorée en bleu par exemple, on voit qu'on peut la faire cheminer en la poussant par les pressions modé- rées que l'on exerce sur elle, et alors on reconnaît que le liquide contourne les lobules des glandes génitales, les environne de toute part , absolument comme s'ils étaient isolés , et forme de petits îlots dans une cavité générale. Que l'on fasse revenir l'injection sur ses pas, (pi'on la pousse de nouveau en avant, et (aniôt plus abondante, tantôt moins, la figure du réseau sera changée. Y a-t-il là quelque chose qui rappelle des capillaires? Nullement. Cela est si vrai , que l'on trouve trois longues lacunes dorsales, correspondaid aux intervalles laissés entre eux par les muscles rétracteurs (2 > des lacunes son! déchirées et déchiquetées irré- (4) J« laisse de côté lliislorique de toute la dijcussiun soulevée devant l'Aca- démie des sciences : cela me conduirait trop loin , je ne fais allusion ici qu'au tra- vail le muinà ancien et le plus sérieux. (2) Voyez i4>in. deiic. uat., 4' tcric, ZooL.,t. VU, pi. 2,f)g. 1 (<,5,i'j ; pi. 4, fig. i (t.Jj. 16 n. E.ACAZE-DUTUIERS. gulièrement sur leurs bords, et on pourrait presque les décrire comme des sinus ; on trouve sur les côtés du corps, en dehors des nuiscles rétracleurs, dans le point où s'insère la partie transpa- rente du tube du manteau, une nouvelle série d'espaces irréguliers (jui entourent de toute part les extrémités des lobules latéraux des glandes génitales , et qui forment encore là comme de nouvelles grandes et longues lacunes. Les culs-de-sac sécréteurs du l'oie laissent entre eux (1) des espaces qui, bien que coupés par de toutes petites travées fibreuses, tendues d'un élément du foie à l'autre, n'en sont pas moins des interruptions ou lacunes bien évidentes ; la forme et la direction de ces espaces sont, on le devine, déterminées par les dispositions que présente la glande hépatique. Il est très facile de les remplir de matière à injection. Dans les parois du bulijc l'Si ou mamelon buccal on injecte , avec la plus grande facilité, en faisant pénétrer les liquides par le sinus sus-œsophagien , un réseau à mailles fort irrégulières , très grandes, et qui, pour peu que la matière à injection soit en quan- tité considérable, colore presque complètement la partie, non pas par la multiplicité des conduits , comme cela a lieu dans les animaux supérieurs, où des injections fines, bien enfermées dans des capillaires fort nombreux, donnent en définitive une teinte uniforme à tout l'organe, mais par le volume des espaces lacu- naires où s'accumule la matière à injection, et qui fait disparaître les traînées de substance interlacunaire. On a comparé, avec raison, à une éponge le tissu des Mol- lusques; il semble, en effet, que les tissus qui unissent les parties entre elles soient déchiquetés irrégidièrement, formés de filaments, qui laissent en s'entre-croisant des espaces vides, dans lesquels circule le sang. Ces espaces sont-ils des vaisseaux , sont-ils des lacunes.' Voilà la question qu'il s'agit de résoudre maintenant, et non-seulement pour le point où l'on vient de voir les lacunes les plus évidentes, mais même pour les parties de l'économie, comme (1) Voyez .i4n». des se. nal., i' série, Zooi,,t. Vil, pi. 2, flï. i. ^ (2} W., pi. î, %. iipl. i.Ûs. 2(c}. ORGANISATION DD DENTALE. f7 le pied et le manteau, où les tissus paraissent plus semblables à ceux des animaux supérieurs. Dans les parois du pied , constituant les limites du grand sinus pédieux , on trouve encore des lacunes ou espaces laissés entre les libres musculaires feutrées ou entre -croisées dans tous les sens; et l'on peut dire que le tissu du pied est véritablement aréolaire comme une éponge. Dans le manteau (1), il y a peut-être une apparence de capil- laires ; mais quand on y regarde de près, on ne trouve plus de véritables vaisseaux bien limités. Cependant on com[)rend que, dans cette partie du corps, qui est mince et très contractile, la forme des lacunes, ou des espaces interfibrillaires, soit plus sem- blable à celle des capillaires ; on a vu, du reste, qu'il y avait des vaisseaux bien distincts dans cette partie du corps. Revenons maintenant à la question que j'ai soulevée. Y a-t-il ou n'y a-t-il pas de lacunes? Dans l'opinion de M. .Milne Edwards, trouvons-nous qu'il ne doit et ne peut y avoir de vaisseaux dans le corps des Mollusques? Non : ce serait forcer la conséquence de faits analomiques vrais, incontestables, mais aussi très variables avec les espèces, qu'il a fait connaître. Il suffît de lire les travaux et de voiries dessins que le savant professeur a publiés pour reconnaître des réseaux de vaisseaux même assez parfaits. Mais il s'agit de savoir si réellement, dans quelques points de l'organisme, les grandes cavités où tombent les injections sont bien réellement des espaces entre les organes, ou des vaisseaux, excessivement dilatés, formant les sinus, dans l'acception du sens que l'on donne à ce mot en analomic des animaux supérieurs? Le Dentale me paraît fournir des preuves irrécusables en faveur de la circulation lacunaire. Les arguments contre la circulation lacunaire se réduisent, 11 faut bien le dire, à un seul, auquel il semble difficile de repondre, («) Voyeï .^im. de» le. tia(., i' Bérie, Zool., t. VII. [il. 2, 3, 1, et les dlffé- reniea figures, dont une peiilc porlion du manleou n iHé rcpriiscntée iiijoclée poui* ne pùj Ic3 câmpliiiuct'; on doiUuppu&er, dûns tout là maiiuau, des fuseaux s«mblelj!cs. i' série Zool. T. VI!, (Cahier d« 4.) H J Id B. LACJIZE-DIITHIERS. car il a été habilement choisi ; le voici : Ces espaces, que l'on appelle lacunes, ne sont autre chose, dit-on, que des vaisseaux dilatés, ayant toujours des parois reconnaissablcs par la présence de l'épi- thélium caractéristique de la surlace interne des canaux sanguins. Coupez les tissus, cherchez l'épithélium , et vous le trouverez. Si je ne me trompe, l'argument est spécieux, car il est bien difficile de ne pas rencontrer presque partout des éléments cellulaires qu'on pourrait toujours dire être une parcelle d'épithélium. Comment dans les Mollusques, dont le tissu est si facilement décomposable en éléments cellulaires , comment ne pas rencontrer constanmient des cellules? Mais dans la cavité du pied du Dentale, dans le sinus œsophagien, on trouve les ganglions nerveux flottant librement. Le sinus n'est donc ici véritablement qu'une cavité très considé- rable, une lacune autour des organes. Voit-on sur les ganghons nerveux, sur les nerfs qui en partent, l'épithélium indiqué comme caractéristique? Je ne le pense [las. Mais mieux que cela : dans ces parois spongieuses du pied , que l'on prenne les lilamenls muscu- laires qui les forment, et qui laissent entre eux des espaces remplis de sang dans lequel ils baignent, que l'on cherche un épithélium cellulaire, si les espaces sont des vaisseaux, et si ceux-ci sont toujours caractérisés par la couche épithéliale, les fdaments muscu- laires devront être revêtus par les cellules; je crois pouvoir alTir- nicr que cela n'est pas. A la surface des organes de la repro- duction, on trouve une nicndjrane mince, pellucide, anhiste, et cela se voit aussi dans quebjues Acéphales faciles à étudier. Dans la Bucarde, par exemple, y a-t-il un épithélium? Je ne le crois pas davantage. Dans son ensemble l'appareil de la circulation du Dentale se rapproche beaucoup de celui des 3Iollusques , tel (]ue l'a décrit M. Edwards, c'est-à-dire que les parties veineuses et les capil- laires n'existent pas ou sont très incomplètes ; et que , dans ce dernier cas, elles sont remplaci-es par les espaces interorganiques ou lacunes iouant et remplissant le rôle de capillaires. C'est avec intention (pie j'ai parlé des sinus d'abord, des vais- seaux ensuite, et enfin des lacunes. 11 en est de même de chacune ORGANISATION DU DEKTALE. 'i9 de ces parties de l'appareil circulaloire. Je n'ai présenté que les faits principaux, laissant de côté les petites dilatations secondaires, les vaisseaux de peu d'importance, ainsi que les lacunes qui ne méritent pas une attention parlieidière. .Maintenant, en suivant le liquide nourricier dans tout le cor|)S, en le prenant dans un point pour le conduire dans l'or^ranisme et le ramener au point de départ, tout ce qui n'a pas été indiqué trouvera naturellement sa place, et ce qui était resté incomplet se sera de la sorte complété. Dans les considérations générales d'une haute portée qui pré- cèdent l'exposé dos faits relatifs à la circulation, M. >Iiine Edwards a montré que la présence des lacunes était la conséf|uence de ce principe si remarquable de la division du travail. Plus une fonction se localise et devient parfaite, [ilus l'appareil qui lui correspond, s'isole des autres et devient l'apanage exclusif de la fonction toute seule ; prenant les animaux inférieurs comme point de départ, le savant pi-ofesseur a montré que l'aiipareil de la circulation et celui de la digestion avaient d'abord des connexions telles, que l'un faisait suite à l'autre ; |)uis il a fait voir comment se compliquaient successivement les deux ordres d'organes, s'isolaient et devenaient plus parfaits en ne répondant plus iju'à une seule l'onction distincte. Dans les discussions qui ont été l'objet de nombreuses publica- tions, on n'a jias niaiu|ué de faire ifssorlir qu'd n'était pas possible de tirer des preuves de rapprocbcnienls d'êtres aussi éloignés que k*s Méiluses, par exemple, et les Mollusques, et que les faits pré- sentés |)Our les uns n'étaient point en rapport avec ceux que mon- traient les autres. J'accorderais, si on le veut, que cela est vrai; mais que dire aux faits qui vont suivre, quand je montrerai que la division du Inivail [)bysiologif|ue est si peu avancée , dans l'organe de la circulation du Dentale , porte , on invo- quait l'analogie des animaux supérieurs, diez qui l'on ne voit pas manquer un organe, ne serait-il pas permis de dire que l'on établit les mêmes rapprochemcnls que ceux que l'on critiquait dans des conditions précédenles d'une si grande importance, et qui ont conduit M. le professeur Milne Edwards à décrire la circulation incomplète et lacunaire des Mollusques, et à formuler le principe de la division du travail physiologique. Prenons maintenant le sang dans un point de l'économie , et suivons son trajet; plus lard nous verrons comment il faut expli- quer son mouvement, nous en dierclierons la cause. Pour plus de simplicité, pour éloigner surtout toute cause d'er- reur, que l'on enlève avec soin l'animal de son test ; que l'on distende le tube du manteau par un peu d'eau , on verra alors le vaisseau (1) palléal moyen intérieur; que, dans le milieu delà longueur, avec une aiguille bien effilée, on déchire la paroi ; qu'on pousse ensuite la matière à injection par la déchirure, on la fera peu à peu avancer, et l'on jiourra la suivre dans le reste du corps. Dans le manteau on apercevra sans difficulté le vaisseau jusqu'à sa bifurcation. En avant de ses deux branches, dont la direction est exactement fà part une légère courbe) perpendiculaire à l'axe du corps, on verra un i-ésean de petits vaisseaux capillaires (]ui se rem- plit presque constamment, et la matière à injection tombera sans difliculté des deux brandies transverses dans les parties profondes. J'ai toujours remarqué (pie la partie antérieure s'injecte même très avant dans le tube du manteau avec la plus grande facilité, tandis que , au contraire , l'injection n'arrive que plus difficile- ment du côté du pavillon jusqu'aux deux vaisseaux très grêles qui suivent le sillon de séparation du bourrelet du pavillon et du tube du manteau. Une chose frappe aussi (]Uand on pousse les injections dans le Vaisseau palléal ; c'est la facilité avec laquelle se remplissent les ramifications placées en avant de la bifurcation; et, au contraire, (<) Voyez Anii. des se nui , i' série, Zotit , t, Vit, p]. S, i, llg. 4 (qr'). ORGAr^lSATION DU DENTALE. 21 combien il esl rare de voir passer la matière colorante dans les parties latérales transparentes du tube du manlcau ; j'ai pourtant réussi à la taire passer dans les capillaires ou réseaux d'un diamètre très petit logés dans l'épaisseur du manteau ; j'appellerai de nouveau l'attention sur ces réseaux, Lesexirémilés des branches debifurcation du vaisseau palléal (1), se courbant en dedans , versent avec la plus grande facilité la ma- tière à injeclioii dans le sinus péri-anal ; une injection, poussée littéralement goutte à goutte dans le vaisseau médian palléal, pé- nètre dans le sinus péri-anal par la seule force de l'afiinité du liquide déjà introduit, et de celui qui est au bout de la canule. En continuant avec beaucoup de précautions et de soins, on ar- rive, en poussant bien doucement, à remplir, non-seulement le sinus péri-anal, mais encore le sinus abdominal, et enfin à voir pénétrer l'injection même dans le pied. On peut, quand on a rempli ainsi les sinus, ce que l'on distingue facilement en rai.son de la transparence des parties, fendre latérale- ment sur le côté le tube du manteau, et renverser le grand lam- beau en dehors. Alors on distingue avec la plus grande évidence les communications du sinus péri-anal (-2) de chaiiue côté avec les branches du vaisseau longitudinal, en avant avec le canal du talon du pied, en arrière avec le sinus médian abdominal. Au- tour de Vorifice anal, cpii semble être un centre, on voit comme une croix furmée par ces diverses connnunicatioiis. Quand on a employé une matière colorante foncée, delà couleur bleue par excni|ile, les ganglions et filaments nerveux, placés sous l'enveloppe cutanée, se font remarquer par leur blancheur sur le fond que forme la matière injectée. L'orifice du bulbe anal lui- même est alors bien plus évident. Lorsque l'animal sur lequel on opère est dans un état de relà- cliement suliisant, et que l'on pousse ru)j('cliou parle sinus mé- dian directement sans avuir commencé jiar le vaisseau jjalléal, on voit que la matière avarice vers l'oriticc ilu bulbe iuial, ([u'elle semble, en l'approchant, se bifurquer, [luis reutomer et se re- (i) Voyw Ann. di-t ec. iml., 4' série, Zuol., t. VII, pi. 2, fig. 1 et 2 (m){b). (2) Jdtm. 2^. H. LACAZE-OUTHIERS. joindre, en avant de lui, pour enfin passer sous les tégumenls du talon, et pour se répandre dans la vaste cavilé inférieure du pied. Il y a donc communicalion entre l'intérieur du ])ied et le sinus péri-anal ; on voit encore la matière remonter dans les branches de bifurcation du vaisseau palléal. En poussant l'injeclion dans le pied par un point quelconque, on arrive toujours dans le sinus péri-anal, et même dans le vaisseau palléal médian inférieur. Ainsi, cavité pédieuse, long sinus abdominal, vaisseau palléal et capillaires ([ui en dépendent, voilà trois ordres de parties évi- demment en rapport les unes avec les autres. Voilà des faits hors de doute, que j'ai constatés i;t reconstatés bien des fois, .l'insisté sur eux, parce que le sinus péri-anal semble être un contluent où se rendent et débouchent toutes les parties de l'appareil de la cir- culation, parce que, ainsi qu'on va le voir, dans ses parois se pré- sentent des particularités fort étranges qu'il est bon d'indiquer. En fendant et ouvrant dans toute sa largeur le sinus abdominal, on voit ses communications avec les parties dorsales du corps (1). Le conduit excréteur des organes de la reproduction forme sa paroi dorsale ou supérieure ; mais entre clia<]ue lobe qui vient verser ses produits , par un canal secondaire , dans le canal principal, il y a un intervalle (pi'occupe un prolongement du sinus médian abdominal, et auquel correspondent aussi des paquets fibreux qui se rendent du dos de l'animal aux parois du sinus. L'insertion de ces paquets musculaires détermine sur la face inférieure, quand le simis est rempli, des dépressions qui cor- respondent à chacun des espaces inlcrlobulaires génitaux. Mais une des communications importantes du sinus abdomi- nal est celle qui s'établit au milieu des éléments du foie ; on se rappelle que le tube digestif descend, après rap[tareil lingual, dans la portion postérieure du corps, en traversant un orifice du diaphragme vertical, f|u'il rentre dans la première cavité viscérale, après avoir fait une anse, sur laquelle s'insèrent les culsde-sac réunis du foie, que les caecums sécréteurs biliaires sont rapprochés (t) Voyez i4iin. des se. nul., 4' série, Zool,, t. VII, pi. 4, fig. 1 (r). OKUANISATION DU DENTALE. 23 sur la ligne médiane, el niùmc que quelques-uns se superposent; mais que cependant ces derniers ne se touclient pas en arrière de l'anse du tube digestif, de telle sorte qu'un orifice (1), à peu près circulaire, se trouve formé entre les deux lobes du foie sur la ligne médiane. Cet orifice est en arrière du sinus péri-anal ; il correspond à peu près à l'extrémité antérieure du sinus abdomi- nal, et par conséquent il est postérieur à celte sorte d'étrangle- ment qui sépare les deux sinus. C'est par cet orifice ijue nous allons voir s'établir une commu- nication entre les sinus [léri-lingual, sus-œsophagien, et le sinus abdominal. Cette communication n'est nuUemenl douteuse; elle est facile à démontrersurun animal bien mort ;inaisquand l'animal est vivant, ses contractions empêchent le liquide de passer par l'orifice fort étroit que présente le diaphragme. Si, après avoir injecté et rempli le sinus inférieur ou abdominal, on tourne l'animal sur le dos, on voit, au-dessous du jioinl où les muscles se réunissent pour for- mer le cercle, au milieu (lu(|ucl une légère élévation indique le cartilage etl'appareil lingual, et où le (iia|)liragme vertical vient se joindre aux léguiiienls du dos, (|ue la nialièri; à injection est placée entre les deux parties de l'anse du tube digestif (2) ; qu'elle vient de la face inférieure en se courbant et diminuant de volume, pour passer entre les deux tubes de l'anse stomacale pur le trou dia- pliragiiiali(iue; qu'elle arrive par l'orifice placé entre les deux -lobes du foie, et que le sinus abdominal et le sinus péri-lingual communiquent ensemble; en effet, du moment que la matière à injcriion a traversé le diaphragme, on la voit se répandre dans la poche qui entoure l'appareil broyeur. Sur le dos de l'animal, entre les muscles (hu'saux, j'ai indiqué trois longues lacunes iiiég(dières, comiMuniiiuant les unes avec les autres par des canaux transvcrscs, l'gah'nii'iil irréguliers; elles ne scmbl(!nt pas avoir de relations avec la partie prolongée du fi) Voyez Ann. des ne. iiat , i' aériu, Zool., t. VI. IManclics relatives à raji- parcil (lu la (JigcsUuii. (i) Voyez Ann. des se. nat., l* sùriu, Zooi,., l. VU, pi. 3 el 4, lijS- i, '•■. Sa n. LACAZE'DCITniEBS. sinus abdominal qui remonte sur le clos pour pénétrer dans la cavité péri-linguale ; c'est surtout avec le sinus abdominal , dans toute la longueur de la partie postérieure du corps, que s'établis- sent les rapports par l'intermédiaire des espaces interlobulaires. Les lacunes interhépatiques, qui ressemblent à des petits vais- seaux, en raison de la disposition des organes qui les limitent, se jettent aussi dans le sinus abdominal. Sur les côtés du corps , c'est-à-dire dans le point d'imion du manteau avec les glandes génitales et même un peu avec le foie, les lacunes secondaires se multiplient et communiquent au dedans avec le sinus abdominal par l'intermédiaire des lacunes génitales, et avec le vaisseau palléal médian inférieur, au moyen d'un réseau très délié, assez difficile à remplir entièrement, et qui occupe toute la partie transparente du tube. Quand on renifdit bien le sinus péri-lingual, on ne manque pas de remar(|uer combien la coucbe est mince et peu épaisse du côté du dos; cela tient au rapprochement du tube digestif et des tégu- ments. Ce fait a déjà été indiqué, je n'y reviendrai pas. Le sinus péri-lingual ne communique pas avec celui du pied (1) ; il est parfaitement limité en arrière par le paquet intestinal, entre les circonvolutions duquel il m'a été impossible, chose curieuse, de pouvoir faire pénéirer jamais une goutte d'injection, et en bas par le diaphragme inférieur ; en avant la commimication avec le sinus sus- œsophagien n'a pas lieu directement , bien que cependant le sang puisse aller de l'un de ces deux sinus à l'autre; mais le pas- sage se fait, du moins, pour les injeclions, bien plus facilement en allant du sinus sus-o'sophagien au sinus péri-lingual. Cela se com- prend : quand on pousse par ce dernier, la poche se dilate et se gonfle, et la matière se ferme le passage à elle-même par la com- pression qu'elle exerce sur les tissus; il est donc mieux delà rem- plir par le sinus sus-œsophagien. Ce qui réussit le mieux pour voir toutes les branches qui parlent de ce dernier sinus, véritable confluent, c'est de pousser Tnijection (1) Voyez -4)1(1. des se. nat., i' série, Zool., t. VII, la figure scliématique < de la pi. 4, très importanle pour la relation des différents sinus. ORGANISATION DU DENTALE. 25 par le vaisseau palléal moyen dorsal. Après avoir rabalfu le man- teau en arrière, on voit facilement ce vaisseau, dont le diamètre est assez grand pour laisser introduire l'extrémilé d'une canule fine. En poussant la matière à injection dans deux directions opposées, les réseaux du manteau, les vaisseaux du bord libre du bourrelet et delà lamelle festonnée, se remplissent très bien, ainsi que le sinus sus-œsophagien avec tous les vaisseaux qui en dépendent, et ici je dois compléter ce qui n'a pas été indiqué dans les descriptions précédentes. Le sinus sus-œsophagien (l) reçoit le sang du mamelon buccal, des replis tenlaculifères et du manteau. Il n'a aucune communi- cation avec le sinus péri-lingual, bien qu'il soit pourtant placé au- dessus de lui. D'abord il se continue sur la face antérieure du pédicule du mamelon buccal, remonte, en se bifurquant, et forme comme deux troncs dans le canal médian des faces mamelonnées. Ces deux troncs dis[)araissent bien vite, en formant un réseau à mailles fort grandes et .à canaux très développés qui couvre toute la surface du mamelon ; ils arrivent jusqu'à la base des franges labiales, dans chacune desquelles ils envoient un rameau (i). Sur la face inférieure du mamelon buccal, il y a un réseau tout semblable qui aboutit aussi à deux gros troncs analogues à ceux de la surface dorsale, et semblablement disposés dans le sillon in- férieur. Ces deux troncs n'en forment bientôt plus qu'un qui s'en- fonce entre le pied et le tube digestif, et viennent tomber ainsi con- fondus dans le sinus péri-lingual en avant du tube digestif (3). On voit donc que les sinus sus-œsophagien et péri-lingual communiquent entre eux, mais par l'intermédiaire du réseau vasculaire du mamelon buccal. Celte l'iehesse du réseau sanguin, (pii couvre le mamelon buccal serait bien faite pour augmenter les i)résomplions (jue la structure avait déjà l'ait naître sur la nature de la sécrétion qui doit se passer dans son intérieur, et qui probablement est salivairc? (1) Voyez Ann. des te. nat., i' série, Zooi,., l. Vit, fig. 2. (2) /-ISATION DU DEMALE. S5 8 dérations génn-atcs et opinionfi des atitfurs. On vient de voir un apiiareil de la cireiihilion bien rndimenlaire auquel des dilalations, des laeinies, des vaisseaux peu marqués, et enliii des orifices extérieurs, donneni, je erois, un eae.het tout par- lieulier. Et maintenant arrive cette ((ueslion ; Où est le c(eur? J'ai trop fouillé dans tous les sens l'économie de ce petit être, j'ai cherché avec trop de soin et de persévérance à suivre les liquides injectés, pour n'être point arrivé à un organe central d'impulsion s'il exis- tait; je me trouve encore l'orcé, comme j'avouais l'êlre pour les ori- fices précédents, d'admettre l'absence du centre d'impulsion. Que faut-il donc penser des opinions de M.M. Deshayes et W. Clark, qui l'un et raulreoiil décrit le cœur? « Des organes de la circulation, dit M. Deshayes, nous avons » reconnu le coïur, qui est s\ inélri(|ue, placé au-dessus de l'eslo- » mac; il est contenu dans un péricarde i)iril'onne , subdivisé in- » férieureinent par un ra[)hé moyen, d'ofi partent quelques rides » transverses régulières ; à la partie antérieure de ce sac, on voit )' un tronc vasculairc qui se dirige vers le col, en se divisant en » deux grandes branches pour chacun des paquets branchiaux. Ils » se subdivisent ensuite en (juatre rameaux dans leurs pédicules. » Nous ne connaissons rien, du reste, de la cinndalion ; mais il est » bien probable ((u'elle a beaucoup d'analogie avec celle des autres » .Mollusques (1). » Je ne puis admellre celte opinion, non fias à cause des raisons doimées |iar.\l. \N . (^lark, (pii l'a criliipii'i', mais [kutc (pie lien ne me paraît la coidirmer. J'engage à voir le travail de M. Desiiayes, à consulter la ligiu'i^ H de la iilaiiche qui raecom|)a.i;ne,elje iieiisc (|u'il ne |)Ourra rester de dont»; |jourpcisoime. Dans celle ligure, on trouvera l'estomac percé par deux lubes grêles appelés vaisseaux biliaires, arrivant dans le voisinage de l'appareil lingual (on sait que c'est bifMi plus bas que se trouve la communicalion du l'oie cl du tube digc.--lil'^ ; ^intc^!ill, rciirésciiN' par uu long lubc droit, allant au pavillon, et ainsi de suite; les nerfs du r: pli iciilaculil'ère H)Loc. lit., p. 333 et 334. 86 H. LACAZE-UUTHIERS. dessines et indiqués comme les vaissensix Iwiineliiaiix piirliint du cœur. Avee une description des organes aussi éloignés de ce (|ui est, on ne peut se reluser à croire que l'organe représenté en forme de cœur ne soit point l'organe central de la circulation. Je crois que le cœur déciit par M. Desliayes n'est autre chose que la jircmière as might be cxpi'Cled from the symmelry of the branchio^ : Ihere are certainly » minute points on each side of Ihat organe, best 1 demur Io cal! Ihem auricles, » and rallier Ihink they dénote the valvular appendages of Ihe hearl to prevent, » régurgitation inio the branchial veins. The blood of the poslerior pari ofbody » is broughl to the bronchial artery whioh reins at the inncr base of the bran- n cliia; by Iwo longitudinal veins; which pass betwcen the branchiœ on their » convexe surface, receiving tributaries ; 1 could not trace tliose of the anterior > part ; the arterial blood is Ihen distributed into the ramifications of the bran- B cbla;, and aflcr aération is pu^lied by each principal vein, which coasl Ihe B odgcs of tliose organs al Iheirdicholomus point, to the hoart, which bifurcates B inlo two small arteries, which supply veins infusing a rcnewed vilalily into B ail parts of the body, from whence tlio blood is again roturned to the arto- > rial contre. Cndcr the microscopo tlie blood of llio tribulary and superficial 88 U. LACAZE-nU'l'IllERS. Erilin, quand une chose est dillicile à voir, on doit toujours in- diquer le moyen f|ui il conduit ;i la reconnaître, pour que diacun puisse jutier de la valeur du rcsullat par le moyen même employé pour l'oblenii ; or, M. Clark n'indique pas comment il a reconnu les vaisseaux branchiaux, le cœur, etc. Je répétera; encore ce que j'ai déjà dit plusieurs l'ois , ayant suivi le sang dans les différentes cavités du corps. 11 est peu probable que, s'il eût existé véritablement un cœur, je ne l'eusse trouvé. D'ail- leurs l'embarras de M. Clark, pour voir les oreillettes, prouverait assez que le cœur qu'il a décrit n'était autre chose que le bulbe anal, et que le sinus péri-anal aét(' pris par lui pour un péricarde. En tout cas, un cœur dont on n'indique pas exactement les vais- seaux afférents et effércnis, n'est pas très exactement limité. Le bulbe anal offre des mouvements qui semblent isochrones et qui cependant peuvent s'interrompre pour recommencer avec leurs caractères de résularilc. Nous chercherons plus loin, en nous occupant de la respiration, quel rôle il faut leur attribuer. Prenons, en ce moment, les mouvements pour ce qu'ils sont; ils con- sistent dans un entre-bâillement de l'orifice ; or, il n'y a rien là qui soit semblable à un mouvement du cœur, puisque à chaque entre- bâillement l'eau pénètre dans le bulbe. Ce sont ces mouvements, sans aucun doute, que M. W. Clark a comptés comme des pulsa- tions ; je le pense du moins, parce que je ne vois pas quel autre organe aurait |iu présenter ces contractions alternatives. On le voit, nous nous retrouvons en face de cette même ques- tion sans l'avoir résolue : Où est le cœur? Si par cœur on entend un organe analogue et semblable à celui que dans les animaux supérieurs on désigne par ce nom , si même on veut indiquer un cœur analogue à celui des Mollusques bien conformés, je suis obligé de dire qu'il m'a été impossible de trou- ver cet organe dans le Dentale. Mais si, parce nom, avec un sens général, on entend un organe de mouvement, sans tenir compte de sa forme et de son étendue, je » veins appears, to be in some indiviJuals of a pale pink colour, and in otliers » of a purple pale red cast. I hâve préparations to illuatrata tliis ordes of tlie » organs. i> (Loo. cit., p. 323 el 324, etc.) orgasisatiun du DEMALE. 39 crois qu'on pourrait à la rigueur considérer le sinus pédienv, sur- tout dans le talon, le sinus péri-anal, elle sinus abdominal, comme remplissant des conditions de contractilité et de dilatabilité |)ropres au mouvement du sang. Dans l'embryon, on voit, avec la dernière évidence, des mouvements de dilatation brusque se passer, comme une détente, dans les sinus, que je viens d'indiquer, et ces mouve- ments sont suivis de contraction. Mais il n'est guère possible de considérer comme un cœur, dans l'acception jn-opre du mot, cet ensemble de grandes cavités? 11 n'y a ni valvules ni chambre bien limitées, qui puissent leur donner une analogie même éloignée avec l'organe central d'impulsion des Acéphales. Il y a une partie des sinus qui offre peut-être quebjues condi- tions pouvant faire soupçonner un rappori indirect avec le cœur : c'est le sinus péri-anal. 11 est, on l'a vu, le confluent de tous les grands sinus et des vaisseaux ; le bulbe anal, c'est-à-dire la der- nière portion du tube digestif, le traverse; n'y aurait-il pas là quelque chose de semblable à ce qui .se voit dans les Acéphales lamellibranches, où le rectum, on le sait, traverse le ventricule du cœur. Lorsque je faisais ces recherches sur le Dentale, j'avais l'occasion de pouvoir encore communiquer mes impressions à mon excellent et bien regrettable ami, Jules Haime, et il se plaisait à faire un rapprochement entre cette disposition et celle t\iu'. l'on observe dans les .Vcéphalcs Peut-être, en effet, me disait-il, faut-il voir là un ventricule bien ruilinicnlaire, dans lei|uel la division du travail est encore si imparfaite, (pi'il est bien difficile, sinon impossible, de dire que, en ce sens, le liquide sanguin est poussé. On se rappelle les nombreux trabécules mu.sculaires qui tien- nent le bulbe et le gros tube faisant suite au rectum comme sus- pendus au milieu du sinus péri-anal ; ils jouent un rôle très impor- tant dans les mouvements du bulbe , et il n'est pas douteux que ces mouvcmenLs un peu Lsochrones ne soient utiles au déplacemcn t du .sang. J'ai critiqué l'opinion di; M. \V. ClarU, cl cepcndanl, en délini- live, il semblerait que je place le cœur dans le mênie point ipn- lui- Non. l'our moi, s'il y a une cavité, c'est dans le sinus lui-inènic. ftO II. LACAZE-DUTUIEBS. et non entre le sinus et le bulbe. PourM. W.Clark,je crois du moins ne pas interpréter mal son opinion, le péricarde parait être le sinus ; pour moi, le bulbe ne serait que le rectum traversant ce qui, avec bcaiiconp de bonne volonté, serait le re]irésentant bien dégradé et très incomplet, c'est à peine, si j'ose le dire, du ventricule. Ainsi, une ciiculalion lacunaire, avec que.l(|ues vaisseaux, de grands sinus, jias de cœiu' proprement dit, pas d'artères et de veines distinctes , des orifices permettant au liquide sanguin de sortir au dehors, tel est l'appareil d'irrigation organique bien rudi- mcntairc du Dentale dont toute l'organisation présente, on le voit, des dispositions particulières et étranges. Le rôle de ces grands sinus, occupant le pied et la face inférieure du corps, me parait maintenant assez facile à préciser. Il y a évi- demment un échange de liquide entre le sinus abdominal et le si- nus pédieux ou réciproquement, ipiand le pied doit devenir turgide, ou quand il doit rentrer et diminuer de volume. Il n'est pas pro- bable que, dans la dilatation et le re.sserrement successifs du pied, l'animal rcjelte une jiarlie de son sang. Il doit simplement faire pas.ser d'un sinus dans l'autre, suivant que la partie doit se gonfler ou se contracter, une partie du liquide nourricier. VII. 0RG.4NES DE LA nESPlRAIION. On a vu refuser successivement, aux organes désignés comme des branchies, le rôle (pie JIM. Dcsliayes et \V. Clark leur assi- gnaient. Il faut ccpenilnnl trouver îles organes de la respiration. De tous les appareils organiques, celui qui ; ert à la régénération du sang est cerlainemeut le plus variable dans ses formes et le plus modifié daais la série des cires. La peau tout enlière du corps peut le rem])lacer,.(iu plulôl scrvii- à l'absorption du gaz vivillant, et l'absence des orga'ies de la respir;ilion n'a rien qui étonne. Com- bien d'exemples peut-on citer de cette disparition des branchies, car c'est dans les animaux aquatiques qu'il faut surtout aller cher- cher ces modifications profondes des organismes. ORGANISATION DU DENTALE. 41 L'absence du cœur et rimperfcction de l'appareil général de la circulation doivent faire prévoir qu'il ne peuty avoir un organe par- faitement dislinct placé sur le passage du sang; l'absence d'un courant peut à priori faire entrevoir le peu de développement de l'organe respiratoire. Aussi je crois que plusieurs parties de l'organisme peuvent concourir à cette fonction d'une manière éloi- gnée, mais que l'une d'elles mérite cependant le nom de branchie, car elle semble véritablement être un rudiment de l'appareil res- piratoire. Dans un être où tout se pas.se aussi irrégulièrement, il faut admettre, sans aucun doute, que l'oxygénation du sang se fait dans tous les points où les parois du corps sont suffisamment minces et perméables pour permeltre l'échange des gaz. Ainsi les parois du sinus abdominal inférieur sont tellement minces , que le sang qu'elles renferment est bien certainement dans des conditions favorables pour que le courant d'eau, qui traverse le tube du manteau, puisse servir à son o.xygénation , de même pour les ca- pillaires de la paroi si délicate du manteau venant du vaisseau palléal moyen inférieur. Faiil-il refuser complètement le rôle d'organe de la respiration aux ajipendiccs tentaculaires eéplialiques? Les dispositions an.ilo- niiques ne prouvent pas d'une manière évidente que la fonc- tion de respiration soit leur fonction principale. Je crois que, s'ils peuvent [larliciper à son accomplissement, ce n'est que bien se- condairement, mais qu'ils sont, au contraire, et surtout des or- ganes du tait, du louclicr. Enfin, le bulbe anal me parait reinfilir un rôle qui se rapporte à la respiration. On sait que beaucoup d'animaux font pénétrer dans l'extrémité de leur rectum de l'eau pour le besoin de la res- [liration, et «pie l'endosmose gazeuse se passe dans les parois de l'aiiipouii' ou pocbe rectale. Il i le bulbe anal, et la dilatation qui lui fait suite, rappellent cer- tainement à certains égards la disposition que présentent les Holo- tbiiiies, les larves de Libellules, etc. Cette portion terminale du luijc digestif me paraît être tout autre cbose que l'anus ; elle a un autre rôle que celui de la défc- A2 H. LACAZE-DUTUIERS. cnfion ou rejet dos matières leoales. Pour bien counaître et voir le jeu apparent du tube , il faut ouvrir un anittial vivant et l'étendre sur le dos. Dans les premiers moments , il se contracte vivement et déchire souvent les parties de son corps par lesquelles il est fixé. Et c'est là ce qui rend l'observation difficile. Mais en multi- pliant les épingles et laissant tranquille la cuvette avec de l'eau fraî- chement renouvelée, l'animiil se relâche un peu, et alors on voit qu'il se passe dans le bulbe des mouvements allernalils (pii l'en- tr'ouvrent et qui le ferment. On croirait véritablement à un mouve- meiitdc dé,i;iulition. Est-ce là ce(ine M. W. Clark appelle lesmou- vements du cœur ? Il faut le croire , puis^pie dans ce point il n'y a aucun autre organe qui se contracte et se dilate alternativement. ■ - .l'ai placédes Dentales dans de l'eau carminée, j'ai ])résenfé à ce bulbe séparément des matières colorantes, cl dans les deu.K cas, dans le premier surtout, j'ai aperçu le carmin dans le tube et dans le bulbe anal. H y a donc introduction de l'eau dans cette espèce de cloaque qui fait suite à l'anus. Que devient cette eau, et quel rôle doit-elle remplir? Questions difficiles et que l'expérience n'a pu me conduire à résoudre Sans doutes. Indubitablement l'eau pénètre dans ce cloaque. On comprend aisément par quel mécanisme, les h-abécules, les brides muscu- laires, tendues entre le bulbe et les bords du sinus qui l'entourent, suffisent pour écarter les parois ; il y a doue comme une tendance à former le vide, et cela suffit pour que l'eau se précipite. Usemble que. après chaque mouvement (Vinspiration (le mot est juste), les lèvres de la parlie se rapprochent, et que l'eau introduite se trouve par cela même enfermée dans la dilatation anale. On remarque aussi que, lors{piele rapprochement des parois du tube et l'ouver- ture des lèvres succèdent au premier mouvement, un courant s'éta- blit de dedans en dehors, de telle sorte que l'eau est rejelée, après avoir été introduite. Faut-il croire à la sortie de toute l'eau inspirée? Faut-il, au contraire, sup[)oser qu'une partie reste dans l'éconoinic? C'est là ce qui est bien difficile a décider. - Cependant, si l'on admet que l'animal peut rejeter, par des cri- ORGANISATION DU DENTALE. 43 fices particuliers, une partie de son sang, il est bien évident qu'il devient nécessaire pour lui de pouvoir remplacer les perles. Il me paraît y avoir quelque chose d'analogue à un filtrage d'une [lartie de l'eau introduite au travers de la partie épaisse et bulbeuse qui ressemble un peu à une glande. On est bien obligé d'admettre cela, car après avoir laissé vivre pendant plusieurs jours des Dentales dans l'eau de mer colorée par du carmin, jamais la matière colorante n'a dé|tassc le bulbe; maiscelui-ci, et ses renflements surtout, étaientdevenustout rouges. Je rapporte enfin , avec toute réserve , une expérience que j'au- rais désiré répéter de nouveau ; ayant poussé de l'huile colorée par l'orifice du bulbe anal, je l'ai vue passer dans les grands sinus. Mais j'indique ce fait avec toute réserve, car dans des expériences aussi délicates, avant d'admettre les résultats connne définitifs, il faut les répéter plusieurs fois, et je n'ai pu le faire. Quoi qu'il en soit, on ne peut se refuser d'admettre qu'il y a une entrée et une sortie de l'eau dans cette dilatation anale du tube di- gestif. Il y a là évidemment une partie accomplissant la fonction de respiration au travers des parois ; de sorte que le rôle de cette der- nière partie de l'appareil digestif est plus complexe qu'on ne le croirait ; elle ne se rapporte pas seulement à la défécation. Faire progresser par ses mouvements, cela n'est pas douteux, le li(iuide qui rem[ilit le sinus péri-anal, servir à la respiration par le renouvellement de l'eau dans un cul-de sac que baigne de toute part le liquide sanguin, enfin peut-être (et je ne suis pas éloigné do croire à celte dernière fonction) introduction dans l'économie du liquide qui est nécessaire à l'animal : voilà le rôle qu'il faut attri- buer à celte dilatalion anale. On comprend maintenant que les mouvements (Vinspiration et ^'expiration aquatique, vus, sans aucun doute, par M. W. Clark, ne peuvent cire considérés connue des pulsations du cœur. La présence des orifices latéraux de la circulation, l'entrée et la sortie de l'eau dans celle dilatation du bulbe, augmenlenl l'cMiibar- pas assez grand que toutes les particularités de l'organisatlun of- frent quand il s'agit de trouver l'organe de la respiration. llll II. I,ACAZE-nU'l'lllt:R$. En effet, ropinion qui se [iréscnle lout nalurellement à l'esprit est celle-ci : L'eau pénètre par le bulbe anal, se répand dans la grande cavité du sinus abdominal inférieur, et sort par les ori- fices latéraux. On aurait là une respiration aquatique interne, et c'est elle que j'ai cherché à démontrer pendant bien longtemps. Mais toujours se présentaient les comaïunicalions de cesinusavecles vaisseaux sanguins; aussi est-il impossible depouvoirs'arrêleràelle. Les organes indiques jusqu'ici n'ont rien de tellement spécial et caractéristique, qu'ils puissent être regardés comme des branchies ou organes de la respiration. Ils peuvent concourir à cette fonc- tion, mais ils n'en sont pas les organes exclusifs. La branchic (1), ou plutôt le rudiment de la brancliie, se trouve placé dans l'épaisseur de la paroi du tube du manteau, en avant de la bifurcation et entre les deux branches du vaisseau palléal moyen inférieur. Cette partie du manteau paraît très différente de celle qui l'envi- ronne; elle se fait remarquer par la coloration jaunâtre des petits îlots entre lesquels sont creusés les canaux qui les [)arcourcnt; elle est aussi plus é[)aisse, et sa richesse vasculaire, quand on l'a in- jectée, ce qui a lieu avec la plus grande facilité , est très grande et n'a rien qui rappelle un réseau ordinaire. Elle est conslante. .Te ne l'ai jamais vue l'aire défaut dans aucune des préparations. Quand on pousse nue injection dans le vaisseau palléal, on voit le liquide passer facilement dans le grand sinus abdominal, en tombant d'abord dans le sinus pcri-anal ; cela se conçoit, les com- munications entre les deux sont très larges. Mais il faut que la ri- chesse vasculaire de la partie placée en avant de la bifurcation soit bien grande, puisqu'elle s'injecte toujours, et quand on a poussé assez convenablement la matière à injection, on la voit se gonfler et devenir comme turgide. 3Iais la ricbcssc vasculaire ne serait véritablement pas une rai- son suflisante pour attribuer à ce petit espace du manteau un rôle (I) Voyez Ann. des se. nal., i' série, Zool., t. VI, figures relatives au man- teau, pi. Il, lig. 1, 2 (6r) (6r). — Voyez aussi la plaaclie 2 du lome VII, fig. 1 (H). OROVMSATION nU DENTALK. Û5 aussi iiniinrlant, si l'examen niicroseopiqiie par les parlieularilés qu'il l'ail reconnaître ne portait à eroire (|ue, en elïet, la resjiira- tion doit s'accomplir dans son intc-rieur. En enlevant celle partie et la portant sous le microscope , de manière à voir la face interne, celle qui correspond à la cavité du tube (1), on remarque qu'elle est striée transversalement, qu'elle semble plissée, ridée, ou creusée de petits sillons , tous parallèles entre eux , et perpendiculaires à l'axe du corps. Sur ces plis se trouvent des cils vibraliles , très longs et régulièrement disposés en série linéaire sur les bords. Quand la partie est suffisamment vivante , les cils ont des mou- vements très vifs et déterminent des courants rapides, et l'on a sous les yeux, jusqu'à un certain point , rap|)arence de quelques filaments branchiaux d'.Vcépbales laniellibranclies placés encore à côté les uns des autres, et très rapprochés. Les courants ne suivent pas le sens de la longueur des plis; ils sont, au contraire, perpendiculaires à celte direction, c'est-à-dire liarallèles au tube du manteau : cela devait être, d'après la disposi- tion générale. Quand on em[)loie un fort grossissement d') pour voir la structure iuliuie, on trouve des cellules très évidentes qui se tou- chent cl qui iafi]iellent tout à fait par leur réunion la structure des poches ou aliajoiies du mamelon buccal. On dislingue très nette- ment les petits Ilots de substance de teinle jaunâtre environnés de toule part et isolés par les canaux sanguins. Ici encore ,se présente cette question dil'licile à résoudre, et qui a cependant été tranchée d'un coup , à savoir cpie les pn'^tendues lacunes sont îles vaisseaux, dont les |)arois, caraclérisécs |»ar un épithéliuni (|u'oii avait iiiéconiui, sont toujours démontrables. J'a- voue que, au milieu de cette structure cellulaire, faut extérieure qu'intérieure, je trouverais, pour mou compte, une grande difli- cullé à décider si ces canaux, qui, 1res nuillipliés dans la br communication du sinus lingual avec les vais- seaux du mamelon buccal ; (;;) est le petit sac séreux placé en dehors do l'e.x- trémité du sinus abdominal. Fig. 2. Coupe du pied et du corps du Dentale pour montrer de profil les ra[iporls des vaisseaux partant du sinus sus-œsophagien et des vaisseaux du repli ten- laculifère E. Les lettres déjà connues désignent les mêmes parties que dans les ligures préclexus choroïdes sont très nom- breux chez les Chevaux; pas une cellule d'c'pilhéliiuu, ipii ne ren- ferme des grains noirs, iiioi'gani(|ucs , cumiKisés de iihosphate (le chaux. Les grains, au nombre de 2 à 10 ou 12 dans chaque cellule, sont arrondis, leur diamèlrc varie cnln' 0""",0fl1 et 0""",()02. On les Irniivc, lanlôl comua; incrustés sur la paroi même (1) Henlo, Awil ijni., p. 230 el 231. (îj Valontin, Mvrul., [j. l.il. 80 E. FAIVRE. DU CONaRIUM ET DKS PLEXl'S CHOROÏDES de la cellule, tanlôt placés entre la cellule et le noyau, tantôt à l'in- tôrieur du noyau. On distingue souvent aussi, entre les cellules d'épithélium, des masses l'oncées et colorées en jaune; elles sont forinées d'agglo- mérations de grains. L'acide acétique opère leur dissolution ; il en est de même de l'acide azotique. Les bulles qui se dégagent pen- dant la réaction indiquent la présence de carbonates. Les concrétions dont il vient d'être question ne peuvent s'étu- dier qu'au microscope; celles dont nous allons parler sont volu- mineuses, très visibles à l'o'il, et disposées sous forme de globules et de grappes à la surface des villosités des plexus clioroïdes des ventricules latéraux et du quatrième ventricule. Elles sont formées, tantôt par des petits grains, tantôt par des lamelles brillantes. Leur volume varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres ; on en trouve souvent de vingt à trente disposées sur le plexus, suivant le trajet des gros troncs vasculaires ; leur présence ne saurait être contestée. Sur dix têtes de Chevaux que nous avons examinées, nous avons toujours rencontré ces concrétions. Sous le rapport de la composition, ces concrétions forment deux groupes : les unes sont surtout composées de carbonate et de phos- phate de chaux, et les autres de choleslérine. Les concrétions formées par des sels de chaux sont les moins nombreuses. Les plus volumineuses que nous ayons rencontrées n'excédaient pas 4 à 5 millimètres. Entre les grains qui les compo- saient, la matière organique se montrait peu abondante. Les con- crétions formées par la choleslérine sont les plus communes et les plus remanpiables. Elles se reconnaissent facilement à l'aspect chatoyant et micacé des lamelles qui en composent la masse. Ces lamelles, vues au microscope, ont la forme de lames minces rhomboïdales et superposées ; on les trouve rarement entières. Le volume des tumeurs de choleslérine est essentiellement va- riable. Le plus ordinairement elles ont 4 à 5 millimètres, mais elles peuvent devenir bien plus volumineuses. Nous en avons vu une de h centimèlres de long. M. Lassaigne a fait l'analyse d'une autre masse qui pesait 54 grammes et était de la grosseur d'un œuf de poule. Elle formait environ la dixième partie de la masse totale CHEZ l'homme et les ANIMAIJX. 81 des deux lobes cérébraux. M. Leblanc en a rencontré une aussi volumineuse qu'un rein de îMoulon. Deux éléments entrent dans la constitution de ces tumeurs, un élément organique et un autre inorgani(|ue. Selon la prédominance de l'un ou de l'autre de ces éléments, on peut distinguer deux va- riétés de tumeurs. L'élément organique résulte de la juxtaposition et de l'accole- ment d'un certain nombre de villosités, qui correspondent à ce que nous avons désigné chez l'Homme sous le nom de masses choroïdiennes. A l'intérieur et au pourtour de ces masses sont dis- séminés les divers éléments inorganiques, et spécialement les cris- taux de cbolestérine. On a fait plusieurs fois l'analyse chimique de ces tumeurs. M. Lassaigne a trouvé dans l'une d'elles la constitution suivante : Cbolestérine 68 Matière membraniforme. . . 29,5 Soiis-pbosphate de chaux. . . 2,5 100 En 1851, M. Furstemberg a trouvé par l'analyse ; Cbolestérine 38 à SO Cellules et membranes . . . 28 à 40 Phosphate de chaux. . . . 42 à 18 Carbonate de chaux .... 3 à 9 100 La plupart des détails qui précèdent sont empruntés à la descrip- tion de tumeurs vraiuienl pathologiques ducs à la choiestcrine; mais ces tumeurs elles-mêmes ne sont qu'un développement anor- mal de saillies, jihis petites et de même nature, qu'on rencontre toujours chez les Chevaux. Celles-ci, d'après nos observations, nous paraissent une production physiologique et normale. MoLTONs. — Ix's plexus choroïdes des ventricules latéraux sont dépourvus de villosités. Quelques houppes seulement hérissent la partie <|ui plonge dans l'étage inléricur du ventricule moyen et les |)lexusdu (jualrième ventricule. La couche d'é|)itliéNum paviment^niv, qui recouvre les plexus, f série. ZoOL. T. Vil. 82 E. FAIÏKE. — DU CONARIUM ET DES PLEXUS CHOROÏDES est formée de cellules polygonales renfermant des noyaux, souvent même des nucléoles. Ce noyau est assez volumineux, puisqu'il atteint quelquefois 0°"",00ii. Ces cellules ne présentent, d'ailleurs, ni ponctuations ni produits inorganiques. On peut voir par cette description combien les plexus choroïdes du JMouton se rappro- chent de ceux de l'enfant. CocuoN d'Inde. — Les plexus choroïdes se composent d'une simple lame très ténue et dépourvue de villosités. Des vaisseaux capillaires nombreux parcourent toute la surface de cette lame que revêt une couche d'épithélium pavimenteux. Cette couche se com- pose de cellules polygonales, d'un diamètre de 0"",010, et les noyaux ont environ O'""',006. Des grains de phosphate de chaux sont déposés , soit dans l'intérieur du noyau , soit entre celui-ci et la cellule. On trouve aussi, en dehors des cellules, des lamelles et des grains de carbonate de chaux. 11 est important de remarquer que les résultats qui précèdent ont été obtenus sur deux Cochons d'Inde déjà vieux. Chez les jeunes animaux de la même espèce, nous n'avons pas trouvé de concrétions dans les cellules. Lapin. — Une lame mince et très vasculaire, recouverte d'une couche d'épithélium pavimenteux, constitue les plexus choroïdes du Lapin. Quelquefois dans les ventricules latéraux, le plus souvent dans le quatrième ventricule, des villosités se découpent à la sur- face du plexus : elles sont, d'ailleurs, constituées par des anses vasculaires. Les cellules de l'épithélium sont polygonales, elles renferment des noyaux volumineux. Chez les Lapins un peu vieux, on trouve, tant dans le noyau que dans la cellule, des grains phosphatiques fort nombreux. En dehors de l'épithélium , on peut aussi constater la présence de lamelles larges et transparentes, fa- ciles à reconnaître pour la cholestérine. Boeuf. — Les plexus choroïdes du Bœuf ont de grandes analo- gies avec ceux du Cheval. Comme chez le Cheval, les villosités choroïdiennes sont nombreuses, les concrétions visibles à l'oMl, attachées aux saillies villeuses, renferment le plus souvent de la cholestérine. Nous n'avons rien à dire de nouveau sur l'épithélium pavimenteux nucléaire, ijui est aussi le siège de nombreuses con- crétions. CHEZ l'homme et les animaux. 8â Porc. — Si l'on pouvait douler que les viilosités choroïdiennes fussent formées par des anses vasculaires, l'examen des [ilexus du Porc dissiperait tous les doutes. A l'œil nu , et mieux encore à un grossissement do 100 dia- mètres, on voit sans peine les (lexuosités artérielles. On distingue, non-seulement des anses de premier ordre , mais encore des anses de second et de troisième ordre, c'est-à-dire que sur une courbe artérielle se forment d'autres courbes plus petites. C'est à l'en- semble de ces ondulations que les viilosités doivent leur apparence. Au lieu d'être nombreuses et serrées comme cliez l'Homme ou le Cheval, les viilosités du Porc sont lâches et diffuses. De là, la facilité avec laquelle on peut eu connaître la constitution intime. Les viilosités sont recouvertes d'une couche d'épiihélium pavi- menteux, les cellules hexagonales ont 0'"°', 012 et les noyaux inté- rieurs 0°'"',00G. Des ponctuations nombreuses sont renfermées, tant dans la cellule que dans le noyau. Nous n'avons, d'ailleurs, rencontré que de petites concrétions phosphatiqucs. Ces cellules se désagrègent facilement et se rompent. De là des difficultés d'obser- vation . Oiseaux. — Les plexus choroïdes ont la forme de lames minces qu'il est parfois très difficile de détacher. Si l'on soumet une de ces lames à un grossissement de 500 dia- mètres, on la trouve recouverte d'une' couche d'épithélium pavi- mcnteux. Les cellules, à contoui's obscurs, ont un diamètre de G à 8 mil- lièmes lie millimètre. Elles sont pourvues d'un noyau fort volu- mineux. Des ponctuations visibles se dessinent entre la cellule et le noyau ; et, dans l'intérieur de celui-ci, on constate quelquefois la présence de nucléoles. (Jhez la Poule, nous avons trouvé plusieurs fois des petites viilo- sités à la suifacc du []I('xus d(\s ventricules latéraux; nous avons aussi trouvé' chez la lourlerelle des saillies villeuses dans le qua- trième ventricule. Enfin, la structure des plexus choroïdes est en- core la même chez le Dindon l'I le Canard. Nous n'avons jamais rencontré de concrétions visibles, soil dans 84 E. FAIVRE. DU CONARIUM ET DES PLEXUS CHOROÏDES l'intérieur des cellules épithéliales, soit à l'extérieur entre la couche vasculaire et l'épithélium. Tortue terrestre. — Par leur aspect extérieur, les plexus choroïdes delà Tortue diffèrent de fous ceux dont nous avons exa- mine la conformation ; ils ne se composent plus, soit d'une lame mince recouverte de villosités, soit d'une lame mince et unie, mais de vaisseaux séparés les uns des autres , et formant une houppe très lâche dans l'eau ; les filaments vasculaires de cette houppe flottent séparés, et semblables à autant de petits filaments flexueux. Ces plexus sont formés par de [letits vaisseaux recouverts d'un épithéhum pavimenleux nucléaire. Les cellules sont très pe- tites ; leur diamètre n'est que de O^'^Ol h ; les noyaux ont0""",008 ; les contours des cellules sont peu distincts. Ces noyaux , au con- traire, sont nets et grenus à l'intérieur, et insolubles dans l'acide acétique et l'alcool. Nous n'avons pas trouvé de concrétions dans les plexus cho- roïdes, mais la production de la graisse paraît s'y faire avec abondance. Tout le long des parois vasculaires et entre les cellules de l'épi- théliiun sont accumulés d'innombrables globules de graisse , à contours nets, et d'un très petit volume. C'est à leur nombre et à leur présence qu'il faut attribuer la coloration jaune que présen- tent, à l'œil nu , les franges villeuses des plexus choroïdes de la Tortue. Cette abondance de graisse se lie à la présence bien con- nue des matières grasses de l'encéphale des Reptiles et des Pois- sons. Considérations générales. En terminant ce mémoire , nous présenterons quelques consi- dérations générales , qui rattachent entre eux tous les détails dans lesquels nous sommes entré. Les concrétions du conarium et celles des plexus choroïdes ne sont i)oint des produits pathologiques; mais, comme nous l'avons déjà établi dans un autre travail, on doit les considérer comme des productions physiologiipics ducs à l'âge. 11 peut arriver que, par suite de circonstances particulières, ces dépôts deviennent consi- CHEZ l'homme et LES AMMALX. 85 dérablcs, et alors ils pourront occasionner des perturbations et des maladies. Nous en donnerons des exemples. Toutes ces concrétions se présentent généralement sous la forme de grains amorphes, isolés ou réunis autour d'un centre ; elles ont quelquefois rajiparence lamellaire ; rarement elles forment des cristaux nets et complets. En classant, d'après leur ordre d'impor- tance, les éléments chimiques qui entrent dans la constitution des concrétions de l'encéphale, on obtiendra les résultats suivants : <° Carbonate de cliaux; 2" Phosphate de chaux ; 3° Choleslérine ; i» Silice; S" Phosphate de magnésie ; 6» Carbonate potassique; 7° Phosphate ammoniaco-magnésien , d'après Stronieyor. Les trois premiers principes sont beaucoup plus abondants que les autres , et il est remarquable que le troisième , qui manque .souvent chez l'Homme et les Carnivores, est beaucoup plus abon- dant chez les Herbivores, et surtout chez le Cheval. Nous n'avons pu constater la présence de la silice que chez l'Homme. Des analyses ultérieures pourront nous faire connaître son existence dans les plexus choro'ides des animaux. Les concrétions sont bien moins nombreuses chez les animaux que chez l'Homme ; chez tous les animaux que nous avons exa- mines, l'aeervulus du conarium faisait défaut, et nous n'avons trouvé non plus aucune disposition comparable à celle dti sable cérébral des ventricules latéraux de l'Homme. Les concrétions les plus constantes sont celles de carbonate , et surtout de phos[)hate de chaux. Ces dernières se rencontrent presque toujours dans les cellules de l'épithélium choro'idicn , et dans l'inlorvalle des globules du conarium, dans les Mammifères et les Oiseaux il'iin icilaiii âge. Les concn'lions de phosphate de cliaux qui s'accimudenl, soit dans l'iiilérieur de la cellule, soit dans rinlérietir du noyau de l'épithélium choro'idicn, rappellent les dépôts inorganiques si con- 80 K. FAlVniî. DU CONARIL'M ET DES PLEXi:S CHOROÏDES miins dans les cellules des végétaux; ils prouvent qu'un travail incessant s'accomplit dans l'intérieur des cellules, en renouvelle et en modifie le contenu. La cellule animale a sa vie comme la cellule végétale; et pour nous borner aux cellules qui tapissent les viliosités choroïdiennes, nous citerons, comme exemple des chan- gcmenls intimes, la diminution et la disparition du noyau coïn- cidant avec une formation, de plus en plus active, de petits grains pliosphatiques. Deux faits généraux peuvent s'ajouter aux considérations qui précèdent : nous voulons signaler d'abord le rapport intime qui existe entre le siège des concrétions et la vascularité des parties où elles se trouvent. On sait que des plexus .serrés entourent le conarium et font pénétrer dans l'intérieur de sa substance leurs nombreuses ramifications. On a vu que les viliosités choroïdiennes ne sont formées que par des anses vasculaires, et que la couche d'épitliélium qui les recouvre n'est séparée du liquide nourricier que par une faible épaisseur des parois ; ainsi le liquide qui exsude des parois vasculaires, dépose à leur pourtour les éléments inorganiques. Un second fait général est relatif au rapport qui existe entre les concrétions et le liquide céphalo-rachidien. Ces dépôts s'accumu- lent dans tous les points que baigne ce liquide (ventricules laté- raux , portion horizontale de la grande fente de Bichat) , et ils semblent diminuer chez les animaux , à mesure que ce liquide diminue lui-même. Nous avons déjà fait connaître, avec détails, les variations du liquide encéphalique, et les coïncidences de ces variations avec la structure et le développement des granulations méningiennes. Nos recherches sur les concrétions du cerveau nous autorisent en définitive à penser qu'elles sont des produits physiologiques d'excrétion, développés de plus en plus suivant l'âge du sujet; elles sont, à nos yeux, des traces visibles de cette mystérieuse complication qui préside aux phénomènes nuh'ilifs de l'encéphale chez l'Homme et les animaux. Nous sommes loin encore d'avoir sur ce point épuisé les recherches; le microscope , l'analyse chi- mique et l'analomie pathologique révèlent encore bien d'autres CHEZ l'homme et les ammvlx. 87 profluits de décomposilion du cerveau , et viendronl aider la phy- siologie dans ses difficiles investigations sur l'organe le plus im- portant et le plus mal connu du corps humain. L'étude des plexus choroïdes peut devenir le sujet d'intéres- santes considérations. Ces organes, éminemment vasculaires, pré- sentent une texture d'autant plus complexe, que les animaux sont plus élevés dans leur organisation, ou soumis à des influences plus nombreuses. Chez l'Homme, les plexus choroïdes offrent des ca- ractères spéciaux : les villosités sont en nombre immense; les vésicules choroïdiennes et les amas choroïdiens se rencontrent au niveau des étages inférieurs des ventricules latéraux. Les Chevaux et les Bœufs présentent encore de nombreuses villosités ; mais les vésicules choroïdiennes et les concrétions qu'elles renferment ne .se constatent plus. La toile choroïdienne chez le Chien et chez le Mouton est déjà presque lisse à sa surface ; néanmoins de petites saillies villeuses, dont on ne saurait distinguer, à l'œil nu, la tex- ture, en recouvrent encore quelques parties. Chez le Porc, les flexuosités des artères représentent encore quelques villosités, dont la structure est la plus simple. Enlin chez d'autres Mammi- fères et chez les Oiseaux, le plexus devient de la |ilus extrême .sim- plicité : il ne consiste plus qu'en une lame mince, vasculaire, et parfaitement unie à ses deux faces. Nous manquons de détails sur le développement des plexus clioroïdes : Tiedemann les a distingués déjà chez un embryon de trois mois, mais il ne nous dit rien sur leur conformation à celle époque. Chez les nouveau-nés, les plexus présentent déjà des vil- losités nombreu.ses, bien que nous les ayons toujours trouvés dépourvus de vésicules choroïdiennes. Il nous est donc impos- sible de comparer les diverses phases de l'état embryogénique des plexus, à la complication successive qu'ils subissent, lorsqu'on les suit dans les groupes de plus en plus élevés de l'animalité. La couche d'épithélium, qui revêt toujours la surface des plt.'xus clioroïdi-s, se piêlc, au contraire, dans une certaine limite, à la (;omparaison. Chez les jeunes enfants, les cellules sont pourvues d'un Xdlunii- iii'ux noyau, mais elles man(|Mcnt de concrétions ; chez Ic.i adultes. 88 E. FAIWIIE. — DU CONARIUM ET DES PLEXUS CHOROÏDES les noyaux deviennent de plus en plus petits; ils disparaissent le plus souvent chez les vieillards ; les dépôts inorgani(|ues augmen- tent, au contraire, avec l'âge. Nous avons déjà fait la remarque que 1 epilhélium choroïdien chez les animaux correspond à la dis- position de l'épilhélium choroïdien du jeune âge chez l'Homme: même volume du noyau par rapport à la cellule, et quehjuefois même absence de concrétions. Mais chez les animaux âgés, les dépôts inorganiques deviennent toujours très abondants. Quel peut être l'usage des plexus choroïdes ? Comment expliquer le but des villosités nombreuses qui flottent à la surface de cette portion de la pie-mère, dans l'intérieur des ventricules? Le célèbre Willis a tenté une explication plus ingénieuse (]ue vraie. Elle a cependant quelque fondement de vérité. « Les plexus distillent ou » séparent, dit-il, la portion pure du sang (celle qui doit servir aux » esprits) de la portion aqueuse, laquelle est reportée vers le cœur; » mais de peur que la trop grande abondance de ce liquide, s'écou- » lantdans les veines, ne gêne la circulation, le surplus en est ab- » sorbe ou séparé parles petites glandes des plexus, ou par la grosse » glande pinéale. L'autre usage consiste à conserver la chaleur au » milieu du cerveau, afin que les esprits vitaux se séparent plus » facilement. En circulant au milieu des anses vasculaires, le li- » quide sanguin échauffe, comme par un bain, les parties voisines » qui sont excitées dans leur action (1). » Depuis Willis on n'a pas, à notre connaissance, proposé de théorie sur les usages des plexus choroïdes. Guidé par des induc- tions bien légitimes, nous croyons devoir avancer que les villosités choroïdiennes président à la sécrétion du liquide céphalo-rachi- dien. Haller et Magendie ont bien avancé que ce liquide était produit par la pie-mère, mais ils n'ont pas précisé le lieu de sa production. Ils appuient leur opinion sur ce que, en mettant la pie- mère à découvert chez un animal vivant, il s'en exhale un liquide qui devient encore plus apparent, lorsqu'on a injecté dans les vais- seaux une certaine quantité d'eau tiède. La quantité du liquide céphalo-rachidien , et la facilité avec laquelle il se reproduit, supposent une sécrétion japide et abon- (I) Willis, Cerebri iinalome, cap. xiv. CHEZ l'homme KT les ANIMAUX. 89 dante, et par conséquent une surface vasculairc très considérable. Ces! là précisémeni la parliciilarilc que préseiilent les jilcxus cho- roïdes. Les villosités qui en hérissent la surliice, et qui sont toutes composées de flexuosités artérielles, sont destinées à multiplier un grand nombre de fois la surface absorbante et exhalante des plexus. Les plexus des ventricules latéraux ont en moyenne 0,07 centi- mètres de long sur 2 de large, et par conséquent une surfiice de 14 centimètres. Supposons seulement sur chaque surface de 4 cen- timètre carré quarante villosités, et assignons à chacune d'elles une surface de 1 millimètre carré (1), nous aurons déjà sur 1 cen- timètre carré une multiplication de surface de 40 millimètres ou Il centimètres. Nous aurons donc une surface des plexus choroïdes rendue quatre fois plus grande ; et ainsi la surface totale des deux plexus, au lieu d'être de 28 centimètres, aura 1 mètre 12 centi- mètres. Une pareille surface peut produire, comme on le comprend bien, une quantité de liquide céphalo-rachidien en rapport avec celle que l'expérience a fait connaître. On sait que la quantité de liquide encéphalique est en rapport avec la taille. Nous avons aussi remarqué que, chez les grandes espèces animales, les plexus choroïdes sont beaucoup plus villeux. Après l'Homme, c'est chez le Cheval et le Bnnif que la vasculari- sation des plexus est le plus développée. Nous regardons, d'après les considérations précédenles, comme très probable, que les plexus choroïdes président à l'exhalation et à l'absorption du liquide céphalo-rachidien chez l'Homme et les animaux. Comme nous ne prenons pas des induclions pour des expériences précises qui peuvent seules établir la vérilé, nous at- tendons de l'avenir la conlirnuiliou de notre manière de voir. Nos études sur le conarium n'ont éclairé pour nous en aucune manière la difficile question des iisagcis de cet organe. Certaine- ment, ce nVsl pas un organe giandiilaire, et on ne doit pas lui at- Iribuerune bien grande importance. Nous Icrmiiions par l'exfiosé sonunaire des résullals qu{,' nous (I) Nos évaluations ïonl biun au-dussous do la réalité. 90 E. FAIVnE. — DU CONAIilUM ET DES PLEXUS CHOROÏDES, croyons nouveaux, et dont les détails sont renfermés dans ce mé- moire : i° Un élément histologique particulier entre dans la constitution du conarium chez l'Homme et les animaux. 11 consiste en noyaux arrondis ou ovalaires, à bords nets et grenus dans leur intérieur. 2° Cet élément se rapproche essentiellement des éléments ner- veux dont on constate la présence chez de très jeunes embryons. 3° Nous en avons constaté la présence chez les Chevaux, les Bteufs, les Moutons, les Lapins, les Cobayes, les Porcs, les Chiens, la Tortue, et chez divers Oiseaux. 4° Nous avons toujours rencontré le conarium chez les Chiens. 5° Les concrétions qui constituent l'acervulus sont formées par des corps moriformes de carbonate de chaux. Elles n'existent que cliez l'Homme. 6° Les plexus choroïdes se composent d'une lame hérissée de villoslfés. Les villosités sont formées par des anses vasculaires recouvertes d'une couche d'épiihélium pavimenteux. 7° Les cellules d'épiihélium sont nucléées chez les animaux, et chez l'Homme surtout, pendant la jeunesse; les noyaux disparais- sent souvent avec l'âge. 8° Dans toutes les cellules d'épiihélium , il se forme avec l'âge des concrétions diverses. 9° On trouve des vésicules particulières (vésicules choroïdiennes) dans l'étage inférieur des ventricules latéraux, seulement chez l'Homme adulte ou âgé ; ces vésicules , disposées en grappes, ren- ferment un amas de tissu cellulaire et du sable cérébral. 10° L'analyse chimique démontre dans les plexus choroïdes la ]irésence de la silice. 1 1° La cholcstérine est très abondamment développée sur les villosités choroïdiennes des Chevaux. l'i" Chez la plupart des Mammifères et chez les Oiseaux, les mêmes concrétions existent. Elles doivent être considérées comme des produits physiologiques développés par l'âge DE LA DETERMINATION DE QUELQUES OISEAUX FOSSILES ET DES CARACTÈRES OSTÉOLOGIQUES DES GALLINACÉS OU GALLIDES, ,Par n. Emile BJL«I\CBjtKD. Je n'ai pas besoin de rappeler le doute dans lequel on est demeuré jusqu'à présent au sujet de la délerminalion des débris d'Oiseaux fossiles. Cet élal d'incertitude, on le sait, est toi, que plusieurs naturalistes croient encore à l'impossibilité d'arriver, pour les Oiseaux fossiles, à des déterminations aussi précises que pour les Mammifères et les Reptiles. Ce sentiment est exprimé de la sorte par M. Pictet : « Le peu de précision, dit- il , des carac- » tères ornitbologiques s'opposera probablement à ce que celte » partie de la paléontologie puisse jamais s'asseoir sur des bases >' aussi rigoureuses et aussi certaines que celles qui traitent d'ani- » maux dont les différences ostéologiques sont plus nombreuses >' et [ilus tranchées (1). » Mes reclierclies ne farderont pas, j'espère, à montrer combien cette opinion , si généralement répandue , doit être modifiée. Les Oiseaux, comme on l'a répété si souvent, ne présentent [las entre eux, à la vérité, de ces différences frappantes que l'on remarque entre les types des Mammifères ; néanmoins on peut parvenir ù classer leurs espèces fossiles d'une manière aussi sûre que les autres animaux de [lériodes géologiques. .le l'ai conslalé dès à prc- seiil |)ar lies observations si nuillipiiées, ipieje puis avancer, sans la moindre bésilalion, que cliiU|ueosd'un Oiseau quelconque offre lui ensemble de curaclères pniin'cs :"i fiire dt'icrniiner avec; ciM'Ii- Inde à (|uel gniu|ii', à (|ucl gemc il se rallaclic, el qu'on y trouve (I) Traité di iiateonlnloçiie , 2" Milion , t. I, ii. 101 (18;i:i). 92 É. BI.AKCUARD. CARACTÈRES OSTÉOLOGIQUES toujours de petites parliciilarités suffisantes pour faire reconnaître l'espèce à laquelle il appartient. Sans doute il s'agit là , bien sou- vent, de détails difficiles à rendre saisissables au moyen de des- criptions ; mais c'est un embarras médiocre, car ces détails seront toujours rendus appréciables par des figures exécutées avec une fidélité rigoureuse. Comment serait-on parvenu à déterminer les débris d'Oiseaux fossiles , les caractères de chacun des os dans les divers groupes ornitiiologiques n'étant point encore établis dans la science? Les squelettes montés des Musées anatomiques ne permettent nulle- ment de se livrer aux comparaisons indispensables de toutes les parties ; aussi me suis-je attaché à réunir les os séparés du plus grand nombre d'espèces possible, comme le seul moyen de saisir les caractères de chacun d'eux, suivant les familles, les genres et les espèces. Une étude semblable du squelette des Oiseaux vivants m'ayant conduit à classer aisément jilusieurs débris fossiles qui m'ont été communiqués, j'ai conçu la pensée d'ajouter un chapitre considérable à la paléontologie, en me livrant sur les Oiseaux des faunes éteintes, comparés à ceux des Aiuncs actuelles , à un travail dont je poursuis aujourd'hui la réalisation. La publication de ce travail, je pense, ne se fera pas attendre bien longtemps. Dans le présent mémoire, je me proiiose d'exposer quelques- uns des résultats de mes recherches sur les Gallinacés ou les Oi- seaux de la famille des Gallides {Gallidœ). Divers débris fossiles , on le sait, ont été regardés comme ap|)artenanl à ce groupe ; mais ceux qui les ont signalés se sont en général dispensés d'en donner des figures, et même de dire sur quels caractères ils se fondaient pour les déterminer des os de Tétras , de Perdrix , de Coqs, de Faisans ou de Pintades. Je ne crois pas devoir mentionner ici les indications données sur CCS débris dans les recueils scienlifiipics, M. Giebel (1) et M. Piclet (2) en ayant donné l'énumération. Les faits acquis prouvent clairement, du reste, que l'on possède des fragments de Gallinacés de la période tertiaire et de l'époque (1) Fmma der WorweU , Bd. 1, Zw. Abih., p. 22 el 23(1847). (2) Traité de paléonlologie , i' édit., l. I, p. 415 (1833). DES GALLINACÉS OU GALLIDES. 93 diluvienne. Parmi les Oiseaux du gypse de Montmartre décrits et représentés par Cuvier, plusieurs sont de cette famille ornilholo- gique. La réserve de l'auteur des Recherches sur les ossements fos- siles, à l'égard des Oiseaux , est bien connue des naturalistes. Ne possédant [)as les matériaux nécessaires pour donner des détermi- nations certaines , notre grand zoologiste se contenta de désigner les espèces par des numéros. L'humérus {Rech. oss. foss., t. III, pi. 73, fig. 9) considéré comme pouvant se rapporter à une espèce de Scolopacine ne présente aucun des caractères de l'hu- mérus des Oiseaux de ce groupe; il a, au contraire, ceux qu'on lui trouve dans la famille des Gallides ; il appartient à une espèce de Perdrix peut-être un peu plus petite ijue les nôtres. Les deux co- racoidiens représentés par Cuvier (pi. lli, fig. 5 et 6) provien- nent également d'Oiseaux de la famille des Gallides. L'un d'eux (lig. 6) ressemble tout à fait à celui de la Caille commune ; seule- ment il est un peu plus petit. Les diflérentes parties du squelette des Gallides présentent des caractères tels, qu'on ne saurait les méconnaître, une fois l'atten- tion appelée de ce côté. Mais, avant tout, il est nécessaire de dire dans (piellcs limites me semble devoir être adoptée cette famille ornithologiquc , appelée Vordre des Gallinacés par la plupart des zoologistes (1). Déjà les Pigeons en ont été exclus d'un accord à |ieu près unanime; c'est avec raison. J'ajouterai (pie les Gangas (Plerocles) doivent être rattachés à ce dernier type. La forme de leur sternum, de leur bassin, de leurs membres antérieur.-, de leur humérus notamment, ne peut laisser à cet égard la moindre incertitude. Je n'ai pu jusfju'à présent trouver l'occasion d'étu- dier l'ostéologie d'une espèce du genre Thinocore {Thinocorus Kschsch.j, mais j'ai certaine raison de croire qu'il doit être exclu de la iamille des Gallides. J'ai acquis la conviction (|u'il doit en (l) De mima que M. Isidore Geoffroy Saint-Ililairo, je pense que les Oiseaux no préàcnlcnt pas ile caraclèros différents suffisanliels pour pernncttre d'en former désordres noiTil)reux , comme l'ont fait les oriiilliologistes. IJans cette classe, la plupart de.s groupes naturels sont vérilablement de la catégorie do ceux qu'ail- leurs les zoologistes appellent du nom funiillcs. C'est une question ([uo jo nio propose do traiter dans un procliain mémoire. ,'9t É. BLANCUABD. — CARACTÈRES OSTÉOLOGIQUES être ainsi pour un genre considéré comme voisin de celui-ci par les ornitlioiogisles, le genre Attagis [Allagis Is. Geoffr. et Less.), dont on connaît actuellement trois espèces. Ce type, ainsi que j'ai pu en juger par l'examen de toutes les parties de son squelette, est très apparenté aux Glaréoles (1). Je suis très incertain sur la place que doit occuper le genre Tinamou. ]'en connais seulement le sternum, qui est dans la galerie d'anatomie comparée du Muséum d'histoire naturelle. Ce sternum, très différent de celui de tous les autres Oiseaux, ne ressemble que de loin à celui des vrais Gallides. L'ostéologie des Mégapodes m'est connue par l'étude que j'ai faite du scjuelctte d'un individu également de la colleclion du Muséum. Ce type est bien de notre famille des Gallides ; mallieureusement le squelette que j'ai examiné est celui d'un très jeune individu; c'est là une circonstance défavorable pour la comparaison des carac- tères. La famille des Gallides (Gallidœ), telle que je l'envisage ici, correspond donc à l'ancien ordre des Gallinacés, avec les restric- tions que je viens d'indiquer. Le sternum de ces (Jiseaux, on le sait, se fait remarquer par ses profondes échancrures, d'où résultent deux longues tiges latérales. En avant, il se prolonge en une large lame verticale. Les tiges latérales acquièrent leur plus grande longueur chez les Tétras, les Coqs (2), les Faisans, les Perdrix et les Cailles. Dans l'Argus, le sternum a la forme générale de celui des Coqs et des Faisans ; mais il est sensiblement plus court avec la branche externe plus large. Dans les Dindons, et surtout les Paons, la longueur de cette pièce osseuse s'amoindrit encore , et les deux tiges latérales acquièrent en même temps une largeur plus considérable (3). Le sternum des Mégapodes se rapproche beaucoup de celui des Paons ; mais je le répèle, mes observations relatives à ce type n'ont porté que sur des individus fort jeunes, ce qui m'oblige à beaucoup de (1) Je dois la communicalion du squelette de \'Altaçii$ Gayi , du Chili, a l'o- bligeance de MM. Verreaux frères. M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire avait eu précédemment la bonté de me fournir l'occasion d'en étudier une tête. (2) PI. 10, fig. 1. (3) PI. 10, fig. 2 DES GALLINACÉS OU GALLIDES. 95 circonspection. Enfin dans les Gallides particuliers à l'Amérique du Sud, les Hoccos, les Pau.xis, les Pénélopes, le sternum, tout en conservant son caractère, devient plus court que dans toutes les espèces de l'Asie, de l'Afrique et de l'Europe, et ses branches prennent une assez grande largeur (1). On trouve là, clicz ces es[)eces américaines, une légère modification qui tend à lesrappro- clicr plustiue les autres des Pigeons, j)arlicuiièrement des Colombi- Gallines, et surtout du Goura. Les coracotdiens , chez nos Gallides, diffèrent d'une manière essentielle de ceux de tons les autres Oiseaux ; ils sont plus grêles, plus aplatis , plus simples que partout ailleurs. A leur extrémité supérieure, ils se recourbent très faiblement au côté interne pour donner leur point d'appui aux clavicules, au contraire de ce qui se voitdans plusieurs familles, notamment dans celle des Fringillides. La saillie externe qui forme sa surface articulaire inférieure pour l'omoplate estàpeineiiroéminente, surtout chezlesPaons et les Din- dons, et même chez les Coqs (2) et les Faisans; elle l'est un peu plus dans les Perdrix, les Cailles et les Tétras, avec de légères nuances fort saisissahlcs entre les espèces appartenant à ces genres. Cette saillie constitue, chez la plupart des autres, une dent ou une lame recourbée; il faut en excepter cependant ceux que l'on a réunis sous le nom de Passereaux. On comprendra que je ne m'attache pas ici à décrire pour les coracoïdiens , non plus que pour les autres os , toutes les nuances de formes caractéristiques des genres et des espèces. Des figures sont absolument indi-^pensables pour l'intelligence de détails aussi minutieux, et ces figures seront données dans mon travail général sur les Oiseaux fossiles comparés aux Oiseaux vivants. Les clavicules de nos Gallides ont une configiu'ation tout à fait |)articulière. A leur [loint d'insertion, elles sont laibieiiienl élargies et comprimées , sans aucime dilatation comparable à ce qui existe chez les l'asscrcaux; elles n'ont pas non |ihis de saillie extérieure aunlcssous de leur insertion avec les coracoïdiens, connue cela se voit chez les Pigeons , ou comme chez les Oiseaux échassicrs où (1) PI. lO.fig. 3. (î) l'i. 11, fife'. 1. 96 É. BLANCHARD. — CARACTÈRES OSTÉOLOGIQUES les clavicules sont très amincies à leur origine. La fourchette des Gallides, exactement en forme de V, est prolongée en une lame, dont les légères variations coïncident avec les divisions génériques et même avec les espèces. Dans les Coqs, celte lame, médiocre- ment élargie, tend à se recourber un peu en dedans (1). Elle est plus développée et carénée en dessus de chaque côté dans les Din- dons et les Paons (2) ; plus courte et plus étendue en arrière dans les Faisans ; très grande chez les Perdrix, et presque tronquée obliquement (3) ; très grande encore chez les Cailles, et plus ovalaire, assez mince à sa base, et élargie vers le bout chez les Tétras (4). Cette lame , qui termine la fourchette des Gallides , devient dans les espèces américaines, les Hoccos, les Pénélopes, sensiblement plus étroite que dans les espèces de l'ancien monde (5), tout en conservant néanmoins le développement très caractéristique qu'elle acquiert chez les Gallides. L'humérus est un os qui mérite toute l'attention des anatomistes ; il est caractérisé de la façon la plus remarquable dans toutes les familles ornifhologiques. L'inspection la plus superficielle doit suf- fire à faire reconnaître celui d'un Galliiiacé. Chez les Oiseaux de cette famille, il est court et notablement arqué. Sa largeur pro- portionnelle varie d'une façon sensible suivant les types ; elle est plus considérable que partout ailleurs dans les Coqs et les Fai- sans (6) ; elle est moindre chez lesTéh'as.les Perdrix (7) et surtout les Cailles, et dans les Paons (8) et les Dindons ; la tête de l'humé- rus est moins élargie que chez les précédents, caractère que nous trouvons peut-être plus prononcé encore dans les Mégapodes. La crête externe s'élève médiocrement chez les Gallides. Dans les Coqs et les Faisans, la dépression qu'elle circonscrit est très faible; (0 PI. M, Ëg. 3. (2) PI. 11, fig. 4. (3) PI. 11, fig. 5. (4) PI. 11, fig. 6. (5) PI. Il, %. 7. (6) PI. 11, fig. 8. (7) PI. 11, fig. 19. (8) PI. 11, fig. 9. DES GALLINACÉS 01.: GALLIDES. 07 elle devient plus niar{|iiée dans les aulres types. La orèle interne est épaisse, ne projetant pas de saillie aussi considérable que chez les aulres Oiseaux. Le bord antéro-latéral externe est brusquement l'aballii, inruianten dessous une arête angulaire presfjue droite, an lieu de celle dilalalion poussée plus ou moins loin, qu'on observe dans la plupart des types de la classe des Oiseaux. Cette dilatation est considérable (bins riiumérus des Pigeons, où elle se termine en |)oinle iibluse, ainsi que dans les Gangas iPlerocles) qui doivent en êlre rapprochés dans nos classifications zoologiques. La forme lie la cavité, au tond de Ir.quelle se Irouvent les orifices aériens, mérite d"ètre considérée, surtout au point de vue de la détermina- lion des débris fossiles. On y observe certaines différences suivant les genres, cerlaines nuances suivant les espèces, bien aisément appréciables. Dans les Coqs, les ?'aisans, les Argus, cette cavité est ovalaire avec son bord externe déprimé (1) ; chez les Dindons et les Paons, elle est beaucoup plus grande, allongée, ayant son re- bord externe plus déprimé encore. A peu près de la même forme que chez les Coqs, dans les Tétras, les Perdrix, les Francolins, elle est plus profonde avec son rebord externe plus élevé ('2). Chez les Cailles, celle cavité, plus courte, presque arrondie, est moins par- faitement rendre une forme carrée. Chez les Faisans, l'Argus (!t le Lophopliore, comme chez les Paons, les frontaux sont plus étroits. Le rétrécissement augmente dans les Perdrix, et surtout dans les Cailles ; ce qui contribue à donner à la tète de ces divers Oiseaux une ap|iarence assez différente. La région pariétale est plus ou moins élevée; elle Test à son maximum dans les Paons ; elle s'affaisse plus dans les Cailles et les Perdrix que dans les Coqs, les Faisans, les Pintades. Dans tous les Gallides de l'ancien monde et de l'.\mérique septentrionale, l'apophyse temporale et l'apophyse mastoïdienne se rapprochent extrêmement et se soudent par leur extrémité dans la pliqiart des cas. Les lacry- maux sont courts et assez larges dans les Coqs et les Faisans, plus longs et plus étroits dans les Paons et les Dindons, plus petits que dans tous les précédents chez les Perdrix , les Cailles et surtout les Tétras. Les types essentiellement américains, comme les Alectors, c'est- à-dire les genres Urax, Crax et Pénélope, s'éloignent à quelques égards des types de l'ancien continent ; leur crâne est allongé, à côtés presque parallèles, rappelant la fonue de la tèle des Pigeons : c'est que leurs frontaux sont larges, et leurs lacrymaux DliS GALLINACÉS OU GALLIDES. lOS frès développés, au lieu d'èlre rpjelés en dehors, sont exactement emboités entre les os nasaux et les frontaux ; ensuite les apophyses tcmpiirale et mastoïdienne se ti'ouvent èlre écartées davantage ; la région pariétale est presque plane comme la région frontale ; eniln le vomer est toujours libre et très développé, ce (]ui n'a pas lieu dans les autres, on il paraît se souder complètement avec la cloison interorbilaire. On voit d'après cela que ces types américains se séparent d'une manière assez prononcée de tous les autres Galiides, auxquels ils ressemblent cependant par l'ensemble de leurs caractères. Si, à l'aide de tous les détails observés et consignés dans ce mémoire, on cherche comment les Galiides se groupent d'une ma- nière naturelle, on arrivera, ce nie semble, à des résultats assez concluants. En effet, la plupart des types de Galiides vraiment asiatiques se lient entre eux de la manière la plus manifeste ; les Coii», les Fai- sans, les Argus, les Lopliophorcs, se ressemblent au plus haut degré par tous les détails de leur ostéologie. Les Paons présentent quel(|ues particularités notables dans la confurmalion de leur bas- sin et de leurs vertèbres sacrées, et dans la conliguration de leur slermim une tendance vers le type des Alectors, c'est-à-dire les Hoccos et les Pénélopes. Les Dindons de l'Amérique septentrionale et les Pintades de l'Afrique se lient en même temps aux Goqs et aux Paons. En ré- SMn)é, la réunion de ces divers genres me semble constituer un groupe nahnel dans la famille des Galiides. Les (jalliilos océaniens , tels (pKî les Jlégapodes (Megapodius Quoy et Gaim.) et les Talégalies (Talegalla Lesson), me paraissent former un autre groupe se raltacbant au ])ré;'édenl parles Paons ; mais j'ai dit à combien de l'éservc j'étais tenu à l'égard de ce type. Une autre division de la même sorte nous est fournie par les Perdrix, les Francolins, les Colins, les Cailles, cl tous les genres établis aux d(''pciis de ceux-ci par les ornilbologisles modernes ; elle se rap|ir(icbe extrêmement du premier groupe. Entre les Coqs et Faisans et les Perdrix, les différences ostéologiques sont fort minimes. ICI É. Iî3•l^^ u.*Kî>. — CAr.ALiKisiis osri;oL(ir,iQti;s Les i'i'lms (lHViirant i!(î Ions 1rs prccédcils ;'i fiiif^lfiurs cj^ards, nnlammoiit par leur lèle vl \n\v hassin, miiis dev: ns les regarder encore comme (ype d'iiii groupe (lai-liniiier. lînfm une division semhialilr nous est ol'rcr:e par les Alectors, c'est-à-dire les genres (h'ax, Lrr.x, Pénélope. Ces Gallides améri- cains, nettement caractérises par la forme de leur tête, de leur sterntMii, de lenr bassin, ont des rapporis étroits avec les Tétras, en même temps qu'ils indiquent ralTniité dont il a été question entre les deux familles des Gallides et des Columhides (^Pigeons). Mais il est plusieurs genres importants que je n'ai pu trouver en- core l'occasion d'étudier, et ipii augmenteront peut-être le nombre des types que je viens de signaler: ces genres sont les Mesites Is. GeolTr. , les Rollulus, les Cryptonyx, etc., sans compter les Tina- mous et les genres qui en sont rapprochés par les ornithologistes. Après avoir examiné d'une manière comparative les os des re- présentants de la famille des Gallides, in'ètre attaché au.x distinc- tions à établir entre les espèces, m'être préoccupé des relations (]u'ofl'rent de l'un à l'autre les types de cette famille ; constatant le ])eu d'importance des dilférences de plumage surtout appréciées par les ornithologistes , j'ai été conduit à porter une attention spé- ciale sur les distinctions génériques. Le résultat de cette élude ne sur|ireudra personne, (piand j'annoncerai que les genres admis ac- tuellement par les ornilhologisles ne reposent sur rien de notable daiis la structure organique. Pour être à même de signaler des ca- ractères génériques pouvant s'ap|iuyer sur des pariicularilés ostéo- logiijues, on est amené à élargir singulièrement les genres. Dans la famille des Gallides, des espèces à pliunage assez dissemblable, comme les Coqs et les Faisans, ne présentent (pie des différences des plus légères dans toutes les parties tie leiu" squelette. Les limites à assigner aux genres sont restées un objet de discussion pour les naturalistes, les uns attachant pins d'importance que les autres à cerlains caractères toujours choisis arbitrairement. Pourtant à cet i';;ard une idée des |ilns heureuses a élé produite dans la science. .M. Flourens il) a projiosé de regarder comme constituant des (I) Aitn. des se, liai , 2' scrio. BKS GM-LIXACÉS OU CALI IDES. 105 peiii'ps iKiliirt'Is les os[M"'ces oiipiiblos (!c pn^Jiiire cuire elles. l);\ns l;i f;iiiiilie (les Ga'lides, aussi liieu ijue clans la famille des Fringil- liiliiles, ou cihlieni aiséuieiil des mélis d'espèees rangées par les elassilicalenrs dans des genres dilïérenls. Or, ces espèces ipii donnent lieu àdesmélis, étant rapprocliées.lbnnent d'ordinaire des groupes bien circonserits,c'est-à-diredes genres naturels. Lorsque l'on compare, dans tous leurs détails ostéologiipies, les Coqs et les Faisans, on ne peut douter que ces Oiseaux n'appartiennent ab- solument au même type. Il faut donc ici revenir à la division des anciens naturalistes , à celle qui est adoplée par ("uvier. Je ne prétends néanmoins élever aucune critique contre les distinctions si multipliées des ornithologistes modernes; je pense que leurs divisions ne sauraient être appelées des genres, mais qu'elles peuvent, en général, être acceptées comme divisions d'un rang inférieur, si elles ont les moindres caractères propres à faci- liter la délermination des espèces. Dans le travail enl iiiampier d'exeiler l'admiralitm. La lèvre prend ici un développement très extraordinaire, et semble perdre tout rajiport de formes avec celle des autres Ves- pides. Un voit d'abord à l'extérieur de la boucbe, placée en dessons et en arrière du menton, imc lame verticale et membraneuse fai- sant une forte saillie ; lorsque la boucbe a été disséquée avec soin et que l'on observe au microscope la lèvre placée à cet effet sur une lame de verre, voici ce que l'on remarque : D'abord (fig. 2) on découvre, comme dans tous les autres Ves- pides : 1° nn menton coriace (m) dont la partie antérieure (m') est assez distincte de la partie postérieure; 2° les palpes (p) ; 3° la languette (w), qui apparaît sous la forme de deux petits cordons très finement annclés. — Les mômes parties sont représentées vues en dessous, c'est-à-dire du côté an et désignées par les mêmes lettres sur la figure 4. Puis entre ces parties on distingue la grande lame membra- neuse qui, dans l'état naturel, fait saillie hors de la boucbe (L), et qui a une apparence demi-transparente ; celte lame pénètre dans le menton, de manière à ce que ce dernier soit à clieval sur sa par- tic antérieure et l'embrasse des deux côtés par sa base devenue bifide (m). Vu non plus de profil, mais en dessous, le menton (lig. ù, m) offre une longue échancrure (x) dans laquelle se loge la lame (L). Maintenant, cberchons quel est le but de cette organisation spéciale. Lors(pron examine par transparence la lame membraneuse, on la voit bordée d'un cordon scmi-byalin qui, comme elle, en fait le tour et semble être double au bord supérieur. Si ensuite, après avoir fait ramollir la pièce, on dissèque délicatement la lame, de façon à la dépouiller en |)artie de son enveloppe, on voit qu'elle est composée de deux feuillets membraneux accolés. En dedans du pourtour du sac ainsi formé, se trouve; log('' un cordon lrans[iarent qui , parlant du point a, conlourne le iioul de lame e, et vient se DES OP.CVXnS BUCCAt.V DES MVSARrS. 109 terminer dans son bord supâ'ienr b. Ce cordon m'a paru com- posé d'une espèce de tissu élastique. Le long du bord supérieur de la lèvre (1), il se trouve accolé au cordon élastique une longue lanière bifide à son extréniilé et finement annelée sur toute sa longueur (fig. 3, u). Cette lanière n'est autre chose que la languette dont on ne voit que les bouts en H (lig. 2 et !\). La meiubraiic de la lame enveloppe la languelle jusqu'en t et la retient serrée contre le menton, dans lequel elle s'cmboite et glisse comme dans une coulisse. (]clte membrane en- veloppante, vue au microscope, olïre des stries 1res distinctes dans lesquelles on reconnaît le tissu musculaire; c'est donc de plus une membrane musculaire (2). Cela posé, si l'on suppose maintenant que la membrane de la lame, qui prend son point d'appui sur le menton, vienne use contracter fortement, de façon à ramener son exirémitée vers le bout du menton, il en résultera que la base de la langue sera amenée de e en )•, (|ue par conséquent le reste de son étendue, qui est entièrement libre, glissera d'autant dans la coulisse du menton, et enfin, que .son extrémité u (fig. Ii) .se pro- ji'llera longuement en avant, comme on |)eut le voir sur la ligtu'e 5. Si l'on a bien compris ce qui précède, c'est-à-dire la conforma- lion de la lèvre dans les Vespiens et les Euméniens d'un côté, de l'autre sa construction si diflërente en ap|>arence dans les Masaris, il me sera facile de faire |jasser en revue au lecteur les termes in- termédiaires de cette modification. Dans ce but, revenons en arrière, et des Masaris passons aux Célonites ; chez ceux-ci la structure de la lèvre est presque iden- lique avec celle <|ue nous venons d'examiner. La lame membra- neuse est seulement plus étroite, par conséquent moins saillante à (^) La figure 8 représente la lèvre en partie dépouillée de l'enveloppe de la lame; la partie / en est encore garnie, mais l'antérieure en est dépourvue; oesl un lambean de la membrane enveloppante renversé en arrière. (4J Celte lame faisant saillie en dessous de la lèle, on pourrait trouver extraor- dinaire qu'elle offrit un muscle extérieur aux téguments; il est probable que la membrane musculaire est elle-même recouverte par une très fine membrane CMianée. On peut, du reste, comparer la nature de (ctio lame à celle de la lan- guelle des Kuménicns, qui, tout en étant membraneuse et niuse.uiairc, fait aussi eaillic liors de la bnuclie 110 DE SAUSSURE. l'extérieur, et la base de la languette se présente enveloppée d'une espèce de tube sur lequel je reviendrai phis tard, tube rpii n'est, du reste, autre cbose qu'un prolongement des parties niembranu- laires qui terminent le inenton en avant. Les Masariens se partagent ainsi en deux groupes, suivant qu'ils ont la langue rétractile ou non réiracliie (1). Poursuivons la inodilicalion graduelle. Dans le genre Ceramius, plus de lame membraneuse ; la bouche se présente, comme dans les Vespiens, sans aucune saillie ; néan- moins vue en dessous, elle est toujours terminée par deux lanières peu saillantes, peu extensibles à cause de l'absence de l'appareil lamellaire; mais une dissection attentive révèle bientôt l'existence de deux lobes latéraux terminés par des jioints coriaces , et dans lesquels il est impossible de méconnaître l'analogue des lanières latérales (paraglosses) si développées dans les Euméniens. Voilà donc autant de rapprocbemenls indiqués vers ce dernier type : plus de lame membraneuse , et apparition des rudiments de lanières latérales à la languette. Si maintenant nous envisageons le genre Paragia, nous trou- verons la transition complète. Ici (lig. 1) la lame membraneuse a également disparu; les lanières latérales ont pris un grand développement; la languette, ou lobe médian, n'est plus rétrac- tile : elle a quitté la l'orme d'une double lanière pour prendre celle d'un lobe bifide comme dans les Euméniens. Il existe cependant une différence qui pourrait faire croire à une séparation entre les premiers et les derniers termes de la série : c'est l'absence des lobes latéraux de la lèvre dans les Célo- nites et les ]V1a.saris, qui sont pourvus d'une lame membraneuse ; je suis loin de croire au manque absolu de ces lobules, mais leur recberclie est, dans tous les cas, si dillicile ((ue je n'ai pu les découvrir ; les Insectes sur les(|uels porte ce doute sont si rares cl si petits, qu'il ne m'a pas été permis de les soumelire à des expé- riences convaincantes. Notons cependant que dans les Paragia , (<) Au second, c'esl-à-dire à celui chez lequel la langueUe est construile comme chez les Euméniens , appartiennent les genres Paruf;i(i , Ceraimus, Tri- meria. Dans les aulres genres la langue est réiractile. DES ORGANES BUCCAUX DES MASAIIIS. 111 OÙ ces organes sont certes très distincts, ils se (rouvent, dans l'état de repos , disposés parallèlement et sur un plan antérieur à celui du lobe médian , le recouvrant presque enlièrement. Il en est de même chez les Ceramius ; or si ces lobes venaient à se souder sur la ligne médiane, ils formeraient une lame antérieure à la languette ; une lame semblable se trouve cliez les Célonites (lig. 6j; elle forme le tube d'où sort la languette, et c'est peut- être elle qui représente les lanièfes latét^ales; on pourrait aussi voir l'équivalent de ces dernières dans les bords membraneux {f) de la lèvre ; ces lobes sont effcctivemont toujours bordés d'une ligne coriacée dont on pourrait supposer l'analogue dans les points coriaces du bout des paraglosses. En parlant de la lèvre, je n'ai jusqu'ici touclié qu'aux faits dii'ec- lement en rapport avec la démonstration que je me proposais d'établir ; mais il en est encore quelques-uns à éclaircir. Le menton vu en dessous ( llg. 4 et 5 ) n'est pas visible en en- tier ; toute sa partie antérieure , depuis les palpes, est sur un plan vertical. Pour l'analyser complètement, il faut forcer la nature et l'étaler en le collant sur une plaque de verre; on dislingue alors qu'il est fendu en avant et offre deux moitiés (fe), entre lesipiellcs s'étend une membrane qui forme le plancber de la coulisse ou du tube par où passe la languette, et dont le plafond est formé par la languette elle-même (u) . On voit donc que, même dans des organes aussi ténus et qui ne peuvent être étudiés qu'au microscope, il est encore des parties articulées ensemble d'une extrême complication, et sur lesquelles on ne peut rien savoir. C'est un champ ouvert à l'imagination plus qu'au scalpel de l'observateur le plus patient et le jjIus habile. La languette elle-même a la forme d'un cordon anncié et cou- vert de stries circulaires qui dénoteraient pi'cs(|ue l'existence d'un fil s|)iral, mais je pcn(;berais à y voir phitùl un nuisclc penné : ceci est surl(jiit appréciable loisqu'on examine la langue en dessus; elle offre alors une zone, centiale, liiiement striée en travers, et deux cordons labiaux à stries pennées (Jlg. 7). 112 DE SAt'SSUBE. — DES ORGANES BUCCAUX DES MASARIS. EXPLICATION DES FIGURES. PLANCHE 1. Fig. 1. Lèvre inférieure des Vespides, el en particulier des Pncagia. — m, men- ton ; p, palpes labiaux ; u, languette; a, lanières latérales de la languette ou paraglosses. Fig. 2- Lèvre inférieure du Masaris vespiformis Ç, vue de proBl. — p, palpes; m, portion postérieure du menton partagée par la lame L; m', portion anté- rieure du menton ; n, cordon de tissu élastique fixé au menton en a ; b, portion de la languette qui est accollée au cordon élastique : cette languette traverse le menton, en passant par une coulisse, et ressort en ( sous la forme d'une lanière bifide u; g, muscle membraniforme qui enveloppe et remplit la lame L Fig. 3. Cette même lèvre montre la coulisse couverte et déchirée. — c, point où vient se fixer la seconde extrémité du cordon élastique; o, lambeau de la mem- brane musculaire. — Les autres lettres sont les mêmes. Fig. 4 . Cette même lèvre vue en dessous ; x , la lame nmsculaire vue de champ ; I, plancher membraneux de la coulisse. Fig. 6. Lèvre inférieure d'un Cclonilcs en état d'extension. — f, prolongement des bords du menton; /, larves membraneuses qui recouvrent la base delà languette , et qui sont peut-être les analogues des paraglosses. Fig. 7. Structure de la languette. OBSERVATIONS SUR QUELQUES CERCAIRES PARASITES DE MOLLUSQUES MARINS, Par IH. Ch LESPËS. L'étude (les Cercaires iiarasites des Mollusques terrestres et d'eau douce est aujourd'liui bien avancée, après les li'avaux nom- breux dont ces animaux ont été le sujet. Les ^lollusqiies marins paraissent devoir aussi renfermer de nombreux parasites; mais l'étude de ces derniers est à peine commencée : c'est cette lacune que j'ai tenté de combler, au moins en partie. ^lais si les parasites sont nombreux dans les ^lollusques d'eau douce, ils m'ont paru bien moins fréiiuenls dans les Jlollusques marins que j'ai étudiés : c'est ainsi qu'une des Cercaires ijue j'ai Irouvées dans la l.illori'ie ne s'est (liïcile à moi qu'ime l'ois sur t]Q\\\ cent Ireiile. J'ai vu seulcmenl six espèces, cl encore une d'elles si mal i|iic je iir puis la déi:i'ire; Idulclnis, quelques-uns des fails que j'ai obscrv(''s me paraissent dij;nesd'allenlion. Dans la description de ces pelils êtres, je suivrai la nomencla- turi' proposée par M. de Filippi '^1), et je donnerai à cbacunc des espèces un nom provisoire. Dans le A'assa relicidala dont j'ai CNaminé un grand nombre d inilividns, tous |ir(ivenant du bassin d'Arcacbon, où celle espèce est très r(''|iandui', j'ai trouvé assez sonveni dans le ftiie des Ui'dies d'un jaune oran^'é intense remplies de (icivaires. Lue seule l'ois, j'ai trouvt' ces Kédiestrès jeunes [\\<^. 11) ; elles ont alors la l'oiinc d'iui llacon, et sont lonj^ues d'environ ,'i; leurs mouvcmcnis son! extrêmenicnl \ifs. La coideur orauj^ée n'a pas encore paru dans les individus les plus jeunes; elle ne se montre que plus tard quand les Cercaires se développent, et que la Rédie cbaiige i;ra- (1) Filippi, Mémoire pour servir à l'Iiisloirc ijéiicralc des TràiinlntUn. in Ami, ili-i te. iiiK., 4' série, ZoOLoore, l. Il, p. S'jii. »'soii.> Z..OL T. VII. (Caliior II- ï.) * 8 114 en. LESPÉS. — CERr.Air.KS parasitfs ducllempnl do forme. C'est prol)nl)lenieiil une espèce voisine de celle dont parle iM. de Filipjii (l"i, cl qu'il a Ironvée dans le Cotius medilerranpus ; h sin;;iilière forme de la Rédie est iui moins la même. LaCercairc qui en provient (lig. 2), que je propose de nommer provisoiremenl Cercaria .çng'/toto,estextrêmement vive ; au moins celle ohservnlion s'appliipie-l-elle aux ir.dividiis complètement dé- veloppés, doul on uc trouve que deux ou trois dans chaque Ri'die, en même lemiis qu'un noiuhre considérable de jcimes d'un dévc- Io]iiicmeul plus ou moins avancé. Au commencement, clic nage avec sa queue; mais elle ne larde |)as à ramper connue une Sang- sue, au moyen de ses deux vculouscs. Elle est longue de O""",^!!, sans la queue ; la partie antérieure du corps est (Margic en foniie de fer de flèiïlie; la partie postérieure, tui peu plus large et arrondie, se termine par une queue longue à peu près comme le corps, très mince à l'cxtrémilé, et portant une sorte de frange latérale. La qneuc tombe avec la plus grande facilité. l.a ventouse anl('rieure, ipii, aux plus forts grossissements, m'a parue incrme, est environ deux foispluspclileipie la vcnlouse ven- trale. En arrière dr la pi-cnùère, on aperçoit par Irauspai'cuce le tube digestif, d'abord simple, et traversant un pharynx bien marqu('', ])uis bifuripu' un peu eu avant delà ventouse ventrale. En arrière detelle-ci, deux traînées de granulations foncées, réiniies postc- ricuren)enl et afièclant la l'orme d'un V, ie|irésenleul ra|i]iareil sécré'Ieur. ToTil le cor|)S est ]ileiu de c(^s cellules claires, que M. de Fibppi nomme cellules kyslofjènes ; quoique j'aie cherché avec grand soin, j(^ n'ai jamais vu cette espèce enkysiée , non [)lus i|ii'aucune de celles qui suivent. Je désignerai sous le nom d(^ Cercaria lala uneCercaire fort re- marquable (Hg. 13\ que j'ai trouvée en noudire inmiciisc une fois sur trenire-irois dans les Venus decussata pochées dans le bassin d'Areachon , où cette espèce est assez peu répandue. Elle sedéveloppc (I) pli. de Filippi, Quelques nouvelles observations sur les larivs de Trémalodes in Ann. des se. im(., 1'' sérip, Zoot.ocin, (. VI, p. 83. DE MOLLUSQUSS MARINS. 115 en grand nombre dans des Sporocystes longs de 2 à 4 millimètres, et fjiii nagent l'orl bien , (|iu)ii{u"il soit impossilde de leur trouver aucune organisation. En ouvrant la glande génitale d'une Venus, j'en ai vu sortir un nombre énorme de filaments blancs, qu'au premier aspect j'ai pris pour des Néniatoïdes ; il y en avait un tel nombi'e (pie la glande avait entièrement disparu, et que je n'ai pu déterminer le sexe de cette Venus. Ces filaments étaient des Spo- rocystes pleins de Cercaires, dont quelques-unes seulement déve- loppées. Le corjis de la Cercairc est long de 0""",20 à 0"'"',2."); la partie antérieure est l'ortenient dilatée , tout le corps est plein de cellules. Les deux ventouses sont petites et peu visibles; l'animal s'en sert pour lamper, car il ne nage que fort peu. En arrière de la ventouse orale, on voit un œsophage bientôt divisé en deux caecums, et muni d'un pharynx de moyenne taille. De cha(|uc côté de la ventouse ventrale se trouve nue poche, assez grande, pleine d'un liquide clair, dans lequel nagent des granulations extrêmement petites. Chacune de ces poches se ter- mine par ini canal bien visible; ces deux tnlies réunis donnent naissance à une vésicule d'une l'orme rcniarquabie cl constante qui se continue eii-un long canal dans toute la iongiieui' de la queue. On voit très facileiiieiit tout cet appareil sécréteur ; (t'est même la prciniijre chose (|ue l'on distingue, il est aussi très l'acile de voir les granulations (pic le li(piidc reid'erme, et, par leurs mouve- nienls, de s'assuier de la commiuiication des diverses pièces de cet a|)pareil. bi (pieue est aussi grosse à l'cxtr('-inité qu'à la base; sur les côtés, elle |)ortc une sorte de frange et de |)etits crO(>hcts grêles rccourbi's en avant ; le tube fpii la piu'courl dans toute la longueur s'ouvre à l'extiémité. .M. de l'ilippi pense que toutes les Cercaires qui proviennent de vrais Sporocystes sont armées et poss(';(lcnt cet appareil séeréleiii', annexe (le l'acicule , (ju'il est si l'acile de voir dans un grand nombre d'cs[)(V'Cs : voici |)oiniant une Cercaiie (pii pro\icnl de véiilables Sporocystes-et non d'uiu; Uédie, et (jui n(; présente ni acicule, ni appai'cil salivaire. En ('tudianl la ventouse auli'iie(ne à H 6 eu. LESPÉSS CEBCAIRES PARASITES 1111 li'cs fort grossissement, j'ai vu viii cercle de crocliefs très petits, ;ui nombre d'une douzaine environ, ce qui la rapproche de plu- sieurs (^ercaires sans aciculc. Le fait de la conliniialion dans la (jueue de l'appareil commun à Ions les Trcnialodcs el le grand dé- veloppement de cet appareil me paraissent aussi mériter l'atten- lioii. Bans le foie de la Lidorinc [lÂllorina littorea), j'ai trouvé des Ri-dies, |tr(>si|iie imiiiolMlcs, longues de 0""",6 à 2 millimètres, et doni la forme ne présciile l'ieii de parliculier; leur jjiilhe œsopha- gien est petit et leur intestin bien visible : elles renferment de nombreuses Cercaires à des degrés de développement très divers. Celle-ci (Cercaria proxima) ressemble pour la forme à celle du Buccin ; mais elle est beaucoup plus grande (0""",70), ne contient pas i\i' cellules kyslogènes , et présente des caraclères internes bii'iidiff(''iTnls(lig. 14); les deux \cnlousesont à [icm près le même diamèli'c , la ventouse ventrale est au delà de la moitié du corps. Avec un fnrl grossissement, il est possible de voir une douzaine de jiclits |iii|iianls en cercle anlmir lU^ la venloiisr- orale. Le lulie digeslif offre d'abord un O'sopbage très grclc, avec im pbarynx, vers le quart de sa longueur: puis h c:\m\ se divise en deux longues brancbes, qui passcnl de cliaipie cùli' de la ventouse ven- trale cl se leriniuent près de l'inserlion de la queue. L'appareil exciéteur est 1res développé ; il se compose de traî- nées obscures formées de granulalions; elles commencent près de la ventouse orale, suivent les deux côlés du corps en recevant des branches internes et d'autres externes plus courtes, jnsipran point où elli's se détourneni pour venir passer très près de la veulonse ventrale, el se réunir loul à l'ail en arrière. La (pieiie, longue à peu près comme le coi'iis, est munie d'une frange latérale, et ne pi'é- senle rien de remarquable. Je n'ai trouve cette Cercaire qu'une fois sur près de deux cent rinipianlc Lillorincs qui avaient élé prises sur la cèle de la Clia- rente-lnlcrieurc ; je l'ai cherchée inutilement dans une Ireiilaine d'aulres Liltorines ]iriscs dans le bassin d'Arcaclion on elles sont peu cnnununcs. Les deux espèces (pii ine rcsfeiil à décrire soni Irès voisines, DE .MOLLLSQLliS M.V|-,I>?. 117 m;iis pninhini ;issr/. l'iicilos àdislingiior. Je los(l('si£;iu'|i,irlrs noin.s t\i' Cercaria (iraclii/urad'i'^. i5)el Cercarialinearis [\\u. G : (luilcs deux sont années , et possèdent un appareil salivaire ; elles se dé- veloppent dans de simples Sporoeysles. tycsl surtout leur appareil sécréteur, ainsi que leur queue, qui est reniar<|uable : le premier consiste en une cavité remplie ou tapissée de cellules, située en arrière de la venlousi' ventrale; il parait compli-leinent l'ernu'. La (|ueue est très eoiule et tort grosse; je n'ai pas liesoin de dire qu'elle est loujoursimmuliile. Le Cercaria braclnjura se dévelo[ipe dans des Sporocystes (|uc j'ai trouvés dans le testicule du Troehus cynereus ; ils paraissent rares, car je ne les ai trouvés qu'une l'ois sur plus de deux cents. La Cercaire est longue de 0"'°,20; les deux ventouses sont assez grandes et égales; l'acieule de la ventouse antérieure est exlrème- ment petit; on voit néanmoins les deux courts ctecnms latéraux. L'a[)pareil salivaire est formé par deux cellules et un seul canal exei-é- tcur de chaque colé; le corps, (ileiii de ccliides, est large el |ilal. Le Cercaria linearis que j'ai li-ouvi' dans le l'ciii de la Lillmine (Lillorina litlorea] parait aussi une espèce l'iirl rare ; je l'ai trouvée deux l'ois seulenieni, mais en grand nondire ; elle diffère tie la jirécédente par sa l'orme beaucoup plus allongée, la grandeur de .son acicule, liien facile à voir, et la disposition de son appareil sa- livaire formé de quatre cellules, cliaciine avec un tube excréteur. La queue est aussi plus petite. J'ai trouvé une seule fois dans le Buci'in des Rédies renfermanl de grandes Cercaires, dont la queue (-lait profondément divisée eu deux. Le Huccin était déjà e:) découiposilion , el je n'ai pu mieux étudier ses parasites. KXI'l.lCATlO.N DES KlCL'llES. l'LANCIUO 1 . Fij.'. 11. Ré(JJe très jeune du Buccin. Kig. 12. Cercaria saijilala, provenant dune tiédie de la mOnie c.s|)étu. Fig. i'i. Cercaria lala de la Venus deciixsaia. Fig. 14. Cercaria proximn de In I.illurinc. Fig. \o. Cercaria bracliyiira du Truclius ciiuerciis Fig. 10. Cercaria linrant (Whi l.jUorine. NOTE SDH UNE NOUVELLE ESPÈCE DU GENRE ECUINOBOTURIUM , Par M. Ch. LESPËS. En disséquant un grand nombre de Buccins [Nassa reticidata), j'ai trouve quatre fois un Cestoïde à l'clat de scolex dans le t'oie. Deux Mollusques renfermaient chacun deux parasites -, les deux autres n'en renfermaient qu'un. Le parasite est dans un kyste creusé dans la substance du foie. Su forme est très singulière , cl rappelle celle d'une gourde de pèlerin : il se compose (fig. 9) de deux renflements reliés par un cou; le plus |M'lit est terminé par une sorte de grosse ventouse mobile, (pii jiarait jouer un rôle important dans les mouvements. Enlevé avec précaution de son kyste , le Ver se meut d'une ma- nière bien manifeste ; le petit renflement dirigé en avant paraît entraîner l'autre dont les mouvements sont beaucoup moins dis- tincts. La peau contient un grand nombre de ces grains calcaires transparents si comnums dans les Cysticerques. L'animal entier est long de 1 à 3 millimètres. En comprimant légèrement le renllement postérieur, on voit par transparence une tète de Cestoïde extrêmement mobile , mais dont les mouvements sont indépendants de ceux de l'enveloppe. Otte dernière m'a .semblé ouverte au sommet, mais une seule fois j'ai vu cette ouverture. Il est assez facile de faire sortir le Ver de son enveloppe \ivantc ; il se présente alors (fig. 8) comme formé d'une tète assez grosse, très mobile, changeant à tout instant de forme , et d'un cou grêle et long dont l'extrémité inférieure se déchire toujours. La tête, longue dcjirès de 1 millimètre dans l'individu le plus grand, présente un bulbe assez gros, ovalaire, l'Iargi et bilabié en avant, cl [lorte sur les côtés deux expansions très mobiles (bolhri- dies;, qui paraissent soudées au bulbe sonlcnient dans le point où ^OTE SfR LE CEMlE ECHINOBOTHRIUM. 119 il est rL'iillé. Les mouvements rapides de ces deux expansions sont les seuls que présente le Ver. Elles sont Ibrmées d'un tissu Irans- ]iarcut. Les deux lèvres du bulhe sont années d'un nombre eonsidé- I able de crocliels qui tombent avec la plus grande facilité. 11 y en a plus de vingt à Llia(pie lèvre : ceux (pii sont placés sur la partie sail- lante rappellent un peu ceux des Tœnias; ils se terminent (lig. 10) [lar luie pointe très aiguë , et sont niainlenus par deux points sur la lèvre, d'abord par leur extrémité recourbée, puis par un tuber- cule peu martpié ; mais il y en a peu qui soient ainsi constitués : la [ilMjiail sont représentés par une seule lige très aiguë , et d'au- tant plus courte (ju'ils sont placés plus loin du sommet de la lèvre. Le cipu est, ainsi que je l'ai dit, très grêle ; il olIVe deux longues bandes foncées réunies en avant et (|ui se perdent postérieure- meiil. Vers ce point existe une taclic pigmcntaire diffuse d'un rouge violacé. Aucun Ccstoïdcne ressemble à celui-ci, si ce n'est VEchinobo- Ihrinm lijpus Van Benedcn (1). Toutefois les deux espèces sont évideuunent différentes : mon Helmintbc n'a pas les épines du cou de celui (!(.■ .M. Van Beneden , et le nombre des crocbets dont sont armées les deux lèvres, est beaucoup plus considérable. Je propose do le iiumincr Eckinobolhrhim levicolle. EXPLIC.\TION DES l'IGURES. l'LANCUE . Fig. 8. Télé de l'Ecliinobûtliiiuiii levicolle. Fig. 9. Scolex du même. Fig. 10. Crucliel le plus dc\elO|)j)i\ (I) Bull. Je l'Acail. lis linixitlcs, l. XVJ, n° 2, IS49, el Vers cestoïdes ou acotylés, in Mém. Acad. do Bruxelles, l. XV, p. liJ8, pi. XXlll. rUBLICATIO.^S NOUVELLES. Leçijiis sur 1(1 phijsiologie el l'analomie comparée de l'homme et des antmenix, piii' M. MiLNE Edwards. La iireiiiiùru parlit' du seconil volume (lo cel o'jvrn^^e a paru, ot lonlietil I liià- loire anatdiiiique des organes de la respiralion dans les diverses classes du Règne aninial. La seconde partie de ce volume contiendra l'histoire physiologi(|ue de cette fonction , et paraîtra en octobre. Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses, par M. CL Bebnahd; iu-S, 1857. Dans ces leçons, riches en observations physiologiques intéressantes , l'auteur rend compte de ses expériences sur le curare , sur divers gaz délétères, etc. Matériaux pour la Paléontologie suisse , publiés par M. Pictet, Description d'une Êmyde noucclle ( Emys etalloni ) du terrain jurassique supérieur des environs de Saint-Claude, par MM. Pictet et IIumbert; iii-il. Genève, 1857 (avec 5 planches). La carapace fossile décrite dans ce Mémoire a un demi-mètre de longueur, el appartient à la famille des Elodites de M!\L Duniéril et Bibron; mais, dans l'état actuel de nos connaissances, on n'a pu déterminer la division générique à laquelle il conviendrait de la rapporter. Elle a beaucoup de ressemblance avec le Pleurostenwn lalisculatum, de M. Ovven. Onlleedlciindige Naporingeii, elc. — Recherches anatomiques sur le Dendrologus inuslus, pnr M. ^'nOLiK; in-i, avec 6 planches. Amster- dam, 1S57. Dans ce mémoire ('tiré du llcciieit de l'Académie des sciences de Holla nde), l'au- teur décrit, avec beaucoup de détails, le squelette et le système musculaire de ce Mammifère marsupial, et fait connaître diverses particularités relatives à la structure du cerveau , etc. Sechtzehn, elc. — Description de seize espèces nouvelles de Néma- toïdes, par M. Diesing; in-/i, avec .'i planches, 1857. Ce mémoire, extrait du Recueil de l'Acudémie des sciences de Vienne , contient des considérations générales sur la structure el la classification des Nématoïdes, ainsi que la description d'une série d'espèces nouvelles appartenant aux genres Oxijurus , Ascnns, Spiivplera, Oplimslonnim, Tricliocepliulus, l'iluriii, Scleroslo- mum et Slrongijlus. Untersuchungen, etc. — Recherches sur la structure intime des fibres musculaires striées , par M. Rollett (extrait du Sitziungsbericht de l'Académie de Vienne, 1857, avec 1 planche). L'auteur, en fai.sant agir de l'acide chlorhydriquo étendu d'eau sur les fibres musculaires, est parvenu a séparer les disques dont elles se composent, et il a trouvé que ces éléments histologiques ressemblent a des cellules aplaties et garnies latéralement d'un novau. MOiNOGRArtlIE FAMILLE DES OSTR AC ION IDE S , Par n. nOLLARD, ProTesseur ;i Ij f ;iciilL(i des scicoces de Poiliers. Travail pa'senlé ù l'Acailémio des sciences dans sa séance du 27 oclubre 185G. En 1553, Bélon signala à l'attention des naturalistes de la Renaissance un Poisson nouveau pour eux et remarquable par ses formes et son écaillure, eelle-ei tonnant une sorte de test polyé- drique, composé de plaques osseuses assujetties les unes aux autres. Gessner, quelques années plus tard, proposa de donner à ce Pois- son le nom d'0«/?'aciOK,d('ià employé parStrabon pour une espèce du Nil (1). Dès lors, et par suite de la découverte d'cs[)cccs ana- logues , dont le nombre ne tarda pas à s'accroître, ce même nom devint celui d'un groupe généricpie plus ou moins bien défini, institué par Artédi, et ramené i)ar Linné à ses limites naturelles. De nos jours enfin, le genre Oslracion a pris les (iniporlions d'une véritable famille, moins encore en raison du nombre de scsesiièces qu'en considération de leur diversité. (I) Nous verrons, dans la suite, ii quelle espèce se rapporte la figure don- née par Bélon , et la courte notice qui l'accompagne. Le célèbre voyageur l'avait rap|)orlée de l'Egypte et la croyait du Nil. Il dit qu'on en faisait une sorte de roniniejce dans le pays comme objet de curiosité, et que , pour cela, on vidait ce poisson et le réduisait à son squelette « tout d'os » (Sclelon Holosteon) et à l'ccorce « dure comme d'os » [De /Uiualil., 1 !> j3, p. 30 1 , et Des Puissoiis, 1 1j jo, p. 297). A propos de ce mot Holoileon, qui n'est qu'une simple qualification du Siiiie- letle d'un pois.son dont Bélon dit qu'il ne lui connuit pas de nom, on se demande comment Gessner, et après lui Aldrovande, Willoughby, et bien d'autres, jus- qu'à Plumier, eut pu voir ici U[i nom bon ou mauvais propo.sé par notre auteur, et parler de Y lluluslée de Bélon: c'est une dislractiun bien furie et bien prolongée. Quanta la dénomination d'Oslnicicm, voici en quels termes Gessner la jiroposo cl la justifie : « ligo Oslracionem liunc piscem numiuandum conjicio , nain ot » teslain oslracci instar duram liabet ot 'iizfoixiwj piscis intcr Niloos a Slrabonu s iiuincratur. • Iliit. amm , lib IV, 757. 122 n. noLLARD. — monographie Jlalgrû les tra\'aux plus ou moins récents dont ce groupe a été l'objet, et parmi lesquels se distinguent celui de M. Kamp, inséré dans les A7inales de Troschel pour 1855, et celui de M. Bleeckcr qui se lit diuis les Mémoires de la Société des sciences et arts de Batavia pour 1852 , je crois que la i'amille des Ostracionides ré- clamait de nouvelles études, comme toutes celles dont se compose cette partie encore un peu flottante de la classe des Poissons, dont M. Agassiz a composé son ordre desGanoïdes, et qui ne me semble pas avoir encore rendu tous ses éléments à leiu-s véritables affini- tés. Il s'agit de compléter la caractéristique de cette I'amille, de dé- terminer la série partielle et typique dont elle lait partie, sa place dans cette série, et enlln le groupement généri(iue et la coordina- tion de ses espèces. (Vcst le travail que j'essaye aujourd'hui, et que jo viens soumettre au jugement de l'Académie, après celui que j'ai déjà eu l'iionneur de lui présenter sur la famille des Balislides. Cette monogra[iliie complétera celle des Selérodermcs de G . Cuvier ; je la ferai suivre d'une élude sur les Gymnodontes, à la suite de la- quelle nous pourrons apprécier ce(}u'il y a de fondé ou non dans la manièrcdont notre illustre zoologiste avait groupé ces divers types, si distincts des autres Poissons osseux. Avant il'abonler la première partie de ce mémoire , je me fais un ilevoir do remercier encore ici MM. Duméril pour la bienveil- lance avec la(pielle ils ont mis à ma disposition les riches maté- riaux delà coUcclion du Muséum (1). PREMIÈRE PARTIE. ÉTUDE GÉ.NÉnAI.E DES OSTP.ACIO.NIDES. CHAPITRE PREIUEK. t.VBACIÈBES ET DÉTAILS DESCEIPTIIS. Caractères : Tèle et tronc revêtus de plaijues osseuses [lolygo- nalcs unies bord à bord, et composant une sorte de cara[iacc po- (I) J'ajoule aujourd'liui qu'en publiant les pages qui suivent jo ne fais que me conformer aux conclusions du rapport dont elles ont été l'objol do la part de M. Duinéril pùio {Comiitcs rendus, séance du S juin 1857). DE LA FAMILLE DES OSIRACIONIDES. 123 Iyc(lri(|uc et diversiforme. — Ventrales nulles ; dorsale unique , courte, à rayons mous. — Une rangée de dents coupantes à la mariic de chaque mâchoire. Les l'ornici d ailleuis assez diversifiées des Oslracionides sont toujours anguleuses el polyédriques. L'ensendjle de leur écaillurc conslilue, en raison de sa dureté et du mode de jonction des pièces qui la composcnl, luie sorte de test , que Bloeh a compare , non sans quelque raison, à celui des Oursins (1). Les arêtes, plus ou moins vives ou mousses qui séparent les côtés de ce test, sont for- mées par des séries de plaipies squamoïdes repliées sur elles- mêmes, et la disposition anguleuse de ces {ilaqucs, s'exagérant sur quehpies points, produit des saillies (ranchanles ou plus souvent acuminées, (jui représentent un sysicme d'épines plus ou moins robustes, donl le nombre et la distribution varient. Sur la tête, le revêtement écaillcu.\ emprunte sa forme générale à celle du squelette cépliali(jue, qu'il couvre plus ou moins immé- diatement. .Mais sur le tronc, c'est à lui-même que le test doit sa disi)osition polyédrique, et cela aussi bien sur le dos où il se rap- proelic de la colonne vertébrale, (jue sur les flancs et sur la face abdominale où il ne couvre que des parties molles, sans même adhérer à celles-ci, c'est-à-dire aux nuiscles latéraux et intérieurs. Du reste, celle singulièi'e éeaillnre s'arrête à quehpie distance de la bouche , de la fente branchiale, près de la naissance des na- geoires pectorales, dorsale et anale; elle épargne, en général, la queue proprement dite qui conserve ainsi toute sa sou|ilessc, et peut déployer toute l'énergie locomotrice dont elle a besoin. J-es yeux ont ici, comme dans les Balislides, une position élevée, cl .sont dominés |)ar une crête surcilière [ilus ou moins saillante. Au-devant l't un peu au-dessous de ces (Jiganes sont des narines à deux orilices simples, placés dans une petite fossette membra- neuse. I.a bouche est tantôt teiniinab' , laulul im |Feii iiil'èri'; (Hle est petite, garnie do lèvres mobiles, el armée; d'un nunibie lui peu- variable de dents incisives et acuminées , iniphuili'cs dans l'intcr- (i) loaio IV, pugo 103, du sa grauOo tchtliyutwjw. 121 M- nOLtARD. SlONOGIWrHlE inaxillilire en liiiiil cl (Unis le mnxilhiire inférieur, l'ormunl l'un et l'aiilre deux arcades eourtes et étroites. L'armure denlairc des Oslracionides et leur bouelie en sé'iôral rappellent beaucoup ce que nous avons vu chez les Balislides, avec un degré de plus de simplification, puisqu'on ne trouve celte fois qu'une seule rangée de dents. La fente branchiale est étroite, verticale, et bordée d'une lèvre membraneuse; elle se termine au niveau des nageoires pectorales. Ces nageoires sont assez grandes; leur base est horizontale, et leur donne , par cela même , une direction verticale (pii n'a peut- être pas été assez remarquée, et qui doit cependant favoriser beau- coup le rôle c[u'on attribue, avec raison, dans la généralité des cas, à cette paire de membres, celui de déterminer le niveau auquel le Poisson veut monter, descendre ou se maintenir. La dorsale est toujours très courte , placée à la naissance de la queue. L'anale lui correspond sous le double rapport de sa posi- tion et de sa brièveté. Quant à la caudale , elle est généralement arrondie, très rarement en forme de croissant , et se com|iose de dix rayons sculemenl. Du reste, tous les Oslracionides sont non- seulement malacoplérygiens, mais à rayons divisés; nous ne re- trouvons chez aucun d'eux ce que nous avons vu chez les derniers Balistides fAlutèrcs), des rayons à la Ibis articulés et simples. En comparant ces deux familles sous le double rapport de la nature et de la sim|ilifieation des rayons de leurs nageoires médianes, nous constatons entre elles des différences qu'il importe de remar- quer. Les Balislides ont une première dorsale exclusivement épineuse; ils sont donc acantl]o])lérygicns; mais ils perdent de plus en plus ce caractère, en même temps que leurs rayons mous .se simplifient, eu passant des Triacantbes aux Alntères. C'est bien là une véritable dégradation, et d'autant plusiéellc qu'elle coïncide avec la diminution également graduelle du membre pelvien. Les Ustraciouidcs n'ont plus vestige de ce membre, et sont exclusive- ment malacoplérygiens, quoiqu'ils suivent, comme nous le ver- rons, les Balistides dans la coordination des types iehthyologiques. Il est )ierniis d'en conclure que les types acanthoptérygiens sont plus complets ipie les malacoptérygiens, qu'ils sont supérieurs à DE LA FAMILLE DES OSTRACIONIDËS. 125 ceux-ci, mais qu'ils ne s'en séparent pas d'une manière alisolue, et que le caractère lire (](■ la présence des rayons épineux n'a qu'une valeur relative et conditionnelle, bien inférieure à celle que lui attribuaient Artédi et G. Cuvier. CHAPITRE II. OSGAKISATION DES OSTRACIONIDËS. 1 . Syslème tégumentaire. Ce syslème est encore ici, comme chez les Balistides, essentielle- meiU proiccicur. Il ne laisse aux l'onclions lacliles i|iie des bour- relets labiaux souples el mobiles ; partout ailleurs il l'oruie, ou bien l'es])èce de lesl (|ue nous avons dil, cl qui prolciie uoii-seulemenl par sa consislance osseuse, mais encore par ses formes anguleuses et .son iuncxibililé,ou bien, comme on le voit sur la (pieue, un rc- velement cutané, dont le tissu serré rappelle, malgré sa souplesse, bien plulôl l'enveloppe aponévrotiquc d'un ensemble de muscles des- lini's à une action commune et énergique, qu'une ]ieau sensoriale. .\u point de vue de la caraclérisliipie , et par coiis(''quent des applicaliuiis /.ooidgiqncs cl pair'oiilologiqiics, !'(''lnili' du lest des Osli'acionides, c'est-à-dire des pièces (pii com|M).-.cn( ce lest, et qui rcpréscnlent des écaille., de ces I'oiss(.)ns, nous offre un inté- rêt lout particulier. Maigri' les travaux dont celle singulière écaillurc a déjà élé l'objel , j'en ai étudié à mon tour la disposi- tion, les formes et surloul la siruclure , et je n'ai pas lieu de re- gretlcr les soins et le temps que m'ont coulés mes investigations sur ce dernier [loinl. L'i'caillurc lesliforme desOsIracionides se compose, avons-nous dit, de plaipii'S polygonales unies bord à bord connne les pièces d'une MMisaïqiie. Klli's sont assujetlir's non par voie de soudure, mais par engrenage, leurs bords élant découpés en [ici ils lés- ions ^1 . Ces plaques reposent, eu outre, siu' unecoucbede tissu libreiix qui jouit d'une certaine élasticité, l'I qui p(Mièlre dans leurs (1) Ces dentelure» sont 1res régulières dans le jeune âge, et remplissent alors parfaitement les anfractuo^it^s qui leur correspondent aux bords des écailles voiiinoâ. rius lard , el a mesure que la solidification est plus complète , rWe-, s'émoussenl , et l'engrenage cosse |/lus on riioiii.-i en nplétement. 126 D. nOLLARD. — MOIVOGBAPHIE lignes de jonction. Il résulte de ce fait que la carapace des Ostra- cions conserve, malgré sa consistance osseuse , un certain degré d'exlensibililé, qui lui permet de se prêter aux alternatives de dila- tation et de coniraction que suppose le jeu d'une vessie natatoire, qui est aussi développée que celle des Batistes. L;i rencontre bnrd à bord des squames dont il est question , et la limitalion réciproque qui en résulte, explirpient leurs l'ornies po- lygonales. Ces formes, peu régulières sur la tête et sur les parties anguleuses du corps , se développent plus lil)rement sur les faces latérales et inférieure , où elles deviennent généralement liexa- gonales (1). Le centre de la squame tend souvent à se relever et à faire un peu de saillie, aussi bien que les diagonales qui traversent ce centre. La surface qui itrésenle ce relief, la surface externe , est couverte de tubercules mousses (collicules d'Agassiz) distribués en séries plus ou moins bien dessinées. Ces séries se partagent deux directions diffé- rentes. Les unes vont du centre aux angles du polygone, et parta- gent celui-ci en autant de compartiments triangulaires qu'il compte décèles; les autres remplissent ces comparlinienls , et acbèvcut de les dessiner en descendant du centi'c et des si-iics précédeiites vers les bords, anxqurls elles sont [icrpendiculaires. (]es dernières séries se rattacbent plus directemeni que les premières à la struc- ture de la sipiame , et celles-ci ne représentent probablement que les lignes de départ de celles-là. La face adbcrente est dé|)rimée à son centre dans la proportion du relief de la face externe; les compartiments triangulaires s'y dessinent aussi , mais par d'autres détails qui procèdent de la structure intime de ces singulières écailles. Rcmanjuons d'abord au centre de, cette face un espace irrégulièrement circulaire et d'autant plus étendu qu'on l'obsej've ebez des sujets plus jeunes (2). Près de sa limite constatons la présence de plusieurs petits orifices aux bords desfpiels sont atlacbés des (h'diris nicmliraneiix luludi- Ibi'mcs; ce sont les vestiges des vaisseaux (|ui pénètrent ici dans l'épaisseur de la squame, et dont nous suivrons plus tanl la distri- (1) m. 13, fig. 1, 2, 3. (2) PI. 13, ng. 3. DE LA FAAIILLE DES 0STP,ACJ0NlDi?3. ISy IjMtinii. A parlir <]c relte région cenlralc indivise et plus ou moins clépriiiK-o coiMiiieiH'i' une seconde région, qui s'élend jiis(|ir;'i la périliliérie de l'iruille. Ici des lignes ou des zones élroiles, allernalivenicnl plus t't'i;iirées et plus sombres, parallèles aux bords des polygones, et qui dessinent elles-mêmes autant de po- lygones inscrits les uns dans les autres, attirent d'abord notre attention ; mais en même temps nous remarquons la discontinuité de cet ensemble de zones, et la division de cette seconde région en compartiments triangulaires ]iar desjignes transparentes dirigées de l'espace central vers les angles. Ces lignes sont d'autant plus larges que les écailles soiil plnsjeiuies; |ieu à peu la prolongation gi'aducUe des zones qu'elles séparrul rap|irocbe les CNlréuiilés de celles-ci, les met eu contact , et niodilH' même leur angle de ren- contre en les obligeant à s'inflécliir réciproquement. Nous allons voir tout à l'iieureque les zones dont il s'agit appartiennent à l'une des coucbes qui entrent dans la composition des écailles des Ustra- cions ; qu'elles sont essentiellement dessinées par des ondulations de cette couclie, et que les lignes ou les intervalles translucides qui les séparent au passage d'im compartiment à l'autre sont occupés par d'autres ('liMiienls de sfr-ueUire, apparlenani à une eoucbc plus générale, (^eci nous condiiil loul naturellement à ('ludicr la compo- sition liistologiijue assez compliquée que nous annoncent ces pre- mières observations. M. Agas.siz n'a |ias niaïupié; de s'occuper des squames osseuses des Ostra(ioniF,S OSTRACIONIDES. 133 cette distribuliuii , outre la position superficielle que prend tout de suite ce système vasculaire, c'est le grand nombre de brandies ipii traversent la couclie de denline pour venir se distribuer à sa surlace en l'ormant un réseau des plus riches, couvert seulemenl par les cellules pigmentales etrépithéliuni. Ce réseau s'anastomose avec celui des squames voisines, et t'orme de proche en proche un vaste système capillaire superficiel. En revanche , on voit très peu de branches se détacher des troncs pour se porter dans les couches inférieures. C'est la région des cellules qui parait en posséder le moins, comme c'est la région fibreuse, placée immédiatement au- dessus d'elle , qui reçoit le plus de tluiile nourricier. Non-seule- ment c'est ici, comme nous venons de le voir, que se ramifient les troncs ascendants , ici que se distribuent avant tout les principaux canaux de ce système d'irrigation; mais c'est d'ici encore que partent pour toute cette couche une multitude de canalicules d'une extrême ténuité , qui , se détachant à différentes hauteiu's de leurs branches mères, en formant des anses, descendent parallèlement les uns aux antres jusqu'aux bords de l'éeaille. Je tais remarquer ce mode de distribution , parce qu'il est en rapport avec les formes fibriliaires, les d(''coupures marginales, el tonte la striictnre de la couche sous-jai'entc à la denline Mu \'n grand nombre de ces canaux parallèles aboutissent aux anfractuosités qui séparent les dénis marginales, et, arrivés là, s'étalent et s'enfoncent dans le sillon de séparation des écailles, où ils se bifiuquent, s'anastomo- sent avec leurs voisins , et m'ont paru reformer un système vas- culaire de retour, sans que je puisse cependant affirmer ce dernier fait. J'ai étudié en regard des écailles des Ostracionides celles des l.épidosiées. I,e tissu de celles-ci esl moins varie- (|ue celui des pr(''cé(lcnles. Il ofli'c parloul les canalicidcs qui caracit'riscnl la (lentille ; sculeiiieiit CCS canaux soiil larges ou fiisifonncs, cl iiièlés de cellules osseuses dans les couches profondes , nombreux et déliés dans la n'-gioii moyenne, espacés au sein d'un lissii liya- loïde vei'S la surface de récailic. La denline se modifie donc et se fij l'I. 1, fig. 9 ISA H. UOLLARD. — MONOGRAPHiK condense à mesure qu'elle devient plus superficielle, el elle fiiiil pnr former une sorte de cuticule qui lait la i'oiiclion d'émail sans avoir la struclure de l'émail dentaire. C'est, du reste, ce que M. AgarîSiz avait déjà remarqué. Chez les Lépidostées comme chez les Ostracions , les écailles sont pourvues d'un système vasculairc abondant. 11 traverse aussi l'écaillé , donne peu de rameaux aux couches intérieures , et ré- serve ses divisions les plus nombreuses et les plus anastomosées pour la couche moyenne, d'où il envoie à la surface un très grand nombre île ramuscules capillaires. Tout ce système rayonne du centre vers la périphérie. Nous venons de voir, pour la seconde fois, les vaisseaux qui alimentent les écailles osseuses se porter en majeure parlie au voi- sinage de la surface, s'y ramifier avec un luxe exli'aordinaire de subdivisions et d'anastomoses , y former de véritables réseaux admirables, et porter de nombreux ramuscules jusipi'à la l'ace in- férieure de l'épithélium. Pouniuoi ce développeuient vasculaire superficiel ? N'est-il pas permis d'y voir un fait de compensation qui place le réseau capillaire sanguin des Poissons à écailles dures, à derme ossifié jusqu'à sa surface, dans une condition équivalente à celle que présente ce même réseau, lorsque les écailles ne sont que des lames minces contenues dans l'épaissein- de la couche dermique? Dans ce dernier cas, les vaisseaux caiiillaires de la peau viennent s'étaler et s'anasiomoscr dans la partie du derme qui passe par- dessus les écailles. La peau prend part à la respiration ; elle absorbe de l'oxygène et exhale de l'acide carbonique , et sa parlicipalion à cet échange est d'autant plus utile (jue l'appareil respiratoire est ou plus limité ou plongé dans un milieu moins riche en oxygène. On conçoit dès lors combien il était important que la peau dans les Poissons qui nous occupent pût se solidifier sans diminuer le développement du réseau vasculaire de la sur- face ; et peut-être ce développement était-il encore plus néces- saire, et doit-il être tout particulièrement remarqué chez des Pois- sons qui, comme les Balistes et les Ostracions, ont la bouche petite, les branchies médiocrement développées, enfin le système operculairc bridé et très limité dans ses mouvements. DE LA FAMILLE DES OSTRACIONIDES. 435 Mais la présence dans ces écailles osseuses de nombreux cou- rants sanguins qui vont alimenter l'ensemble de leurs tissus, cette Ijcnélration et celle disiribulion du lluidc nourricier me semblent offrir encore une autre signillcation, une signilication anatomique. M. Agassiz, qui a bien décrit et figuré ce système vasculairc, re- garde néanmoins les écailles, en général, comme des productions comparables à ré|iiderme en raison de leur situation et de leur mode de formation par coucbcs successives ; il les considère comme issues de la partie vivante du derme, par conséquent comme placées en deliors de celui-ci. Cette tliéoriea été vivement combattue, notam- ment |iar .MM. (Jweu et VVillamson, (pii considèrent les écailles des Poissons, malgré leur structure stratifiée, comme aussi bien orga- nisées que le tissu osseux. Il est liien évident que ces i)roductions se dévelo|)pent dans le derme ou à ses dépens, puisque le système vasculaire se retrouve dans l'écaillé devenue une plaque osseuse sous-épitbéliale, aussi bien que dans le feuillet du derme qui passe au-dessus d'une écaille molle ordinaire. La présence de ce système décide en tout cas la question pour les squames solides, lors même que la présence des cellules osseuses et de la dentine ne In déciderait pas déji'i. Quant à la stratification , elle ne saurait plus cire une objcclion, depuis que nous savons (pi 'elle se retrouve dans le tissu osseux, et depuis ((ue les expériences de M. Flourens ont dcmonlré qu'à pai'lir d'une certaine ('poque de roslé-ogénèse, raccroissement de l'osa lieu par addition de couciies qui procèdent du périoste, qui résultent dcl 'organisation d'ime matière plastique fournie yar cette membrane, et qui sont enfin ralliées en un tout [lar de nombreux caiialicules. Dans le dévclo[ipement des écailles des Ostiacioni(les,le derme lui-même passe, au moins en |iarlie, de l'état membraneux à l'étiit osseux; mais comme il conserve des vai.s.';eaux à ses deux surfaces. In plaque solide se forlifie de eouebcs nouvelles, cxbalécs du llui(l(' nom ricier connues malière plastique, et qui bientôt revêtent le ('aractèrc de formations orga- nifpies. Si'ulemcut ici, connue |iom' les dents, aulrcs pi'oduclions organiipies tégumciitaircs, le tissu osseux proprement dit isl pins ou nioiiLS remplacé par des tissus d'une densité supérinuc, par une denliuc! à diliéreiils degrés do solidification, l.'i'mail propre- 136 n. noLLARD. — monographie ment dit, l'émail dentaire, est au moins bien rare sur les éeaillcs, d'après mes observations, et je pourrais ajouter, d'après toutes celles qui les ont précédées , y compris celles de M. Agassiz ; d'un autre côté, les écailles osseuses sont toujours revêtues d'un réseau vasculaire, d'un épithélium et de cellules pigmen- taires, ce qui achève de caractériser la ditïérence qui existe entre ce genre de formation et les dents. Je ne terminerai pas ce qui concerne l'écaillure des Ostracio- nides, sans rappeler que M. Fremy nous en a donné tout récem- ment l'analyse chimique. Le résultat de celte analyse est une com- jiosilion très voisine de celle du tissu osseux. La cendre de ces écailles solides forme plus de la moitié de leurpoids, 51 pour 100, et donne : Phosphate de chaux 44,6 Carbonate de chaux 5,2 La proportion du résidu de l'incinération est plus forte dans les Lépidostées , c'csi-à-dirc de 59,3, chiffre dans lequel le phos- phate de chaux entre poiu- 51,8. , il est assez reiuaniuable que, dans les écailles molles et flexibles des Poissons ordinaires , M. Fremy ait constaté la présence des mêmes sels que dans les squames osseuses, et dans des proportions ipii approciient plus qu'on ne |)ouvait le prévoir de celles des cendres de ces dernières. 2. Appareil locomoteur. a. Squelette. Me proposant de soumettre prochainement au jugement de l'Académie une étude d'ostéoloi^ie comparée , comprenant les groupes réunis par G. (Juvier sous le nom de Pleclognalhes, je me bornerai en ce moment à signaler ce qui, dans le squelette des Ostracionides , me parait le plus caractéristique comme traits de famille et indices des affinités zoologiqucs. Un trouvera ici, comme on s'y attend, une harmonie évidente entre les conditions de mo- bilité des pièces osseuses et l'état du tégument écailleux. Kt d'abord les verlèbres du tronc sont soudées, et parlant DE LA FAMILLE DES OSTRACIONiOES. 137 immobiles, tout en demeurant très bien débmitées. L'anneau supérieur est simple, tectiforme, surmonté de longues apophyses épineuses couchées et dirigées vers la nageoire dorsale, d'autant plus longues et plus inclinées, par conséquent, qu'elles partent de vertèbres plus avancées. Je remarque, en outre, sur les côtés du demi-cône postérieur de cha([ue vertèbre troncale , une apophyse transverse bien caractérisée, et qui se rattache incontestablement à l'anneau neural. Sous ces apophyses, on en voit d'autres dirigées en bas, et qui sont les rudiments de l'are hématal. Les vertèbres caudales échangent les formes longues et arron- dies des précédentes contre des formes de plus en plus hautes et comprimées ; leurs arcs supérieur et inférieur , et surtout le pre- mier, comptent pour beaucoup dans cette forme. La dernière vertèbre enfin est très grande et très aplatie, en forme de lame quadrilatère très allongée. Quant à la tête , elle rappelle encore un peu celle des Balistes par sa forme générale , ou plutôt par certains détails caracté- risti(]ues de cette forme. Ainsi l'orbite est reportée très haut et très en arrière par la longueur de la région etlimo-nasale, et le cercle nrhitaire est formé aux trois (juarts par la courbure des trois Irontaux , dont l'antérieur et le postérieur s'avancent en |)ointc inférieurement l'un vers l'autre , laissant entre eux un in- tervalle peu considérable que remplit un simple ligament ; du reste, la région frontale est ici liien plus lai'ge ([ue chez les Balis- lides. L'épine interpariétale est couchée, au lieu de se redresser en crête ; le mastoïdien fournit en arrière une lame apophysaire, à large surface, pour l'insertion des muscles latéraux, .le remarque encore dans ce type ci''|ilKdi(pie la cloison interorbitairc que four- nit le sphénoïde, et que nous leli'ouvcrons dans les Gymno- dontes; puis le prolcingcuient et r(''largissenient considérable de la lame par laquelle ce même sphénoïde antérieur va rejoindre reihnioïde. Kidin le corps de ce dernier os se termine ici, comme chez les Balistides, jiar une extrémité élargie, rappelant aussi la surfai'C artif'ulaire concave d'un corps lie vertèbre, surface sur la- quelle glisse la mâchoire supérieure dans ses mouvements d'élé- valion cl d'abaissement. 138 B. HOLLA.RD. — MONOGRAPHIE Cette mâchoire est fortement repliée sur elle-même; les deux pièces qui la composent son( inlimement soudées l'une à l'autre; le maxillaire est rclativcmcnl pelil ; il ne se prononce un peu que pour former l'extrémité des branches latérales de l'arcade, et four- nir à l'attache du muscle abaisseur de celle-ci. Le palatin est plus petit encore que chez les Balistides, refoulé qu'il est par la lame descendante du sphénoïde ; le ptérygoïdien est au contraire assez grand. L'arc maxillaire inférieur débulc par un très large temporal, suivi d'un tympani(jue très développé. Les autres pièces de cette série ressemblent à celles des Balistides. Quant au système hyo-branchial , il débute par un suspenseur ou préopercule très étroit et ramené relaliveinent très bas par le développement des pièces temporales. La pièce de support des rayons branchiostéges et ces rayons eux-mêmes sont très minces et étalés; le dernier .seul de ceux-ci .>e prolonge en une lame ensiforme jus(]u'àla partie supériiïure de l'opercule, dont il côtoie intérieurement le bord postérieur. Ce dernier |ictit système, ranuMK^ i)ar les mêmes causes que le [irco|)crcule, à une [)Osilion très inférieure, représente dans son ensemble une petite plaque paiiyracée d'une forme oblonguc et très simple. Nous y retrouvons toutefois les trois pièces opercu- laires. Celle qui prédomine, et de beaucoup, est le sous-opercule (32 de Cuv.) , disposé-en demi-ceinture derrière et au-dessous de l'opercule ; celui-ci est beaucoup plus petit que le précédent, et l'interopercule est si réduit et si bien api)liqué sur la membrane branehiostége, qu'il est facile de le méconnaître, et ([u'il doit sou- vent manquer dans les squelettes qui ne sont pas tout à fait adultes et très soigneusement préparés, ,1'ai parfaitement reconnu cette pièce surl'unedcs têtes qui ont servi à mes études, et je puis affirmer que, si le système operculaire des Ostracionides est ré- duit il de très faibles proportions, il est néanmoins aussi composé que celui des Poissons ordinaires. Le membre antérieur se fait remarquer dans celte famille par l'absence du eoraeoïdien et par les formes courtes et élargies de toutes les pièces qui représentent l'épaule, le bras et l'avant-bras ; DE LA FAMILLE DES OSTRACIONIDES. 139 ce caraoli're est porté iui plus haut degré pour ces deux dernières régions de l'appendice, notamment pour l'humérus et le cubitus. Ce dernier fait en arrière une saillie destinée à l'attache des muscles, et le sous-scapiilaire en fournit une autre égalcmenl très pronon- cée à la hauteur de la partie moyenne et latérale du tronc ; ce qui complète une série postérieure de trois crêtes ou apophyses pour les muscles latéraux, une crête mastoïdienne ou supérieure, nne sous-scapulaire ou moyenne et une cubitale ou inférieure. Ces apophyses correspondent, en effet, à trois muscles impor- tants , qui se portent de chacune d'elles aux vertèbres caudales. De ces muscles , le supérieur et l'inférieur sont les plus considé- rables; le moyen est beaucoup moins volumineux, quoique encore assez fort. Ces muscles représentent toute la masse des plans lon- gitudinaux des côtés et de la face abdominale. Leurs fdiresse por- tent directement d'avant en arrière; à peine celles des muscles supérieurs sont-elles interséquées par quelques faisceaux aponé- vrotiques; leur action est d'autant pins libre et plus concentrée sur la queue que le tégument, c'est-à-dire, le test écailleux relient à peine cette masse charnue par quel([ues brides très espacées. On peut apprécier dès lors l'énergie des mouvemenls qui doivent être imprimés à i'apjjcndice caudal. Quant aux muscles qui s'attachent aux apophyses transverses des vertèbres du tronc , ils sont desti- nés essentiellement aux nageoires nukliane supérieure et inférieure. L'a[)pareil musculaire des mâchoires mérite aussi d'être remar- qué, l.ii même muscle attaché à la large suifacc osseuse des joues, de|)uisla cloison sphénoïdalc jusqu'à la commissure de la bouche, rapproche en même teuifis les deux mâchoires l'une de l'autre, élevant 1 ml('-rieurc , tandis qu'il abaisse la supérieure au moyen d'un double tendon attaché à l'extrémité apopliysaire de chacune d'elles. I.e mouvement opposé ou d'écartemeut, qui ne réclame pas à beaucoup près la même énergie et le même ensemble, est confii' à de petits muscles éleveur et abaisseur, qui s'appuient, celui du |)rémaxillairc, à l'extrémité de l'cthmoïde, et celui de la mandibule aux i>ièces avancées du système hyoïdien. l.'appaïuil brancliial , la vessie natatoire et l'ensemble des or- ganes renl'ernH's dans la i".\\\\i' visciValc nous olfriraieiit les illQ U. HOLLARD. MONOGRAI'HIR mêmes caractères généraux que ceux des Balistides. Nous ne nous arrêterons donc pas à les décrire. Je n'ai pu étudier l'encéphale. Par leurs mœurs, leurs lialiitiides alimeulaires, leur distribution géograpliiipie, les Oslracionid,cs ressemblent aussi tout à fait à la tamille (]ue je viens de nommer, et dont j'ai précédemment esquissé l'histoire. On tire peu de parti de ces Poissons, leur chair n'est ni abondante ni de très bon goût; cependant qiiebpies peuples en l'ont un usage liabiluel. DEUXIÈME PARTIE. DIVERSITÉ DES TYPES , ÉTUDE DES ESPÈCES. Le nombre des espèces connues et bien déterminées de la fa- mille des Ostracionides n'est pas très considérable. Le Muséum ne pos.sèdepas toutes celles qui figurent dans les catalogues, ou mieux dans l'ensemble des travaux descriptifs ou des simples mentions qu'on pourrait réunir. Mais combien d'espèces purement nomi- nales ne faudrait-il pas retrancher des listes qu'on dresserait ainsi 1 M. Bleecker compte quarante espèces décrites, dont dix de l'archipel Indien, l'une des régions les plus riches sous ce rapport. M. Kanp n'en admet que vingt-six aud)entiques. Ce chiffre me paraît beaucoup plus près que le premier de la vérité. La diversité de ces espèces send)le plus grande au premier couji d'ieil qu'elle ne l'est en réalité; du moins elle se laisse aisément ramener à un petit nombre de types. Les véritables types ici por- tent sur la forme. L'absence, la présence et le nombre des épines grandes ou petites dont beaucoup d'OsIracionides sont armés don- nent des caractères très .secondaires et même s[iécillques. Ces épines, en effet , manquent ou e.vistent, sans égard pour des diffé- rences plus importantes. Celles-ci, je le répèle, sont les différences morphologiques , et encore doivent-elk'S èlrc réduites en tant que différences typiques à celles f[u'aucun exemple (\innu ne ramène , par transitions graduées, à un même point de déjiart. Kn me plaçant à ce point de vue, je n'aperçois dans la famille ([ue deux types fon- damentaux nettement séparés, qui méritent l'épithète de génériques. L'un d'eux, le |ir(^niicr connu , nous doiniera im genre i|ui doit DK LA F.V.MiLLb: DES OSTliACIONIDEj. 141 conserver l'ancien nom : ce sera le genre Ostracion ; l'autre sera pour nous , comme pour son l'ondaleur, M. J.-E. Gray, le genre Aracana. Nous ne saurions nous décitlcr à suivre M. Kaup dans l'adoption des genres plus nombreux fpi'il a proposés en prenant en considération des formes rattachées les unes aux autres par des ternies de passage. 11 est une csftèce décrite par M. Ricliardson , d'après un dessin du docteur Hookcr, qui peut-être représente un troisième type (1). C'est VOstracion boops de cet ichthyologiste. Son faciès est assez bizarre pour autoriser celle supposition ; mais ne connaissant ce Poisson que par un dessin et quekiues indica- tions, je ne me permets pas d'aller au delà d'un simple soupçon (2). Au reste, si l'idée du genre en histoire naturelle me paraît cor- ros[)ondre à des différences mieux limitées et plus importantes que celles dont on se sert souvent [lour former des gi-oupes désignés comme tels, je suis bien loin de méconnaître pour cela les types seeondaires i|u'on peut établir dans un genre, et leur utilité pour coordonner, selon leurs véritables allinités, les espèces qui com- posent celui-ci. C'est ce qu'on a pu voir dans ma monographie des Halislides, et c'est ce qu'on va reconnaître encore dans la revue que nous allons faire des Osiraeionides que possède le Muséum d'histoire naturelle. Des deux genres qui vont rallier à eux ces espèces , c'est le moins nondu'cnx, le geme Aracana, qui nous rappelle le plus les formes ordinaires des Poissons , les formes comiirimées avec une ligne dorsale et une ligne ventrale plus ou moins arquées. C'est ici que les dispositions polyédriques sont le moins apparentes. .Nous débuterons donc par ce genre, et nous donnerons le second rang au genre Ostracion. ()) Ereb. and Terr., <843, pi. XXX, fig. 18-21. (î) M. Kaup a cependant institué pour l'O. boops de M. Richardson un genre «0U8 le nom de Cextacbus. Les autres genres admis par ce zoologiste sont les suivants: Cibotios, pour les espèces cubiformes; Letophbvs (du Swainson), pour les Oilr. diaphanus, formasini et cornutun ; Ostbaciun, qui réunit les espèces Iri- gones réparties par Swainson entre ses Rhinosomes et ses Tétrasomes; Aceha.n*, donné comme de J.-E. Oray, qui écrit cependant Aracwta. M. Kiiup subdivise o»et Anoplocarpoi . {Anh. fur nul. (liscU., von Troscliol, 18i>3.) 142 U. UOLLAKU. — MONOGRAPlllli I. Genre ARACANÂ, J.-E. Gray (1). Caractères : Corps plus ou uioins haut et court; région dorsale un peu déprimée et limitée par des lignes anguleuses ; l'abdomen caréniforme. — Narines tubuleuses. — Des épines en nombre variable, distribuées sur l'arcade sourcilière, sur les lignes dorso- latérale et latéro-venfrale. Le prolil de ces Ostracionides est court, rapide, convexe ; leur bouche est terminale ; leur dos est plan ou légèrement bombé d'un côté à l'autre, et parcourt d'avant en arrière une ligne aripiéc. L'abdomen est limité par deux lignes latérales saillantes ; mais il s'abaisse beaucoup encore au-dessous de ces lignes, et se termine par une arête médiane ou arête médio-ventrale à courbure pro- noncée. Les épines se distribuent sur les arêtes sourcilières, et sur les lignes angulaires surtout, aussi bien du côté dorsal ipic du côté abdominal. En un mot, les Aracanas sont au nombre des Ostra- cionides les mieux armés. Leur queue est large, courte , et pro- tégée en partie par dos plaques écailleuses cpii, des parties supé- rieure et intérieure de cette région , descendent sur ses côtés , et l'entourent quelquefois d'anneaux complets. Voici les espèces de ce genre (juc j'ai pu déterminer dans la collection du jMuséum. 1. Aracana ornata, J.-E. Gray. Caractères : Région frontale préoculairc gibbcuse. — Ép nés sourcilières prédominantes. — Les tubercules de l'écaillurc for- mant des séries antéro -postérieures sur la région abdominale du (1 ) Ce mot est le nom vulgaire donné a l'une des espèces du genre par quel- que tribu australienne. M. J.-E. Gray, dans les Illustrations of Indian Geology, donne deux modifications de ce nom ; il en fait Acarana dans le titre de la figure de VOstr. auritus de Shaw, et Acerana dans la liste qui est en tête du volume. M. Kaup s'est arrêté à cette dernière leçon , et écrit toujours Acerana. Je crois devoir, à l'exemple de M. Ricliardson , m'en tenir au mot Aracana, en m'en référant à la note dans laquelle M. Gray a proposé le genre qu'il désigne ainsi. (Voyeî Annal, of Xatur. Histonj, t. 1, 1838, p. 1 10.) UE LA FASIILLE DES OSTItAClOMDES. '1/|S (;or|is. — Des raies altcrnalivcnient claires et brunes sur la même région ; des tacliessur les flancs et les parties supérieures. D. 10. A. 10 P.? Je ne connais celte espèce que par un exemplaire unique sec et un peu mutilé aux nageoires. La hauteur relative est plus considérable que dans les espèces suivantes, sans que le dos soit plus voûté, ni le ventre plus caréné. ;Mais ce qui distingue surtout ce Poisson, c'est l'espèce de bosse qu'il porte au devant du front , puis la singulière disposition des tubercules de ses plaques écailleuses qui forment un grand nombre de lignes saillantes, traversant le corps , presque d'une extrémité à l'autre, vers la région abdominale. La couleur se coordonne à cette disposition ; les lignes lubcr- culeu.ses saillantes sont plus claires que leurs intervalles. Il y a trois épines latéro-abdominales sur notre exemplaire; elles n'existent pas sur le dessin de M. Ricliardson. VAracanaornala est de la région australienne. Voici les di- mensions de notre exemplaire : m. Longueur jusqu'à la caudale, qui manque. . . 0,090 Hauteur 0,0G0 La région céphalique 0,025 Sijiwnymie. — Ostracion ornatus, Richards., Trans. of zool. Soc, 111, |). 165, pi. 10, lig. 2. — J racana 7iasaiis, éli([. delà coll. du Mus. 2. Aracana aurita, J.-E. Gray. Caractères : Profil très incliné jusqu'au voisinage de la bouche. — Ue nombreu.scs lignes brunes sui- l'uiul jaune li'ocie, dirigées plus ou moins directement des joues à rcxtrémitc du tronc et de L'Kiueue. — Nageoires uniformément jaunes. D. 10. A. 10. 1'. H. La ligne de profil est inclinée à 65 ou 50 degrés, jiLSfpi'au-dcssus de la bouche où clic devient subverticale. Le dos esl à iieu près m U. HOLLARU. MONOURAPHlIi plan, les crêtes sourcilières saillantes. La carène ventrale olïre un cléveloiipemcnt variable, mais qui paraît augmenter avec l'âge, pour autant qu'on en peut juger d'après des sujets desséchés. Les épines frontales sont médiocres, les dorso-lalérales grandes et aplaties. 11 n'y a le plus souvent qu'une épine sur les lianes, et deux sur la ligne qui borde la région abdominale. L'écaillure, très irré- gulière , et couverte de tubercules qui rayonnent du centre des squames, forme cbcz les sujets adultes un anneau complet et assez large à l'extrémité delà queue. Quant au système de coloration , il est bien caractérisé par le nombre des bandes qui parcourent le corps du museau à l'autre extrémité. Ces bandes sont assez rapprochées les unes des autres, [lour (juc les espaces (pii les séparent ne dépassent pas leur lar- geur, et cela est surtout vrai sur les joues et sur les lianes, où ces lignes colorées ont une direction plus droite, d'avant en arrière, (ju'au voisinage du dos et sur labdomen. L'Aracana aurita est représenté dans la collection par plusieurs individus (pii proviennent tous des cotes de la Nouvelle-Hollande et de la Tasmanie. Le plus grand d'entre eux offre les dimensions suivantes ; m. Longueur totale 0,200 Hauteur 0,110 Largeur du dos 0,02s Région céptialique 0,0 50 La queue 0,05o La caudale 0,030 Ainsi la hauteur dépasse la demi-longueur, et la région céplia- lique est plus courte que la queue. Synonymie. — L'Aracana aurita deGray, Mag. Zool. and Bol., 1838, n'est pas le même que celui de cet auteur qui porte le même nom dans les llluslralinns (h la zoologie indienne; VOslracion attritiis ih' S]\:\\\, i\at. Mise., I. 1\, pi. 3ô8, n'csl peul-rlre(|u'un exeui|ilaire monochrome de celle espèce; est-ce aussi VOslracion liexagonus, \i\.'^c]m.'*Ostracion quatorze piqnanlsAe Lacép. , Mém. duMus., t. IV. Oslracion slrialus, Shaw; Aracuna lineata,{ivii\ ; DK LA lAMlLLK UES OSTIIACIO.MDES. I/|5 Ostnicion auritus, Rieli., Trans. ofzool. Soc, I. III, p. 16U, [il. '.) ijeuM' cl viiniN . -M. J.-E. Gray dôcrit sous le nom (VAracana Reveesii une esi)ècp (|iie je n'ai pas vue, mais f|ui jiarait êlre assez voisine de Vaurita. il paraît que c'est celle ipi'il a figurée sous ce dernier nom dans les Illuslrations de la zoologie indienne. Cet Aracana \icnl des mers de Chine et non de l'Auslralic connne les autres; il est 1res comprimé, et son écaillure olTrc (juelqucs caractères par- ticuliers. (Voy. Ann. ofNalur. History, t. I, p. 110.) 3. Aracana spilogaster, Gray. Caractères : l'rolil couri, ra|)idc et légèrement arque. — Des lignes bleues très es[)acées, interrompues, irrégulières, sur les joues et le corps; la caudale marquée de dc\\\ ou (rois traits longitudi- naux, réunis à leur extrémité par une ligne transversale. D. 11. A. 11. P. 10. Sauf le [irolil, ([ui est ici court et rapide, les formes sont ce que nous les avons vues dans l'espèce prccédenle. Le dos m'a semble un peu plus voùlé Iransversalemenl, mais la carène ventrale n'est ni plus ni moins saillante. Les squames qui couvrent l'extrcmitc de la (|ucuc sont en petit Moud)rc sur les côtés de celles-ci , et ne forment (]u'imparfaitement l'anneau. Les épines sont les mêmes quant au uunilire , à la furmc cl aux |iroporli(jns. .Mais le système decdlnialiun mcl une dil'fércnce Iranclicc cuire les deux espèces, doul j'ai |iu comparer de pari et d'aulre plusieurs exemplaires. Celle fois les lignes longiludinales, (|ui conservent une teinte bleue, laiidis que le fond est d'un jaune très paie, sont très espacées par- tout, cl |iarlout aussi 1res iriégulièrcs de forme et de disposition. Klles s'iiilcrrorupenl souvent pour faire place à de simples taches, et leur dirccliou change plus d'une fois, quoiipic, à la jucndrc ilansson l'usemlilc, clic l'csic anléro-posli'iieure. Les lignes de la eantlale ('t la barre qui les Iciuiiiic me scmblcnl aussi très carac- lé-risliquc>. \.'Aracaua aijdujuiter CîI an.^.^i des mers ausiraliennes. i- boric. Z.J01.. T. Vil. (Cahier n" 3.) « 10 W|6 II. HOM.ARD. MONOGUAIMIIE Le [jliis gi'iind de nos exemplaires doniieles mesures suivantes. m. Longueur totale 0,150 Hauteur 0,080 La région céphalique seule. . . 0,030 La queue 0,020 La caudale 0,030 Synonymie. — Ostracion slriatus., Shaw, Gen. zooL,V, 2' pari ie, pi. 173, p. ÛSO, avec celle phrase : Cœruleo /Invoque linealus, spina ulrinque supra-oculari.duabus ulrinijuc dorsalilms, venira- libusque., unica laterali. — Oslracion spilogaster, Rich., Trans. ofzool. Soc, III, p. 163, pi. 10. Indirpions encore comme cs|ièces qui paraissent authentiques, niaisqueje ne connais que par lesdescrijilions qu'on en a données: Aracana lentieularis , Richards., Trans. of Zool. Soc, III, p. 158; Aracana miistriata, J.-E. Giay.; Aracana flavigaster, J.-E. Gray, Magaz. Zool. and Bot., 1838 ; Richards., loc. cit. II. Genre OSTRACION , Gray. Caractères : Corps polyédrique diversiforme , toujours large et aplali dans la région ahdominale. — Queue plus ou moins longue et étroite. Les véritables Osiracions ont le corps toujours élargi, au moins à sa |)arlic inférieure ou ventrale qui n'offre jamais de saillie caré- nifornie, tandis ([uc la ligne médio-dorsale est souvent élevée et tranchante. C'est le contraire de ce que nous avons vu dans le genre précédent; c'est un type mor|ihologique tout à fait nouveau. Le profd est généralement rapide, droit ou déprime, cl la bouche (|ui le termine se trouve ramenée un peu vers la face abdominale par la position de la lèvre inférieure. La région caudale s'allonge ici plus ou moins et perd beaucoup de sa hauteur; elle se montre ainsi très différente de ce qu'elle est dans les .\racanas. Du reste, les formes des Ostracions, lout en conservant leur type générique, subissent d'iuiporlanlcs inodificalions. Ces modi- fications n'ont cependant pas la valciu' (ju'on leur a attribuée (|ucl- DE LA FAJIILLE DES OSTKACIONItlES. 147 f|Melbis ; elles caraclériseiU seulement des sections, des sous-lvpes, si l'on veut. Leur princijtal intérêt, à nos yeux, est dans leur gra- duation sériale. En prenant pour point de départ les espèces à corps trièdre, ou mieux à ligne nicdio-dorsale caréniforme et plus sail- lante que les lignes dorso-latérales, nous voyons les premières de ces espèces, celles chez lesquelles ces dernières lignes sont le plus effacées, se faire remarquer par le maNimum de hauteur verticale et le minimum de largeur; puis le corps s'élargit, et d'abord lieaucoup plus du côté de l'abdomen que du côté du dos. Bientôt après la carène dorsale s'abaisse, les lignes dorso-latérales se pro- noncent davantage, les flancs descendent plus verlicalement vers l'abdomen; en un mot, la forme trièdre tend à faire place à la l'orme tétraèdre. Enfin celte dernière prévaut définitivement, quand la région comprise enire les deux lignes dorso-lalérales a perdu toute saillie médiane, et est devenue plane ou simplement un peu bombée en travers. La forme que nous nommons trièdre est en réalité pentaèdre, en raison des lignes dorso-latérales, i]ui ne sont jamais effacées, et qui deviennent des arêtes saillantes, longtemps avant que l'arête médio-dorsale ait disjiaru. S'il est inqiossible de méconnaître dans cette transformation graduée l'unilé lypi(|ue qui doit caractériser un genre , il est bien évident par cela même que c'est la considération des modifications de la forme (pii déterminera la distribution des espèces; c'est ce que G. Ciivicr avait au moins eiilrevu, c'est ce que M. Beeker a également compris. Mais on a voulu associer à la forme la considé- ration des épines, faire de leur présence, de leur absence, de leur position et de Icurnondjre, des caractères de section. Nous n'avons (pi'iuie ob.servation à faire à ce sujet. Les modifications de la forme donnent ici, avec toute l'évidence désirable, un ordre sériai, qui a la valeur il'un fait naturel; les épinesse montrent jusqu'à un certain point inilépcndantes de cet ordre et de ce fait l'oiidamcntal ; elles [laraissi'ut, disparaissent, se multiplient quelquefois, sans (pie la forme change, d'iiiK! espèce à l'espècr la |i1ms Miisiiie ; elles re- vêteiil rloiu; un caractère accidi'iilcl l'I cssciilii'lii'iueMl spécifique, coiiiirii' on le voit en (iMoparaiit ÏOslritcion Iriyonus avec VO.slra- cion triqucter. (>e (pTon pi'ul diic dr plus général en cerpii (;on- l/l8 II. UOLLAKU. MU.NUGKAFHlt: (XM'iie la présence cl l'absence des épines dans la série des Ostra- cions, c'est cpi'elles sont comme une exagération des croies et des arêtes qui limitent les côtés dn coi'ps; (in'elles existent essen- tiellement dans la partie de la série où ces crêtes et ces arêtes sont le pins prononcées, et que leur absence, au moins comme fait général, coïncide avec l'émoussement de ces lignes de séparation. Presque constantes au commencement de la série , souvent nom- breuses au milieu , elles disparaissent complètement dans les espèces tétraèdres à ligne médio -dorsale tout à fait effacée. 1. OSTRACION QUADRICORNIS , Lin. Caractères : Profil subvertical , une épine sur les crêtes sourci- lièresel sur l'arête abdominale. — Caudale arrondie. — Plaques squamoïdes latérales peu régulières , cl très couvertes de petits tubercules. — Dessin composé de lignes brunes irrégulières et anastomosées sur les joues, polygonales sur les côtés du tronc, et inscrites dans les plaques à quelque distance de leurs bords. D. 10. A. 10. P. 11 et 12. Cette espèce , confondue avec la suivante sous le nom de qua- dricornis, s'en distingue par une queue et une caudale plus courtes, ainsi que par son système de coloration. Elles ont d'ailleurs les mêmes t'ornics comme les mêmes épines. Ce sont les plus étroites des espèces triangulaires, car la largeur de l'abdomen n'atteint que le tiers de la longueur mesurée jusqu'à la naissance de la queue. Quelipies individus portent sur la partie descendante do l'arête dorsale une i)elite épine, qui a valu à celte variété , de la part de M. Valcncicnnes , l'épilliète de liimbospiniiis , inscrilc sur les éti- quettes de ces exemplaires dans la collection du Muséum. Cette particularité ne serait-elle pas un caractère sexuel? L'Ostr. iricor- nis de Linné semble correspondre par sa caracléristi(pie à la va- riété dont il s'agit, bien que l'auteur lui assimile des espèces d'Ar- Icdi, qui porteraient, au lieu d'une épine dorsale , une suscaudalc signalée par l.islerd), et ligurée dans Willoughliy. (À'tte épine (I) Afiud Willoughb; , Ai>pend., p. 111, sp. II. DE LA FASIILLK DKS OSTIUCIONIDES. 1 /l9 suscnucliili' ;i-l-elle été réellement ol)servée? Nous n'en avons vu nulle part la iiKiiiidri' Iraec Tons nos e\riii|ilaires provioinient de l'océan Atlantique. \'oi('.i les dimensions de l'un de nos plus grands : m. Longueur totale 0,iOO Hauteur O.Olo La région eéplialique seule. . . li,065 La queue 0,060 La caudale 0,080 Largeur abdominale 0,090 Synonymie. — Lister, ap. \\'ill. App., p. 19, sp. II, pi. J, lô. Artedi, Gen., p. 5G, spee. 5; Syn., p. 85, sp. 10, — Oslr. tricornis eiquadricornis, Linn. Gm., 14/i'2, sp. h et 5.— Osir. quadricornis, Seba, XXIV, fig. 9. — Ostr. tricornis el Ostr. quadricornis, Bl. Selni., 499. — Ostr. quatre aiguillons, Lacép., I, p. 468, et Ostr. de Lister, ib., p. 468, pi. "23, fig. 2. — Ostr. quadricornisei tricornis, 'Sh{\\\\Gen. z-ool., I. V, 2" pari. — Ostr. quadricornis, in Bleeker, Ostr. van on Indisch. archipel. (Mém. de la Soc. des se. et arts de liatav., 1852, part, xxiv.) 2. OSTRACION MACULATUS, NoI). Caractères : l'rolil suljvertieal ; luie épine soureilière e( une alidoniinale. — (Juene et caudale très longues, celle-ci à ligne droite ou renlranle. — l'hKjues latérales peu régulières, et très couvertes de petits tubercules .serres. — Dessin i'orniéde deux ou trois ijandes bi'tiiies placées eu travers du museau et prolongées sur les joues; des laciies irrcgulières sur le corps. D. 10. A. 10. P. 11. Les dimensions de la queue et do la caudale, i|ui atteignent près de la nioili('' de la longueur totale, puis le dessin, distinguent bien eel Osliacion du pré'Cf'denl , dont il a d'ailleurs les formes com- prinii'es cl les épines. La plus grande largeiu' de la face abdomi- nale ne (h'passe pas le tiers de la longueur mesun-e jusqu'à l'origine di' l:i quiMii'. Ccllf espèce nous vient aussi di' 1' \ll:inlii|uc. I\lle 150 H. HOLLARD. MONOGRAPHIE atteint uik- mille relativement assez srancle, eomme on en pent juger par les mesures suivantes : m. Longueur totale 0,390 Hauteur 0,120 La région céphalique .... 0,050 La queue 0,080 La caudale 0,090 En verdi des caractères que j'assigne ù cette espèce, je lui attri- bue sans hésitation un indiviflu que le Muséum a acquis de M. Flo- rent Prévost, et dont la singulière conformation constitue évidem- ment une sorte de monstruosité, ainsi que M. Kau[i l'a reconnu de son côté et i'a indirpié sur l'étiquctlc. C'est im Ostracion macula- nom i\c trigonus. Jusqu'à plus ample inforriK', VOstra- r.ion nvireps est pour nous une espèce nominale. h. ÛSTRACION BICAUDALIS, Lin. Caractères ; Profd incliné. — Une épine à l'arêle abdominale. — Caudale arrondie. — Plaques squamoïdes des flancs aussi hautes que longues; les tubercules partout très gros. — Tout le corps et la caudale semés de taches brunes sur un fond fauve. D. 10. A. 10. P. 12. Les formes de celte espèce sont encore celles du trigonus. Le profd est néanmoins plus long et plus oblique. La largeur de l'ab- domen n'atlcinl pas la nioilié de la longueur du corps mcsur('Ç jus- qu'à l'urigine de la ijucue. L'arête abdominale remonte rapidement vers celle-ci , à partir de l'épine placée environ aux trois quarts de sa longueur. La forme de la caudale, le dessin et la grnsseur des tubercules, .sont bien caractéristiques. Tous les exemplaires de celle espèce que possède le .Mus('nMn proviciment des Antilles. Voici les dimensions de l'un des plus grands exemplaires de noire collection : ni. Longueur tolale 0,4iO Hauteur maximum 0,143 Région céplialiquo 0,090 Queue 0,080 Caudale 0,080 l,ar;;oiir (Ji- l'abdomer 0,110 i5ll a. UOLLABD. — MONOGRAPHIE Synonymie. — Celte espèce est décrite et caractérisée par Lister, ap. Will. Jppend.,'20, IV, pi. J, 17; Artedi, Gêner. 57, Syn. 85; elle a été uummée par Linné, l/i4'l, cdit. Gm. , et figurée par Seba, Mus., III, t. 24, tig. 3. — C'est le Chapino de Para, p. 31, et tab. 17, fig. 1.— Ostr. bicaudalis, Bl. Sclin., 499; Bl., pi. US. — Oslr. deux aiguillons, Lacép., p. 465-66. 5. OSTRACION TRIQUETER, Lin. Caractères: Profil incliné ; museau saillant. — Absence de toute épine sur les crêtes sourcilicres et sur l'arête ventrale. — Caudale médiocre et arrondie. — Srpiames latérales irrégulières et aussi hautes que longues. — Coloration brune, semée de nombreuses taches claires. D. 10. A. 10. P. 12. Les formes de cette espèce sont plus courtes et plus larges que celles des précédentes. Le protil incliné et creusé , la queue courte, la largeur de l'abdomen et la saillie de l'arête (]ui limite cette ré- gion , enlln l'absence de toule épine, sont surtout à remarquer ici. Les luliercules des squames sont partout serrés et petits, surtout au centre de celles-ci; vers leur circonférence, les inégalités de leur surlace dégénèrent en lignes saillantes. Quant au système de coloration, les taches claires qui le caractérisent se montrent ré- pandues sur la tète et le tronc en très grand nombre; elles n'occu- pent pas de jiosition iixe sur les plaques. La chair de cette espèce passe pour bonne et salubre. ].'Oslracion triqueter est représenté' dans la collection du Mu- séum par un assez grand nombre d'exemplaires qui viennent du golfe du Mexique (sauf quelques-uns dont l'origine est inconnue). Tous sont de petite faille; l'un de.s plus grands nous offre les di- mensions suivantes : m. Longueur tolale 0,196 Hauteur 0,070 La région céptiafique seule. . 0,040 La queue seule 0,035 La caudale seule 0,035 DE LA Famille des ostracionides. 155 La largeur de la région abdominale atteint la aïoilié de la lon- giiour mesurée jusqu'à l'origine de la queue. Synonymie. — Nommé par Linné, 1 hhi , 2, VOstracion tri- quêter avait été caractérisé auparavant par Seba, III, pi. XXIV, fig. 6 et l^; par Lister, ap. Will. Jpp., 20, et tab. J, 18; et par Artedi, 6'en., p. 57, n° 10, o[ Sijn., p. 85, n° 14. C'est depuis Linn('' : ['Ostracion Iriqueler, le Coffre lisse, Bl., CXXX; Ostra- cion triqueter, Bl . , édit. Schn. , 498 ; le Coffre triangulaire de Bon- natère, EncycL, p. 12, pi. 20; \c Coffre triangulaire deLacép.; VOstracion triqueter [Trunkfish) de Sliaw, Gen. zool. 6. Ostracion con'catenatus. Caractères : Deu.\ épines sur la crête dorsale , deux sur cbaque crête soureijière, quatre sur chaque arête abdominale. — Plaques squamoïdes peu tuberculées, et laissant voir des lignes rayonnantes qui forment un réseau à mailles diversifiées , souvent disposées comme les anneaux d'une chaîne. — Coloration !' D. 10. A. 10. P. 10. Cette espèce offre un prolil r.qride ; toutes ses crêtes sont minces et saillanles. Elle est remarquable par le nombre des épines qui arment celles-ci. Ses formes sont ramassées; la région dorsale est déjà mieux .séparée de la latérale , et l'abdominale surpasse, par sa largeur, la demi-longueur du corps, mesuré jusqu'à la ra- cine de la ijueuc. L'écaillure, assez mince et peu couverte, laisse par sa lrans(iarence , surtout dans l'état sec, ressortir, d'une ma- nière frappante , les lignes de jonction des squames et de leurs subdivisions, d'où résulte le dessin ijui a valu à celte espèce les noms d'Ostracion nmillé et de concatenatus : caractère qui n'est guère moins en évidence sur le corps de Y Ostracion gihbosus , et qui n'est en définitive qu'une disposition conunune à tous les Ostracions, mais exagérée, et un peu particularisée dans ces deux espèces. X.'Ottracion concatenatus nous vient de la mer des Indes et de celle di' la Cliine. Il est toujours de pelile liiille. comme le |)rou- 156 u. ■iOLi.ARii, — MONOc;n.\i'iiiF. veiil les niPSiiiTS siiivanlos. (|iii sdiil celles de nnlre |iliis ^l'aml exemplaire : m. Longueur totale 0,125 Hauteur 0,050 La région céphalique seule. . . 0,020 La queue 0,015 La caudale 0,025 Sijnonymie. — Oslracion concatenalus^ Bl., (^XXXI (vieux). = Ostracion concatencUus, elOstracion slellifer, Bl. , édif. Sehn., 498 et 499, lab. 98 'jeune) ; Ostracion bicuspis^Wum., Abbild., 58; A. Sehniilh, III, pi. 18; Co/fre maillé, Lar6[)., I, et Boiinal,, Encycl., p.. 2, pi. 14. On peut en rapprocher, sinon lui identifier, VOstracion slricnonotus de Teni. et Schlep., Faune japon., pi. CXXX, flg. 3. 7. Ostracion turritus, Lin. Caractères : Ligne dorsale rendue anguleuse par une large épine placée à sa partie la plus élevéti ; deux épines soiucilières courtes et ré-trorses; quatre épines siu' l'arêle abdominale de chaque côté. D. 10. A. 10. P. 10. Les caractères qui précèdent suffisent à la diagnose de cet Ostracion. Sa ligne d(> profil est rapide, niiiis le museau s'en dé- tache cl se projetle lui pou. L'arèlc médio-dorsale est encore 1res élevée; elle constitue une hune Iriaiigulaire , terminée par vnc épine à large base et à pointe dirigée en arrière, dont la dircclion verticale fait ressortir l'inclinaison beaucoup plus oblique du reste du dos. La limite de celte région et de celle des flancs coinmence à se marquer plus sensiblement que dans les espèces précédentes par une arête qui conlinue la crête sourcilicrc. La région abdomi- nale acquiert ici une iargeiu' considérable, qui équivaut aux deux tiers de la longueur. Les [tlaques squamoïdcs sont médiocrement couverles de tubercules. La coloratron m'a paru unirminc. Cet Ostracion, aux formes larges et courtes, poin-rail cniuposer avec le suivant un lype de Irausiiidu, pr(''pai'i'' par li' Iriquctcr eu m-, (,A l-.VJMLLb; DKS OSl IIACIOMUKS. 157 tc'i|Mi coiiLt'iJic les (liiiiensioiis relatives, cl coiidiiisiinl auxespèees cléeidéiDenl ()iiadril!ilèi'es. Il nous viciil en généiai do la mer des Indes el des régions voi- sines. Sa taille ne parait pas devenir très grande, si nous en ju- geons par l'ensemble de nos exemiiiaires, dont le plus grand nous offre les mesures suivantes : m. Longueur totale 0,180 Hauteur 0,050 La région céphalique seule. . 0,040 La queue 0,025 La caudale 0,03S Synonymie. — Oslracion turrihis, Lin. (im., ^ll'^'^2, n°10; Forsk., Descr. anim.., p. 75, n°113; Bl.,pl. XXXVI, et Hl. édti. Seim., 500; Rupp. , lîeise in Nordl. Afr. = V Oslracion droma- daire, Lacép.,I, p. û70.^=Le Chameau marin., Bon na t., Encyc/., p. 52, pi. 13. — Oslracion turritns, Blceker,iWéTO. Soc. batav., 1852. C'est à tort qu'on a transporté à cette espèce le nom iVOstracion gibbosus, doimé par Linné à un exemplaire quadran- guhiire et inerme. 8. OSTRACION DIAPHANUS, Schn. Caractères : IJos armé de trois é[iiues , dont une médiane et deux latérales ; une épine sus-oculaire et trois abdominales de cliaque côté. — Abdomen large et bombé ; [ilaques squamo'ides minces et transparentes. — Couleur.' D.9. A. O.P. 12. Le i>i-oiil de cette espèce est court et rapide. Le dos forme une surface très légèrement bombée, dont la largeur ne dépasse pas celle de la tète, et qui va s'atténiuuit rapidement en arrière, à par- tir des trois épines de cette région placées sur une même ligne transversale. Les lianes, d'abord verticaux, s'écartent ensuite beaucoup, et suivcrd un plan très oblique ipii ilonni' beau(dii|ide saillie :iux arêtes abdominales cl de l;n ^;eur à la n'^iioii de ee nom. (ielle rliTiiièrc, la iai'C iidi'riiMU'c el \cnli'alc, esl remanpialileMient bombi'c. La ligne qui la circonscrit, eti|n'arment trois ('pincs à peu 158 M. IIOLLinD. — 5I0N0GISAPH1E près équidistantes, est arrondie de la bouche à la dernière de ces épines, puis i)riisquement dirigée vers la queue, direction qui donne un ovale atténué en avant, large au milieu et tronqué en arrière. Le rapport de la largeur abdominale à la longueur du corps, mesurée jusqu'à la (pieue, est de 2 à 3. Le dos est moitié moins large que l'abdomen. Les plaques squamoïdes sont en grande partie dépourvues de tubercules, minces et diaphanes. Celles qui sont épineuses pren- nent une forme coniipic, qui laisse bien reconnaître que les épines résultent d'un redressement progressif des plaques, de la périphérie au centre de celles-ci . VOstracion diaphanus nous vient des régions indiennes et polynésiennes du grand Océan. 11 ne parait pas atteindre une forte taille. L'exemplaire le plus grand de la collection offre les dimensions suivantes : m. Longueur totale 0,140 Hauteur 0,036 La région céphalique seule. . . 0,030 La queue 0,013 (La caudale manque.) Synonymie. — Ostracion diaphanus, Bl.,édit. Schn. , 500. = Ostracion brevicornis, Tcm. et Schl., v. de Sieb., pi. XXX, fig. 3. — Ostracion undecimaculeatus, A. Smith, III, Fish., t. 17. — Lœtoplirys diaphanus, Kp., loc. cit., p. 217. 9. Ostracion cornutus, Lin. Caractères : Dos surmonté seulement d'une ligne carénoïde |icii élevée ; deux longues épines sourcilières dirigées en avant, et deux abdominales. — Caudale très longue. — Couleur brun rou- geàtrc mouchetée de brun et de blanc. D. 9. A. 9. P. 10. Cette espèce est remarquable par la rapidité de son profil , par sa forme quadrilatère allongée et un peu plus évasée du côté abdo- minal iiuc du coté dorsal; par la longueur de sa caudale , et par DE LA FAMILLE Ulili OSTIlAClONIlllîS. 159 celle (le ses ijiiatre épines tant Irontales qu'alxlominales. La diffé- rence entre la larfieiir de l'abdomen et celle du dos est bien moins considérable que dans le diaphanus. Toutefois le type morpholo- gique est encore celui de l'espèce précédente. La ligne abdominale se détourne brusquement vers la queue derrière l'épine qu'elle porte, et l'on retrouve sur le dos les trois épines du diaphanus placées sur la même ligne transversale : seulement elles sont ici rudimentaircs. Les plaques squamoïdes latérales sont relativement grandes et médiocrement tuberculées. Le corps et la queue sont mouchetés de blanc ; la ijueue porte, en outre , des taches brunes , et ces dernières existent seules sur les caudales : tel est, du moins, le système de coloration (jue m'of- frent les individus conservés dans l'alcool, systèmi; effacé sur les exemplaires secs, et remplacé par une teinte uniforme. L'Ostracion cornulus nous vient à la fois des parties chaudes des deux Océans ; nous en avons des Antilles , de .Madagascar et de l'a Polynésie. Bontius rapporte, d'après ce (|ue lui ont dit les pécheurs de Java, qu'un seul ennemi, l'^narAJc/tas lupus, ou Loup marin , ose affronter ses piquants et se nourrir de cette proie. Sa chair passe pour coriace et indigeste. 11 n'atteint pas une très grande taille. Cependant nous en avons mesuré qui offrent les dimensions suivantes : m. Longueur totale 0,2i0 Hauteur 0,043 La région ccpbalique seule. . 0,030 La queue 0,03t> La caudale 0,085 On voit que l(! rappiirl de la hauteur à la longueur est à peu près 1/6» ; mais celte [iroportion change beaucoup avec l'âge. Le corps des très jeiHics sujets est relativement assez ramassé sur lui- même; leur queue elle-même et leur caudale, qui doivent devenir si lotifiues, deiiicuicut longtemps cachées dans rinlcrvall(! des épine» ventrales, qui, en celiangc, atleigncnl de Ihiimic Iiciut, aussi bien iiiii' les IVdMlalcs, une "randc dinicnsioii . 160 II. IIOLLARD. MOiNOGKU'HlE Synonymie. — (À'Kc espèce, signalée pour la première Ibis par Boulins, (jui en donne un dessin , se liouve encore caractérisée et ligurée avant Linné par Gronovius, Mus., I, n° 18; Will., t. J, 13; Seba, III, t. 2/i, 9, etc. C'est VOslracion cormUus., Lin. Gni., 14i3, 6. =Ostr. cornuius, Bl., CXXXII, Bl. Schn., 500; \iiCufl're qiiadrangul., Lacép., I, ctBonnat., Zincyc/., p. 2'2, pi. lu, iig. Ixh ; Oslr. cornuius, Teni. et Sclil., Favn.jap., pi. CXXXl , lig. i, cl p. 299. C'est le Lœtophrys cornvtus, K[i., loc. cil., 217. 10. OSTRACION NASUS , Bl. Caractères : Ligne médio-dorsale saillante ; une grosse énii- nence (uberculilorme au-dessus de la boucli(\ — De grosses taches brunes au centre des squames sur fond clair. D. 9. A. 9. P. 9. Le prolil s'éloigne ici beaucoup de la verticale; les arêtes sour- cilière, dorsale et abdominale, sont encore prononcées ; le dos , rpioique aplati, se relève encore un peu en crctc sur la ligne mé- diane. Celle crête offre à son faite dcu.\ squames un peu plus sail- lantes que les autres, dernier indice chez l'adulte de tubercules qui la représentent chez les jeunes. Le développement de l'émi- nence (pii domine la lèvre supérieure est remarquable , mais ne constitue cependant qu'un caractère relatif. Les plaf|ues squamoïdes sont très couvertes de tubercules , et ceux-ci sont assez gros et arrondis ; leur disposition est toujours plus ou moins évidenunenl rayonnante , comme dans les autres Ostracions. L'origine de la queue est protég('e en dessus cl en dessous sur une plus grande étendue qu'à l'ordinaire par l'écaillure. Lés lâches foncées qui ca- raclérisent le système de coloration occupent le centre des squames où elles sont assez grosses; elles se retrouvent sur la ipieue et la caudale. Ce Poisson nous vient île la Nouvelle-tiuinée; mais il parait exister dans la mer Rouge et même dans la .Méditerranée, d'où il péiiélrciail dans le Nil. C'est bien ici l'espèce dont Bclon a décrit et ligure la carapace à cin<| arêlcs. DE L.\ FAMILLE DKS OSTRACIONIDES. 461 Le seul de nos exemplaires qui soil adulte présente les dimen- sions suivantes : m. Longueur totale 0,300 Hauteur 0,032 La région céphalique seule. . . 0,050 La queue 0,060 La caudale 0,050 Largeur du dos 0,060 Largeur de l'abdomen. . . . 0,070 L'Ostracion nasus Bl., CXXXVIII, et Bl. Sclin., p. 500, est in- dubilableuient celui que nous venons de décrire. Je le retrouve sous le nom de naiu5 dans Sliaw, Cen. ZooL, elBleeker, Mém. delà Soc. de Hot., 1852, pi. 7, fig. 15. En même temps ce dernier observateur doiuie sous le nom de Rhynorhynclws, p. 34 de ses Ostracionides, pi. G, fig. 12, une espèce qui porte, comme l'O. na- sus Ao BL, une carène dorsale et la saillie du nez, et (|ui a le même système de coloration ; voyez aussi Cantor, Mal. Fish. Je retrouve encore l'espèce de Blocli dans Lacép. I , sous le nom Ci'Oslracion à museau allongé, dans Bonn., Encyc, p. 23 , pi. 15 , lig. Z|8, sous celui de Co/fre à bec. D'im autre côté , les étiquettes du MJ- séum appliquent à ce njénie Poisson répilliète de luberculatus.^ et l'assimilent avec il. Kaup à VOstr. luberculatus de Linné, 14i3, n° 7, caractérisé, d'après Willugliby et Artedi, par la présence de quatre tubercules dorsau.x. Si ces quatre tubercules existent sur une des espèces tétraèdres, ce n'est pas sur celle-ci. Les jeunes, il est vrai , ol'frcnt sur la ligne médio-dorsale quelques saillies luberculiformes, qui y précèdent la carène qu'olTrcnt les adultes ; mais ces saillies, déjà réunies |iar des indices de celle-ci, n'ont ni la situation ni la distrilnilidu fpic donne la plancbe de Wil- lugliby. Schneider a parrailemcnl distingué l'espèce linnéenno de l'O. nasus de Blucli, et nuu,> croyons ipic M. Kaup est dans l'erreur en les conlondanl, et en taisant de celle-ci son CyboUon tuberculalus. i" série. ZooL. T. VII. ^Callier n- 3 ) ' H 162 U. UOLLABD. — MONOCRArillE 11. OSTRACION CUBICUS, Lin. Caractères : Région fronlale k'gôremerit déprimée , dos voûté transversalement. — De grosses (aelies ocellées, hianelies an mi- lieu, brunes à la cireonierence, au centre de plaques squamoïdes. D. 9. A. 9. P. 10. Cet Osfracion a le même profil que le précédent, avec un moindre développement de l'éiainence sus-labiale. Ses arêtes soûl arrondies, la ligue médio-dorsale n'offre pas de saillie ; mais les arcades sour- cilières sont encore très prononcées. La hauteur du tronc ne dé- passe pas le maximum de la largeur du dos; mais l'abdomen con- serve une légère supériorilé de dimension transversale , en sorte que cette espèce est déjà inférieurement plus large que haute. Cet ensemble de formes et les proportions établi! une ressem- blance complète entre VOslracion cubicus et VOslracion argus. Ce qui les dislingue le mieux, e'esl leurs systèmes de coloration, (jui sont analogues , mais non pas identiques. Dans l'une et l'autre espèce, le centre des sipiauK^s latérales el dorsales esl blanc ou de nuance claire, et anloiu-de celle lâche cenirale se dis|iosentde pe- tites tadies brunes périphériques; mais tandis que dans le cubicus ces dernières sont assez nombreuses pour entourer la tache claire, et qu'elles se confondent en un cercle complet dont les éléments ne sont reconuaissahles qu'à la limite de ces régions , les taches péri- phériques brunes de VOslracion argus ne sont, en général, qu'au nombre di^ deux ou trois pour chaque tache claire , el , par consé- quenl,ne forineni pas de cercle. En revanche ces mêmes taches brimes se répandent jusipie sni' la queue et les nageoires de Var- (jus , tandis (pic ces parties du cor|is sont d'une .seule teinte imma- culée chez le cubicus. Il esl permis de se demander si ces diffé- rences, qui ne sont que des variantes d'un même système de coloration, sont réellement spécifiques, ou si elles ne seraient pas plutôt des différences sexuelles. VOslracion cubicus, dont nous avons des exemplaires nombreux et de tout âge , nous vient de l'océan Pacifique cl de la mer des Indes, d'où il pénètre jusque dans la mer Rouge DE LA FAMILLE DES OSTRACIONIDES. 163 Voici Ips (limiMisions du plus grand de nos exemplaires : m. Longueur totale 0,410 Hauteur 0,080 La région céphalique seule. . . 0,065 La queue 0,070 La caudale 0,030 Largeur du dos 0,090 Largeur de l'abdomen. . . . 0,100 Synonymie. — Si nous conservons ici à celte espèce son nom linnéeii , ce n'est pas que nous pensions qi!c Linné l'ait, non plus que ses iircdc'ccsseurs, parfailemcnt distinguée des autres espèces qui sont comme elle, et selon la caractéristique qu'il donne, « mu- tiques et quadrilatères, avec les côtés applatis , » Mih^, n° 9; mais ce nom ayant |iris lui sens de plus en plus déterminé, surfout de nos jours, est devenu véritablement celui de VOslracion ipic nous venons de dc'crire. Il a du reste été très bien figun' avec des taches oeuliformcs dans Will. .1., 12. C'est VOstr. mouchelé de Laeép. ; le Coffre lirjré de Honnat., Encycl., pi. ili; et d'aiiord de Bloch, CXXXVll , auquel renvoie Schn., Iclitli. de Bl. pour son Ostr. cubicus, p. 500. IJOMr. bitubercuU Lacép., I, /i59, d'après Com- merson mss., cl l'O-s/r. i(7uiercu/aiu«BI., éd. Sciin., n'est, selon toute probabilité, comme le pense M. Kaup, que ce même cubicus, cai'aclérisé i)ar deux saillies carlilatiineiiscs placées au-dessus et au-dessous de la bouche. Slnnv a très itien déliiii son Ostr. cubicus [lar celte phrase : O. telrag. mutic. punctis albis nirjro marginatis. VA .M. Ruppel est encore plus explicili,' (piaiid il donne la diagnose suivante de celle même espèce , Icllc ipi'il l'a vue à l'état Irais : 0. r/uadnnuj. colore flavoviridescente, ocellis cœruleis nirjro viaryi- imlis, sparsis pinnis colore auranliaco. Le mol sjiarsis est setd trop vague , car les taches occupent le milieu des squames. Voyez encore BIccker, lue. cit., pl. Vil, li.g. 1^. .'\1. Kaup a l'ail de VOs- lracion nibicus son Cibolion cubicus. Ce savant pense que VOstr. immaculatiis de la Fauna japon., Tem. Cl Schl., p. 230, n'en est qii iiiK' variété. 16li H. BOLLARD. — MONOGRAPHIE 12. OSTRACION ARGUS, Rupp. Caractères : région fronlale déprimée; dos légèrement voûté en travers. — Corps couvert de taches claires, incomplètement cer- clées de (aclies brunes. — Des mouchetures noirâtres sur la queue et la caudale. D. 9. A. 9. P. 10. Je me borne à celte caracléristirpie après ce que j'ai dit de la ressemblance de cet Ostracion et du précédent. VOstracion argus nous vient des mêmes mers que le cubicus. Voici les dimensions de notre plus grand exemplaire : m. Longueur totale 0,33 Hauteur 0,075 La région céphaliqiie seule. . . 0,060 La queue 0,055 La caudale 0,065 Largeur du dos 0,070 Largeur de l'abdomen. . . . 0,090 ynomjmie . — Confondu probablement pendant longtemps avec le précédent dont il a les Ibrmes, et dont il ne diffère que par son système de coloration , cet Ostracion a été distingué de ses congénères, décrit et nommé par M. Ruppel {Reise in Nordl. Jfr,, p. h, pi- 1, fig- 11- Ce célèbre voyageur croit reconnaître dans celte espèce VOstracion meleagris de Shaw {Gen. zooL, t. V, p. h''2S, et Nat. mise, 7, t. 253, pi. 172), qui me semble être l)\vûôiyOs(racionpiinctatiis. On peut regarder avec plus de vrai- semblance, comme synonyme de Vargus, le Poisson des mers du Japon (pie Houttuyn décrit sous le nom d'Ostracion cubicus (Mém. de la Soc. de Harlem, t. XX, p. SZiC)), mais cpi'il est porlé à distinguer spécinquemcnt du véritable cubicus en lui appliquant répithète d'aculealus , adoptée ensuite par Schn. éd. de Bi., p. 500. Cet Ostracion aculealus aurait les taches brunes et le système de coloration de Vargus. D'un autre côté, s'il n'y a que cette différence, pourquoi le nom A' acideatus ., qui ne peut se rap- porter à une espèce inerme, M. Kaup croit retrouver VOstracion DE LA FAMILLE DES OSTRACIOMDES. 165 argus, àonl il fait son Cibotion argus, ^hua VOslracion rhynorhyn- clios de M. Blceker, loc. cit., que je crois être le nasus. 13. OSTRACION PUNCTATUS, Schn. Caractères : Très légère dépression frontale; prolil droit; formes plus larges que hautes. — Sur tout le corps et jusque sur la caudale, de nombreuses taches blanches semées sur un fond brun verdàtre. D. 9. A. y. 1'. 10. Ici le profd cesse d'être très sensiblement creusé, et les crêtes sourcilières s'effacent , sans toutefois disparaître complètement. Les formes générales sont larges, mais im peu moins en haut qu'en bas, et la dimension verticale est inférieure à la transversale. Le système de coloration est bien caractérisé par la multitude de taches blanches qui couvrent tout le fond brun verdàtre du corps, et s'étendent jusqu'à la caudale. Ces taches sont un peu plus grandes sur les flancs que sur le dos. A la région ventrale, elles se réunissent de manière à former im certain nombre de lignes ondu lées courtes. L'Ostracion pointillé paraît encore appartenir plus spécialement au grand Océan qu'à l'Atlantique. Nos exemplaires viennent de la mer des Indes et de la Polynésie; aucun d'eux n'atteint de grandes dimensions, comme le prouvent les mesures suivantes prises sur le plus développé de tous : n>. Longueur totale 0,140 Hauteur 0,o:io La région céphalique seule. . 0,030 La queue 0,025 La caudale 0,0 2.'; Largeur du dos 0,035 Largeur do l'abdomen. . . . 0,042 Synonymie. — X'Oslraciim j)unctatus\\\,,n\. Schn., |). 501. =^t: L'Ostriicion pointillé de Lac, 1, p. /|5Ô, pi. 21 , (ig. 1 . -- X.'Osttc,- cion meleagris? SlvdW, l\at. mise.,!, 'iôS, pi. \l'},v{(,en.Zoul., p. Û28. 166 B. HOLL«Bn. — MONOGRAPHIE ill. OSTRACION OHNATUS, Guicll. Caractères : Front légèrement déprime ; au-devant de la dorsale une cminenoe [iliis ou moins aeumiiiéo , d'où parlent plusieurs ligues saillantes, dont une médio-dorsale. — Une ou deux bandes claires bordées de brun le long des tlancs; dos et parties latérales piquetés de blanc ; abdomen semé de points bruns. D. 9. A. 9. P. 10. Les arcades sourcilièrcs conservent encore de la saillie, et par conséquent la région frontale offre une dépression sensible. La ligne de profil est encore un peu creusée. La bauteur des tlancs équivaut à la largeur du dos, mais elle est un peu inférieure à celle de l'abdomen. L'émincncc qui se tiouve sur le dos, au-devant de la nageoire dorsale, n'a pns de forme régulière; elle résulte d'un développement e.Kcessif des tubercules de cette région, lequel se continue sur plusieurs lignes, dont luie médio-dorsale, deux antéro- latérales et deux poslcro-latérales. Le système de coloration est un poinlillé blanc sur les flancs et le dos, brun sur l'abdomen, interromfiu sur les côtés par deux zones claires bordées de brun : l'une, (|ui est la plus constante et la plus large, part de la partie inférieure de la fente bran- chiale; l'autre est voisine de l'arête supérieure du quadrila- tère que représente le corps. Sur l'un de nos exemplaires, la bande inférieure se continue sur les joues et s'y bifurque, en même temps qu'un trait clair passe en travers du front, d'ufi œil à l'autre. Sur un autre, le pointillé blanc est remplacé partout |)ar de petites taches brunes semblables à celles (pii couvrent l'abdomen. Cette dernière région est à son tour couverte de grandes taches bordées d'un trait brun. En un mol, des accidents de coloration assez fré- quents paraissent affecter le dessin général de l'Oslracion ornalus. Le Muséimi a reçu cette espèce de l'océan Pacififpie (lies Mar- quises). Les exemplaires qu'il possède sont d'égale dimension et tous petits, comme en Icronf juger les mesures suivantes : DE LA FAMILLE DES OSTRACIONIDES. 167 m. Longueur totale 0,120 Hauteur 0,030 La région céphalique seule. . . 0,023 La queue 0,020 La caudale 0,020 Largeur du dos 0,030 Largeur do l'abdomen. . . 0,035 15. OsTRACION CYAiNUKUS, llupp. Caractères : Front et prolil convexes. Région interoculaire légèrement dc'primée. — Couleur générale brune, tachée de bleu sur les flancs. Queue et caudale bleues tachées de noir. D. 9. A. 9. P. 10. Nous ne connaissons cet Ostracion ijiic iiai- un exemplaire, le seul que possède le Muséum au moment où nous traçons ces lignes. 11 est. connue le bombifrons, plus large (\w haut, et à prolil arqué; mais les arêles sont plus saillaiiles ([ne dans ce dernier, et la région fionlale, plus déprimée, laisse saillir davantage les crêtes sour- cilières. La décoloration de ce sujet nous obligea renvoyer, pour com|)létcrnes caracicres du dessin, à la description et à la ligure qu'en donné M. Rappel, qui, le premier, a décrit et nommé {Ostracion cijanurus. Il l'a trouvé dans la mer Rouge, ce qui donne à penser que celle espèce , comme ses analogues, a pour centre d'habitation l'océan Indien. Le nôtre ne porte aucune dési- gnation d'origine. Voici ses dimensions : m. Longueur totale 0,110 Hauteur 0,030 La région céphalique seule. . 0,020 La queue 0,020 La caudale 0,0 20 Largeur du dos 0,035 Longueur de l'abdomen. . . 0,040 M. Rnpficl, ipii n'alliihni; à son Oi miîlc, s'il existe, quoique très important à connaître, si ce n'est odans tous ses di'lails,an moins dans sa position el ses rapports, a » enlièicincnt échappé à nos moyens de recherche (1). » Voilà tout ce qu'en sali M. Deshaycs , cl il ajoute que quelques faits ilnivent l'aire croire que le pavillon « semhicrail destiné à » remplir qnel(|uc l'onclion iiiconnui; pendant la génération. » H) Voyez Desliayes, Anatomie el monojjrujihie du genre Dentale (^Mémoire» de la Sociélé d'Iiiêloir» naturelle, t. Il, p. 334;. 172 B. LACAZE-DUTBIEBS. 51. \X. Clark déclare que le Dentale a une glande génitale, à la fois mâle et femelle : « 1 hâve not discovered any exser- » ted organs of reproduction , and I think from various con- » siderations that this animal is an hermaiilirodite, but withoul » congression. » 11 parait croire que les Spermatozoïdes se trou- vent dans la même glande, puisqu'il ajoute : « Under the mi- » croscope, in the middle of the gênerai mass, several small egg- » shaped globules, haviug al oue of Ihe axe a minute, apparently » tubular fdament filled with a glary tluid, may be seen in some » individuals, but not in ail, as I hâve somclimes searched in vain » for them, thèse may be the virile fecondating organs, which are » perhaps only apparent at (;ertain stages of gestation ( l). » Celte description est fort incomplète, elle laisse beaucoup à dési- rer; ainsi les Spermatozoïdes n'ont rien de bien défini; mais cela n'est pas étonnant, puisqu'ils n'ont pas été vus. A|)rès ces citations, il deviendra par la suite à peu près inutile de revenir surces mémoires; les faits d'anatomie qui vont suivre sont nouveaux , et il n'y a donc aucune utilité à les opposer aux obser- vations précédentes. Et d'abord établissons en principe qae les sexes sont séparés et portés par des individus différents. L'expérience seule peut démontrer cette proposition absolue. En plaçant des animaux isolés dans des petites mares artificielles, s'ils [)ondent , les œufs restent stériles; mais tous les individus ne pondent pas des œufs; quelques-uns lancent imc liqueur blan- châtre, qui forme comme un nuage au milieu de l'eau. Quand on réunit dans un même vase deux animaux produisant des o^ufs et de la liqueur blanche, presque toujours les œufs se développent. Cette expérience a été renouvelée un grand nombre de fois, toujours avec les mêmes résultats. Voilà des faits qui, seuls, pourraient suffire pour la démonstra- tion; mais qu'on examine le tissu de hi glande au microscope, et bientôt la conviction sera complète ; dans les uns , on ne trouvera (<) VV. Uark, On tUe .-liiima; o/'DentaUum Tarentinum {The Anrnxls ond ilagaîine vf Xaluml History, vol. IV, 2' sér., *8i9, p. 328), DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 173 que des œufs, dans les autres que des Spermatozoïdes. Ainsi point de doute, le Dentale n'est pas hermaphrodile ; il ne l'est dans au- cunes conditions. Cependant les deux glandes génitales se ressemblent complète- ment d;ins leur composilion, leur l'orme, leurs rapports, leur mode d'ouverture au dehors du corps ; sculeleurcouleui' est un peu, mais bien peu,dil^t'érente. L'ovaire est toujours plus ou moins jaunâtre ou roussàtre ; le testicule est ordinairement blanc, rarement légèrement jaune; mais dans ce dernier cas, jamais sa toinic n'est roussàtre comme dans la glande femelle. La couleur seule, (piand on a beau- coup disséqué de Dentales, suffit cependant pour faire, sans le se- cours du microscope, reconnaître immédialemcnt le sexe. La description générale de l'appareil de la génération sera donc la même pour les deux glandes, et l'étude des organes génitaux sera divisée en trois articles distincts. Dans l'un, il sera question de la glande en général, indépendamment du sexe; dans un autre, de la composition de la glande femelle ; dans le troisième, de la structure de la glande mâle. J'ajouterai un cbapitre spécial sur l'organe de Bojanus. AniiCLE I". De la glande génitale en général. La glande de la reproduction occupe toute l'étendue du corps, entre le bulbe anal et le pavillon: elle répond à la fiartio du corps qui est en arrière du diaphragme vertical, mais elle ne la leniplit pas seule. Quand on ouvre le sinus abdominal inférieur jusqu'au talon, on voit, en enlevant les membranes supcrticicllcs, une glande roussàtre, d'une couleur semblable à celle du foie, un [icu moins foncée cependant, dont les culs-de-sac sécréteurs, irrégiilière- menl groupés en arrière du talon et autour du bulbe anal, s'éten- dent sur les côtes et le dos, dans un espace assez restreint; c'est le corps de Bojanus ou du moins rorgaiie (pii lui correspond, et sur l'histoire duquel nous reviendrons plus loin. Dans la partie iidiTimirt', cl inruianl la paroi supérieure du si- 17^ n. LACAZE-DUI'lilERS. nus abdominal, un peu en arrière du bulbe anal et de l'organe de Bojanus, on Irouvc encore le foie et les larges conduits qui l'unissent au luiie digcslirvers l'anse stomacale. Il est, on le voit, facile de limiter exactement l'étendue des glandes de la gvncralion. Quel que soit le sexe, en eflel, elles for- ment à elles seules toute la partie dorsale et postérieure du corps de l'animal, en arrière de l'organe de Bojanus qui les sépare du dia- phragme vertical, en dessous des deux muscles rélracleurs du dos, en dessus du foie et du siiuis abdominal. Ainsi, la glande de la reproduction forme une grande partie du corps de l'animal. Aussi , quand on vient de retirer un Den- tale de sa coquille, que l'on fend ou non son manteau, on aperçoit tout de suite l'organe de la généi'alion ; du côté du dos, il parait dans les intervalles des quatre bandelettes musculairesqui le recou- vreut;en dessus, il est ln|iissé par un rcjili du mautcau foi'uiant la paroi dorsale du tube , et sur le milieu par le sinus abdominal. On a vu dans l'élude de la circulation que des lacunes vasculaires. l'entouraient de luulcs parts. Les organes de la génération sont d'une grande simplicité. Ils ont en cela beaucoup di; rapports et d'analogie avec ceux des Mollusques Acépbales lamellibranches. Ils sont , en effet, réduits à la glaude génitale seule. On n'y trouve ni organes coijulateurs, ni organes sécn'lcurs secondaires et accessoires : il n'y a que les glandes sécrétant l'œuf ou le spermatozoïde. Quant au corps de Bojanus, il a avec les glandes génitales des rapports à peu près semblables à ceux qu'il [irésentc dans les Mollusques bivalves. De tous les appareils, certainement ceux de la reproduction sont les mieux limités et les plus l'aciles à voir et à rcconnaiire , et l'on a de la peine à comprendre que les auteurs les aient si peu et si incomplètement connus et décrits. Les éléments dont l'organe se compose sont des lobules rangés sur trois séries longitudinales autour d'im canal excréteur unique éiendu d'une cxlréniili' à l'aulre de la glande (1). Si l'on faisait une (() Voyez y4n n. df s se. ital., 4' série, Zool., t. VII, pi. ii, fig. 1 (o). DÉVELOPPEMENT DU UENTALE. 175 coupe perpendiculaire à Taxe du corps, on verrail les trois séries rayonnant autour d'un centre (ju'oceupe le canal excréteur, mais un des côtés manque de série : c'est celui qui correspond à la face inférieure ; de sorte que deux séries sont latérales , et se trouvent l'une et l'autre à peu près dans le même plan que le canal central ; tandis rpie l'autre est dorsale, médiane et impaire. Les lobules présentent tous à peu de chose près la même dispo- sition ; ils sont formés de trois culs-dc-sac, de quatre à cinq quel- quefois, groupés autour d'un pédicide, un peu plus étroit que leur masse réimie, ((ui vient s'ouvrir dans le canal excréteur principal. Ils ont tons une direction perpendiculaire à celledn canal excréteur qui les reçoit. Entre chacun d'eux est un petit espace libre (1), que nous avons vu se continuer dans le sinus abdominal irdérieur. Les lobides dorsaux sont disposés de même; seulement leurs divisions .secondaires forment trois groupes, un médian et deux latéraux, qui se placent dans les intervalles (pie laissent entre elles les ban- delelles muscidaires. Du reste, avec les époques plus ou moins rapprochées de la reproduction, l'étal de la !;lanil(^ varie et peut donner lieu à des aiiparcui'cs tontes dilTé-rcnles. Le canal excréteur (2) s'étend depuis rexirémitc postérieure du corps près du pavillon jus(iu'au voisinage de l'anus, et devient de plus en plus volumineux. C'est lui, sans aucun doute, que M. Desliaycs a pris pour le canal digestif, car il a représenté ce d(;rnier comme un tuijc toid droit allaid s'ouvrir au pavillon. (Jn sait quelle i^sl la disposilinn du lube digestif. Le diamèli'c du canal excréteur, pour recevoir les jiroduils de la sécrétion de lous les lobules, doit augmcnler de dianiclrc, aussi est-il coniijuc; son soni- met est ù l'extrémité postérieure , cl sa base vers le milieu du corps. Cette raison suflirait encore pour monlici', s'il en était besoin, (ju'on ne peut le confondre avec l'organe de la digestion. Il est très large, cl foiine presque à lui seul la paroi dorsale du sinus abdominal. Quand on le regarde en dessous, on voit sur sa (t) Voyez Ann. dts «c. na(., t'série.ZooL., t. VII, pi. S, fig. 1 , fig. 2(d) (d). (2) /(,«/., ((/). )76 H. LACAZE-DUTniERS. paroi une ligne un peu ilexueuse, qui semble le partager en deux moitiés latérales ; cependant il est impair , et ne présente qu'une seule cavité. Cette ligne rappellerait peut-être que cet organe a été primitivement formé de deux moitiés latérales et symétriques, ayant disparu par la fusion et la soudure pendant le développement. Les parois sont minces et extensibles. Sur des femelles où la glande génitale est très développée , l'oviduete est gonflé et distendu par les a^ufs, qu'on peut facilement reconnaître au travers des parois (1). Où s'ouvre le canal excréteur? Puisqu'il est uni(iue, il est évident qu'il n'y a qu'un seul orifice à chercher. Cet orifice est difficile à trouver, parce qu'il n'est pas à la surface du corps. Ici, comme chez quelques Acéphales la- mellibranches, il est caché dans le sac de Bojanus. On verra plus loin que le corps de Bojanus est double (2) ; qu'il a un orifice extérieur de chaque côté de l'anus ; ce n'est donc que par l'un de ceux-ci que doit sortir le produit de la glande génitale. Pour m'assurer du l'ait, j'ai poussé des injections dans roviducte, et constamment je les ai vu s'échapper, par l'orifice droit, il est plus difficile de voir sorfir directement les produits de la géné- ration , parce que les pressions que l'on exerce sur le canal déterminent presque toujours la rupture de ses parois , en raison même de leur délicatesse, et les coniracfions de l'orifice em- pêchent les œufs ou le sperme de sortir. Pour peu qu'une bles- sure ou déchirin-e soit faite sur le lr;ijct du canal, tous les produits s'échappent, et l'on ne distingue plus ses parois, à cause de leur transparence. Pour bien juger de la direction du conduit excréteur, il faut le remplir de matière à injection colorée, comme pour l'étude des vaisseaux sanguins. On voit alors qu'après avoirétérectiligne dans presque toute son étendue, il se porto à droite en se courbant (3), quand il est arrivé à l'extrémité antérieure de la glande, qu'il passe siu" le dos des cfceums inférieurs et médians du foie, (ju'il est là en (1) Voyez Ann. des se. nat., i' série, Zool., t. VII, pi. 5, fig. 2. (2) Ibid.. fig. 1 io){o'). (3) Ibid., (c). DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 177 rapport avec le tube digestif et le prolongement du sinus sanguin abdominal, qu'on a vu aller, par le trou du diaphragme , se jeter dans le sinus périlingual (1). Quand on a injecté d'une couleur différente l'appareil de la circulation, on reconnaît beaucoup mieux les faits que j'indique. La préparation demande quelques soins, mais elle manque rarement de conduire au résultat : quand on enlève, avec attention , les muscles du côté droit , on voit très bien , en arrière de la partie proéminente bombée correspondant à l'appareil lingual, les deux conduits du tube digestif, entre eux le prolonge- ment du sinus, et plus en arrière, se courbant à droite, en se déga- geant des lobules glandulaires , le canal excréteur de la généra- tion (2). Après avoir suivi cette marcbe, le canal, quel que soit le sexe de la glande, s'ouvre dans le sac droit de Bojanus, et rejette avec lui ses produits par le même orifice. On voit que M. Deshayes n'a point vu et connu cette ouverture. Quant à .M. Clark, il n'indique pas spécialement l'orifice; il insiste beaucoup sur la sortie des reufs par l'extrémité postérieure; on pourrait peut-être croire qu'il pense que l'organe génital s'ouvre à cette extrémité ; mais ce serait peut-être forcer les conséquences de .ses descriptions incomplètes et trop succinctes. Telles sont les glandes génitales en général; on voit qu'elles composent à elles seules la presque totalité de la partie postérieure du corps , et que leur disposition est facile à étudier, puisqu'elles sont isolées, et ([u'clies ne sont point mêlées aux autres organes. A part la position de rorifice extérieur , rien n'est simple et facile à constater comme toutes les particularités anatomiques qui vien- nr'nl d'être indiquées. AnTICLE II. Sirucluro de la glande génitale femelle. Pour étudier avec fruit la slrudurc des glandes génitales, quel qu'en soit le sexe, il est im[)ortant de prendre les animaux à diffé- rents états. Quand les ovaires ou les testicules sont trop déve- (1) Voyez la figure de la circulation , oii le Dentale est roprfeenti^ vu par le dos, l. VII, pi. 3, (ig. I r. (ï) Voyez Ann. dm ne. mit., 4* série, Zooi. , I VII, pi 'i. :',. l 4* série Zooi. T. VU. (('.allier n° 3.) * M 478 H. L*CAZI>DIJTniERS. loppés, la partie glandulaire a presque eomplélement disparu. La glande semble n'être plus qu'un canal ramilié, dont les anl'rac- tuosités sont remplies par les produits ; mais à ce moment ou peut étudier très bien les éléments ; car ils sont complètement mûrs et développés, seulement on n'a pas l'idée de leur liistogéiicse. Dans un travail assez étendu publié dans les Annales des sciences naturelles, j'ai insisté sur la structure desoemiou culs-de-sac sécré- teurs des œufs dans les Mollusques acéphales lamellibranches (l). J'ai montré que le parenchyme des cuis-de-sac était cellulaire, et que dans ses cellules se dévelo|jpaicnt les œufs. Ici la même chose se présente. J'attache d'autant plus d'importance à cette ori- gine des œufs, qu'elle peut servir à expliquer, ou au moins à inter- préter quelques faits relatifs à la fécondation. La membrane qui limite le cul-de-sac m'a paru anhiste ou sans structure ; à la face interne est une couclie de corpuscules rem- plis de granulations plus ou moins colorées eu jaune , et ayant chacun un noyau. C'est dans ces cellules que se développent indu- bitablement les œufs ; cela est évident , et ne peut faire de doute pour moi , car , dans chacun de ces corpuscules que l'on nomme habituellement cellules en histologie, j'ai trouvé se développant des vésicules transparentes cl des taches germinatives. En cherchant sur de nombreux individus, on arrive à rencontrer des ovaires à tous les degrés de développement , et alors on peut distinguer, sur la paroi interne de la membrane anhiste qui limite le cul-de-sac, de toutes petites sphérulcs cmi)ilées les unes sur les autres qui se dépassent, car leur développement n'est pas le même, et là on peut reconnaître les œufs , parfaitement caractérisés par leur vilelius et leur vésicule lrans(iarente renfermant toujours une ou deux taches germinatives. Il est difficile de faire une préparation en déchirant tout simplement les acini, sans rencontre)' quelque œuf très dé- veloppé, dépassant de beaucoup les cellules voisines, formant comme de grandes tumeurs appendues aux parois du cul-de-sac sécréteur, et l'on peut facilement trouver tous les intermi'diaires entre le parenchyme cellulaire du cul-de-sac et les œufs bien (1) Voyez Ann. des se. nat., i' série, Zool., t. II, p. 187. DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 179 développés. Tantôt (1 ) ceux-ci , suspendus à un pédicule assez grêle, font saillie dans celle cavité; tantôt, au contraire, ils y sont simplement proéminents et restent unis aux parois par une large base. On distingue très nettement dans les ceufs bien déve- loppés la limite marquée par un double contour ; évidemment, c'est l'enveloppe. Mais ici se présentent des considérations sem- blables à celles que j'ai déjà publiées dans mes recberches sur les organes génitaux des .Xcépbales. Cette membrane est-elle la cellule mère considérablement agiandie? Ou bien est-elle une membrane anliiste pninee, tapissant la cavité interne de Vacinus, qui a suivi l'œuf pendant son accroissement, et qui lui a formé une enve- loppe extérieure ? Je l'avoue, je penche vers la première de ces opinions ; je crois que c'est la cellule qui forme l'enveloppe extérieure de l'œuf, l'en- veloppe à laquelle on peut donner le nom de coqrie, si l'on veut, mais non celui de membrane vitelline. On verra que cette distinc- tion, (|ui .semble au premier abord de peu d'importance, n'en a pas moins une grande valeur pour la connaissance des faits qui se rapportent à la fécondation. Cette coque, suivant que l'œuf est attaclié aux parois de l'ovaire par une base plus ou moins large, se trouve aussi plus ou moins grandement ouverte quand elle en est séparée. Dans quelque? Mollusques acéphales, dans VUnio par exemple, le pédicule est tellemeni irréle, que, sur les œufs bien dévelopjtés, c'est à peine on le reconnail (2). Ici quelque chose d'analogue peut se présenter , et alors l'œuf semble environné de toutes iiarlsjiai' une zone liansparenic; il parait être enfermé dans une membrane close. Mais, dans cpielquescasqui ne sont pas rares, il arrive au contraire , fig. 6 ol 7. (2) Ihid., l. H, pi. 7, np. 10 et 11. 180 B. LACAZE-DUTBIEKS. de l'opinion que je soutiens, à savoir, que l'enveloppe externe n'est pus la membrane vilelline , celle qui enlcrme immédiatement le vilellusouqui a été décrilecomme (elle, puisqu'ellepeut quelquefois manquer ; et c'est là une chose extrêmement importante, comme on le verra dans la question et l'c'tude de la fécondation. Tous les œufs ne se développent pas en même temps ; aussi les uns sont-ils à l'état rudimentaire, lorsque les autres sont déjà très volumineux; ceux-ci, quand ils sont mûrs, se détachent des pa- rois, tombent dans les ramifications de l'oviducte, et dans l'ovi- ductc lui-même, pour y séjourner jusqu'au moment de la ponte ; en arrivant ainsi dans les canaux excréteurs , ils permettent aux autres de prendre leur accroissement et de se détacher à leur tour. Aussi, ([uand on ouvre un Dentale femelle au moment de la ponte, on trouve tout l'ovaire transformé en un sac dont les appendices latéraux et le canal médian sont litléralement bourrés d'œufs, et dont le parenchyme a presque entièrement disparu (1). A ce mo- ment, les œufs présentent la couleur la plus foncée; ils sont d'un jaune bistre, obscur, parfois assez foncé, un peu piqueté. L'œuf se développe dans une cellule , cela ne me paraît pas douteux. Mais quelle est la partie qui apparaît la première? Est-ce le vitellus? la tache germinalive ou la vésicule de Purkinje? C'est là une chose difficile à reconnaître et à décider , quand on n'est pas imbu, à priori, de ces idées basées sur la théorie cellulaire. Quand la cellule mère de l'n'uf augmente, elle est remplie d'une matière nuageuse et finement grenue, au milieu de laquelle on distingue encore le noyau {1). 11 ne m'a jamais été possible de voir celui-ci devenir la tache ou les lâches gcrminatives, les granula- tions du contenu s'opposant à l'observation. Bientôt on voit au mi- lieu de la cellule un espace plus clair, qui est la vésicule transpa- rente, et la tache se montre très vague et à peine marquée au centre de celle-ci. Je dois dire encore que je ne sais laquelle des deux précède l'autre, peut-être pourrait-il se faire qu'elles apparussent en môme temps ou presque en même temps. La cellule mère {y (1) Voyez Ann. des se. nul., 4' série, Zool., l. VII, pi. 5, fig. 2. (2) Ibid., pi. S, fig. 4 a-h l!) Ihid., fia;, i c, '.\, B. UEVELOPPEMENT DU DENTALE. 181 n'a pas acquis un développement bien grand , que déjà on dis- tingue les contours de la vésicule transparente. La tache gormina- tive est d'abord unique, mais il ne doit pas s'écouler un temps bien long avant que la seconde tache apparaisse ; on la voit toujours à côté delà première, et je ne saurais trop dire encore quel est son mode de production. Les deux taches qui existent presque constam - ment sont toujours différentes de volume ; l'une est d'abord et reste ensuite la plus volumineuse des deux. Il ne m'a pas élé possible de pouvoir déterminer si le noyau de la cellule mère était le centre cystogénésique de la vésicule de Purkinje; et j'avoue ne pas trouver ici au noyau de la cellule mère un rôle conforme à celui qu'on lui fait jouer dans la théorie cellulaire. Le vitcllus se forme dans et autour de ces cellules emboîtées les unes dans les autres ; ses granulations, à peine apparentes autour de la cellule correspondant à la vésicule transparente, for- ment d'abord une couche excessivement mince : on croirait que la vésicule de Purkinje occupe à elle seule presiiue toute la cavité de la cellule mère. Le contenu à la fois liquide et granuleux de celle-ci doit, sans contredit, être passé en partie dans l'intérieur de la vésicule transparente , tandis que les granules sont restés autour. Ce doit être par endosmose que la vésicule de Purkinje s'emplit ainsi au dépend du liquide environnant, et devient trans- parente et plus volumineuse. Peu à peu la couche granuleuse s'accroit autour île la vésicule transparente, et l'effet de cet accroissement est de refouler vers la paroi de la cellule mère les granulations devenues de plus en jihis volumineuses. L'œuf change de position en changeant de volume (1) ; il change surtout d'apparence : de blanc il devient un |ieu jaunâtre, et de lrans[iareiit il devient obscur. En résumé , voici quelle est la succession ipii me |i;irail être celle (le la formation îles éléments divers di' l'u'iif. La vésicule gerniiiiative se l'orme au milieu du luiilenu de la ii'lliili' du paren- chyme, et se trouve entourée par le reste du riiuleiiii ^U- h cellule, , et c'est ce reste qui devient la base lin \iirlliis. Les i'IimiicmIs s'ar- (i) Voye7 Ann. def »c. nat., 4' série, Zen, , t VII, pi, 'i, li;:. li nt 7. 182 B. LACAZE-UlJTUIEKil*. croissent tous en même temps, mais dans des proportions dilïé- rentes. Le vitellus marche beaucoup plus vite que la vésicule et que les taches. 11 se passe donc un travail dans la cellule du parenchyme, ayant pour but d'absorber dans ce parenchyme même les élémenls du vitellus ; sur la nature de ce travail, je ne vois que des hypothèses à faire. Le vitellus est-il enveloppé d'une membrane? Cela est possible, mais en tout cas il csl bien difficile de le dire. Car s'il existe une enveloppe vitelhne propre , elle est accolée à la face interne de la paroi de la cellule mère, et la distinction de deux membranes aussi minces, et ainsi superposées l'une sur l'autre, n'est pas chose fa- cile ; ce que je puis affirmer, c'est que la membrane extérieure, celle qui enviionne l'œuf, el que je crois n'être autre chose que la cellule mère, n'est pour rien dans l'évolution embryonnaire. Tous les phénomènes se passent en dedans d'elle, et, de plus, elle peut ne pas exister. J'ai trouvé des œufs pondus qui en étaient dépourvus. Dans ce dernier cas, on comprend comment a été pro- duite cette condition qui semble exceptionnelle; les œufs, dont le pédicule est resté fort large, se sont trouvés à nu quand ce pédi- cule s'est rompu. Il me paraît difficile d'appeler enveloppe vitelUne une membrane qui peut manquer, et qui protège plus ou moins un organe dont elle devrait faire partie intégrante. J'insiste sur ces faits, et je reviendrai sur eux enclore, parce que je crois que de leur interprétation exacte résultent des considéra- tions bien utiles pour résoudre quelques ([uestions difficiles de la fécoridation et de l'embryogénie. En résumé, il me paraît qu'il y a la plus grande analogie de sfruclure entre l'ovaire du Dentale et celui des Acéphales lamelli- branches ; et je pourrais renvoyer, pour plus de détails, aux re- cherches étendues que j'ai publiées sur les dilTérentes espèces de ce groupe des Jlollusipies. L'opinion de M. W. Clark, non plus (pie celle de M. Desliayes, n'est pas soulenable en face des faits (pii précèdent ; elle a été déjà indiquée, elje ne crois pas (|uc dans l'ovaire on puisse trou- DEVELOPPEMENT DU Dli.MALE. 1 8o ver des filaments tels qu'ils sont décrits dans le passage cité du premier auteur. ARTICLE III, Structure de la glande génitale mâle. 11 y a une analogie non moins grande entre la structure du testicule du Dentale et celle de la même glande des Acéphales lamelliljranL'lie.s. Je pourrais encore ici renvoyer, pour la compa- raison, aux travaux que j'ai publiés en 1854 (l). Une membrane limite extérieurement le cul-de-sac sécréteur ; elle est mince et très transparente, probablement sans structure. A l'intérieur, une couche de cellules la tapisse, et forme le pa- renchyme sécréteur comme pour l'ovaire. Ces cellules ou corpus- cules '2), comme on voudra les nommer, sont plus petits que dans l'ovaire, et d'une teinte plus claire. Les granulalions internes qu'ils renfei'ment sont à peine accusées et toujours très lines. Ces éléments rappellent complètement ceux qu'on trouve dans les testicules des autres Jiolhisques. Dans un grand nombre de ces animaux, ils paraissent nés dans une cellule mère, et ils semblent être le résultat du fractionnement de cette cellule. Le fait du développement endogène des éléments du testicule parait trop général pour que l'on puisse supposer ([u'ici il n'eu soit pas de même; je dis supposer, parce que les glandes des Dentales, dans l'été, sont déjà avancées dans leur développement, et il est dilficile de trouver autre chose que les cellules isolées ; la cellule mère est déjà résorbée, et je n'ai pu l'observer. Le spermatozoïde du Dentale (3) est assez gros ; sa l'orme est très nettement dessinée et ses mouvements très vifs ; il a, comme presque toujours, une tête et une ([ueue distinctes. La tête a la forme d'un coin tron(jué en avant, et ses deux extré- mités sont inégales. L'une, antérieure, est plus aiguë que la posté- rieure, ou, pour jiarler plus exaclemeni, moins obluse. Ses bords ne sont pas absolument droits ; il existe veis le milieu une soric (I) Voyez. Ann ile% te. nal., k' série, Zool., t. II, pi. 9, elc, eW. (î) Ibid., I. VII, pi. 5, fi,'. 8, 9, 10. (3) Ihid . (1- S ^6). ISk a. LACAZE-DVTHIEBS. d'étranglement qui fait paraître le corps ou la tête comme com- posée de deux renflements. Elle ressemble un peu à celle du sper- matozoïde de la Mulette ou de l'Anodonte; mais dans ceux-ci les deux renflements sont tout à fait égaux et semblables, tandis que dans le Dentale l'antérieur est beaucoup plus petit. La queue est insérée sur le dos de la base ou partie la plus large ; elle est très longue et très délicate ; elle ondule avec une grande agilité. Le développement des spermatozoïdes a lieu comme dans les autres Mollusques. Cette question a été traitée par les plus habiles micrographes ; elle semble résolue aujourd'hui en ce qui touche au moins quelques-uns de ses points. Il n'est pas douteux que le parenchyme cellulaire, comme l'ap- pellent ceux qui ne voient en tout et partout que la théorie cellu- laire, ne soit le point d'origine des spermatozoïdes ; et que ceux-ci ne se développent aux dépens de ses cellules. La seule question à se poser est donc celle-ci : Quelle est la partie du corpuscule parenchymateux ou de la cellule qui forme le spermatozoïde? Je n'analyserai point tous les travaux qui ont été faits sur la ma- tière; il est peu de micrographes qui n'aient touché à cette question. L'un des savants les plus habiles , en même temps que l'un des naturalistes les plus éminenis, M. Kdlliker, a publié un travail sur le développement du spei'matozoïde dans les dilïérentes classes d'animaux , et a formulé son opinion très catégoriquement dans son TraUé d'histologie, dont la publication française vient de se terminer (1). Le savant allemand déclare, comme déjà on l'avait dit avant lui, que le noyau delà cellule forme la tète du spermato- zoïde ; que la queue ou le filament est le résultat de l'allongement du noyau prolongé à l'une de ses extrémités. Les cellules du pa- leuchyme sont appelées par lui cellules séminales , et les figures (jui se rapportent au développement du spermatozoïde du Taureau montrent très dislinclcmcnt ce mode de [iroduction. La même ori- gine peut-elle se présenter chez les Dentales? .Te répéterai ici ce (1) Voyez Kôlliker , TmiU d'histologie , et aussi PhijsiologiscUe Sludien liber die Samenflussigkeil, dans le ZiiUchrifi fiir fViss. Zoologie, vol, Vil, pi. 13. DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 185 que j'ai dit dans mon travail sur les sexes desBloilusques acéphales lamellibranches. Malgré tous mes efforts, je n'ai jamais pu distinguer la queue contournée dans la cellule ; cela se comprend , quand on songe que, même sur des individus libres et isolés, la queue a une telle délicatesse, et réfracte la lumière si peu différemment du milieu où elle est, que c'est à peine si on l'aperçoit. Il m'est absolument impossible d'affirmer aussi que le noyau s'est allongé pour former la queue-, car je dois dire que, dans les corpuscules ou cellules du parenchyme, il est parfois très difficile de reconnaître ce noyau ; à plus forte raison, devient-il très délicat de suivre les transformations qu'il éprouve. On sait cependant que, habituellement, le noyau frappe tout d'abord, et .souvent il frappe le plus. Plus tard , quand le spermatozoïde apparaît dans la cellule , c'est la tète qui paraît la première , et il est naturel de la considérer comme le noyau de la cellule, et surtout de la regar- der comme originaire du noyau. Je le répète, je n'ai pas pu voir cet allongement du noyau pour produire la queue. Est-ce à dire que je m'oppose absolument à l'opinion de M. Kôl- liker? Nullement], car je professe trop d'estime pour ses travaux ; sans avoir une opinion arrêtée, je me garderais bien de m'élevcr contre une manière de voir qui n'a rien d'étrange, et j'ajoute même que de toutes les explications sur la formation des sperma- tozoïdes, c'est celle qui est la plus simple et la plus nalurclle. .le dis seulement que les faits que j'ai pu observer n'ont pas été une dé- monstration ; mais aucune des particularités de mes observations ne s'oppose directement à la théorie que je viens d'analyser. 11 m'a paru toujours qu'entre le spcrnialozoïde enfermé dans la cellule et la cellule seule, il y avait un passage que je ne pouvais saisir(l). A pai 1 fcla, il parait indubitable que toutes les cellules produi- sent un filament spermalique. K\\ eiïcl , on rcncoulie des cellules sur les côtés desfpicllcs on ne peut MMVonniiilrc une tête de sper- (4) Dans quelques cellules (voyez. Aun. des se. uat., 4' série, Zool., t. VII, pi. 5, fig. 8, q), un double contour se voyait, el l'on pourruil peut-être le regar- der comme une preuve do la présence de la queue d;ins l'intérieur (In la cellule. 186 H. LACAZU-DU'ruiEKN. inalozoïde ilj ; cl [niimi les cellules et les siicrmatozoïdes bien libres , il est presque iuiiiossible de ne pas trouver des filaments qui se délacbcnt et qui portent encore la cellule, soit sur le côlé , soit en avant. On trouve même des cellules qui semblent prolon- gées par une queue (2) . En résumé, le parenchyme sécréteur des deux glandes génitales est cellulaire. Le volume, la teinte et l'apparence des cellules des deux côtes sont un peu différents ; et déjà on peut, quand il est développé, reconnaître le sexe, qui ne se caractérise cei)endant dé- finitivement ([ue lorsque les éléments ceî// et spermatozoïde sont parfaitement formés. Est-il possible de pousser ce parallèle plus loin ? Je ne le pense pas. Ici encore je n'aurais qu'à répéter les considérations générales auxquelles je me suis livré dans mon travail sur les sexes des Acé- phales. 11 ne inc semble pasi|u'ilsoitpossiblede croire, comme des mé- moires récents ont ilierché à le prouver, , fig. 1 II. (2) Ibid., pt. 2, lig. 3 (:). Dans ceUe planclie, destinée à ta circulation, les rapports (le l'oriCco sont très nettement inarqnés. (3) Ihid., pi. 3, lig. 1 (m'). DÉVpLOPPEMENT DU DENTALE. 191 plonge dans le sinns péri-anal. Au fond du sinus péri-;iiial , on trouve (1 j liien qiialre lacunes qui pénètrent dans l'organe el nue les injections rcniplisseni toujours; mais il y a loin de cela nu sys- tème fort complet et complexe de vaisseaux (|ui Iraverseni la glande dans les Acéphales. Faut-il considérer le vaisseau qui est placé sur les côtés , et qui s'abouche avec la branche du vaisseau palléal, comme un système eflérent? Cela se pourrait, elle rapport avec la brancliie devien- drait plus caractérisé ; mais, à coup sûr, c'est chercher bien loin une analogie. Ne Irouve-t-on pas ici une noiivclle preuve de l'irrégula- rité et du peu de développement de l'appareil circulatoire? N'y a-t-il pas là quchpie chose de tout à lait anormal , et qui coïncide avec ce que nous avons pu observer dans le reste de l'organisme? Les orifices du corps de Bojanus et de la circulation sont extrê- mement rapprochés; et avant d'avoir des notions (^empiètes sur l'organisation du DiMilale, j'étais embarrassé sur leur véritable nature; plus tard l'examen des embryons et l'étude microsco- pique m'ont montré que ces orifices sont, (juoiquo moins évidents, toujours l'aciles à ne pas confondre. La poche du côté droit reçoit l'oviductc ou le canal déférent, cl c'est par l'orifice qui lui correspond (jue sortent les [iroduits de la génération (2,:. La structure du corps de Bojanus n'est pas moins simple que sa disposition anatomique. Pour étudier les éléments, il suffit de prendi'c im Dentale, de presser tm peu avec une tête d'épingle sui' les côlc's du corps, et d'aspirer avec une pi|ielte les produits cpii sortent par les orifices ; mais il faut ouvrir le corps d'un animal, vivant si l'on veut être assuré de connaître la siructuie dans son élat naturel, car l'altéra- tion est trèspromple.l'our\iMr lesé'lémcnlscu place, il faut sehàler beaucoup, parce que l'animal, en se conli'actanl. chasse au dehors les parties parenchymaleuses. J'ai rencontre des Dentales qui (1) Voyez Aun. des te. iiat., i' série, Zool., l. VII, pi. 9, fig^. 4. (2) /(«il., pi. 4, r.g. 1 (c) 192 B. LACAZE-DUTniERS. n'avaient plus trace de matière glandulaire ; le sac de Bojanus méritait bien alors son nom. Il était complètement vide. Les éléments glandulaires (1) sont des corpuscules fort gros, parfaitement sphériques quand ils sont sortis du corps et qu'ils ont été soumis à l'endosmose. Ils sont empilés les uns sur les autres comme de petites sphères ; lâchement unis, ils doivent être à peine cohérents entre eux dans le fond des culs-de-sac. Ils sont formés d'une membrane mince, véritable cellule rem- plie de globules jaunâtres tout à fait sphériques, d'un volume assez considérable, qui ne permettent de les considérer comme des gra- nulations. On voit des cellules bourrées de ces corpuscules être , par suite de cela, bosselées à leur surface. Ces corpuscules eux-mêmes sont remplis de granulations jaunâ- tres qui donnent la teinte au parenchyme, ou tissu de la glande (2). .\u milieu de ces cellules remplies de matière jaune, on en trouve d'autres très transparentes, n'offrant qu'un noyau et quelques gra- nulations jaunâtres, point de départ sans doute des corpuscules qui plus tard rempliront la vésicule (3). Dans les Mollusques acéphales lamellibranches, le parenchyme est parfaitement cellulaire , et les cellules , assez lâchement unies , sont très facilement séparables ; pom' peu que la mort arrive, on voit la glande se déliter littéralement en sphérulcs isolées. J'ai eu l'occasion d'insister longuement sur ces faits dans un autre travail. Toujours la couche glandulaire est tapissée par une dernière couche de cellules chargées de cils vibralilcs , quelquefois extrêmement vifs et très dévclo|)pés. Ici je n'ai pu voir ces mouvements ciliaires; serait-ce que des sphérules trop développées masquent les cils ? Je ne saurais le dire : quoique n'ayant pas vu ce mouvement, l'analo- gie engage cependant à penser qu'il doit exister; il se peut aussi (jue la facilité avec laquelle se détruit le parenchyme glandulaire soit pour quelque chose dans la disparition du mouvement. Ces éléments tapissent, en formant une couche assez épaisse, les ]iar(»is des culs-dc-sac, dont je n'ai pu voir la structure, et qui me (1) Voyez Ann. des se. nat., i' sério, Zooi., t. VII,5pl. 5, fig. 4, 5. (2) Ibid., fig. U. (3) Ibid.. fig. .'i. nÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 103 paraissent anliisles ; dans beaucoup de cas, ils arrivcnl sur la paroi de la poche jusque auprès de l'ouverture, en sorte que toute l'étendue de l'organe sécrète. Tel est l'organe deBojanusdans le Dentale. Je ne puis lui trou- ver d'analogie avec aucun autre organe. En etïet, quelle glande, dans un organisme mollusque, se trouve placée symétriquement de chaque côté du corps, et s'ouvre à l'extérieur? Quelle est celle qui est composée d'éléments cellulaires aussi gros et aussi évidents ? Il me parait indubitable que ces glandes ne peuvent être considé- rées autrement que nous no l'avons fait. Cependant elles olïreni de notables différences avec les mêmes parties dans les Acéphales ; mais ces différences sont la con- séquence de variations organiques que présentent toutes les autres parties Ainsi, ici, pas de [léricarde, par suite pas d'orilices ou de communications péricardiques. Quelles sont les fondions de l'organe de Bojanus ? 11 n'y a rien ici de particulier qui puisse nous permettre d'émettre une opinion plus absolue et plus catégoriiiuc ipic dans les Acé- phales. Je n'ai jamais rencontré de cristaux ou de concrétions comme dans ces derniers. Je pen.se néanmoins (pi'il est un organe dépu- rateur, un organe analogue au rein, ainsi que cela est admis par beaucoup de naturalistes jiour les Acépliales. Dans les Acé(ihales lamellibranches, j'avais fait la remarque que le développement de l'organe de Bojanus était dans un rap- port à peu près constant avec celui des organes génitaux, et cela m'avait engagé à émettre l'opinion que peut-être une sécré- tion utile aux fonctions de génération pourrait bien se passer dans son intérieur; l'ouverture fréquente des organes de la repro- duction dans Icui' iiilfuieur mecutiduisait à cette manière de vou' que, dans aucun cas, j(; ne cnnsidi'rais, bleu entendu, comme exclusive. Che/. b; Dentale, il ne ni'a paru y avoir aucune liaison entre le (lévelopiieuiciit des ilcux glandes. Ici se termine l'i-ludc de l'oi'gaiiisalion du pdil être ijui nous a si longuement occupés. f sérier. ZooL T. VII (Cahier ii' 4 ) ' 4 3 c 19/( H. LACAZE-DUTHIERS. L'anatomic, poussée très loin, nous montre déjà quelques rela- tions zoologiques iniporlanles dont nous pourrions commencer l'examen ; mais il semble nécessaire de confirmer les faits que l'anatomie descriptive nous a fait coiinaîlre par ceux que l'embryo- génie va nous dévoiler. Dans ce qui précède, l'anatomie s'est con- firmée par elle-même , l'imperfection de tel ou tel organe ne pouvait cire suivie de la perfection de tel autre; aussi, en étu- diant scrupuleusement toutes les parties, avons-nous vu que ce qui semblait manquer dans un point du cori)s était accompagné d'une imperrcclion toule semblable dans un autre. C'est ainsi que la circulation n'est pas seulement imparfaite dans une partie , mais ([u'clle l'est encore dans toutes les autres. L'imperfection de l'appareil de la circulation s'est trouvée comme démontrée par l'état rudimcntaire de celui de la respiration : c'est là ce que l'on peut appeler la confirmalion de l'anatomie par l'anatomie. Nous allons trouver les nouvelles preuves en cberchant toutes les transformations par lesquelles passe le jeune animal ]>our arrivera son cnlici- développement. VII. EMBRTOGEKIF,. A ma connaissance, il n'y a pas eu de travaux publiés sur l'em- bryogénie du Dentale, je n'aurai donc ([u'à rapporter les faits que j'ai observes. L'embryogénie des Mollusques, longtemps abandonnée, fait tous les joiu's des progrès, et les publications se multiplient de plus en [ilus. Les études du développemeni , longtemps circonscrites, à quelques animaux supérieurs, aux vertébrés, sont devenues cependant |)lus générales ; et l'intérêt qui s'attache à la connais- sance de l'organisation des animaux inférieurs s'est accru beau- coup quand on a cberché à connaîlre leur évolution embryon- naire. On est loin de pouvoir dire encore , en réunissant en un seul DÉVELOPPEMRNT DU DÉÎSTALE. 195 faisceau tous les l'ails relatifs à l'embryogénie des Mollusques, que l'évolution est caractérisée dans cet embranchement par telle ou (elle particularité ; ce serait trop se hâter que de vouloir encore formuler le caractère de l'embryon du MolIus(|ue. 11 faut plus d'une reclicrchc pour trouver d'abord le trait d'imion entre tous les types de l'embranchement, et ensuite la différence de rem- branchement avec les autres animaux. Déjà des travaux importants ont été publiés. Il suffit de citer Carus, de Quatrcl'ages, Vogt, Lovén,Koren et Danielssen,Carpen- ter, YanBeneden, Kolliker, Gegenbaur, Krohn, Claparède, etc., pour montrer que les cpiestions relatives à celte étude ont occupé les hommes les plus émincnts, et qu'elles sont, comme je le disais, pleines d'intérêt. Il me paraît inutile de faire un historique des faits observés par ces auteurs. J'aurai sans doute l'occasion de comparer quelques-uns des résultats obtenus p'ir les naturalistes dont je viens de citer les noms avec ceux que le Dentale m'a fournis; mais je m'abstiendrai lie trop étendre ces comparaisons. H est cependant des travaux qui présentent quelques faits ayant de l'analogie avec ceux que l'embryon du Dentale m'a offerts. Ils se rainiortent aussi à des êtres singuliers vers lesquels il a toujours été intéressant [tour les naturalistes de diriger leurs études. ,Ie veux parler des Oscaiirions, des Ptéropodes et des Hétéro|iodcs, f|ui ont été l'objet des études de M.M. Lovën (1), (Jegenbaur et Krohn (2). Il y aurait peut-être à revenir, en traitant des i-apports zoolo- f^cpies, sur queli|ues-uns des faits piéseiités dans ces mémoires, et de montrer quelle analogie existe entre les jeunes embryons de l'Oscabrion (Cliiton) et les larves ilu Dentale; mais cela nous entraînerait bien loin. I,e Dentale, lui aussi, est lui ih: ces types particuliers dont l'ciu- (1) Voyez Lovén , Ofvertigt uf kimijt. Vetentkaps-Aaidfmien.i Forhamllingar . Traduction en allemanil fie M. Trust liel : Ihlicr ilie Euliinrkehmii voit Chifnn. (2] Voyez (Je^îenlMur, I iilertHchuiiijm nlnr l'tiroiioilrii uiul Ileleropodeii, et les arlides du ilocleiir Krolin diins Arrhiv fur .\nntnmii- and l'hysiologif de Miillor. 196 n. LACAZE-DL'TniERS, bryogénie ne pouvait manquer d'avoir de l'importance , car on a tout lieu de penser qu'elle peut éclaircir non-seulemenl les faits principaux de l'organisation, mais encore de l'aire connaître les rap- ports zoologiqucs. On verra que par certaines de ses formes l'em- bryon du Dentale sembledevoir justiiierquelques-unesdes opinions émises par les anciens naturalistes en ce qui touche sa position dans les cadres zoologiques ; mais en suivant le développement dans toutes ses périodes , on ne larde pas à être convaincu que s'il y a (juelques analogies éloignées, elles disparaissent pour faire place définitivement à des dispositions (pie l'on a vues dans l'animal adulte, et qui ont conduit M. Desliayes à placer avec juste raison le Dentale dans le groupe des Mollusques (1). L'embryon du Dentale est un de ces exemples faits pour l'étude du développement ; on l'élève avec la plus grande facilité , et son observation est des plus simples, quand on connaît ses moeurs. Aussi ai-je pu, en partant de l'œuf, arriver jusqu'à de jeunes animaux présentant tons les organes de l'aduile. Ils vivent avec lant de fiieililé, que je les ai transportés des côtes de Bretagne sur celles de la NDrinandie, et de là à Paris, où je les ai monlrésà MM. Miluc Edwards et d(; Quutrel'ages. J'indiquerai dans le cou- rant du travail Cdnuneid il faut s'y prendre pour étudier les dilfé- rentes périodes du développemciil. On est dans l'habitude d'indiquer heure par heure, et même mi- nute par minute, les progrès du développement dans les premiers moments qui suivent la fécondation ; je ne crois cela d'aucune im- porlance. J'ai la conviction bien acquise que tel ou tel changement se passe dilïérenuuent suivant les conditions extérieures ; aussi n'est-ce point le temps ipii me parait devoir ser\ ir à marquer les périodes du déveln|ipement , mais bien l'apparition de certaines parties de l'organisme, (prclles soient transitoires ou constanles. Voici comment on peut, je crois, diviser le développement de l'embryon du Dentale. On Irouvc quatre périodes principales bien distinctes : La première correspond à fous les phénomènes qui se passent M) Voyez loc. cil. DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 197 depuis la ponte, jusqu'à ce que le fraclionnemenl soit complète- ment terminé. La seconde commenee au moment où les organes de laloeomo- fion se montrent , je veux dire les eils vibratiles ; elle se termine quand se forme un organe nouveau, solide, la coquille. La troisième comprend tons les changements survenus dans l'or- ganisation, à partir du moment où la coquille a commencé jusqu'à celui où l'animal ne nage plus, et où son pied devient seul organe de la locomotion. Enlin la qualrième cl dernière période commence au moment où l'animal cesse de nager pour se traîner au fond de l'eau. A partir de celte ('poque, ipii est illimitée, nous prendrons successivement chaque organe pour en suivre les modificalions. Si l'on voulait caractériser chacune de ces périodes par un seul mot, on pourrait dire que dans la première l'animal, ou le germe, est immobile, que dans les deuxième et troisième il nage^ qu'enfin dans la quatrième il rampe. Je iiréi'cre ce mode de division de la vie embryonnaire à celui qui est basé sur le temps; il a un avantage très grand; en effet, il peut servir de guide dans les recherches. A l'œil nu, on peut dis- tinguer toujours les a.'ufs immobiles et les embryons qui nagent; ceux-ci ne [leuventplus être confondus avec ceux qui rampent au fond de l'eau : en soric qu'il est toujours facile', quand on a plu- sieurs vases où vivent des jeunes Dentales, de reconnaiire tout de suite dans quelle période se trouvent les jeunes animaux. Est-ce à dire qu'il ne soit point nécessaire d'indiquer la durée de ces périodes; non, cela deviendrait de l'exclusivisme systé- matique, et l'on doit éviter tout ce qui est trop absolu. L'évolution etnbryonnaire ne commençant qu'après l'influence récipioquedcs produits mâle et femelle, nous aurons à nous occu- per d'abord de la l'écondalion. 198 H. LACAZK-DUTHIEBS. Article I''. Fécondation. Les circonstances accompagnant la ponte et l'émission du sperme servent beaucoup dans l'étude de la fécondation , elles seront indiquées avec soin dans l'étude des mœurs. En saisissant les œufs au moment de leur sortie du corps de l'animal , et les portant immédiatement sous le microscope , on peut assister à leur rencontre avec le spermatozoïde. D'abord l'œuf est isolé ; il est bientôt entouré d'une multitude de spermatozoïdes. Dans cet examen bien curieux , on acquiert la conviction que, s'il y a une partie active dans le sperme, c'est bien le spermatozoïde tout seul ; car il arrive au contact de l'œuf, après avoir traversé une coui^he épaisse d'eau , et s'être lavé et débarrassé du liquide qui faisait partie de la semence, et au milieu dulanclio 3. 4* fcérie. Zoou. T. Vil. (Caliipr n» i ) = n 210 H. I.ACAZE-DL'TniEBS. m'ont [loiiit [lani se tk'[ilaccr, coiiime M . de Qiialrefages l'a observé poiir les Annélidesdont il nous a l'ait connaître i'iiistoire. Du reste, à cela près, le fractionnement suit la marche ordi- naire. Le vilellns se divise en deux, ([uatre, etc., sphères prcsen- lant tontes nne tache hlanchâtrc vagne on nn es|)ace pins clair à lenr centre ('Ij. J'ai remarqué aussi ce que, du reste, on commence à recon- naître généralement, qu'il y a une assez grande irrégularité dans la formation des sphérules vifellines. Les quatre, huit, seize splié- rules primitives ne sont pas la conséquence de la division toujours par deux des sphères déjà formées. L'œuf ne se fractionne pas en deux parties égales : il y en a une qui est beaucoup plus grande (5), et qui le plus souvent se sub- divise en trois, la seconde reslani tout à l'ail étrangère à celle mul- tiplication. De là une certaine irrégularité qui persiste pendant la formation des sphèi-es secondaires, et les s]ih('rules eorrespondani à la masse la plus grande seront toujours inférieures à celles de la seconde. J'ai cherche à observer un fait qu'il m'avait été donné de recon- naître pour beaucoup d'autres Mollusques; ici il m'a été impos- sible de le constater directement ; je veux parler de l'apparition d'une partie périphérique et tl'une partie centrale. ]\L C. Vogt (3) est le premier, si je ne me trompe, qui, dans son travail sur l' Actéon , ait insisté sur ce qu'il se forme deux |iarlies pen- dant le fraclionnenient : l'une extérieure, qu'il a nommée /Jérep/ie- rique^ et l'anlre centrale, naturellement englobée par la pi'cmièro. La distinction des s|)hères, ou globes vitellaires, en deux groupes me paraît impossible à ne pas admettre. Dans les Acéphales et dans l'Huître (i) en particulier, je l'ai trouvée, sans aucun doute; de (<) Vo^&l Annales des scienceinaUirelles, 4'' série, Zooi,., t. VII, pi. 6, fig. 5, 6,7,8. (2) /d., fig. S. (3) "\oyez Ami. des se. nat., 3' série, Zool., t. VI. 1846, Sur l'embryogénie des Moliusques gaslèropodes. (4) Oslrea sientina, à Malion ; 0. hippopus, à Celte; 0. edulis en Norman- die, en Bretagne. I DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 2H même dans la Bulle cl la Btillée' 1), dont j'espère pouvoir bienlôt l'aire connaître l'histoire anatomiqiie et embryogéniqiie. J'ai vu cette partie centrale siirdcsreui's d'autres Gastéropodes, et surtout sur les œufs des petits Mollusques nus que l'on a nonunc Pldé- benlères ou Anangiés, etc.; j'ai pu suivre avec la plus grande cer- titude l'apparition de ces spliérules nouvelles , qui semblent se caractériser par une opacité moins grande que les autres et un diamètre toujours plus petit. Je voulais chercher si réellement cette particularité du fraction- nement se présentait pour le Dentale; mais le moment de la ponte ne favorise pas les observations ; c'est presque toujours de quatre à cinq heures que les œufs sont pondus, et la marche du fraction- nement se fait par conséquent dans une partie de la journée où la lumière commence à manquer un peu ; aussi n'ai-je pas pu suivre la production de ces spliérules périphériques avec le même soin que dans la Bulle et BuUée, par exemple. L'ensemble de la forme de l'niuf fractionnée permettrait peut- être d'admettre qu'il doit y avoir deux sortes de spliérules primi- tives ; car, sur l'un des côtés, on voit (2) des sphères plus grosses et plus obscures; tandis que sur l'autre, on croit voir (3) des spliérules ap[iarlenant à la partie péri|ihérique; je n'oserais affirmer ces faits, n'ayant |ioint vu, comme dans d'autres.AIollusques, naître, croître et se multiplier peu à peu , les sphères qui produisent la partie pé-rifiliériquc. Quand elles paraissent bien, et qu'on peut les observer nette- ment, ces dernières semblent naître à l'angle de réunion des quatre premières, angle qui r('sulte de la division |iardcu\ el quatre d(îla inassiî totale du vitellus. ,\l.(;. \dgt,(iui a décrit leur ap[iaritioii d'une manière très exacte, dit qu'il les a vues se former peu à peu, et sans se rendre trop c()rni)te de leur mode de production. Je crois pouvoir assurer qu'elles naissent jiar une sorte d(^ bourgeonnement, et (|ue leur nombre .'~e multiplie non par subdivision, mais par naissance (1) lluUa xiviiiUi? à Celle; D. hydalis? un Bretagne ; AuZ/œa apsilii, on Bretagne, près da Saint-.Malo. (2) Vuyc/./lnn. (Im«c. iihI.,Zoc)I., 4'sério,l VII, pi. (1,(1^. 8, 9 eM (r, c,f). (3) M. (p.p.p). 212 II. ■..tl'AZE-ltUTUIEIRS. (l'une nnuvoll(' S|ilièri' vciuiiil se phicor ;'i côté do la pi'('Ci''(|pn(e ; et il -arrive un iiioNirnl où l'on voit (|ii:itre fii'osses sphères et quatre l)lus pelilcs, ;illern:int et se croisant eoninie l'a iiHli<|ué ^1. Vont. IJans quelques Mollusques acéphales et gastéropodes, j'ai pu suivre leur formation depuis leur origine , car j'étais dans de bonnes con - dilions. Ici, j'ai rencontré des o'ul's offrant cette dernière disposi- tion très distinctement; mais, comme je ne l'ai point vue naître sous mes yeux, je n'affirme pas, bien que cependant il me paraisse diflieile de ne |tas reconnaître l'analogie. C'est surtout au moment de leur apparition que l'on peut juger de l'existence des deux groupes de sphérules; plus tard, tout semble se confondre; et si j'ob.serveqiK^la lumière, pour le moment du jour que j'indique, va de plus en plus en diniinuanl, on comprendra la réserve que je dois a|)porlerà me prononcer. J'aj(.iulei|ue les sphérules jilns iicliles qui pourraient représenter la partie périphérique semblent moins dif- férentes des antres parties de l'o'uf que dans la Bullée et les autres Mollusques. Enfin le fractionnement aboutit (i i à une masse framboisce ; alors, comme prescjne toujours, quand les cellules, (|uelle (|ue soit leur origine, ont acquis à peu près toutes le même volume, l'œuf pour se modifier semble rester quchpie temps stationnaire. Dans le village de pècbeiu's où j'étais installé , une lampe était chose rare, si même elle existait, et je devais cesser mes ob- servations pendant la nuit. Aussi je dois signaler ici une lacune que je n'ai pu combler : c'est la disposition que prennent relative- ment l'une à l'antre ces deux parties iM'riphérique et centrale, en supposant c|u'elles existent. Mais il faut dire que, si le fractionnement va très vite, la période quile suit se l'ail plus lentement, et l'on rencontre des œufs en retard qui permettent le lendemain de reprendre l'observation. C.ondéii'M de temps dure celle péiiode du fraclionnement, ipii s'étend de la fécondation à la transformation de Wvuï en nue masse composée de petites sphérules entassées, et présentant l'aspect mûriforme? Je l'ai dit, le temps me paraît varier, etj'ai la (l)Voyez Ann. des se nul., Zool., 4' série, t. Vit, pi. G, fig. 11. DÉVËLOI'I'EMENT DU DENTALE. 215 coiivirlioii (\w les circonstances extérieures (leiivent donner lieu A de grandes différences. Dans quelques cas, un œuf, mis en obser- vation au commencement de sa division en deux, était arrivé à cinq sphères en une demi-heure; je Irolive dans mes notes pour le même cas des dessins avec l'indication quatre heures et demie et cinq heures; entin, dans d'autres circonstances, c'est en un quart d'heure seulement que cette période est parcourue. Haliifucllement , entre le moment de la ponte et celui de la fé- condation, ijuand le mâle lance sa semence en même temps que la femelle, il s'écoule environ une heure, sans qu'il se |iroduise rien dans l'œuf. Les animaux pondant hahiluellement vers quatre iieures, c'est prcsiiue toujours à cin(| lieures que commence le travail; alors il marche fort vite, et si l'on admet que la pro- duction de la partie périphérique dure une dcmi-henre, la distinc- tion jieut avoir lieu vers six heures. Entin, le plus souvent, la masse framboisée est formée à huit heures et demie; mais à pai-lir de ce moment, la marche du tra- vail se ralentit, et le lendemain malin , à six heures, la forme framboisée ajiparaît encore sur beaucoup d'exemples. Durant la nuit, il ne m'a pas été possible de suivre la modilica- lion ()péi(T dans les lapports des deux parties fjue j'ai appelées Itériphériqueii et centrales ; c'est l'impossibilité où je me suis trouvé d'okserver (|ui m'a conduit à parler avec un peu d(> doute de ces parlies. J'ai dit i|ue la (kni-cdu tenijis était très variable, et que j'y atta- chais peu d'import;inc(! ; je citerai li's faits suivants à l'aiipni de celle assertion : Dans une ni(''mc|iniili', dii Irnuvc des (cufs divi- .sés en ileux, en (pialrc, en huit sphci'ules , tandis (pi'à c('ilc il y en a qui n'ont pas connucnci'' encore à se diviser. (!c|ien(hiul la fécondation dnil avuir eu lieu en mcoK' temps pouilou>; mais, dans quclipies cas, il m'est ai'rivi' de voirie lra\ail IVacliiMinaiic uiarcbi'i' si vile , qu'il m't'iail im|iossible de prcndri' le dessin iTune forme avant qu'une autre n'arrivât. Je ne vois ici rien ilc particulier, cl loul si- passe comme dans les autres animaux. Je J'erai rcmanpicr une impression ipii me reslc en examinant les ligures du travail de .M. de Oualrefages 21/j. II. LAl'AZK-WUTUIEKS. sur le dévelopijemciit des Hermelles ; il me semble qu'il y a beau- eoiip de ressemblance dans l'apparence générale et la disposilion des splières entre les Hermelles et les Dentales. Peut-être est-ce simplement une disposition du dessin et un désir de trouver de l'analogie entre le Dentale et les Annélides ; je ne sais, mais si ici l'on ne voit ces quelques traits de ressemblance, dans la pé- riode qui va nous occuper maintenant, l'analogie devient frappante. Je laisse de côté avec intention toutes les comparaisons qu'il serait facile d'établir avec les travaux des autres naturalistes ; j'ai voulu ne faire de rapprochement qu'avec le travail de M. Vogt, et encore sur un seul point de l'histoire du fractionnement, parce qu'il m'a paru important. Article III. 2' Période. — Apparition des cils vibratiles. L'embryon nage. La nuit semble heureusement apporter une sorte de ralentisse- ment dans la marche des phénomènes; aussi en reprenant mes observations à six heures du malin , je rencontrais des masses mùriformes très complètes, dont les différentes spiiérules se fon- daient déjà les unes les autres, et ne faisaient plus que de légères saillies à la surface (1). Arrivés à huit ou neuf heures du matin, tous les œufs fécondés la veille, el ayant de seize à dix-sept heures, avaient habituellement des cils vibratiles , étaient débarrassés de la coque de l'œuf, et coiTimençaient à se déplacer ; on les voyait déjà s'élever un peu au-dessus du fond des verres, où ils avaient été placés la veille. Ce petit nombre d'heures suffit le plus souvent pour conduire l'embryon à une nouvelle période, que l'on peut caractériser par ces mois : période de nalalion. .le dois, avant d'aller plus loin, indi{iuer quelques faits relatifs ail moilc d'élevage des jeunes embryons. il est avantageux de placci'les Dentales donl on attend la repro- diicliou dans une assiette bien propre , avec de l'eau fraîchement puisée àla mer. Avec un fond de sable, la reproduction s'effectuerait (1) Voyez Ami. des se nul., 4' série, Zool., t. -VU, pi 6, fij;. 1 2, tt pi. 7' lis, 1. UÉVIiLOPPElIENT Db DENTALE. 215 (leut-èlredaiis ties conditions plus naturelles; mais comme les oeufs ressemblent heaucoup, par leur teinte et leur volume, aux grains du sable, comme aussi les animaux en se déplaçant dérangent le sol sur lequel sont tombés les germes, on en perd beaucoup. On a, de plus, de la peine à les séparer des grains de sable. Dans une- assiette blancbe, au contraire, on peut suivre l'aiùlement la poule, et recueillir très promptemeut ses produits, car on les distingue très bien. En général , je laissais séjourner, pendant deux ou trois heures, les œul's dans l'eau où s'était el'lccluée la lecoudation. Quand, après ce temps , je supposais le phénomène accompli , je les enlevais avec une pipette, et je les |)orlaisdans un verre d'eau Craiche ; puis j'attendais [lour changer de vase que les (cut's lussent en bonne voie de dévelo|)penicnt, c'est-à-dire le lendemain. Cela arrivait presque toujours. Quand le jeune Dentale est bien l'orme (_dans la période qui nous occupe, j'entends [1] , ou le voit s élever et nager dans tous les sens; son opacité le l'ait l'acilement reconnaître comme un point blanc au milieu de l'eau. Alors on peut taire une véritable pécAe à la pipMe, et aller cberclier chaque embryon à sou tour avec un lube de verre el'hlé, dans l'iulé-rieiu" duquel on établit un courant, en levant le doigt ijui terme l'ouverture supérieure, [luis on porte sa eaptuie dans un verre d'eau nouvelle. Ces soins sont nécessaires ; ils demandent du Icuqis , de la pa- lienee et un peu de dextérité ; mais sans eux on n';uM'ive pas à éle- ver les endjryons. Les (eul's qui ne se développent pas et qui se déconipo.i'cut donnent naissance à des conditions propres à la formation des Inl'nsoires que l'on voit bientôt l'ourmillier, à des Paramécies surtout, cpii dévorent les embryons en hoime voie de formation. Je dis qui dévorent, l'expression est peut-être mau- vaise ; mais, en tout cas, si les Paramécies ne sont point armées de dents qui puissent diviser les tissus, quand on les voit arriver sur un eudtryiiu bien pdriaut, cl p('n(''lr(M' dans sa coipiille, on peut cire sîir que celui-ci disparaîtra bientôt. (1) Voyez Anit, des ac. inl., i" .sur , Zooi. , I \II, pi, 7, fi|,'. do 3 a 8 ol mime cticoro 9 216 H. LACAZE-nUTDIERS. En enlevant seulement les embryons développés qui nagent, on laisse au fond du verre les œufs décomposés avec les Infusoires produits. La première période passée, l'élevage se fait avec la plus grande facilité, et les jeunes animaux se prêtent parfaitement aux observa- tions microscopiques; on peut, en effet, sans qu'ils périssent, les porter sous le microscope, en les déposant avec attention sur une plaque de verre avec un peu d'eau. Cependant il y a certains ména- gements à garder, car il est impossiiile de recueilbrdes embryons aussi fragiles que ceux du Denlalc Un courant d'eau un peu fort, une couche d'eau trop mince les laissant ap|iuyer de tout leur poids sur la plaque, suffisent pour égrener, le mot est juste, les cellules qui forment leur corps. En connaissant ces faits, on arrivera toujours à conduire à bon port les embryons. Ils otfriront, dans une courte période de temps, toutes les transformations organiques, condition très heureuse pour les études. En général , ([uand je reprenais mes observations de six à sept heuresdu matin, le lendemain delà fécondation, mesjeunesDentales tournoyaient au fond du verre, ou s'agitaient simplement au milieu des œufs encore immobiles (4). Ils avaient des cils vibratiles , mais tous n'étaient pas libres, et (|uelques-uns étaient encore enfermés dans leur coque à l'intérieur de laquelle ils tourbillonnaient (2). L'apparence mûriforme se présentait encore (|uand les cils vi- bratiles étaient déjà évidents, et le corps paraissait encore tout bosselé (3). J'ai vu à ce moment, c'est une remarque curieuse, quelques spermatozoïdes encore vivants dans la coque ( II). Ceci montre que la vitalité de l'élément mâle est très grande chez le Dentale. Conduit par ce fait à ebercber si la durée de la vie des s|wrmatozoïdes libres était longue, j'ai trouvé après six heures des filaments spermatiques (1) Voyez Ami. des se. ual., 4' série, Zool , t. VII, pi. 7, fig. 1 . (2) /d.,pl. 6, fig. 12. (3) hl., pi. 7, fig. 1. (i) H., pi. 6, fig. M [s,.) DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 21"? en grand nombre vivants dans l'eau du vase où s'était efleetuée la fécondation. Cela devait être. Quand la nature abandonne au hasard les cbances de la rencontre deséléments mâle et lemelle, elle semble se mettre à l'abri de ces chances peu favorables par queli]uc autre condition : elle augmente la durée de la vitalité de l'élément qui féconde. Lorsque les cils vibratiles vont commencer à paraître, l'œuf est mamelonné à sa surface; il n'est plus tout à fait sphérique , il semble s'allonger un peu dans un sens. Sur ses côtés on voit de petits bouquets d'un duvet de cils très fins, qu'il est très difficile de distinguer en raison de la délicatesse. Ces bouquets sont les bords des couronnes qui se montreront (lius lard avec toute évidence (1). A mesure que la forme allongée prend jilus d'extension, l'une des extrémités de l'ovoïde devient plus saillante , elle semble en même temps plus petite, et creusée d'une dépression centrale dans laquelle naît un bouquet de cils vibratiles. Ici c'est bien un bouquet et non le côlé d'une couronne : c'est une houppe qui marquera désormais la partie antérieure du corps de l'animal futur (2). La masse ovoïde se présente cependant avec différentes formes. Ainsi, tantôt elle est [iresque piriforme , le bouquet de poils ou de cils antérieurs repri^senle la queue du fruit auquel je la compare; tantôt, au contraire, ses deux extrémités sont à peu près de même dimension, et l'o-uf est ovale, et en même temps avec deux proémi- nences polain.'s. Cette dernière forme me parait la plus normale, la ]iliis naturelle. Les bosselures se fondent en formant des bourrelets circu- laires, i)er[iendiculaires au grand axe, ipii portent les couronnes de cils vibratiles '^3). Le nombre de ces bourrelets va en augmen- tant d'abord, ainsi (jue celui des couronnes de cils ; mais ensuite , [)ar un travail inverse, les cils s'effacent sur la surface du corps, cl .se dév(;lopjieut a{i contraire davantage sur ijualre bandes |irinci- pales 'II). .Alors le corps de ces petits êtres devieni un peu eon- (t) Voyez Ann. dette, nat., i« série, t. Vit, pi. 6, lis- M ('). (2) Id.. pi. 7, fig. 2 à 9 (A). (3) Id.. lip. 2 (/). (i) M., 6g. 3eH(;). 218 H. LACAZE-UUTniERS. tractilL' , car tantôt il semble lisse à sa surface, tantôt, au contraire, il parait loutbosseli'-. Dans un exemple où il y avait les quatre rangées de cils, et de plus le pinceau antérieur, l'embryon rappelait encore complètement la forme framboisée. 11 est un fait bien curieux, et que l'on n'est guère habitué à voir se produire sur les animaux supérieurs ; je veux parler de la vitalité indé|ieiKlan(e de loutes les parlies du corps. Chaque parcelle de l'ovoïde embryonnaire est aussi vivante que sa voisine, et vivante indé[)cndamment de toutes les autres. Ainsi, j'ai vu littéralement s'égrener un embryon qui a continué à se mouvoir pendant toute une journée; il ne se composait plus que de quelques petites sphérules empilées fort irrégulièrement les unes sur les autres, et portant sur l'un de leurs côtés quelques cils. Il faut, lorsque des parties se déta- chent ainsi, porter toute son atlenlion pour ne pas croire à quelque chose de naturel et non de patliologique. C'est là un de ces faits , si curieux et à la Ibis si nombreux, que l'on observe en étudiant les organismes inférieurs; la vie ne semble nullement dépendre de l'intégrité des fonctions de telle ou telle partie ou de la combinaison de l'aclion de deux ou plusieurs parties : aussi ne s'élcint-ello pas dans une portion détacbéc et isolée. Ces phé- nomènes sont loin d'être connus des hommes (|ui ont ét^idié seule- ment les organismes supérieiu's. Ils ne leur |iaraissent même pas possibles; et l'on voit quelquefois des faits pathologiques pris, par eux, pour des choses normales : il est des animaux qui retran chent eux-mêmes des portions de leur organisme; le Synapte, d'après M. dcQualrefages, et j'ai moi-même fait la môme obser vation , se sectionne tout en continuant à vivre ; mais, sans sortir de nos éludes, n'ai-je pas eu l'occasion d'indiquer que, placé dans des conditions nouvelles, le Dentale se débarrassait de ses tenta- cules, et que ceux-ci jouissaient encore d'une telle mobilité, que l'on a peine à croire, (]uand ils sont séparés, qu'ils ne sont pas des êtres (hstincts. Je l'ai liit ailleurs, j'ai failli les prendre pour des parasites. Tous les progrès du développement tendent à allonger de plus UEV!£LOFPfc;MEi>.ï UU DliiMALK. 219 (11 jiliis l'ovoïde embryonnaire, à effiler ses extrémités antérieures et postérieures, qui deviennent très distinctes l'une de l'autre par les proportions 1res considérables que prennent les cils du houipict lerminai antérieur. Presque toute la partie convexe entre les deux extrémités , et qu'on pourrait appeler le ventre de lu figure, mais non de ['em- bryon, est occupé par des couronnes de cils vibraliles qui se sont nettement limitées, et qui paraissent au nombre de quatre, placées chacune au fond d'un sillon circulaire. Je dis au fond d'un sillon, quand il n'y a qu'un instant je décri- vais CCS mêmes couronnes comme placées et naissant sur des ren- flements circulaires. Cela tient à ce que l'embryon se modèle avec les iirogrès du développement, et que les bosselures de la surface s'effacent quand tout se régularise ; aussi l'insertion des cils }iarait se faire dans un tout petit sillon qui disparaîtra à son tour. La figure de l'embryon du Deiilalc est alors semblable ù celle dos Aiiiiélidcsi^l; ; elle présente un silloniicmcnt transversal, qui donne beaucoup d'analogie avec la forme de l'animal annelé; la couronne de cils et la liouppc de l'extrémité antérieure rappellent si com- plètement la forme de la larve d'une Annélide , qu'ayant montré mes dessins à des personnes auxquelles, par des rechercbes spé- ciales , le dévelopjieiiient des Vers est bien connu, il me fut ré|iondu : Le Dentale est un Fer! Mais en présentant les figures lies périodes plus avancées, le Mollusque se faisait reconnaitre et ro|iinioM était modillée. Kn gi'iiéral . cette forme d'Aiinélide se présente dans l'après- midi du ji'ii(leiiiaiii de la l'iruiidalioii, vers deux à trois heures, à l'âge de vingt-quatre heures bien près. D'une manière absolue, le commeucement de ri'voUition em- bryonnaire est tiès rapide; mais, reiativcmeiit après ri'pnque (juc je viens d'indi()uer, elle se ralentit, cl, dans les moments (|ui suivent, l'irrégularité entre l'étal de développement des individus di'\ieiil pliisjjiaiHJc, et permet de pouviiir olisciver dans une iiièine ponic b(;aui'oup délais divers. (I, Voyez Ann. ilet ac uat., 4' Bt'rio. Zool,, t. yi[,,pl. 7, fit;. 1 ot 2. 22U H. LACAZE-DUTUIEBS. Jusqu'au moment où apparaît la coquille, organe caractéris- tique d'une autre période, le travail qui s'opère dans l'embryon est celui-ci : les extrémités du corps s'allongent, et les cils vibratiles disposés en cercles , qui occupent dans le principe toute la sur- face, se rapprochent; de sorte que bientôt l'embryon semble porter au milieu de sa longueur une couronne ciliaire unique , mais large, qui au fond est formée de quatre cercles rapprochés. C'est cependant là un fait facile à constater (1). L'extrémité postérieure , celle qui ne porte pas le bouquet de poils, s'accroît relalivemenl davanlagc que l'anléricure , et bientôt la couronne de cils est plus en avant qu'en arrière. Le sommet de l'extrémité postérieure é[>rouve un changement notable très important à connaître, et qui permettra désormais de lixer plus nettement la position de l'embryon. Sur l'un de ses côtés, on voit naître des éminences , qui laissent entre elles une dc|iression en forme de gouttière (2). Cette goultière est l'origine delà cavité du tube du manteau , qui sera plus tard placée du côté abdominal du corps de l'animal; la face inférieure est donc facile à tiéicrminer : c'est celle qui répond à ce sillon. Il m'a semblé (pie cette disposition se montrait constamment à l'âge de quarante heures, n i)eu près au moment où je reprenais mes observations, le surlendemain de la fécondation. S'élait-elle produite avant cela diu'ant la nuit? Je ne saurais le dire. Après deux jours ou quaranle-huil heures les mêmes choses se présentent encore, mais tout est [ilus manpn''. La dépression à la face inférieure de l'extrémité postérieure est beaucoup plus accusée ; on croirait déjà presque à une cavité. Alors aussi, les deux exirémités se trouvent inégalement éloi- gnées de la couronne ciliaire : l'extrémité postérieure l'est beaucoup plus; mais on doit remarquer surtout, c'est encore un fait important, (pi'en arrière de la couronne de cils se produit un bourrelet circu- laire moins accusé et moins saillant sur la face abdominale (3). (1) Voyez ^«it, dfs se. na(., 4' série, Zooi.., l. VII, pi. 7, et en particulier la figure o qui montre Ijien le rapprochement des quatre couronnes principales (/). (-2) /.(., fig. 3 et 4 (M). (3) M., fig. 3, 4 et S{h).- DÉVELOPPEMENT DD DENTALE. 221 A ce moiiient, dans le l'ond du sillon de l'extrémité postérieure, se montrent des cils qui resteront enfermés dans la gouttière , cl fini jamais ne formeront un bouquet terminal et saillant comme à l'extrémité antérieure. On leur verra plus tard jouer un rôle des plus actifs et des plus importants. Les larves à ce moment sont très vives ; elles montent et des- cendent dans les vases : alors il devient possible de les pècber à la pipette et de les changer d'eau. On voit en résumé r[ue, dans cette pi''riod(% l'animal est passé de la forme sphéi'oïdale à celle d'un ovoïde ; qu'il a eu deux extn''- niités de Ibraiées; (jue déjà les parties qui, au début, seud;laientle constituer en entier se sont rapprochées de l'extrémité antérieure, et que rexlrémitc! puslérieiu'e , au contraire , s'est accrue de plus en plus. On a pu remanpier qu'il n'a clé rien dit de l'intérieur de la pe- tite masse embryonnaire. En effet elle est très opaque, et il est extrêmement diflicilc de la comprimer, car elle se détruit avec la plus grande l'acililé jiar le contact des corps solides. Probablement il eu est ici comme dans beaucoup d'aulres Mollusques; la masse centrale se concenlre, et forme les blasièmes des organes futurs de la digestion. AUTICLE IV. 3'' Période. — A|i|iarition do la coquille. L'embryon nage. A l'âge de quaranle-huil heures ou deux jours la coquille existe déjà, mais elle échappe à l'observation avec la plus grande facilité. Kllc est. en effet, extrêmement mince, et tellement confondue avec la couche exiernc du corps de l'animal (pie rien n'en accuse la pré- sence, si l'on n'observe pas avec certaines dispiisiliuusd'(''clairage qui inellcnl s(jii existence en l'vidcnce. Il f;uil faire tondier sur l'em- bryon de la lumière dirrcle si l'on vcul l'cconuaîlre les ]ii'emières traces de la coipiille; alors ou vnil uu rellel uaci'i' , une ii'isalion |pai-liculière du côté du ilos vers le sommet de l'extiémitéi poslé- rieure,que l'on ne nian(|uera pas de recoimaîire pour une jeune co(|nill(î si déjà l'on a observiî l'origine du test chez d'aulres em- bryins. l'Iii-^ laid sa pr(''seni'e ne peul faire de doule. 222 H. LACAZe-DUTDIERS. I,n coquille est d'abord une pellicule mince , qui se sépare de la couche extérieure dont elle est une dépendance (1). Nulle part on ne voit aussi nellemcnt cpie dans les embryons du Dentale qu'elle n'est autre chose (|u'iuie production dépendant de la surface du corps. J'i'vite d'emjiloyer le mot peau, car, à cet âge, il y a l)ien de la difficulté , si cela est même possible , à dire que tel ou tel élément de l'enveloppe du corps existe ou n'existe pas. ■l'ai souvent répété que tous les individus ne marchaient pas également vite dans leur développement, et (|ue quelques-uns dé- passaient les autres bien que tous fussent originaires d'une même ponte et fécondation. Pour la coquille, \\ en est de même à l'âge de quaranle-lmit heures; elle est tanlùl bien reconnaissable, tantôt elle commence à paraître seulement. Reprenons maintenant les parties indiquées précédemment dans l'embryon , et voyons ce qu'elles deviennent dans cette période du développement. Les couronnes do cils se rapprochent de plus en plus les unes des autres, et leur ensemble forme comme une ceinture au milieu du ventre de l'ovoïde ; mais à mesure (pie le développement s'a- vance davantage, la couronne se ra[)proche de l'extrémité anté- rieure : le bourrelet que l'on a vu entre elle et l'extrémité posté- rieure est bien plus accusé, et surtout il s'éloigne de l'extrémité ; celle-ci semble alors s'efliler en s'ailongeant. Les dépressions qui paraissaient sur la face inférieure des extrémités deviennent : l'une moins profonde , c'est l'antérieure ; l'autre plus marquée, c'est la postérieure. Celle-ci forme une véri- table gouttière tiont les bords tendent à se rejoindre, et à la trans- former en un canal (2). On doit chercher à observer l'embryon de côté afin de mieux distinguer le bourrelet dont il vient d'être parlé, ainsi que la forme (1) Voyez Aimales des sciences nahirclles , Zool.. i' série, l. VII, pi. 7, fig. 4 , S, C. (2) /d., fig. 4 il/. DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 223 de cette extrémité, avec la petite coquille placée sur le cùlé dorsal '1 ) . La coquille du Dentale commence par être une sorte d'écaillé im- paire, médiane, dorsale, dont les deux bords inférieurs laissent entre eux un espace occupé par la gouttière dont il a été queslion (2). Yuede prolil elle sendjle ovale ; sa coupe rap|ielle un peu la forme d'une amande. Son bord supérieur se dirige d'arrière en avant, et du dos vers le côlé abdominal. Bombée en dessus, elle présente en arrière une sorte d'élranglemenl qui persistera et qui même fera des progrès à mesure ijue des couches nouvelles se formeront (3). A ce moment, il est bien difficile de reconnaître ce (pie seront chacune des parties du corps de l'animal, et il est même impos- sible de distinguer les organes. En com[irimant, autant i. des se. ual., i' série, Zool., I. Vil, pi. 7. Il suffit de compa- rer l'une à l'autre les figures 1 et 2 pour voir la différence ; dans celte dernière, la partie m s'est produite. Si l'on pousse la comparaison plus loin, on voit dans la figure 3 le bourrelet n formé en plus. Puis, dans la figure 6, tout ce qui était compris entre ce bourrelet et le bouquet antérieur de cils n'est plus qu'un disque circulaire. nÉVELOPPEMIÎNT DU DENTALE. 225 l;i goiiHii're esl (niiironnée on un canal, ouvert en avani el en arrière : c'est là l'oriiiine du liihc du manlean. (A'Ue ctinclii-' cliarnne , i|ui a lornié ainsi en se sundanl le Inlie pailéal , est d'inie transpar.'nee CNtrrMue; sans (|iiel([ues artiliees (réclaira^e, un a delà peineà la reeonnaître; liearensenient le courant d'eau (|ui jiasse au-iiessous d'elle-ne peut jamais nian- (|uer de la l'aire flisliiiiiuer. La (larlie |)ustérieure au disque moteur éprouve qucliiues change- ments; elle s'allonge beaucoup plus qu'elle ne s'étend en largeur. Si le bord transparent d{da goultièi e a pu suivre la corpiille dans son accroissement, et former le lulie du manteau, il n'en a pas été de même du reste du corps qui ne se dévelop|ie pas aussi vite ; il de- meure isolé (1) au centre du tube de la coquille, où il se fait distinguer par une teinte analogue à celle du vitelliis de l'œuf. Les embryons, en [irenant de l'âge, deviennent fort contrac- tiles, et bientôt ils se retirent dans leur cocpiille , ipii est assez déve- loppée poiu' les proli'ger et les recevoir, et à ce moment cette conlracilité rend l'observation moins facile. On doit alors suivre el épier avec beaucoup d'attention tous les monvemenis de l'embryon , si Ton veut reconnaître l'origine des [I artifs. Pendant les dilatations, on voit (|ue Ij corps proprement dit s'étend de la base du disque en formant une traînée irrégulière jusqu'au sommet de la cocpiillc ; qu'en arrière de la couronne des cils i2), et lin côli' inl'éi'iein', un bourgeon irrégniier se dessine peu à peu; que i''esl celui-ci qui, en se développant, forme le pied ; qu'cnlin au sonnnet de la coiiuille, le tissu est plus épais, |)lus dense, et païaît percé d'un oiitiee. En examinant des embryons de différents âges, on voit (|iie le mamebjn luitérieur, qui s'est développé siu' la face inlérieine, est irrégulièrement bosselé sur ses côtés , et (|u'avant d'avoii- allcint une longueur marquée, il a déjà les trois lobes comme l'cxlré- milé du pied (Je l'adulte. Toute la substance dont les limites sont peu régulières, et qui est (I) Voyez /l «H. di/K «c. 7iu(., 4' série, Zool., I. VII, |jl. 7, fi^. S ot '.), 1,1. [î) Ibid., lig. lelS, A. A. 4' niTie. Ziwi. r VII (Cahier 11^ 4.) ï <5 ^CQ U. l.tt'lXE-MlJ'IlllERS. onfeniK'O dans la c(if|nill(\ jiii'sciilc à son fciilro nue masse sans (orme dislinclc , d'une lcin(e jainiàli'c, qui ('videinment esl le blas- lèmet outrai, dans !(>( incise Ion iicronl Icsor^ianesdelailigeslionil). La coquille, quoique peu d(''vclo|i|icc, donne lieu cependant, quand on la met en contact avec de l'acide azoliijne, à une effer- vescence sensible ; j'observe (|u'ici, comnie dans les autres Mol- lusques dont j'ai cludié le dévelo|iiiement, l'effervescence se mani- feste dès les premières traces de formation de la coquille (2] ; quelquefois même c'est cette effervescence qui m'a mis sur la voie pour reconnaître le point du cor|)S on devait être la coquille. Les périodes du développement ipie nous venons de parcourir s'observent après deux jours; mais avant, on trouve quelquefois DTJIil!RS. menée ;iu L'iii([iii("'nie on sixième jonr, c'est iieminnl un mois en- viron que s'est iirolongéc l'étiulo des ti'nnsfonnalions qui vont suivre. A lo tin do celle époque, et même bien iivanf ; l'emlirvon offre hi plus grande analogie de forme avec l'animal parfait. On avn comment se faisait insensiblement le passage des périodes aulérienres à celle-ci : arrivés aux cinquième et sixième jours, les endjryons ne s'élèvenl ]ilus aussi ii:iut dans le vase; ils commen- cent à nager dans les eouclies inft'i-ieures, bienUM, ils tournent en touchant un peu le fond, et puis enlui ils ne se soulèveid plus; ils restent tout à fait eouciiés. Quanii j'ai |)0ur la première Ibis re- marqué cela , j'ai craint de ne pouvoir les élever plus longtemps , comme cela m'arrivait fatalemcnl pour tanlil'aulres es|)èccs; mais j'ai bientôt vu qu'au contraire le développement se continuait avec la plus grande régularité. La cause de ce changement dans la manière d'clre est facile à apprécier. La coquille prend un accroissement en longueur, qui lui l'ail dépasser de beaucoup le disque moteur; celui-ci, enfermé au fond d'un tube, ne peut plus avoir la même action, et jibis il s'enfonce |iar suite du développement de la coquille, moins les courants qu'il détermine sont [Ti'opres à |)ouvoir élever la larve dans l'eau (1). Mais tandis que le test s'aceroîl ainsi, et ipie le disque reste sta- liomiaire, le [)icd se développe considérablement ; il s'allonge beau- coup, etdevieiit, en sortant du tube, seul organe de la locomotion. Dès que les embryons se traînent au fond du vase, il faut appor- ter à leur enti'elien les plus grands soins, car les particules que charie l'eau se préci|iifent, et les couvivnt d'une couche de vase (pii devient fort embarrassante pour les éludes. J'attendais que l'eau de mer eut été puisée depuis longtemps; souvent môme je la tillrais avant de la renouveler. S'il meurt quebpie embi-you, des lufnsoires, soit apportés par l'eau, soit développés au milieu de la matière putride, se multi- plient, et en s'introduisant dans les petites coquilles, les font bfen- tôt périr. Les Paramécies dont il a été question, ainsi que les (1) Ibid., pi. 8. I.a figure < représente un embryon déjà dans ces conditions. DEVELOPPEMENT UU DENTALK. Plasconies, se multiplient avee une grande facilité; aussi doit-on, dès qu'on les observe, si l'on veut conserver quelque temps les jeunes Dentales, redoubler de soin, et cbauger l'eau dans une même journée plusieurs fois, en pècbant chaque embryon l'un après l'autre, sans prendre beaucoup d'eau au fond du vase. Je me suis souvent déi>arrassé de ces iiôles incommodes en pèciiaiit un à lui mes embryons, les laissant tomber dans un vase d'eau claire et bien reposée, et les ro|iècbanl immédiateuicnt une seconde fois pour les porter dans le vase où ils devaient définitive- ment séjourner; en traversant la couche de liquide, la coquille se lavait pour ainsi dire, cl je la débarrassais ainsi des Infusoires qui renlouraient. Prenons maintenant les uns après les autres tous les organes, et voyons ce qu'ils deviennent. Naturellement nous ne nous en tien- drons pas seulement au moment où connnence la re{)tation ; nous remonterons à l'origine pour voir se consliluer peu à peu les di- verses parties, et arriver à ce qu'elles sont ou à peu près chez l'adidte. Organes de la locomotion. Manteau. —On a vu quelle était l'origine du tube du iiiiii:lcau; il est la conséquence d'une soudure des bords, marchant à la rencontre l'iuie de i'auiie de celte goullière née à la face inférieure de l'cNlrémilé' posiérieure de l'ovoïde eud)ryonnaire (1) ; ainsi c'est la partie posti-rieuri' ilii MianU'au (jui se dévelo|ipc la prcniicii'. Le liibi' paih'al s'allonge et s'acci'oil comuic la coi|uille, ipi'il suit sans lui adli('n'r ce|icndant , car on voit inMnlanl les (;oiili'aclions toutes les iiarlics molles se retirer au fond i\\\ curnci l'uniK' par le le test; quand le jeune luiimal s'étend, ou voit aulour du bord de la base de crliii-ci un boiurelel chainu, bonb'' d'un lang de cils très lins, ipie l'on l'ccomiail pour clri' le Imid libre du tube du manteau, et qui, chez les individus de huit, dix, (piiii/.r joins, est déjà fort scnd)lable à celui de l'aniiual parfait '^2). (I) Voyez Ann. dis se. mit., i' série, Zuol., t. Vil, pi. 7, fig. 3 el 4, M. (2, Ihid., [.I. 8, fii;. 1 , 2, 3, B ; pi. 9, fi;,'. 1 , 2, ff. ^30 U. LACAZE-DVTIIIERS. , L'oriticepostérieui'dti mniiteaiipreiul iiiieleiiile un pi'iijaiinàlre, et son (issu senil)li' devenir plus dense; évidemnient, c'est le l'iilur pavillon, dont le bourrelet se dessine, et au milieu duquel se l'ont reiiiariiiier des cils vibraliles grands et 1res vils (1) qui détei'iiiincnt le courant rapide dirigé du sommet à la hase. Parfois quand les mouvements de ces longs cils sont réguliers, on croi- rait voir une roue dentée occupant l'orifice. Une remarque déjà faite dans l'étude de l'animal parfait trouve encore ici sa place; M. W. Clark s'élève, a-t-il été dit, contre l'opinion de M. Deshayes , et il pense que les matières fécales sortent par l'extrémité antérieure. Sans aucun doute, on voil des Bacillaires et autres petits cor- puscules pénétrer en arrière dans le tube du manteau, et sortir par l'extrémité antérieure pour être ensuite rejetés ; cela prouve qu'un coiu'ant constant est dirigé du sommet de la coquille vers sa base ; mais voilà tout, je suis loin de le nier; je crois même (jue ce cou- rant est une des conditions nécessaire à l'accomplissement de la fonction de respiration. Mais cela n'empêche pas que l'animal , (|uand il le veut, ne se débarrasse du côté du sommet des corps placés dans son manteau. La coquille, ipii a commencé par èti'c(2) un petit discpie dorsal, bombé, impair, se reploie en dessus du corps, et soude les deux bords de son limbe ; sa partie correspondant au sommet est étroite, cl il est un moment on elle ressemble tout à l'ail à im cornet, dont les bords viendraieni seulement au conlacl sans se recouvrir. Eu regardant rcnibryoïi de face en dessous 1 3), on voit de chaque côté de la ligne médiane les stries d'accroissement des bords, et l'on peut, quand l'âge n'est pas avancé, reconnaître la forme primi- livcdela coquille, avant que les soudures ne soient accomplies. Le bord anh'rieur est très oblique, et il se continue sur les côtés en d(''(iivaiit une courbe; aussi, lorsque la rencontre des deux bords [\) Voyez Ann. des ne. nul., i' série, Zool., t. Vil, pi. 7, lîg. 3, i, M: |,l.S,ng. 1, S (yl;pl. 9. lig. 1 . 2 (y). ,S) IbiiL, pi. 7, lig. 4, o, c. (3) Ibid , fig. 7 et S. UÉVELOPPEMEM DU UEMALK. 531 (le lii cof|uille est accomplie, le limbe est circulaire en dessus et ccliaucrc eu dessous ; l'aiigie renirant, aiusi formé, va de plus en plus en diminuant. Ouand le développement a l'ail (pichpies progrès , la coquille parait (1) cylindriipie, et l'on peut se l'aire une idée exacte de sa l'orme en la considi'ranl coinnie l'ormée de deux poriions de cy- lindres de diamètre dilTércnl , cl coupés obli(|uemcnt : l'une est anléi'icurc, c'est la plus'grandc, elle correspond au corps, elle est ohliijue d'avant en arrière et de haut eu bas; l'aulre est posté- rieure, c'est la plus pclile, elle correspond au pavillon, et est diri- gée d'ari'ière en avant et de haut en bas. Les bords des deux cxirémités présentent donc chacun un angle rentrant, résullanl de leur soudure et conséquence de leur obliquité. I.es coquilles même les plus jeunes commencent déjà à s'inllé- cliir une conséquence des difficultés de l'observation.' Dans le point oii sont ces ganglions, il y a tant d'autres organes que ce n'est pas à leur début qu'on peut les voir. Je pense que c3 sont les origines des ganglions céplialiques que j'ai oliserv(''es, [>Jice ipie leur l'oruic, leur position, et leui' teinte légèrement jaunâtre , [leut rappeler les caractères de ceux de l'adulte placé> à la hase du uiauieldn buccal. .M.M. Koreii et Danielscu ont truu\i'' (|ue 1rs (^anghonssiis-icso- pliagiens se dévclop()aicnt avant les ganglions (lédieu.x ; c'est une différence avec ce qui a lieu dans h' Dentale: car, inalgn-la difll- l'ullé d'observation que j'iudi(|uais il n'y a qu'un instant, lu volume cl la ncllelé des limites des ganglions pédicux sendjlent prouver qu'ils se dévclo|i|ient les premiers. Siu' ceux-ci non plus, je n'ai point vu naitrc de nerfs. , I; Voyui Aiiu. d4ii/i, (Jm se. mit., 4' sc-rie, Zuol., t. VII, pi. 8, lig. 3, 4, 5, fi; l'i.'J, rig. 2,r;. 238 n. ritCAZE-nuruiEits. pied. Pou à |iou il |ifliail se (l('prii)ier :'i son rentre, et, après un certain temps, il est perei> d'un oi'illee: alors le reste dn tissu l'ait saillie, et entoure roriliee d'un hniirrelet. Dans les embryons âgés d'un mois, on voil très bien les mou- vemenls alternatifs de contraction cl de dilatation qui ont été si- gnalés dans l'adulte; mais ils commencent avant cette époque, ils paraissent déjà à neuf jours. Quand cet orifice est bien développé, on reconnaît qu'il cor- respond à un tube dirigé directement vers le dos; que dans son intérieur sont do gros cils vibratiles (pii s'avancent même au delà des lèvres de l'orifice, et qui déterminent des courants assez vifs. , .l'ai vu sortir par cet orifice des granulations qui venaient de l'intérieur de la cavité stomacale, cl dont plus loin on en verra l'origine. C'est surtout en oliservant de jirofil les jeunes embryons que l'on voit bien les particularités qui se rapportent à l'orifice du bulbe anal : la teinte, la saillie qu'il forme, les cils qui le tapissent, deviennent alors très évidents. La masse hépatique, qu'il serait mieux de nommer ]e blastème gastro- hépatique, est la partie du tube digestif qui apparaît la pre- mière (i) ; c'est sur elle qu'il i'aut porter son attention pour con- naître l'ensemble des faits relatifs à la formation des organes de la digestion. Si nous reprenons l'embryon à l'âge de trois jours seulement, nous voyons, en le regardant de profil, cpie la partie cbarnuc, post(''rieurcau disque, s'est allongée, et s'est appliquée contre ledos de la coquille juscpi'ai! pavillon; que toute cette partie conserve, ainsi que celle qui est à la base lUi pied, une légère teinte brun jannàli'c, rappelant celle derœid'fractionné; j'airemarqué la même chose dans les Ac(''pbaleset les (jastéropodes. Le manteau, le pied, les organes de la locomotion en un mot, sont, au contraire, blan- cliâtrcs et transparents; et si l'on se rappelle quelle distinction il a été étaiilie entre la partie péri[ibériqueel la partie centrale, on ti'ou- vera une analogie entre la teinte toujours plus claire des cellules (1) Voyez Ann. des se. nnl., 4' série, Zooi., t. VII, pi, ?, (îg. 8 et 9, /. I lIKVF.I.npPKMENT TIU Dr.NTU,!;. 230 périphériques et la teiiile iles (irganes île la InconiiUioii ; alls^i la partie péripliérii|ii(^ scinjilr-l-clle eiiizlolier la partie eeiilrale plus foncée qui formera les viscères. (k'Ite masse (îciilrale cdiiserve toiijdiirs une léiière leinle jaune bislré-e, et se fait ciiiislanuiKMil reconnaître an niiliiMi du corps. C'est dans sou inti-rieur ipie se creuse reslomac, et i\\\e .se forme le l'oie. Celle masse jainiàtre ne suit pas le mouvement giMiéral de croissance du reste du corps (1), surtout en arrière, dans un point assez voisin du pavillon et en avant, où nue sorte d'étranplement, (le pédoncule, la sépare de la partie postérieure du [lied 2). A cinq ou si.\ jours , on ne voit dans sou intérieur rpie des stries rapprochées et courhes, fort peu distinctes, indiquant de j;iosses frranulations, qui se répètent dans toute son étendue. Jhiis en snivant attentivement les propres du développement, on assiste à la formation succes.sivemcnt de la cavité stomacale, de l'intestin et du foie. La masse devient de plus en phis colorée sur ses bords ; son centre, au contraire, s'éclaircit ; en même temps, les granula- lions qui la com|ioseut prennent plus de volume , et deviennent comnn^ (le petites spliérulcs, paraissant, tant leur puissance de réfraction est grande, tout à fait analogues à des gouttelettes de graisse (3). La cavit(' est prochiile, sans aucun doute, par érosion du centre de la niasse jaunâtre; ou dirait (pie, dans son milieu, la niasse est (î(;vennc toute bosselée, (ine la matière plasHijuc se raréfie, et (]iie les globules devenus libres, au lieu d'être empâtés dans le blasicme, llottcnt lù) dans un liquide (pii a remplacé c(îlui-ci; il .seinblc ((u'il y u une véritable diminution delà matière unissant les globules. Presque (oulcs les cavités du corps me paraissent devoir (() Voyez Ann. des te. nul., 4* série, Zool., t. Vit, pi. 7, fi^'. 9. Kmljryon vu (Ju f6lé du (ios, el monlram cet isolement de la masse /; de même, pt. 8, fig. î. (2) liiil. (3) /&»)., et rompareï les (ifr. 2, 3, pt. 8, f; fig. î, pi. 9; fip. 4 et 5, pi. 8; (i-. \ et 3, pi. 9(/i. (4) llnil., pt 9, (ij.' 3(^'). 2/l0 U. I.ACAZE-DUTniËRS. être Considc'rL'CS comme :iy;ml te même mode de formalion ; du resie, le Deiil;dc n'est [uis le seul ;iiiim;d sur lei|iiel on puisse faire celte oljservatioii. Les Hermelles ont oITert à .Ai. de Qualr,'- foges des faits complétements analogues, et j'ai vu la même chose se reproduire chez les Gastéropodes et les Acéphales. La masse, ainsi creusée d'une cavité fort grande, devient, à mesure que le développement s'avance, un peu conique ; la partie la plus large est en avant et le sommet en arrière (1). Vue de protil, elle paraît bombée en dessus et à peu près plane, ou même un peu concave en dessous. Une bande (2) étroite de tissu la réunit à la hase de cette autre portion, que nous avons vu bourgeonner pour produire les filaments lentaculil'ères. Plus le développement l'ail des progrès, [)lus cette traînée, jetée comme un pont cuire les parties antérieures et postérieures du corps devient étroite, plus aussi le tubi; digestif se dessine, car bientôt elle se creuse d'un canal, toujours par érosion, et l'orgauc de la digestion est formé. Il s'écoule peu de temps entre le creusement des cavités et l'apparition sur leurs parois d'im éiiilhéliiun à cils vibraliles. Les mouvements que ceux-ci déterminent sont faciles à observer par la présence des globules qui llottent dans le liquide contenu, globules que l'on reconnaît bien évidemment pour des particules de la masse, devenus libres par suite de l'érosion (3). A un certain moment, l'estomac se trouve confondu avec le foie. Ses parois sont tapissées d'une couche de matière jaunâtre, qui est le blastèmc du parenchyme sécréteur de la glande future ; il y a alors une analogie très grande avec ce (pie l'on voit dans quelques Ascidies, dont le foie est logé dans l'épaisseur même des parois du tube digestif. Cette dis[»osition explique très bien les particularités que présen- tent les organes de la digestion dans l'adulte, car, entre cette cavité et l'anse gastro-hépatique, qui a été décrite avec soin dans la première partie de ce travail, on trouve tous les passages. 11 est facile, du reste, de voir à l'origine qu'en avant et en des- (1) Voyez j4im. i)«ssc. nat., 4' série, ZooL., t. VII, pi. 9, fig. 3, (-2) Ibid., pi. 8 el 9 (e'). (î) Ibid., pi. 9, fig. 3 ; pi. 8, fig. 5 [x). développejMent du dentale. 241 sous la masse conique jaunâtre qui se creuse plus lard, lient en avant aux parlies voisines du point où sera la bouche, f|u'en des- sous elle se joint par une traînée un peu vague au tubercule qui deviendra le bulbe anal. Quand le lubc est complètement creusé dans ces deux parlies, la cavité stomacale forme comme une vasie pocbe postérieure, comniuniquanl, d'une pari , en avant et en liant, avec la partie (jui forme la bouclie, et de l'autre, en ari'ière et en dessous , avec celle (jui produit l'anus. 11 n'y a ici de différence avec ce <|uc l'on observe chez l'adulte qu'en ce que le ^rand cul-de-sac stomacal ne présente pas sur les côtés une série de cœcums ve- nant s'ouvrir dans son inlérienr; mais qu'on suive le développe- ment, et l'on verra, du vingt-cimiuième au Irenle-cinquième jour, les parois jaunâtres épaisses se marquer de rayons perpendicu- laires à la surface , et diviser la substance en lobes secondaires; on reconnaîtra alors Torigine des cœciuns du foie (1). Ces cœcums se creusent eux-mcnies tout à fait comme l'estomac, et rpiand ils sont formés, l'on retrouve complélcmenl la disposilion de l'adulte. 11 est facile d'observer ijuerélendue de celle partie doit s'accroître beaucoup ; mes observations ne se sont point pro- longées assez longtemps pour que j'aie [lu voii' les ca3cums du foie pénétrer dans les parois du manteau. Ainsi de celte masse, (jui semble, surtout si l'on juge par ana- logie, être la jjarlie centrale de l'œuf fractionnée, naissent les or- ganes digestifs représenté» [irincipalrment par l'anjc stomacale et le foie. Voyons niainlenant CdUiment .se forme Vinteslin. Le faiiuel inleslinal dciil occuper la |iarlic qui s'élcnd eulre le bulbe anal, dunl on a \u l'origine cl l'anse gastrique. L'intestin (|ni le IV/rmc est d'abord comi, cl direitemcnl étendu du blasièmo gastio-liépati(pie à l'orilice anal; mais peu à peu il s'allonge, et alors sa direelion cliange,il se conloiu'ne sui' lui-même, et les cin-onvoinlions prcnucnl nais^ani'c. Ouaml nu obsi ivc |iar le (l) Voy. Aiin. UkII se. itat , 4' série, Zooi,., I. Vil, pi. 'J, fig. 1, fij;. 3 (/). »• série. Zoot. T. VII. (Cahier n' 4.) * «6 9/12 H. LACAZE-DUTniERS. dos un embryon (1 ) de vingt à vingt-cinq jours , on voit de cliaquc côté, à droite et à gaueiie de la partie à laquelle correspond la cavité stomacale, une anse, sur l'origine de laquelle on est embarrasse au |ireniier aijord. En examinant les embryons de prolil, surtout du côte gaucbe(2), l'on s'assure que le point de départ des circonvolutions est en avant et à gauelie de la cavité stomacale; on reconnaît aussi que leur direction est oblique, et qu'elles se portent à droite en passant au-dessous du tube qui unit la partie où seront plus tard la bourbe et l'estomac, qu'après avoir décrit la seconde courbe, elles se rendent à l'orifice anal. On distingue, à l'âge de trente et Irenle-cinq joiu's, les mouve- ments de l'épitbélium ciliairedans tout le tube digestif; ces mou- vcmenls sont rendus évidents aussi par la présence des granula- tions de la sécrétion ou de l'érosion de la substance hépatique qui sont entraînées au deliors, et je les ai même vues souvent sortir par l'orifice du bulbe anal : cela facilite l'observation. Le blastème, aux déjiensdufiuel se développe l'intestin, est une dépendance de la masse centrale, mais une dépendance secondaire; quand le développement porte en arrière la partie gastro-bcpa- tique, la traînée de substance qui l'uni! au lubercule postérieur au talon, s'allonge, cl perd un peu de sa teinte jaunâtre. Ce blastème se creuse peu à peu d'ime cavité longitudinale comme il a été dit, et ce n'est que par l'allongement qui marche assez vite que l'inlcslin devient ensuite llexueux, et que les circonvolutions se développent. A (rente et trente-cinq jours (3), en observant les embryons par le dos , on voit très nettement dessinées, à droite et à gauche, les circonvolutions intestinales; elles sont placées sur im plan infé- rieur à l'anse gastro-hépati(jue , et aux parties dont le développe- ment nous reste encore à étudier. On a vil que le travail, pendant les commencements de l'évo- (1) Voy. ^tm. des se. na(., 4« série, ZooL., t. vit, pi. 9, fig. 1,3,(i)((). (2) Ibid., pi. 8, fig. 5. (3) Ibid., pi. 9, fig. 3 (i). DÉTEIOPPEMENT DU DENTALE. 2!l?) Iiilion embryonnaire, avnil en [lOiir effet d'éloigner la masse jau- nâtre centrale de !a base ilii pied, en laissant une traînée de blas- lème entre les deux. C'est dans la partie inférieure de eetic traînée que se forme l'intestin, et dans la partie dorsale antérieure étendue de la base des tubercules fcntaculaires à la masse gastro-liépatifjue, ciuenous allons voir maintenant se développer suecessivemenl la lanr/ue et les dilatalions secondaires du tube digestif. Un ciranglemeni, peu marqué d'abord, semble séparer l'anse gastro-inleslinalc de la portion qui lui est antérieure ; il s'allono-e progressivement, et, à trente-cinq join-s, un tube bien limité s'étend entre la masse gasiro-liépaliquc et la portion antérieure du corps (i); celle-ci pendant le travail s'est dilatée, et est devenue un peu cordil'orme (2). Dès que cette partie antérieure s'est bien limitée, il devient de plus en plus facile delà distinguer des tissus environnants; c'est elle qui forme à la fois la poche linguale et les éléments de la langue, cartilage, muscles et pièces cornées. De chaque côté, et en arrière de la base des tubercules Icnlacu- laires, un peu au delà des deux points, où l'on a vu se former les ganglions sus-a?sopbagiens (3), deux petites masses granuleuses s'étendent en se ra[)proelianl sur la ligne médiane sans se con- fondre cependant, et forment une courbe en fer à cbeval, ouverte en arrière. (>es branches disparaissent sur les côtés en s'cnlbnçant en des- sous, et circonscrivent une substance différente d'elles, conuno l'indiipie la couleur, sur le milieu de laquelle se forme une dépres- sion linéaire dentelée {ku Klles sont ou paraissent inlenompucs en avant sur la ligne médiane. En arrière d'elles et en arrière de la partie centrale qu'elles cntoureni , une poche membraneuse se fait ensuite renranpier. Il me paraît difficile de ne pas recon- naître le cartilage lingual dans les deux branches du fera cheval la pièce cornée dentelée dans la |mrtie centrale, et enfin la poche (1) Voyez >4iin. dette, nul , i« série, t. VII, pi. 9.fig. 9, e'\ p|. 9^ fi D'abord le pied [laialt plein ; ensuile on voit dans son intérieur la substance devenir plus claire , elle semble diminuer un peu , en laissant du côté du dos une jiorlion opaque, dans laciuelle se produisent plus tard l'intestin et l'appareil lingual. Au milieu de cet éclaircissement, on distingue comme des traînées de substance , véritables brides tendues d'une partie à l'autre, et les éclaircies plus marquées deviennent cnlin entre ces brides des vacuoles ou lacunes. Dans le cas actuel, ce n'est pas par érosion que se forment les cavités; c'est par écarlement de la substance. Une comparaison peut donner une idée exacte du travail qui se passe ici; il y a (juebjue cliosc d'analogue à ce que l'on voit sur les plantes, dont la croissance est rapide , et où h; tissu cellulaire forme des Iralté'cules Icnducs d'un point à l'autre dans la cavité médullaire: celle-ci, formée [lar un écartenienl trop i'a|)ide de ses parois, n'a pas donné le teu)psà toutes les parties (prclle renferme de se développer également. Je n'entends point dire qu'il y ait ici (pjcique chose d'absolinncnt analogue à un décliirement; non, il y a raréfaction de la substance, en même temps (ju'éloigiicmeiil des (1) Voyez yl»». des se. wi(., Zool., 4" série, Cg, 2. (2) /()«l.,pl.8,i.'lpt. 9, lit'.2 (sp). DÉVELOPPEMENT DO DENTALE. parois. 11 ne faudrait pas non plus prendre d'une manière Irop absolue celte comparaison, car on acquerrait une idée fausse. C'est là un procédé suivi par la nature [)Our produire dans les animaux en voie de développement un grand nombre de cavités. J'ai, en étudiant l'embryogénie de la BaWée (Bullea a perla), re- marqué ce mode de formation , avec la plus grande netteté, pour des organes importants. C'est encore de la même manière (pie j'ai vu se former le sinus abdominal au-dessous de l'estomac et du foie. Les embryons du Dentale offrent le plus grand intérêt dans leur élude, en raison même de la facilité avec laquelle on peut obser- ver sur eux les mouvements alternatifs de contraction et de dila- tation des sinus. Les mouvements de contraction n'ont rien de particulier; tandis que ceux do dilatation sont brusques el produits comme par une détente rapide ; en les suivant attentivement, on reconnaît que les sinus communiquent entre eux, qu'ils entourent le bulbe anal; qu'enfin, cbose curieuse, ils s'ouvrent déjà au deliors, comme chez l'adulte, par des orifices latéraux (1). Ces derniers orilices sont aussi contractiles, et on peut les voir s'ouvrir ou se fermer successivement. J'insiste sur ces faits, parce qu'ils viennent con limier les dispo- sitions d'analomie que j'ai déjà indiquées, et qu'ici l'on a en mi- niature toutes les dispositions , avec cet avantage qu'un seul coup d'œil peut les faire embrasser dans leur ensemble. Dans ces sinus, à la base du pied, dans le talon, et dans le reste de retendue des autres parties, on trouve très régulièrement ten- dus, du corps à la paroi externe, des paquets librcux, évidenmient musculaires. Ce sont eux (jui, en se contractant, appliquent la pa- roi inférieure du sinus contre les parois dorsales du corps; ils sont ccrlaincment les premiers rudimenis de ceux qui, plus tard, se développent régulièrement entre chaque lobe de la glande géni- (1) Voyez Annules do science) naturelles, k" série, Zool., t. Vil, pi. 8, lig. 4 el 6 (u). 2J!i8 n. LACAZE-DUTaiERS. taie; ce sont eux aussi qui se relùciient brusquement, quand le tissu se dilate. J'ai cru remarquer (]ue, lorsfiucleiiied va sorlirau ileliors delà coquille, le sinus de son talon se dilate, tandis que le sinus abdo- minal se contracte; il semble (jue l'un reeod le liquide poussé et chassé par l'autre, et (|u'il y a là comme une sorte d'éreclion du pied produite par une vérilable injeclion de li(|uide. Inversement, (juand le pied rentre et se contracte, on voit presque toujours les cavités et vacuoles du sinus abdominal se di- later et se gonfler. On trouve, dans ces obscrvalions, les raisons de la commu- nication de CCS sinus ou réservoirs, el surtout l'explication des changements de forme et de volume si rapides du pied ; les li- quides, en se déplaçant el. en passant d'un réservoir dans l'autre, peuvent rendre turgide l'une des parties, ou lui permettre de revenir sur elle-même. Arrivés à vingt, trente et lrente-cin(i jours, les jeunes Dentales, placés sous le microscope, se troiiveid, sur une pla(|ue de verre unie, dans des conditions peu favorables à leurs mouvements ; on les voit se traîner péniblement en se servant de leurs pieds (1) , absolument comme les adultes placés dans une assiette ; et comme ils renouvellent fré(|uenunent leurs mouvements, on peut suivre avec facilité les alternatives de contractions cl de dilatations dont il vient d'être question. Organes de la reproduction el de Bojanus. On comprend que les organes de la reproduction ne doivent pas se montrer dans une période de temps aussi courte ; je n'ai vu rien qui se rapportât à eux. De chaque cote du bulbe anal paraissent deux taches, deux amas de matière jaune (2), en tout quatre, formant comme un carré, (1) Voyez [Ami. des xc. n'it., i' série, Zhol., t. Vll, ]il. 8 el 9) les qualre fleures où l'embryon o^l rcprésento on cnlier; on operroil les formes diverses du pied. (2) Ibid., pi. 8 el 9, Icsdifférenles (Ignres {II?) [W?]. DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 91fi9 au centre duquel est le bulbe. Ce.s taches deviennent plus tard des ortraiies glandulaires, analogues évidomment à ceux que nous avons étudiés sous le nom (['organes de Bojanus. C'est aussi de très jjonnc heure que se développent entre les doux petits amas d'un même côlé les orifices exlérieiu's des sinus. Le parenciiyme glandulaire commence même à se dessiner assez nettement dans la période du développement que nous avons par- courue. D'abord les masses sont diffuses, et ne renferment que des granulations; bientôt celles-ci se groupent dans la partie pos- térieure et deviennent de plus en plus accusées; la masse (1) totale paraît enfin entourée d'une membrane transparente, d'une véri- table capsule; elle semble se partager en petits îlots primitifs, dans chacun desquels on voit deux ou trois petites masses secondaires, qui m'ont paru se creuser chacune d'une vacuole transparente, origine évidente d'un cul-dc-sac sécréteur de la glande (2). Quant à la formation de l'orifice excréteur, je ne l'ai point vue, et je crois aller ici au-devant d'une objection qui pourrait se pré- .sentcr à l'esprit : L'orifice latéral, décrit comme appartenant à la circulation, ne serait-il pas celui de l'organe de Bojanus i'3)? Je ne le iien.se pas; car il existe bien avant que le travail que je viens d'indiipier ne .s'accomplisse: celui-ci a lieu du vingt-cinquième au trenticme jour, et de fort bonne heure l'orifice non-seulement existe, mais encore se contracte. Je dois faire, eu terminant, une observation : sans aucun doute, ces glandes sont les analogues du corps de Bojanus des Acé- phales Lamellibranches; à l'époque du développement où nous sommes arrivés, on retrouve une analogie assez grande pour ne laisser aucune incertitude. i\I. Lovrn a démontré que ces organes se dévcîloppcnl de bonne heure chez les Acéphales, et (ju'ils précè- dent par conséquent de beaucoup l'apparition des organes de la (1) Voyez /liino/fS (lej scienM» naturelkf, 4" série, Zool., t. VII, pi 9, flg.4.;4. (2) lljhl.,D. (3) Ibkl , C. 250 B. LACAZE-DVTHIER9. génération. Celte considération me paraît devoir faire naître des doutes sérieux sur l'opinion que j'ai indiquée dans un travail précé- dent (1), sans y attacher toutefois une trop grande importance, et qui consisterait à regarder le corps de Bojanus comme une annexe secondaire de la génération, mais à corlains égards seule- ment. De même dans le Dentale, le développement de la glande de Bojanus est très précoce; par conséquent, ici la même difficulté se présente, et l'on ne saurait croire qu'elle est une dépendance directe de l'appareil chargé de la conservation do l'espèce. Ainsi nous avons retrouvé les principaux organes que l'anato- mie de l'animal adulte nous avait fait découvrir, et entre l'cmhryon et l'animal |iarfait nous n'avons rencontré d'autre différence que celle tenant à la (aille, et à l'ahscnce de quelques organes qui no peuvent évidemment se développer que bien plus tard. Je ne puis m'empèchcr d'observer combien m'ont été utiles ces recherches d'endjryogénie; les choses qui souvent m'em- barrassaient chez l'adulte, devenaient claires après l'examen d'un embryon. One de fois aussi, à côté de la difficulté à lever dans l'histoire du jeune, j'ai fait intervenir l'observation de l'adulte! ([ue de fois j'ai multiplié l'examen des embryons à telle ou telle période, pour avoir à coup sûr une explication d'un fait cmiiarrassanl que me présentait l'animal parfait! 11 ne me reste qu'une remanpie à faire. Au moment où dispa- raît le disque moteur, on voit sur les bords du manteau se pré- senter l'apparence de ce qu'on nomme en histologie des cel- lules; le pied présente aussi la même apparence. Or, quand l'embryon débute dans son développement, quand on a passé la période de la forme framboisée de l'tcuf, on ne trouve plus une seule cellule; c'est à peine si, au milieu des tissus, on aperçoit de loin en loin quelques corpuscules, qu'on nomme- rait mieux granulations. (1) Voyez ^im. des se. naL, i' série, Zool., organes génitaux des Acépliales Lamollibranclies. DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 251 Si ce|ieml:inl la lliûorie cellulaire ('tait parloiil et toujours exacte; si, on se liéveliippaiil, les lissas des aniiiiaux devaient se l'ormer parla iiiullipliealion et la Iranslbrination des cellules, ce ne serait ])as au moment nù commencent la Ibrmalion des cavilés et la séparation des parois que devraient apparaître ces éléments ; au contraire, ils auraient dû se transformer à partir de la niasse l'ram- boisée, et se modilier successivement [jOur [)roduirc tout le corps. .le n'ai jamais examiné des embryons à des Ages dilïércnts, sans (pie celle remai'ipie se soit prescnlée à mon espril ; je la soumets ici à ceux ipii soutiennent complètement la théorie cellulaire; à un moment, l'apparence est cclkdaire, puis tout devient homog(!'nc; enliii les cellules et les noyaux reparaisseni, puis ils disparais- sent (le nouveau, [lour ne plus exister (pie sur quebpics parties oij ou les relroiivera chez l'adulte. EXPLICATION DES FIGURES. IT-ANCIIK 5. Fig. i . Corps (lo Bojanus el ;ïlan(]e ^ènilal(i du DenUile. Ces doux organes ont lilé seuls représentés entièrement. Le lalon du pied A, el les parlies lalérales du foie I, ont été indiqués pour marquer quelques rapports ; G, l'orilire anal ; (o) l'orifice génital droit commun avec celui du corps de Bojanus de ce côté ; ('/) orifice du corps de Bojanus gauche (11) ; (c) canal excréteur génilal ; (h) canal médian de la glande génitale qui reçoit de chaque colé les conduits des lobules réunis en un seul Ironc ; haliiluellemenl il y a Irois cuis-de-sac do chaque colé ; (<') petit espace entre les lobules, qui établit une communication entre le sinus sanguin abdominal et la partie dorsale des lacunes. Ce dessin a été pris sur un inùle, mais ces mêmes formes et ces mêmes rapports su relrouvont dans les femelles. b'ig. 2. l'oriion de la glande prise dans le milieu de la longueur. I.e IJenlale élait au moment de pondre, et les cuicunis , ainsi (|U0 lo canal, élaienl bourrés d'oeufs qui paraissaient polyédriques, en raison du la i:omprus3ion réciproque qu ils exerçaient les unes sur les aulrus. l'"ig. 3. l'union d'un cul-de-sac de la glande feniello, c.ompo.sé do cellules ou corpuscules encore sans caractères. t'ig. i. Une pui'liun du la même glande u un état de déveluppenienl plus avancé ; (a) cellules piquetés de inaliire colorante, quelques-unes ont un noyau ; {0) une :252 n. LACAZE-DUTniERfs. cellule isolée et granuleuse; (c) id., mais plus grande, déjà ;i l'inlérieur paraît une vésicule transparente avec deux taches germinatives. Fig. 5. Id., avec des cellules plus développées. Fig. (i. Id , un œuf suspendu au parenchyme par un pédicule grêle, entouré de cellules pâles, dans lesquelles des œufs sont en voie de développement. On peut remarquer que dans le vitellus de l'œuf, bien développé, les granulations sont très volumineuses. Fig. 7. Id., seulement l'œuf est uni au parenchyme par une base extrêmement large; ce qui explique comment, dans quelques cas, l'œuf n'est pas entouré par une coque. Fig. 8. Élémenls mâles; (a) portion du cul -de-sac de la glande, composé d'élé- ments particuliers que l'on ne peut séparer des spermatozoïdes; (6) un sper- malozo'ide bien développé et isolé ; sa tête est vue par la face sur laquelle s'in- sère la queue; [c] un spermatozoïde dont la queue est libre, mais dont la télo est entourée d'une auréole transparente, qui est évidemment le reste du cor- puscule ou cellule producteur ((/) ; iil., mais la queue n'est pas encore dégagée : je ne saurais trop affirmer si le double contour de la cellule est duo a la queue ; (c) une petite masse cellulaire ayant une queue , la léte du spermatozoi'do ne parait pas. Fig. 9 et 10. Les éléments du parenchyme aux deux étals où o:i les rencontre , unis, polyédriques et granuleux , ou bien sphériques et transjiarcuts, A"o(u. — Tous ces détails d'anatomie microscopique ont été dessinés a la chambre claire, à un grossissement de 300 ou 800 diamètres. rL.\Ncnii G. Fig. 1. Œuf avec sa coque [sp], qui vient d'être pondu. Les spermatozo'ides arrivent ii sa rencontre, mais la coque les sépare encore du viiellus. Fig. 2. Œuf sans coque, hérissé de tous côtés par des spermatozoïdes qui ont une tendance à pénétrer vers le centre. Fig. 3. Œuf ayant des spermatozoïdes (sp) sous sa coque [z] ; en (a) le vitellus s'est élevé comme un petit cratère; dans ce point il y a de la matière fine- ment granuleuse, autour de laquelle les spermatozoïdes (.'.7)) semblent plus nombreux. Fig. 4. Id., mais à l'opposé du petit soulèvement (n) paraît un pincemoni , d'où semblaient s'échapper les gouttelettes transparentes [b). Fig. 5. Œuf qui se divise en deux parties inégales; les gouttelettes (6) ont changé d'aspect. Fig. 6. Œuf qui se divise en quatre; l'une des deux sphères de l'œuf précédent ; la plus grande se subdivise eu trois, l'autre rosto il |ieu près la mémo. Fig. 7. Id., les quatre sphères tont bien marquées. Fig. 8, 9, 10, II. Hivers états du fractioaneinenl. LTnr; po, lion de l'œuf (c) e I DÉVELOPPEMENT DU DENTALE. 253 plus obscure el a des splières plus grandes que l'autre (p). Ces œufs ressem- blent à ceux des autres Mollusques pris au même moment. A en juger par analogie , on croirait donc volontiers que la masse se partage en deux parties: lune périspliOriquo (;)), qui vient après l'autre (c) qui sera plus lard centrale. Fig. 12. Œuf après le fractionnement, âgé de douze ou quatorze heures; il a déjà des cils vibratiles (/) ; fait curieux, des spemiatozo'idcs encore vivants sont sous la coque (;). .Yo(a. — Les figures de celte planclie représentent une amplification environ de 75 à 80 fois. PLANCHE 7 Fig. I. Fmbryon un peu pyrifornie, sur la surface duquel on distingue encore des bosselures qui rappellent la forme de l'œuf devenu niùriforme par le frac- tionnement. On voit sur chaque côté quatre houppes de poils (/) (pii sont le profil d'aulant de cercles. En (A) est une houppe, ou bouquet impair, que nous retrouverons longtemps L'embryon à cet âge commence à rouler au fond du vase, et déjà la houppe /; est dirigée en avant. Fig. 2. Embryon encore plus pyriforme, sur lequel les cils vibratiles forment des cercles 1res distincts (/) ; l'exlrémité aniérieuro avec la houppe (/.■) s'est effilée, et l'estrémité postérieure commence à s'évaser. Fig. 3. Embryon plus âgé vu en dessous; les quatre cercles des cils vibratiles se sont rapprochés; l'extrémité postérieure s'allonge, se creuse d'une gout- tière M , et se couvre de cils vibratiles ; la partie antérieure et la partie pos- térieure sont séparées par un bourrelet (»i). Fig. 4. Id., l'extrémité aniérieuro (/.) est mamelonnée, l'extrémité postérieure est plus longue, et la coquille (c) paraît sur le dos. Fig. 5. Le mémo embryon que la figure 4 , vu de profil par le côté droit. Fig 6. Embryon plus 3go; la partie (() forme comme un disque, un bourrelet, au centre duquel s'est enfoncée la houppe (A) , ainsi (pie les mamelons et l'txlrémilé antérieure; la coquille envelop|io toute la partie postérieure, et ses deux bords se sont rejoints sur la ligno médiane; la dépression, celle des figures 3 et 4, se trouvo par le rapprochement des bords do la coquille et du manteau converti en un canal M. Fig. 7. Embryon vu en dessous : la coquille C dépasse le disque ; le pied A commence à se présenter avec ses trois lobes; l'orifico M est très évident. De chaque coté de la ligne d'union des deux bords do la coquille, on voit des stries qui correspondent aux lignes d'accroisscmcnl. Fig. 8. Embryon plus âge, vu aox trois quarts : toutes les parties postérieures au disque moteur ont pris du développement; la substance placée dans l'inté- rieur do la coquille forme une traînée obscure I dan» laquelle .se développe- ront le foie et l'c-tomac. 254 H. I,*CA3!E-DI]THIERS. Fig. 9. L embryon vu par le dos. A', partie corrcspondanio au dos du pied; (m) stries, origines des muscles du dos; M', extrémité postérieure qui formera le pavillon M , décroissement de la coquille. Aola. — Pans les figures 1 à 8 l'amplificalion est de 100 ii 10S l'ois. Dans la figure 9, elle est de l.'iO fois. PL.WCHE 8. Fig. 1 . Embryon plus âgé que dans les dernières figures de la planche précé- dente. Les mêmes lettres indiquent les mêmes choses ; toutes les parties sont plus développées et plus distinctes, c', h'gne d'accroissement dans le sens antérieur de la coquille. Dans la partie M , on voit en (y) des cils très gros qui déterminent un courant dans le tube ; du manteau le pied A commence à dépasser de beaucoup le disque, et lo tube du manteau Tl est déjà appa- rent. Fig. '2. Jeune Dentale de vingt à vingt-cinq jours; l'organisation ressemble déjà beaucoup à celle de l'adulte. A, pied ; B, bord libre du manteau; C, ligne d'accroissement de la coquille ; T , tubercules , origine des tentacules (m et m'), origine des muscles dorsaux qui semblent formés de globules placés à la suite les uns des autres; E, blastcme de la langue, et c' blastémo de la portion du tube digestif comprise entre la langue et l'estomac; I, blas- lème du foie; M et M', blastème du pavillon. Fig. Le même vu par la face abdominale. Les mêmes lettres indiquent les mômes choses; (a) ganglions pédieux; (u') otolithes; (.sp'J sinus pcdieux; G , orifice anal ; H? cl H'?, blastème probable du corps de Bojanus; (;;) cils très déve- loppés du pavillon. Fig. 4 et '6. Portions du corps d'un embryon de trente à trente-cinq jours; l'une est vue du côté droit, l'autre du côté gauche. Les mêmes lettres dési- gnent les mêmes choses que dans les figures précédentes, (s) sinus abdomi- nal; [e') tube digestif en avant de l'estomac et du foie I ; (e") portion du tube digestif qui fait suite à l'estomac ; (i) intestin. Dans l'intérieur de la cavité stomacale on voit des globules (x) agités de mouvements ; cela tient à ce que déjà toute la cavité du tube digestif est tapissée par l'épithélium vibralile; (c) orifice latéral très distinct, qui doit correspondre évidemment, ou à l'ori- fice du corps de Bojanus, ou à l'orifice de la circulation que l'on distingue si nettement dans l'adulte. PLANCHE 9. Fig. 1 . Embryon de Irento-cinq jours vu par le dos. Les mêmes lettres indiquent les mêmes choses. Les parties E, (c), (e) ressemblent déjà presque complète- ment aux mêmes parties du tube digestif de l'adulte; le blastème du foie I se ORGANISATION DU DENTALE. 255 partage en lobules qui rorrespondront plus lard au cul de-sac, sécréteur du foie ; les stries c', indiquant l'accroissement de la coquille, sont déjà très nom- breuses; {;) origine évidente des ganglions sus-œsophagiens. Fig. 2. Embryon un peu moins âgé que le précédent et vu de prolil par le côté gauche. Les mêmes lettres désignent toujours les mêmes choses. Fig. 3. Appareil digestif vu par le dos et déjà très développé (trente-cinq jours) ; la pièce linguale cornée E se reconnaît déjà parfaitement à ses dentelures, ainsi que les cartilages qui l'environnent ; les ganglions sus-œsophagiens (j) à la base des tentacules T ne peuvent plus être méconnus. Fig. 4. C, apparence des parties qui entourent l'orifice (o). On croirait voir autour de ce dernier des vésicules transparentes. B, apparence des masses H des figures précédentes et dont l'intérieur semble se creuser de cavités. A, autre apparence de l'une de ces parties, la substance semble se fractionner en quatre parties. Fig. 5. Une coquille d'un jeune Dentale de trente-cinq jours; l'extrémilé anté- rieure s'évase largement ; la substance est très transparente et comme légè- rement piquetée. On distingue déjà de petites lignes blanchâtres transver- sales qui rappellent la structure des coquilles de l'adulte. Nota. — Dans les planches 8 et 9, les ligures où l'embryon esl dessiné en entier, l'amplilicalion est de 1 00 fois à peu près. La taille de l'embryon ; fig. 1 , 3, pi. 8 et lig. I, '2, pi. y est de I millimètre à peu près. rUBLICATIONS NOUVELLES. Histoire naturelle des Coralliaires ou Polypes proprement dits, par M. MiLNE Edwards. Les deux premiers volumes de cet ouvrage, qui font partie du recueil publié par Roret sous le titre de Suites à Buffoii, viennent de paraîtris. Le premier vo- lume contient la description de l'organisation des Coralliaires et le tableau mé- thodique des ramilles, genres etespoces de l'ordre des Alcyonaircset de la section dos Zoanthaircs Malacoderniés et Sclérobasiques ; le second volume renferme un travail analogue sur les premières familles de la division des Zoanthaires Selérodermos. Cette dernière partie a été rédigée par i\l. Milne Edwards et feu M. .Iules Hainie. Le troisième volume paraîtra vers la fin de l'année IS.'jS. Leçons sur la jihijsiologie et l'anatomic comparée de l'homme el des animaux, par M. Mii.me Edwards, 2' volume, 2= partie. Le complément du deuxième volume de cet ouvrage a paru et contient l'étude du mécanisme de la respiration etdu rendement du travail respiratoire. A mono(jraph of Freslwaler Pohpoa. — Monographie des Pohj- zoaires d'eau douce, par M. Allman , petit in-fol. Lomlres, 1856. Ce travail, publié dans le recueil de la Société de Ray, forme une histoire 1res complèle des e.-peces récentes de la classe des Bryozoaires (ou Pohzoaires), et renlérine beaucoup d'observations nouvelles sur la physiologie et la morphologie de ces Molluscoïdes. Il est accompagné de 11 planches très belles. The lerreslrial Air-Brealhenij Mollusks. — Mollusques terrestres pulmonés des États-Unis de l'Amérique seiticnirionalc, par Amos BiNEY. Boston, 1S57. Le troisième el dernier volumn do cet ouvrage posthume , pu'.ilié par M. A. Gould, vient de nous parvenir, et contient la description do quelques espèces nouvelles, accompagnée de 74 planches coloriées. Die Echlctipcrlen.— Sur les perles fines considérées sous les rapports de l'histoire naturelle et économique, par M. K. Mobius, iu-i. Ham- bourg, 1857, lab. Dans ce travail, qui parait être très complet, l'auteur donne beaucoup de renseignements intéressants sur la péclie el le commerce des perles , ainsi que sur la structure et le mode do production de ces corps. Report, etc. — Rapports sur les Insectes nuisibles el utiles de l'Etal de New-York, par M. .\ssa FiTCii, in-8. Albany, 1850. Ce travail, tiré des Mémoires de Ui Société d'iiijiiciitliire Je New -York, contient beaucoup d'observations intéressantes sur les moeurs de divers Insectes. MÉMOIRE snB LA STRUCTURE INTLME DE LA MOELLE EPINIÈRE, DE L.4 MOELLE ALLONGÉE ET DU PONT DE VAROLE, Par le D'^ Joseph de LE^HOSSËK , Professeur il'aiinlomie ù Cl.iUscnliciurg. § L La substance des cellules nerveuses. La siibslanco des relkiles nerveuses correspond à la substance grise des anatomistes, et va sans interruption, en suivant la ligne médiane, depuis l'extrémité du cône médullaire jusqu'à l'infiindi- bulum ; elle se prolonge en même temps des deux côtés en haut. Cette subslancc forme dans la moelle épinière quatre colonnes, deux antérieures motrices et deux postéri(!nres sensilives corres- pondant , sur des coupes transversales , aux quatre cornes de Monro (1). A l'origine de la moelle allongée, ces colonnes chan- gent de [losilion ; les colonnes antérieures ou motrices deviennent peu à peu intérieures et les sensiLivcs exlérieiu'es. Ainsi juxtapo- sées, elles vont au fond du sinus rhomboïdal; les motrices comme EmineMiœ teretes Sanlorini (2), et les sensitives comme Alœ cine- reœ Ariwldi (?>) (noyaux de l'hypoglosse, du pneumogastrique, et plus lard du glosso-pharyugien dis iM. Slilliiig) (h). Apres ipte la substance grise des Tîmîneniîcc lerelcs, ou des co- lonnes ni(jlri(;es, a lbrni('' la valvule cérébrale, celles-ci se conti- nuent plus en asant pour Ibi'iiier le fond de l'iKpieduc de Sylvius et le |ilaiicher du troisième ventricule, jusqu'à ce ([u'ellcs se con- fondent dans rinfundiliuluin , taudis rpie charpie /4la cinerea, ou (1; A. Monro, Observations on Ihc slriiclurc and funclions oj the iicitohs sijstem. Edimbourg, 4783, p. 29. (2) J.-D. Sanlorini, Sc/)(fm(i(cmi tabulas, etc., ipias cdil if. Girurdi. Parmae, 4775, lab. m, fig. i. (3) I'". Arnoldi , Tabulœ amilomicœ . Turici, 4 838, fasc. I; Icunes ccrebri et medullœ spuuilii, lab. IV, fig. 3, A. 1^4; b. Slilliii;^, Uibcr du- modulla oblonijaia. Krlanatn, 1843, p. 80 : llijpo- gtustutkerii et Vuguskern. 4' série. Zool. T. VII. (CMw n» 3.) ' 4 7 258 J. DE LENHOSSÉK. chaque colonne sensitive, se courbe en liant, à la hauteur de la valvule cérébrale, et se continue immédiatement dans le thalamus optique et le corps strié (1). Déjà, à quelques lignes au-dessus de l'exlrémité du cône médul- laire, la partie moyenne de la substance grise s'étend transversa- lement pour former la commissure, qui partage la substance grise en deux moili('s; à l'origine de la moelle allongée, cellcs-ui se rapprochent de plus en plus pour se réunir finalement. En même temps, la substance grise commence ici à aller en haut et en arrière, jus(ju'à ce qu'elle devienne superficielle au fond du sinus rliom- boïdal. Dès qu'elle s'éloigne du fond de la fente longitudinale antérieure, la partie moj'cnne se continue d'arrière en avant pour former le septum médian qui se place verticalement; il s'étend dans toute la moelle allongée cl le pont de Varole. Ridlcy ("2) le connaissait déjà, et Vicq-d'Azyr (3) l'a décrit sous le nom de raphe. 11 se montre déjà dans la moelle allongée, au-dessus du bulbe cervical, comme tubercule enclavé [Einrjekeiller Hocker) de ftl. Hyrtl (4), et sur des coupes transversales comme frocessus masloideus de M. Slilling (5). (4) J. V. Lenhossék, Neue Untersuchungeii liber den feineren Ban des centra- le» Nervmsijstcms des Menschcti. Wien, 18!J5; ou encore; Denkscliriflen der math, nulurw. Class. der Akademie der Wissenschaflen in M'ien, tab. X, p. 4 ; tab. l, fig. ^,ll,^l, ng. 2, o, i; lab. II, fig. 1,0,6; lab. IV, fig. S, a, g. (2) H. Ridiey, Anutomia ccrebri. Misccllanca curiosasivc Ephcmcridium nic- dicu-pliiisicariim Germenknrum Academia'- Cœsareo-Lcopoldinœ nalurœ curiosorum Decur. III. Norimbergo!, 1 "Ofi, 4, p. 1 36 : « Tracius longiis medullaris proccssum ammiarcm [i. c. pontem Varoli) in duas partes œquales dividit, « fig. 6, e,e. — J.-J. MangeUi, Tlieatrwn analoii\icitm. GeneViT, 1717, t. II, p, 331, tab. XCIV Gg. i,e,e. (3) Vicqd'Azyr, Mémoires de l'Académie, 1781, p. 781. — Du même: Trait d'anulomic cl de pliijsioloijic. Paris, 1786, l. I. p. 19, lab. 22. (4) J. Ihrll, Lelirbiich der AnaUnnie des Menschen. Wien, 1853, cdit. 3, p. 633. (5) Slilling, Med. ohioiig., p. 10, lab. ii, lig. 4, lab. VI. ~ Lunliossék, Veberden [cincren Ùaii der gesanimlen iiudiillu spiiiahs. Silzungslier. der mathem. ualuriu. Classe d'jr Ii. Akademie der Wissenscli. Wien, t. Xllf, p. 487 sq. — Du même : Kereensystem, p. 6, lab, U, 1, d, fig. i, a. STRUCTURE INTIME DE LA MOELLE ÉPIMÈRE. 259 Un prolonpenient essentiel de lu subsUince grise apparaît dans la moelle alloniiée sur les deux eôtésdii fond de la fente longitudi- nale postérieure, el un autre en deiiors de celui-ci qui se termine en forme d'angles (noyau du Funicidus gracilis et cuneatus de M. Slilling) (11. Le Tubereulum cinereum Holaiidoi , ou mi(ni\ encore le cône tie M. Longet (2), est formé d'une substance grise, qui n'a |)as de rapport nve(^ celle des (piatre colonnes. Ce cône devient plus large en haut, et s'étend jusqu'à l'intérieur du i)ont de Varole; sur des coupes transversales, il apparaît comme substance gélatineuse glo- biformeikM. Slilling (3). Les éléments liislologiques de la substance grise sont une sub- stance fondamentale transparente, dans laquelle se trouvent logées des cellules nerveuses de trois espèces : 1° Des cellules nerveu.scs généralement répandues, qui .se pré- sentent .sous toutes les formes de développement, depuis la plus complète avec noyaux, nucléoles et prolongements, jusqu'à celle de noyaux et nucléoles simples de M. Kodliker {li). 2° Des cellules nerveuses en groupes de M. i. Millier (5) qui I) .Stilling, Med. obi., \i. 16: Als Gemeinsohaftlicher liern Jis Keilund zarten Slrnuyes, lab. III, fig. 4, o; tab IV, fiy. 4 et i, o, p. — Lenliosséli, Nervensyskm, lab. I, lig. 2, c, d, lab. IV, lig. 8, f, y. (î) L. Rolando, Recherches analomi/iues sur la moelle uUomji-e {ifemorie delta reale Acadcmia dellc Scicnze di Tvrino, 18i5. l. XXIX, p. 22, lab. IV, fig. 6, <0, 11, el lab. V, fig, 3 cl i, (, c. — Pu môme : Suggio supra lu vera slrutliira det cervello, 2' édil , t. Il; Torrino, 1S28, l. I, |j, 378. — .\niold, lames faicic. I : Corput einereum, tab. II, fig. C, cj. — A. Longet. Analomie und Phijtiologie des Nervensystems. Uebcrseizl iiiut enjœnzl von J -A. Hein, t. II ; Leipzig, 1847, t. 1, p. 309. (3) Slilling, Mid. obi., p. 16, 34 und 37, lab. IV, lig, i, c, lab. V el VI, i. —Du même : De structura protuberaniiœ anmilarh sire ponlis Varuli. lenic, 1 846, |i. lo9, lab. I-Xl, A- '4; K. Kœiliker , Miscroi>copischc Antihiiuir der Gewebetehre des Meusihen, Leipzig, 18o0, p. 407. — Du môme : Handbuch iler Geiiirbelehve des Meiisclieu. Leipzig, 1832, p. 273. Ci) i, Muller, l'enjleichcnde Ncvrologie der Myxiuoulen (Abhandluuij der lier- liner Akudemie, t^3S, p 171 1. — .i.-li. Purkynje, llcrichi der \'ersammlwig 260 J. DE LENHOSSÉK. se disdnguciit par une grandeur extraordinaire ; elles sont par- tiellement pigmentées. Ces groupes produisent parleur grand dé- veloppement le bulbe lombaire et cervical. Ils se montrent dans les colonnes motrices et sensitives, et ailleurs. Les cellules complètes de la [iremière espèce , aussi bien ([ue toutes celles de la seconde, sont multipolaires, et se trouvent en communication immédiate par les anastomoses les plus variées de leurs prolongements. 3° Les cellules nerveuses de la substance ferrugineuse et de la substance noire de Sœmmerring (1) rpii sont fortement pigmentées ; elles ont une forme sphériipic ou ovale, et des prolongements très lins, fdiformes, rarement visibles. La substance grise n'a pas de fibres qui lui soient propres ; les libres qui s'y trouvent en apparence appartiennent au.\ parois du canal central connue les libres longitudinales, ou aux racines des nerfs comme les libres obliques , et de celles-ci il y en a encore d'autres qui la traversent seulement, par exemple les libres de la décussation pyramidale. § IL La sul)slance des fibres primitives. Déjà , à la partie supérieure du cône médullaire, la substance blanche des anatomisics est partagée en deux parties bien dis- tinctes, par la fente longitudinale antérieure et postérieure, qui en- tourent la substance grise des deux côtés, comme une feuille rou- lée d'après Gall (2), mais qui ne vont jamais jusqu'au fond de ces deux fentes. Elle devient [ilus grosse de bas en liaut, sans augmen- tation particulière au bulbe lombaire et cervical. A la bauteurdela moelle allongée, la substance blanche est remplacée, comme couche deutscher Nalurforscher in Prag, 1837, v. Grafen C. Sternberg undî.-'B. Edl. V. Krombbolz. Prag, 18S8, i, p. 179. — L. Clarke esq., liesearches into thc structure o[ thc spinal cJiord (^Philosophical Transactions of (lie royal Society of London, IBol, part. H, lab. XX, fig. Set 6). (1) P, Th. Sœmmerring, De corporis humuni fabricu, l.V ; TnijectiadMaemim 1794, l. IV, p. 78. (2) F. -G. Gall et G. Spurzlieim, Recherches sur le système nerveux en général elsur celui du cerveau en particulier. Paris, 1809-1819, 4, t. I, p. 58. STRUCTURE INTIME DE I.A MOELLE ÉPIMÈRE. 261 de continuation, par le slratum zonale de .M. Arnoid {\\ cl elle va en même temps d'arrière en uvaiit, jtis([u'à ce que la substance grise, qui prend une direclion luul op[iosée en liant, reste à dé- couvert ' Ibnd du sinus rliouiboïdal:. Connue dans la moelle allon- gée, il y a, outre le septum médian, encore d'autres organes situés des deux côtés de celui-ci et le slractum zonale entoure seulement leiu" surl\iee extérieure, tels que les corps rostilormes de Ridleyet les olives; mais il quitte alors sa position superficielle, et s'inter- cale entre les olives et les pyramides (2). La fente ]oni;ilndinale antérieure et la postérieure parcourent sans inlcrruiitiou loul(> la lianlenr de la moelle allongée, la première jusqu'au foramen cœctim , l'aulro jusqu'au ca/amm xcriptonus; c'est la substance grise qui en forme partout le fond, et dans cer- tains endroits en partie aussi les faces latérales. La fente longitu- dinale antérieure devient plus profonde de bas en liaul jusqu'à la hauteur de la décussation pyramidale; mais en partant de là, elle est de nouveau moins profonde. Elle est triangulaire à la hauteur des deux bulbes, et là, où le septum se prolonge en forme de crête , la fente antérieure se bifurque, et présente sur les coupes transversales la forme d'un Y, et dans loiite la bailleur delà décus- sation |iyianiidale disparaît alternaliveiiicnt tantôt le côté gauche, tantôt le côté de la bifurcation. La Icnle longitudinale postérieure est partout plus étroite que l'antérieure; par contre, elle est tou- jouis beaucoup plus |irofoiide jusqu'au-dessus de la hauteur de la décussation pyi'amidale,où elle a été niée par beaucou[) d'auteurs; mais extérieurement elle est à l'icil nu à peine visible , ce que MM. Foville et Longet (3) ont déjà remarque, car la |iie-mère la couvre en pas.sant par-dessus. Outre la fente latérale postérieure dans la moelle allongée, qui a provoqué de la part de Burdach (4) la division de la substance (\) y. Arnoldi, Hemerkungtti nber dm Iluu des Ilirn-imd RUckeiimnrkes . Zuricli, 1838, p. 21-25. [î] l.enlio.-.-ék, Mednlla nijinatia, p. 489. — iWerveusijslem, p. I 1 . (■)) M. l'ovillc. Truilé complet de l'anatomie, etc., du sijsiémeu rveux cérrhro- tpinal. Paris, 1844, 1" partie, p. 134. — Longet, op. et (oco cilalo. (4) K.-F. Burdacli, Vom Haur und Leben des Gehirm, t. fil; Leipzig, 182C, 4. t. Il, p. 35-37. 262 •■. or. i.ENUossËK. blandie en funiculus (jracUis et cunealns, il n'y a pin?;, ilans loiite la moelle épinière, d'aiilres sillons ou l'entes ; mais la substance blanehe toiu^ne sans interruption autour des colonnes, ou encore, comme stralum zonale de M . Arnold, autour dos organes latéraux de la moelle alions'ée. La lente latc'rale postérieure de la moelle épinière {]ue l'on a atlmise n'est pas une véritable l'ente ; car entre les racines spinales postérieures, aussi i)icn fpi'enlre les tils de racines et les l'ascictiles primitifs centraux qui leur correspondent, il V a des inlcrsIiiTS nù la subslance hiancbe se coulinne sans inter- ruption , comme Kellinscri et (llianssicr A' l'onl déjà rcmar- .|ué (2). Les éléments bisloloiii(pies tic la subslance blanche sont des libres longitudinales qui ne se croisent ni au tond de la fente lon- gitudinale antérieure, ni au tond de la postérieure ; car le fond de ces t'eides est conslitué par la coimuissure transversale, ne for- mant (prun seul orttanc, el plus loin la snhslance blancbedes deux moitiés latérales est parfaitement séparée par ces deux fentes. Les fibres primitives de la snbslance blanche n'ont pas de rapports avec les libres des racines nerveuses; car celles-ci, groupées déjà en fascicules, ne font que traverser toul simplement les fibres lon- gitudinales sous des anfïles obliques. Les fibres primitives de la substance blancbe sont beaucoup plus fines que celles des racines nerveuses, et semblent provenir de toule la surface des colonnes de la subslance grise. A l'origine de la moelle allongée, les fibres primitives quillcnl, à l'exception d'imc petite partie, leur direction primitive , mais en continuant toujours d'aller en haut el pas en arrière; ensuite elles se groupent, et produisent des formalions fasciculaires. Elles se terminent toutes en irradialions péripb('Tiques de cerlains organes de la moelle allongée, du cerveau cl du cervelet. (1) C.-l-\ BeWmgen, De medulla spinali iiervisqiw et ea prodeuntibus. Augiistœ Tduriiwrum , i, 1823. p. 41 : t Subslanlia alba continua in bis puiKlis. n — F. Chaussier. Exposition sotnmaire de la slriirlnre et dot différentes parties de ;Vii(Y;i/m/i'. Paris, 1807, p. 13i. [i) LeDhossék, Med. spin., I. c. — .Vc/u'edsi/.sfoi, p. 12. STRIXTURF. INTIME DR I.A MOELLE ÉPINIÈRE. 263 ^ III. Le canal central. L'existence de ce caiiiil fui déjà Sduleiuie par les |)kis anciens analomisles iStclaniis, (Àiluinljiis , Piccuiomini , Bauliini, j\Ial|)i- glii, Lieutaud, etc.) (Ij , mais démontrée d'une manière iiTcrutaiiie ('liez riiomme par .M. Stilling (2). A l'élat normal , le canal central existe toujours , mais différem- ment selon l'âge (Bcrres) \2>) ; il parcourt toute la moelle épinièrc, et .i'ouvi'c dans le calamus scriplorius. On peut considérer comme un prolongement de sa paroi intéri(;ure le sulcusmediamiSiUi simis rliomboïdal, et son prolongement au fond de l'aqueduc de Sylvius et iju troisième ventricule jusqu'à son entrée dans l'infundibulum. Le canal central suit toujours la ligne médiane et se trouve en dedans de la substance grise, qu'il traverse déjà quelques lignes en dessous du calamus scriplorius, de manière à coïncider ici avec la fente longitudinale postérieure. 11 cîl situé, jusqu'à la moelle allongée, dans le tiers antérieur du diamètre antéro-poslérieur de la moelle épinière ; mais alors il se penche peu à peu en arrière ; il se trouve au-dessus de la déeussation pyramidale, justement au poiul central , et puis il s(^ courlje plus en liant et en arrière. La forme du canal central varie dans ces dil'lcrentcs hauteurs ; dans (1) Carolus Stefiinus, De dissectionn pai-Ziiim. Parisiis, 1543, fol., p. 341 : « Cavilalem in intenta meiluUœ npinalis siibHlanlia mnnifestam reperirc licel, qnce Ceu iiuidam ipsims venlriculus esse couspicilur. » — Realdi Columbi, Crenionennis de re analnmica, libri XV ; Veneliis, 1 559, fol. , p. l 'J I : « Spinalis medulla cavi- lale prœdita est, imtar calami scriptorii quasi foramen essel, per quod a ventriciilo- quaylo ad inedtttlam spiiiaUm fucilc pi'i'venire pos.st' non dubito. » — Arcliang. Piccolomini, Ferrarensis,anatoinic(i' prwieclionis, etc. Ronia;, I5SC, fol., p. 260. —C,, Bauliini, fl/'(i.. — Slilling, ^fed. nblonij., p. G ol 19, lab. ll,fig.2,et lab. Ill-V. 'i) J. lierres, Anlhrupotomii' . VVion, 1812, p. 473. 26.'l J. UL- LE\IIOSSËK. la |)artio dorsale do la moelle ('piniprc, il esl rond ; dans le reste de son trajet, il a philôt la l'orme d'une i'ente (|ni se présente en liant et en bas dans le sens du diamètre antéro-[iostériear, et ailleurs dans le sens du diamètre transversal. Les éléments hislologii|nes des |iarois du eanal eentral sont : 1° La couche des libres longitudinales de M. Clarke (Lenhos- sék) (1), qui s'étend sans inlerrnption sur le sinus rhomboïdal comme couciie snbé|)it|]élialc, et de là sur toutes les parois du ven- Iricule du cerveau ; elle l'orme la couche extérieure parfaitement limitée de la substance grise qui l'avoisine. Les fibres qui forment cette couche sont plus fortes que les fdires primitives des nerfs; elles ont un aspect tout dill'ércnt, et luésenteiit, à une lumière qui les traverse , une couleur gris de cendres. Cette couche semble correspondre à celle décrite comme basement membrane par MM. Todd ctBowmami (2). 2° Une couche de cellules épilheliales cylindriques, découverte chez le veau par AL Clarke et chez le chat par !\L Schilling (3 . Les cjlindres deviennent de plus en plus courts vers le calannis scriptorius, sans cependant jamais devenir nn épithélium plat, pas même dans les ventricules du cerveau ; ils ont un très petit noyau rond, qui s'agrandit quand ils deviennent plus courts. 3° Une couche intermédiaire de granules qui n'existe qu'à la partie la plus externe du cône médullaiie jusqu'au bulbe lombaire. Les granules présentent séparément une couleur plus uuiforuK;- ment brune, et semblent communiquer cntie elles par des pro- longements. Elles sont à peine des cellules nerveuses, car elles sont parfaitement séparées de la substance grise par la couche des fibres longitudinales de M. Clarke. (1) Clarlie, Spinal chord., p. 618. — Lenliosséli, Nervensystem, lab. lit, e^. 3, 6. (2) R.-B. Todd and W. Bowniann, The physiological Aiuttomij ami Plujsiology vfman. London, 18-15, I. II, p. 191 et 192, fig. 155. (3) E.-G. Stilling, Du mediillœ spinalis /cxfuro, etc. Dorpali IJvoriiiinim, 1852, lab. II, fig. (1. — Lenboisék-, Xen\-nsijslem., lab. 111, fig. 2 el 3, e, il. STRCCTURE INTIME DIÎ LA MOELLE ÉPINIÈRE. 265 § IV. Les deux veines centrales. A droite et à gauche, et dans toute la louyucur du canal cenli-al, dans la substance grise, ou trouve, aussi longtemps que la comniis- surclraiisversale existe, une veine dont l'ouverture se montre beau- coup plus grande sur des coupes transversales (pic celle du canal central , co ijui a déterminé quelijues analomistes (Blasius, Ny- mann, Cloquet, Calmeil, Gall et Spurzheim) (1) à admettre un double et même un triple canal central. Ces deux veines sont tou- jours cil dedans de la substance grise, et présentent ccii de remar- quable que là où la commissure transversale n'existe plus, c'est- à-dire dans la moelle allongée etniicônemédidlaire, elles fornienl, dans une direction diamétralement opposée, une didiotomie, jus- (ju'à ce qu'elles se confondent dans le réseau capillaire. Cliacunc de ces veines centrales donne dans certains endroits des branches très fortes d'abord, mais devenant de [ikis en plus faibles à leur périphérie, (jui traversent en serpentant la substance gri.se et la substance blanche, et se jettent dans le plexus nemeux de la pie-mère de Brcsdiet (2). il en jiarl aussi des vaisseaux faibles à leur origine , devenant plus forts dans leur trajet ultiMicur, qui est moins tordu (pic dans le cas précédent ; ce sont : 1° Des vais.scaux allant de tous les cùica en forme de rayons vers la périphérie : voilàd'où cstvenn l'idée erronée de la structure lamclleusc de la moelle épinière. A une lumière (pii les traverse, ils pn'senlent dans toute la longueur des lignes en zigzag, aspect bien connu des plis longitudinaux. Ils passent tous dans l(\s plexus vei- neux très forts de la pic-mère de Brescliet. 2° Des bi'anches de réunion avec le sinus veineux ant('rieur Cet non la veine) de la moelle é|iinièrc; elles parlent n'-gulièremenl (I) G. Blasius, Analomc conlracta. Anislelodanii, l'iCO. IG'",p. 280 : « Spi- nalis medullie iiiia quœiiue pars cavitalem singutarciii oblinel. » — Gall, Si/ulftiie nrrceux, t. F, p. 39. — G. Nymann, De apnph-xia tntctalua. Willonhergii", HCî'J, i, p. 81 et 1 1 i. — J. Calmeil, Journal ilcs proijrès, 1828, I. XI, p. 80. (î'i G. Brcschel, Essai sur tes reines du rnchis. Paris, 1810, i, livr. 2, lai). 3 6. 266 J. DE LEKHOSSÉK. (le chaque veine , et vont |iar le processus aniériein^ de la pie- mère (1). 3° Des branehcs de réunion avec les veines spinales posté- rieures, allant de même par le processus postérieur de la pie- mère ; elles sont plus fines que les précédentes. /l° Des anastomoses transversales très fines cuire les deux veines. §V. Les systèmes nerveiux. Les fibres primitives des racines des nerl's prennent leur orijiine dans la substance grise, un rôle que déjà beaucoup d'anciens sa- vants lui avaient attribué ^Vicq-d'Azyr, Rei!, l.cniiossék, Bellin- Scri, Bnr(]a(4i, etc.) (2). Les fibres primitives des racines ner- veuses apparaissent librement entre les cellules nerveuses de la substance grise : elles se groupent encore en dedans de la substance grise en fascicules. Plus loin, ces (asciculcs traversent simplement les fibres primitives de la substance blanebe pour jiasser directe- ment à la tbrination d'un 111 de racine situé à la surface extériein'C. Comme une cxcepliou doit être désignée, l'origine, ou un jimlou- gcnieiil d'une cclhdc nerveuse, se continue immédiatement dans les filiri's primitives d'une racine nerveuse. Il y a quatre sortes de systèmes nerveux qui déiicndeni tous de la loi générale : que, selon la fonction physiologique qu'elles ont à remplir, les racines nerveuses prennent naissance soit dans les colonnes motrices seules, soit dans les coloimes sensitive.s seules, .soit dans les deux à la fois. î. Le système moteur. Il comprend non-seulement les racines spinales antérieures comme on h croyait jusqu'à jjrésent, mais au.ssiles nerfs cérébro-s|iinaux moteurs (pii se suivent, de manière qu'après la racine antérieure de la première paire des nerfs spi- {\) A. abHaller. Etemenla phtjsiologiw corporis huniani, I. Vlll; Lausanna:, 175.5-1766, 4, t. IV, p. 82. (2) Vicq d'Xz)r, Opère el loco citaio. — J. Cli. Keil f., Arcliiv. f. Physiol., t. IX; HalUe, p. 493. — M. a. I.enliossélc, Pltijsiologia mcdicinalis, l. \, 1816-1818: Pestmi, l. IV, p. 161. — Bellingeri, op. cit., p. 30. — Burdach, op cil., l, 1, p. 130. STRICTIIRR INTIME DE LA MOELLE ÉPINIÈRE. 267 nauxvieiiiieiil déjà dans In moelle allongée les iMcines de l'hypo- glosse, et au pont de Yaioli les raeines de l'oeulomoleiir externe du facial, de roculomoleur interne, et enfin, dans les deux pédon- cules ilu cerveau, les racines de roculomoleur commun. Les fibres de ce sysicme se développent de inanière qu'il y a toujours une partie (|ui provient de la colonne motrice du côté opposé , et ainsi il se lorinc une déeussation sur la ligne médiane. Celte dé- cussalion a lieu l'ii dedans de la eouunissure , et immcdiatemenl avant le canal ceniral (1 i; elle prend daii.> la moelle allongée et dans le pont de Varole, oùla iii\la[Hisiliun a d('jà eu lieu, la place de la ii'iiniiiii de ces deux colonnes. 11 y a une excciition pour l'oculomoleur externe, où cette déeussation a lieu au uiilicu de la valvule du cervelet. Les fibres primitives des raeines spinales antérieures vont en convergeant en dedans de la substance grise , pour former pliisieius l'asciculcs primitifs (jui traversent à leur tour la substance blanclic en divergeant , afin de se rassembler de nouveau , après leur passage sur la pie-mère, pour la forma- tion d'im filet de racine. Il y a un rapport analogue entre les racines du nerf byitoglosse et de roculomoteur commun, tandis f|ue celles lie l'oculoinoteur externe du faci;il cl de l'oeulonioteur interne ne .■^onl au conliaire loinii'es que |iar un seul fascicule. Puis les fascicules |)rimilifs centraux de ce système vont eu bas et en avant; ils font avec l'axe spinal matbémaliipie lui angle fixe et iiivarialile de 32 degrés, excc[ilc les deux dcinières paires spi- nales fpii vont pre.siiue verliealeiuent. Entre tous les fascicules, il y a des interstices ipie la substance blanche parcourt sans inler- mplioii (2). A ce syslènic a(iparlicniicul aussi les racines intcrspinales an- térieures exi.^laiil plus rarement, cl formanl. coimne cela est connu, une dicliiiliiuiie en forme di' liiin'eliclle. IL l^e. système seinitif. Il comprend les racines siiiiiah^s posté- rieures, les raeines des nerfs acoustique, opiiipic et olfactif. Les (1) C. Kiïonbroih . l'ehn- illr LeiliiiKisgcselze im /(«cAiiimai-fr. Giesson, (849, P li. (î) l.nnhoîsi'îk, Nirvemytlm . p, 27, l:il) I (iz. I, r/: Ml) III, (i;; I, c (Ig 5; lab. IV. fig. 1-8, c. 268 J. DE LEtVnOfSSÉK. fibres primilives des racines spinales postéricm-cs se développent de manière qu'il y a toujours une partie provenant du côté opposé delà colonne sensilive, et ainsi a lieu une décnssalion sur la ligne médiane , en dedans de la eommissui'c et derrière le (\nnal cen- tral (1). Mais CCS fibres primitives, qui sont plus iines (pie celles des racines aniérieures, se r(''unisscnt encore en dedans de la substance yrise en nu seul fascicule assez Tort. Ce l'ascicide coupe la subslanc(^ lilaïu^lioct la pie-mère; il se r(''tr(''cil considé- rablement en passiuil à travers celle-ci. Leslasciculcs priiuilil's des racines spinales postérieures, qui se trouvent à la même bauleur que le cône de M. Longcl (tnberculum cinereum llolandoi) , tra- versent celui-ci ; ils vont en bas et en arrière, cl l'ont avec l'axe spinal inalliématique un angle également fixe et invariable de S^ degrés dirig('' en arrière, et excepté les deux dernières paires spinales qui vont pres(|ue verticalement. Le nerf acoustique |ii'ovient exclusivement des colonnes sensitives, qui son! déjà juNlaposées en dciKU'S , comme si la substance grise semblait s'y couliuuer (2). De nuMue, le nerf optiipie et l'ollaclif proviennent du dialamus o[ilique et du corps sirié, ilonl la substance grise est formée [lar la continuation immédiate de la colonne sensitive de la moilié latérale correspondante, [,'impossiliililé d'une diV'ussafion des fibres primilives de ces nerfs cérébraux ressoi'l déjà de la po- sifion des deux colonnes sensitives (3) . A ce système appartiennent aussi les racines inlers|iinalcs posté- rieures qui, dans certains endroits, ne nranquenl jamais. m. Le système radiaire. 11 commence déjà à la partie la plus externe du cône médullaire. Les fascicules primitifs rayonnent de Ions les côtés; ils ne proviennent pas immédiatement des colonnes, mais de loule Icurpéripbérie sortent des prolongements, qui bicn- (1) A. Hannover, Recherches microscopiques sur le système nerveux. Copen- hague, 1842, p. 14. — R. Wagner, Ueber die Elementar-Organisation des Gehiriis [Niiehr. v. ,(■; lab. II, fig. 1, q.q: lab. III, fig. 4, e,e: lab. iV, fig. e-7, e. (2) Lenbosséli, Medulla spinalis, p. 13. — Du même : ^'el■vcns[|St.,\1. 44, lab. III, fig. 4. (3) H. Bidder und C.-B. \\ekher[ , Zur l.clur von dem Verliœllnisse der Gaii- rjlien-liœrpcr zu den Nervenfasern, nehst lineiii Anluing von A. W. Vdlkiiiann. Leipzig, 18-57, p. 13 — II. Stannius, DusperiplicrisclK' Nervensyslem der Fisclic. Roslocli, 184'J, 4, p. 106. — Leydig, Uelji-r die Sclileimmnœte der Hnocheii- fisclie [Muller's Arcliiv, 1851, p. 244). — Hannover, Heclierches microscopiques sur le système ne rveui, lab. VI, fig. 7 el 8. — Ch. Robin, l'inslilut. Paris, 1847, l. XV, n" 687, p. 79, n" 699, p. 171 ; l. XVI, n° 733, p. 37. — A. Ecljer, /eilschrill fUr wisscnchafliiche Zoologie, l. I. p. 39. — Wagner, Vêler den llrni der elektrischen Onjane im ZiUerroclicii. GœU'mgen, 1847, p. 21. — C. Ludwig, Ueber die Herznerren des Frosches [Miillcr's Arcliiv, 1848, p. 139, lab. VII, fig. 1, 2, 6, 7 und 8). — J. Engel, Zur Analomie des A'eruMS sym- palliicus {\'ierteljahrschr. (iir die proktisclie Heilliunde. Prag, 1850, 1. XXVII, p. 143, fig. 7-13). (4) Clarke, Spinal chord . , p. 613 ; Aceessoriuslcern, lab. XXIV, fig. <2. STRUCTCRE INTIME DE LA MOELLI! ÉPINIÉRE. 271 grandeur; elles forment pur conséquent aussi des fascicules ner- veux plus forts dans la pie-mère, qui s'cnéloignent seuiemeni plus tard en haut de la moelle épinière. Elles présentent pareillement des cellules nerveuses extérieures et intérieures , comme dans le plexus de la pie-mère , mais proporlionnellemeni ]ilus grandes. Les cellules nerveuses intérieures produisent dans diffcrenls en- droits de véritables intumescences ganglionnaires, cl peuvent l'Iic considérées conune des répétitions en miniature de la gavglia aherrantia de M. Hyrfl (1), dans l'intérieur de laquelle il existe aussi des agrégations de ccllidcs nerveuses. Les deux racines supérieincs du nerf accessoire de Willis , de même que le pneumogastrique et le glosso- pharyngien, ont la même origine, principalement d'une continuation de la substance grise qui se forme justement au [loinl où la colonne motrice se réunit à la colonne sensilive, cl partiellement aussi de clia(|uc cobmne séparément. Les fdjres primitives forment des fascicules très forts allant en dehors en forme d'un demi-arc , cl traversant .soit le cône de .'\L Longcl, soit le corps restiforme. Ces fasci- cules se réunissent encore en dedans en un fil déracines, avant leur passage par la pie-mère. Tous les fascicules centraux de ces nerfs sont super[)osés sur une ligne , et séparés dans cer- tains endroits par des inlersiices assez grands. Ils forment avec l'axe spinal un angle fixe de 32 degrés, dont l'ouverture est diri- gée en haut. La grande racine du trijumeau prend ses fibres |)rimilive» dans la colonne scnsitive seule, tout près de l'aqueduc de Sylvius, jus- qu'au-dessus de la région des coips qnadrijumeanx. Ces libres forment des fascicules en forme de pinceaux en dedans du pont de Varolc, qui itrcnncnt des directions différentes de celles des autres nerfs. La petite racine du trijumeau iiait d'une coulinualion delà .■substance grise, (|ui se i'ornie justement là où la colonne motrice se juxtapose avec la colonne sensilive en angle droit. La |)ctitc racine passe plus en avant dans le jiont de Varolc (pie la grande. (I) J. Ilyrtl, U'iber eiivge bisher nic/il gekunule Ganglien der lensitivcn Nereeii (Ued. Jahrb. det K. K. 'eslerr. Staaies, l. XIX. I836,!i). 417, lab. I, B, G, II, fig. 2, C). 272 J. nE LENBOSSÉK. Ces fiiscicLilcs vont plus régulièrement, et s'ajoutent en partie à ceux de la grande racine (1). § VI. Les olives. Ce sont de petites hémisphères latérales parfaitement déve- loppées (2) apparaissant 1res tard chez l'embryon (3) , mais atteignant bicnlùt les dernières limites de leur développement. Elles ont tontes les parties élémentaires essentielles des deux hémisphères du cerveau , et ne se distinguent de ces dernières, que parce qu'elles ne sont pas situées superficiellement, car la couche zonale de M. Arnold les enveloppe extérieurement. Les éléments qui les constituent sont : r Les pédoncules des olives qui proviennent avec la racine moyenne du nerf hypoglosse en même temps, et de la même ma- nière des colonnes motrices. Chaque pédoncule passe sur le côté extérieur des fascicules centraux des racines de ce nerf, en se tournant plus lard en dehors par une courbure en forme d'un demi- arc, et pénèlrc par le hilus olivarum dans l'intérieur de l'olive. 2° La commissure lra7isversale des olives; elle réunit les deux olives, et se Irons c au milieu de leur hauteur; elle présente à l'œil nu une assez grosse bandelette formée par la substance blanche, et placée transversalemcnl, et pénèlrc pareillement avec ses deux extrémités par le Inlus olivarum dans l'intérieur des olives. 3° La substance médullaire de chaque olive, qui est d'un bleu élilouissant; elle est formée par l'extension du pédoncule et de la commissure; car, dès que ces organes coniposésdc vaisseaux plats ont passé le liihis , les fibres primitives vont en divergeant, et [iroduisent, comme pour les hémisphères du cerveau, une cou- ronne rayoniiée. 4" La substance corticale de chaque olive formant une cavité (1) Lenliossék. Ncrvensystem, tab. II, fig. 1, p. — Slilling, Pons Varnli, t;il). I, l; tab. XV, D, etc., etc. (2) J.-H. Aulcnrieth, Ilandbuch lier empir. mensch. Physiologie. Tubingen, 1801, t. III, p. 37. — Hyril, .-iHafom/e, p. 635. (3) C.-G. Carus, I\'ervensystcm, p. 287. — Fr. Tiedcmann, Gchirnim Fceliis d. Menschen, . c, p. GO und 96. ^TRl■C^lRE IMIME DE LA MOELLE ÉPIMÉRE. 273 ouverte en dedans et en arrière (Vicq-d'Azyr, Rolando, Slilling, Fœrg) (1; et qui en représente le hitus ; elle l'orme eomme celle des hémisplières du cerveau des circonvolutions, et se montre à l'œil nu sur des coupes transversales, comme une ligne en zigzag, (|u"on distingue très bien de la substance médullaire (corpus den- talum Vicq-d'Azyr, arbor vitœ olivarum de G. Prochaska; (2). Elle est une substance grise indépendante, n'ayant aucun rapport avec les colonnes dont elle est très éloignée. Elle renferme des cellules nerveuses , et est traversée par des veines considérables. 5° La couche zonale n'est qu'une parlie du slralum zonale de M. Arnold ; elle recouvre la surface externe des olives, à l'excep- tion de leur ouverture (hilus) (3). Les olives accessoires internes et externes de M. Slilling (4) ont la même structure , excepté qu'elles sont encore moins déve- loppées. Leur substance corticale forme une excavation peu pro- noncée. § VIL Les formations fasciculaires de la substance blanche. A l'origine de la moelle allongée, certaines parties des fibres longitudinales de la substance blanche se groupent en fais- ceaux (5^ et non en cordons, se dirigeant toujours de bas en haut; la forme de chaque faisceau est celui d'un pinceau. Ces faisceaux sont dans leur trajet de bas en haut traversés : 1° par les processus réiiculaircs provenant du seplum de Vicq d'Azyr(/î6rœ Iransversœ cinereœ {\c M. Slilling/; 2" par les processus rélicu- (I) Vicq-d'Azyr, Traité d'anatomie, etc., lab, XXIII, fig. 3. — Fœrg, Gehirn, p. 98, tab. I, fig. 3-S. (î) G. Proeliaska, De slniclura nervorum. Vindnbonif, 1779, p. 88, tab. I, Og. 3-5. — Du Diéme : Opéra minora, t. II; Viennœ, 1800, t. I, p. 360, tab. I, flg. 3-5. (3) Lenhossék, Medullaspinalis, p. 14. — Du mémo: !^ervens>jstem,\i. 33, lab. Il, fig. 1, c,f; fig. 2,c. a) .Slilling, Med.obl.,Ub. IV, fig. 2; tab. V,r; lab. VI, J. ~ Lenliossél<, Ntrvtnsyneiii , tab. Il, fig. 1 , h, i,k, k. (6) J. riir. Reil, Dtu vetlœngert:- Matik. Hn-lt. f l'hyaiul., 1809, l IX, p. i93). l' série, luoi.. T. VII. (Caliicr ii j.) * 18 11k i. OE LEKBOSSÉK. laircs de la substance grise des colonnes (fibrœ arci formes cinereœ de M. Stillhig). Par ce croisement, les fibres blanches qui consti- tuent ces l'aisceaux, en s'éloignant les unes des autres, augmentent de volume, et se subdivisent en petits faisceaux (substantia gelati- nosa des corps resliformes, etc., de MM. Remak et Kœllikcr) (1). Ces i'ormations iasciculaires sont : 1° Les pyramides. Elles sont formées par les fascicules fonda- mentaux de Burdach (libres primitives de Burdach) (2) et par les fascicules de décussalion fBerres) ; ceux-là en forment la concile externe , et sont la continuation des fdjres longitudinales de la ré- gion antérieure de la substance blanche ; ceux-ci forment la couche iiilerne des pyramides, et sont en partie libres au fond de la fente longitudinale antérieure. Ces derniers sont la continuation immé- diate d'une certaine partie des fibres longitudinales de la région extérieure et postérieure de la substance blanche. Chaque fascicule de décussation traverse en partant d'ici obli- quement, suivant en haut la substance grise, et va en même temps jusqu'au fascicule fondamental du c(Mé opposé ; ensuite il se re- dresse peu à peu, de manière que les libres primitives, aussi bien des fascicules fondamentaux que des fascicules de décussation, sont situées plus loin |iara!lclcmcnt. Ainsi superposés, ces fascicules se croisent dans la ligne médiane (Misticiidli, Petit, Vicq-d'Azyr, llaller, Rolando, Lenhossék, Burdach, Berres, Serres) (3) en dé- fi) Kemak, Of. eL lui. en. — Kitlliker, Milir. .Imitomm, p. 842. — .Vrnold, /coiies, lab. Il, lig. 10, /: « SiibetnuUa cinerea incorpore reslifnrmi. n (2) Burtiacli, Gchirn, I. Il, p. 29. (3) D. MisliclicUi, Trallulo deW apoptessia. Ronia, 1709, 4. — Fr. l'eUI, ladres duii médecin des hôpitaux du roi à wiaulre médecin de ses amis. Naiiiur, 1710, 4 — Vic(i-ci'Azyr, î"raiti! d'analomic, etc., p. 52 el H 1 > a Non des fibres qui se croisent, mais des pelils cordons. » — A. ab. Haller, ISibliolh. anatom. Ti"uri. 1774-1777, t. II, p. 09. — Rolando, Memoric délia r. Accadcmiadi Torriiu), l. XXIX, p. 6. Lab. 1 el II, 6. — Du même, Op. cit. — M. a Lenhos- sék, /'/iiys/oi. inet'ic, l.IV.p. 124: i( Accipiunt corpora pijramidalia insigiicauy- mentum u fasciculis meduHœ posterioribus , qui librillas inedullares in parros fascieulos colla-tas, seQue dccussantes in ea miltunt. n — Burdach, Op. et loc. cil. — Berres, Anthropotomie, p. 484. — E. Serres et Magendie, Juiirmil de phijsiol. expérini , l. III. n" 2. STRUCTURE IKTIME DE LA MOELLE ÉPIMÈRE. 27 dans de la substance grise iReil), et même en avant du cîiiial central. L'endroit de la décussation pyramidale au tond de la l'enle loii- fjitudinale postérieure correspond à la position partiellement su- )>erticielle des six paii'cs des fascicules de décussation : rinlérieur gauche de la première paire précède celui du même nom du côté droit , et le supérieur droit de la seconde paire, celui de l'autre côté ; ils produisent tous ensemble au fond de la fente longitudi- nale antérieure des lignes en zigzag, dont les angles tombent alter- nativement à droite et à gauche de la ligne médiane. Comme le septum pénèlre sur toute la hauteur de cet endroit en forme de crête au fond de la fente longitudinale antérieure , et que chaque fascicule de décu.ssation traverse obliquement celte crête, l'inter- stice formé par celle-ci, et la substance blanche qui l'avoisine, est en même temps couvert tantôt à droite, tantôt à gauche (1 > Par suite de cette direction différente de deux fascicules d'une paire qui se croisent, il se produit sur des coupes transversales une assymétrie ([ui .se répèle six fois sur chaque côté avec le même lype sur toute la hauteur de l'endroit de décussation. L'e.^pacc dans letjuel les six (laires de faisceaux s'enirecroisent est long de 12 millimètres (2). Chaque pyramide est recouverte extérieurement au-dessus de la décussation par un prolongement semi-luuaire de la sub- stance grise du se;j/M?n'3), et intérieurement chacune est tra- versé!! par d'autres prolongements assymétriques et irréguliers du seplum . 2° Les corps resliformes de Ridley (4) , funiculi cuneati de Hur- dach , se trouvent en arrière des olives , à gauche et à droite , cl produisent à la surface externe de la moelle allongée une prf)lu- (ri Stilling, Jlfcd. o6/.,p. 10, lab. IV, fig. 2, », et tab. VI,s. (î) Lenbossék, ifed tpinalit, p. 16. — Do même : Nervemysl., p. 'il sq , lab. I, (ig. 2, 3;tal). IV, lig. 1, a, (/, c; lig. S, h. '3j Monro, XervoinSyslem, p. Î9. — J. Gordon. /I. System o[ htimmi Ana lomy. Edinburgli, 1815, p. 183. — Uurdacb, Gehint, l. I, p. 247. (i; Kidiey, Anatomia cerebri. MUceltania Cur.C, 1706, p. 163, lig. 6, (,f lig. 7, Il h — BurUacb, tiehirn, I. Il, p. 3o -JT^i j. ut: i.txiiosstiK. ln'iiiiiLi: ijiii r>l ciiuxcrle par le stralum zona le lU- M. Aiiiolil. Ils Miiil Ibniiés lie la iiianii'ix' suivaiik' : iiiio |iarlic tie la ivyioii |ioslé- rii'iirc et lalci'ale des libres loiigitiiiliiiales de la substance blaneiie, ijiii coiiipreiKl aussi une partie de celles du funiculus gracilis , piond, dans son trajet ultérieur en liaut, les propriétés des l'orina- lions i'asciculaires. lis sont traversés dans la moelle allongée non- sculenienl par les processus réticulaires comme par un gros .grillage , mais aussi dans les dit'térenles hauteui'S par les racines des nerfs pneumogastrique etglosso-pliaryngien. Après avoir Ira - \crsc le pont de Varoli , ils i'ornient en grande partie les criM'a cerebelli ad medullam oblongatain [2}. o° Les fascicules de M. Stilling ; 3) des deux côtés de la cloison médiane sont lormés ainsi ; le reste des fibres longitudinales de la substance blanclie de la moelle épinière va successivement UN peu en dedans, cl iirend dans son trajet ultérieur en liaul les propriétés des l'ormations I'asciculaires. Ces t'ascicules se rangent en plusieurs couches contre la surface latérale de la cloison mé- diane , et remplissent le grand espace existant entre celle-ci et la face iidernc des colonnes. Ils sont ti'aversés, dans la moelle allon- g/'c, par les racines du nerf hypoglosse, et dans le pont de Varoli par les racines de l'oculomoteur externe cl du facial. Ces fascicules remplissent les aréoles partiellement régulières, oblongues et qua- drangulaires, (|ui sont limités par les proce.ssus réticnlaires(4). § VIII. Le stratum zoiiale de M. Arnold. 11 est formé par une forte couche de libres primitives parallèles à droite et à gauche de la moelle allongée, et à toute leur surface, allaid obliquement de bas et d'arrière en avant et en haut. Dans certains endroits , ces fibres, en se superposant et en s'effilanl. produisent des bandelettes courbées dans différents sens, et notam- ment autour des olives externes {processus ardjormes de Sauto- (1) Lenliossék, .Verve/is., p. oo, lab. II, fig. I, o. (2) Stilling, Med. obi., lab. V et VI, m; tab. Vri, fig. 1-6. — Du même : Poti.'i Varoli, 1. c. 3^ Lenhossék, Serccnsustcm, p. 63, tab. I, fig, -, m; tab. II, fig. 1, (, ('. STRl'f.TlRE INTIMF. DR l.\ MOIXI.K KPIMERK. '2 i i rini) ■A). On ne peut piis (li'leniiiiior ovi^p siirolé Imir oriiiiiic. Ir siratiimzonale psI Iravorsé, dans la mopllf all(iiif;(''f'. parli>sra(iui'> (lu nerf accessoire (le \Nillis, ilii pneiiiiMisaslrii|iie e| ilii liiossd- |(liaryn?ieii (2 . § IX. Le système des libres du seplum médian de Vicq-d'Azyr. Il est l'ornié : 1° par des libres lougilitilinales superposées ."'; mais elles ne soni |ias parallèles dans nii iiiènu' plan ; ear elle^ traversent diagonalemenl le seplum d'arrière en avant, el se croisent dans la lifiiie médiane sous des anfiies très aijius ; 2° par des libres transversales qui vont plus oliliquemenl , pi'o- duisent ainsi d'arrière en avant plusieurs eroisemeiils dans l.i ligne médiane, sons des anîîles très obtus; elles passem du de- hors en dedans par les processus réticulaires, lransversan\ l'i a rei formes h . L'origine des libres transversales cl longitudinales es| dès obscure. ij) Saiilorini, Tahulœ xeplemdecim, y.il. (î) Arnold, Icuiies fasciculus primus, lab. II. fig. 4, c, lig. (i,f. — I.cnlio.ï- .«Hk, .\ercens..]t 6.i, lab. I. fig. î, q; tab. II, fig. I, /i, fif. 2, i, c (3; G. K. Treviraniis, Dintogie. nopUingen, i«0?-l82l. l. VI I. V. p. iH sq. — Gordon, .iniilomy, I. c. — Fipri. Cehirn. \\. 72, lali III, lig. i-4. (i' Lenlio-ïsék. .Yeri'erisi/s/i';», p. fifi. NOTE SDR QUELQUES INSECTES DES GROTTES DE L'ARTÉGE. Par m. Ch. LESPI';S. Depuis longtemps les grottes de hi (^ariiitliic ol île la Carniole sont eélèbres parmi les naluralistes, non-seulement par leur im- mense étendue, mais encore par les animaux qu'elles renferment. Le Protéc a été le premier représentant connu de cette l'aune singu- lière, et encore aujourd'iiui ce n'est pas le moins remarquable des iialiitanis des cavernes. Mais bientôt il n'a plus été seul : petit à |ielil. les naluralistes ont complélé la faune souterraine aujour- d'bui bien connue. DesMol!us(|ues, des Cru.stacés, des Aracbnides, et surtout des Insectes, presque tous privés d'yeux, peuplent ces excavations. La découverte d'animaux analogues, babitant la grotte du Mammoulli dans l'Amérique du Nord, est aussi un fait très re- marquable. Deux Poissons, des Crustacés, dont une Écrevi.sse, des Arachnides et des Insectes, vivent dans cette caverne (1), Il paraissait donc que toutes les excavations d'une certaine élendue devaient renfermer des êtres vivants particuliers, et ce (pii esl surlout inqiorlant, assez voisins les uns des autres : ainsi, les deux genres AnoplUhalmus et Adelops sont communs aux ca- vernes de Carniole el à celles du Kentucky; le second, il est vrai, esl représenté aujourd'hui par une quinzaine d'espèces, et seule- ment deux appartiennent aux cavernes de Carniole et une à la grolte du Manunoulh. Ton! dernièrement une autre espèce a été Irouvéedans une caverne de France, à Isturilz, près de Rayonne (2); les autres vivent en général sous les pierres ou les feuilles mortes. Quant au genre Anophtbalme, il n'a jamais été trouvé que dans (1) Tellkampf in Mullcr, Arch., 1844, t. XI, p. 381 . (2) L, Fciirmiiirc , Mise, enlom {Ann. soc enlotn. Fru'ice, 3' série , t. IV, p. 325). INSECTES DES CROTTES DE l'aUIÉGE. 279 les cavernes, en Carniole et an Kentucky ; cet élé un seul individu, encore non décrit, a été découvert dans l;i i;rolle de Bé[iiiiri";ini, près de Pau. C'est, comme l'on devait s'y allendre, une espèce nouvelle. J'ajouterai à cette longue liste de Coléoptères sans yeux, hôtes des grottes profondes, les noms de deux nouvelles espèces ap- partenant à des genres connus : l'un est un AJelops, l'autre appartient au genre Leptoderus, représenté jusipi'ici par trois es- pèces propres à la Carniole. Avec eux vit un 0|Mlionideipie je n'ai pas encore assez étudié, mais il a des yeux qui doivent pourtant lui être peu utiles, car il se trouve dans les parties les plus [iro- tondes des cavernes et parait l'aire la chasse au Leptodents. Désireux depuis longtemps de visiter les grottes de l'Ariége, j'ai pu celle année, à la fin de septembre, mettre mon projet à exécu- tion en compagnie d'un entomologiste toulousain, auquel je suis heureux de dédier une des espèces que nous avons trouvées en- semble. Nous avons visité quatre cavernes situées aux environs de Ta- raseon (Ariégei; elles semblent appartenir à un vaste groupe de fentes dont quelques parties sont seules accessibles. Ouvertes au nord, elles ont toutes à peu près la même direction vers le sud ; puis à une profondeur (jui varie de 500 à 1000 mèli'es, les gale- ries se dirigent vers l'est : autant au moins que l'on peut se rendre compte sans boussole de cavités aussi profondes et dont quelques- unes sont bien peu régulières. Vues à une certaine distance, les montagnes des environs de Tarascon .semblent [)ercées d'un nombre considérable d'ouver- (ures, mais la plupart ne conduisent rpu; dans des cavités de peu (l'élendue. Il est |)0urtanl probabb; que les conununicalions sont nombreuses entre les diverses grottes, car les courants d'air sont fréquents et souvent assez forts. Grotte de Hédeilliac. — Elle |teul avoir ISOO mètres de ]irofon- deur ; dès l'entrée, elle est très large 40 uièlresj et la voùle est très élevée , mais à peu jjfès dépourvue de stalactites. Le sol en •si très imi el compose': dans la partie profonde par un calcaire po- reux, cxlrèmemenl li-gci-, ipie l'^n exploite, en certains points. 280 en. LESPÉs. pour la constriiclion des cheminées de forges catalanes. Les guides se servent de torc.lies de paille dont ils jettent toujours l'extré- mité. Celle-ci devient la nourriture de VAdelops que je décrirai plus loin; nous l'avons seul trouvé dans celle caverne, mais il y était en plus grand nombre que dans aucune autre. Grande grotte de Niaux. — L'ouverture en est fort étroite; elle est fermée par une petite porte, mais presque aussitôt après l'entrée, on arrive dans une grande salle dont la voûte est ornée de stalactites fort nombreuses. C'est là que nous avons trouvé le Leptoderus pour la première fois. Il habite les parties humides, le plus souvent il marche à la surface des stalactites. Il semble recher- cher les détritus de paille qui sont loin d'être communs. .\ la suite de cette grande salle commence une galerie fort longue dont le sol est sec et la voûte sans stalactites ; vers le milieu pourtant, on en trouve un groupe dont le passage offre quelques difficultés, et qui finira par l'obstruer entièrement, comme cela parait avoir eu lieu pour la grolte dont je parlerai plus bas. Nous n'avons rien trouvé dans toute cette galerie, sinon un Prislonichus angvslalus au massif de stalactites ; les insectes de ce genre vivent en général dans les endroits obscurs, et cette espèce n'est pas bien rare dans les Pyrénées. Celui-ci avait dû faire à tâtons plus d'un kilomètre. Après une petite salle, remplie presque en entier de gros blocs de roche, commence, à gauche, une longue galerie dont le sol est formé, en plusieurs points, de gravier roulé. Elle présente, sur le côté, une salle très vaste, à moitié remplie par une vraie colline de gravier. Les stalactites se présentent par petits groupes dont un, nommé par notre guide, les Piliers Blancs, est formé de trois colonnes très belles. Vers le fond, la voûte s'abaisse et ne porte plus de stalactites, mais le marbre (]ui la forme présente un poli parfait. On arrive enfin à une sorte de grand bassin plein d'eau, dans lequel nous avons en vain cherché des animaux. Notre guide nous a assuré que ce bassin n'a guère qu'un mètre de profondeur; on peut le traveiser, et la grotte continue encore fort loin, sans que l'on en connaisse la lin ; un courant d'air assez fort porte à croire qu'elle s'ouvre à l'cxti'rieur. Dans la partie profonde, nous n'avons trouvé wwnu iiisei'le. INSECTES DES GROTTES DE l'aHIÉCE. 281 Petite grotte de Niaux. — Celle-ci est ù peine profonde de k ou 500 mètres ; elle se compose d'une galerie principale, lirus- quement obstruée par un massif de stalactites; mais une ouver- ture permet de voir que la galerie continue plus loin. De la voûte pendent de nombreuses stalactites très petites. Vers le fond, nous avons retrouvé le même Prisloniclws et quelques Adelops. Grotte de Sahart. — C'est la plus remarquable, mais aussi la plus difficile ; aussi bien peu de personnes la connaissent. Après une descente roide, on traverse, sur des roches, nue flaque d'eau, puis, par un passage très bas, on entre dans une immense salle ronde occupée par un cône de roches éboulées. De celle-ci, on passe dans une seconde, et on arrive à une galerie irrégulière ter- minée brusquement; nous en avons évalué la profondeur à 1500 mètres, c'est aussi le nombre que nous ont indiqué les guides. De ce point , par une fente de la voùle, on aperçoit une lueur lointaine ; une ouverture latérale très petite donne passage à un courant d'air rapide. Divers débris sont tomhés par la fente de la voùle, ils servent de nom-riture au Leptodents; nous trouvons au.ssi quelques Tinéides venues par la même voie. C'est surtout en ce point que nous avons trouvé de nombreu.v échantillons de Leptodère, rare partout ailleurs. Comme ses congénères de (^ar- niole, il recherche les points où les stalactites .sont nombreu?es; aussi est-il commun dans ïelte grotte qui en est entièrement ta- pissée. Ces trois dernières grottes sont creusées dans la même mon- tagne et leurs ouvertures sont très rapprochées; celle de Bé- deilhac appartient à une autre montagne distante d'une dizaine de kilomètres. Otte dernière, et la petite grotte de Niaux, ne nous ont offert quelles Adelops; ce .sont deux cavernes peu profondes, et renfermant .seulement de petites stalaclites. Les deux autres nous ont donné très peu iV Adelops (deu.x ou trois cliacunet, mais en rcvanclic des l^ploderiis, sui'Ioul as exister. Notre insecte marche lentement à la surface liumide des stalac- tites, la lumière ne rim[u'cssioruie en rien, mais au moindre bruit, il cherche à fuir, et s'il trouve une petite cavité, il s'y blottit. On voit que ses habitudes diffèrent en ce point de celles de ses congé- nères de Carniole (fui contrefont le morl à la moindre alerte. Adelops Pyreneus ("2). I.ong. forp. S"""',:; — i""'. Ferrugineus, corpus totuin pubescens. Oculi nulli. Anleiinre simplices in capili-; fiKsiil.i liiii'iali inscrtx', undecim arliculal;c, arliculo oclavo iiii- (I) PI. 17,11;,'. 10, II, 1i,n, 11. i;i. '»■ Fig. Ui el 17 28/l CH. I.ESPÉS. — INSECTES DES GROTTES DE l.'.vniÉr.E. nuto. Thorax antice altenualum, postice dilatatiim, angulis anlicis redis, posticis acutis. Elytra ihorace paulalum latiora , ad apicem roliindata , stria brevi sulurali impressa, 'farsis anterioribus diiatatis quinque (f/') vel quatuor ($) articulatis. Celle espèce esl remarquable par sa grande laille : ses congé- nères ayant au plus la moitié de sa longueur. De même qu'on l'observe chez quelques autres espèces du même genre, la place des yeux est occupée par une sorte de tubercule arrondi situé au- dessus de la Ibssette antennale. Elle recherche les détritus, et surtout les pailles à moitié pu- tréfiées. EXPLICATION DES PLANCHES. PLANCHE 17. Fig. 10. Leptorlcnis Querilhaei , ^ . Fig. 1 I . Antenne du même. Fig. <2. Labre. Fig. 13. Lèvre inférieure et palpes lahiiiiix Fig. <4. Mâchoire el son palpe. Fig. 15. Mandibule. Fig. 16. jldefops Pyreneus ^f. Fig. 17. .Sa tête vne de face , pour monirer les Inbercule» qui rempliicent les veux. NOTE sut LA P PA R E 1 L G ASTR - V A se U L A 1 R E DK QUELQUES ACALÈPHES CTÉNOPHORES, Par m. niLIVE EDWARDS ^ 1 . Pendant un voyage que j'ai t'ait sur les côtes de la Sicile, il y a une douzaine d'années , j'ai eu l'occasion d'étudier la structure de plusieurs Acalèphes, dont l'organisation n'est i]u'imparfaitemcnt connue ; le désir de compléter mes observations m'a empêché Jusqu'ici de les publier; mais en rédigeant un des chapitres d'un ouvrage dont l'impression se poursuit en ce moment (1), j'ai eu besoin de citer quelques-uns des l'ésultats ainsi obtenus, et cette considération m'a déterminé à en dire ici quelques mots. Le systènie gastro-vasculaire du Lesueuria vitrea, que j'ai fait connaître en 1841 (2;, jieut servir de terme de comparaison pour l'étude de rajipareil irrigaloirc de tous les (]ténophores ou Aca- lèphes ciliobranches, et il me parait intéressant de montrer que, malgré la grande diversité de formes qui se remarque dans cette l'amille naturelle , le mode de constitution des principaux inslrumenls |ihysiologi<|ues y est partout , à peu de chose près , le même. Le premier exemple que je choisirai ici pour montrer cette simi- litude de structure est une grande et belle espèce de Béro'idien, que je ne crois pouvoir rapporter à aucune de celles déjà décrites, et que je désignerai sous le nom de Chiaia palenniiatia ; mais avant de parler de son anatomic, il me semble nécessaire d'indi- (1) huons sur lu phyiiologie générale el l'analomie comparée des animaux , loin. III. (2) Obêervalions lur la tliuciurc d/' quelquei /oophylel. (Anii, des le, nul., î* uérie. l. XVI, p. 193.) 286 MILNE EDWARDS. — APPAREIL GASTRO-VASCULAIP.E f|ucr les motifs ijui ni'oiil guidé d;uis cette détcrmiiKition ; car il règne dans la classincalion de celte famille d'Aeulèiilies une si grande confusion , qu'il est souvent très dilTicile de se rendre compte de la valeur des mots dont on l'ait usage pour désigner ces Zoophytes. Le Chiaia Palennitana ressemble beaucoup à l'espèce que M. DelleChiaje a fait connaître sous le nom d'AlcinoepapiUosa[l). Lesson (2) a séparé, avec raison, ce dernier des Alcinoés de Rang (3) ; car chez ceux-ci , de même que chez les Bolinies de Mer- tens, le corps est lisse, tandis que dans l'espèce de M. Délie Chiaje,ilest couvert de gros tubercules papilleux, caractère qui le rapproche des Euckaris de .M. Eschschollz (4). Cet Aealèphe diffère aussi de VEucharis Tiedemannii, qui est le type du genre Eucharis par le dévclo|)pement inégal de ses ambulacres ou côtes frangées, lesquelles sont toutes de même longueur chez ce der- nier, tandis que dans l'espèce précédente les deux paires extérieures sont très longues, et descendent jusques auprès du bord inférieur des lobes latéraux, mais les deux paires intermédiaires sont fort courtes, et n'occupent guère plus de la moitié de la hauteur du corps. Le genre Chiaia de Lesson se distingue donc nettement des Alcinoés et des Eucharis, mais ne me semble pas différer de la division générique précédemment établie par Mertens sous le nom de Leucothoél(5) , qui devrait être conservé par droit d'aînesse, s'il n'avait déjà a|)partcnu à un gem'c de crustacés fondé par Leach en 1814. Il est probable (|ue le corps de ce Béroïdien, décrit et figuré par (1 ) Délie Chiage, Memorie sur la storia c nolomia dcgli animuli scnza vertèbre dcl regno di Napoli, t. IV, p. 7, pi. SI , fig. i. — Ce volume porte la dale de 1 829, mais ne fut imprimé que plusieurs années après , car il y est question de publications faites à Berlin en 1831 (voy. pi. viii). (2) Lesson, Hist. nal. des Zoophules acali-phes, 1843, p. 77, (3) Rang, Etablissement de la famille des Béroides, etc. {Uém. delaSoc. d'hist. uat. de Paris, 1828, t. IV, p. 166, pi. 29.) (4) Esclischoltz, System der Acalephen, p. 29. (5) Uerlens, Beobachtungen und Unlcrsuchuniicn liber die Beroearlkjen Akaler \)hen. [Mèm. de l'Acad. de Sainl-Pétersbourg, 6' série, se. matli., phijs. et nal., t. II, 1833, p. 499.) DE QUELQLES ACALÈPHES CTÉNOI'HORES. 287 MM. Quoy et Gaimard sous le nom do Beroe mullicornis (1\ pro- venait soit d'un Chiaia papillosa, soit d'im Chiaia palermitana. ou de (jueliiuc autre espèce du mèuic genre; mais c'est uu Ihig- nient informe qui est complètement indéterminable , et ce serait surcharger la nomenclature d'un noui sans signification que de l'enregistrer dans nos catalogues zoologiques. L'espèce que Will a appelée Eucharis mullicornis (2), a clé au contraire très bien étudiée, et peut être rapportée, comme les précédentes, au genre Chiaia de Lcsson. Dans l'élat actuel de la science, on connaît donc trois Acalcplics ayant l'ensemble de caractères propres à cette petite division , et ce qui les distingue princi|>alement entre elles, ce sont les proportions do leurs lobes latéraux ou ailes, et de leur corps. Dans le Chiaia papillosa^ les lobes latéraux paraissent être beaucoup plus coinls que la portion moyenne du tronc de l'animal ; dans \c Chiaia mullicornis, ils .sont au contraire beaucoup plus longs, cl dans l'espèce nouvelle, que je désigne sous le nom de Chiaia palermitana, ne dépassent que de fort peu le bord inférieur du corps. Au premir abord, ce carac- tère m'a semblé ne pas devoir suffire pour l'établissement d'imc espèce; mais j'ai vu qu'il coïncidait avec d'autres pai'licularilés de slnicturc, dont l'importance est évidente. Je n'hésite donc pas à em'egisIrcrloC/imia palermilana (hmrAc calalogiicdcs Ik'roïdicns. § "2. La [loiiion vcstihulairc de l'appareil gasIro-vascMJaiic de ici Acalèphe est disposée de la môme manière ipie clicz le Le- stieitria, et constitue un estomac de foiinc à peu près cylindrique qui ocrujic l'a.xe du corps dans plus des trois (piarls de sa lon- giiciu'. Kllcest évasée transversalement (S) à son embouchinc, et (I) Obaervalions sur les Bii>horcs et lus Ilà-oùs fitiU'S pundatU /<: voyage autour du monde de la corvelte l'Uranic. (Ann. des se. »«!., 1 S2!), t. VI, p. iS. pi. 1 , f.g. 1.) (î) Will, llorœ Tergerstina.', in-4. Lcipzick, 1844. ■ ■> (3) En dccrivani les Bcroîdiens, j'appelle côtés du corps les parlios corres^ IKmdanlcs aux ejln-inilésde la ro:^seUo dorsale, en forinodo sillon frangé, au fond duquel se Irouvu lorgane ocullfornie, et facos anlérieure ou postérieure les par- tie* du corps qui correspondent au petit axe do cette fossette. La ligrie inédiciiic eM donc, pour moi, collequi correspond au plan vertical passant par l'axu vertical du corps et par le petit diamètre de la fossoUe dorsale. 28b MILWE EDWARDS. .VPPAKEIL r.ASTKO -VASOl L.unE garnie d'une membrane labiale froncée, que limite supérieurement une ligne eourbe portant des lllaments tentaculaires. L'espèce de frange ainsi formée descend de chaque côté de la bouche, jusqu'au point de réunion du bord inférieur du corps avec les lobes laté- raux, et remonte ensuite le long de la ligne de soudure de la l'ace interne de ces lobes avec le corps jusqu'à leur extrémité supé- rieure (1). On dislingue aussi à la face interne de l'estomac deux bandes membraneuses et froncées , qui descendent de l'extrémité supérieure de cette couche jusqu'à une petite distance de la ligne labiale dont il vient d'être question, et qui, lixées le long de la ligne médiane, sont libres latéralement et épaissies sur leurs bords. Je suis porté à croire que ce sont des organes sécréteurs. A l'extrémité supérieure de l'estomac se trou\e un orifice pylo- rique qui est susceptible de se fermer ou de sedilaler, et qui domie dans une seconde portion de l'appareil gastro-vasculaire. Celle-ci est une petite chambre qui reçoit dans son intérieur les matières nutritives déjà élaborées , et qui , pour cette raison , peut être dé- signée sous le nom de ventricule chylifère ; elle se termine en cul-de-sac, immédiatement au-dessous du ganglion nerveux cen- tral, qui, chez les Cliiaia, de même que chez lesLesueuries, occu[)e l'extrémité supérieure de l'axe du corps, et porte un organe ocu- liforme (2). Quatre canaux ascendants, que j'appellerai les troncs pért~ gastriques supérieurs, naissent de la partie inférieure du ventri- cule chylifère, et montent en divergeant, de façon à circonscrire un espace en forme de pyramide quadrangulaire renversée, au fond duquel se trouve placée la fossette dorsale; mais bientôt cha- cun d'eux se bifurque, et leur brani'he externe, qui semble être la continuation du tronc d'origine, s'avance jusqu'au sommet du grand ambulacre latéral du côté correspondant, puis se recourbe en bas pour suivre cette côte vibratile dans toute son étendue, et se prolonge même au delà jusqu'à l'extrémité inférieure du lobe (4) Planclie 14. (2) En désignant ainsi ce poinl coloré, je n'entends pas me prononcer sur les fondions de cet organe, que M. Kolliker considère comme étant une vésicule au- ditive. (Voy. Froiicp's neuc Notizen, 1813, n. 331, p. 82.) DE QUELQUES ACALÈPHES UTÉNOPHOKES. 289 latéral. Là chacun de ces quatre canaux sous-costaux exieriics se recourbe- en dedans pour remonter le long du bord inférieur du lobe, et suivre le bord du voile labial jusqu'au milieu du corps, où ceux d'une même paire se réunissent entre eux, et sanastomo- sent aussi avec un des canaux périgastriques intérieurs, canal ver- tical profond qui remonte le long de la ligne médiane de l'estomac, et va déboucher dans le ventricule chylifère. Ces vaisseaux con- stituent donc sur chacune des faces du corps deux cercles complets, dont le segment externe est formé par le canal costal, et le segment interne est représenté par le canal |)érigastrique inférieur , et appartient en commun aux deux systèmes ; mais les cercles vascu- laires des faces opposées du corps sont indépendants l'un de l'autre, et ne communiquent entre eux que par riutermédiaire du ven- tricule. La branche interne des quatre troncs périgastriques supérieurs se porte transversalement en dehors et en avant pour rejoindre la côte frangée intermédiaire ou petite côte correspondante; mais au lieu de se rendre directement à l'extrémité de celle côle, ainsi i|ue cela a lieu chez le Lesueuria, chez le Chiaia papillosa et chez le Chiaia multicornis , à en juger par les figures (|ue MM. Délie Chiaje cl W'ill ont données de l'appareil gastro-auriculaire de ces Béro'idiens , elle y arrive vers le tiers de la longueur de celle-ci, et s'y divise en deux branches : l'une ascendante, qui se termine en cul-de-sac -, l'autre descendante, (|ni, parvenue à l'extrémité inférieure de la cote frangée dont elle dépend , se recourbe en haut cl en dehors pour gagner la base du tentacule correspon- dant, puis longer cet appendice jus(ju'cn haut, et remonter du tùlé opposé jusqu'à son point d'inseiliun au corps; ce vaisseau décrit ensuite une seconde courbure pour gagner le sommet du bord interne du lobe latéi al situé toul auprès , descend le long du sillon cirrhifcie qui si'pare ce lobe de la face antéricuic du corps , suit le bord supérieur du voile labial, sons la ligne de iilamenls dont il a déjà été question ; enlin seré-unit à son congénère sur la ligne médiane, absolument comme nous venons de le voir poin- les vais- seaux costaux exlei'ues, et s'y anasiomose avec un second vaisseau |M'rigaslri(pie inl'i'riein', (pii, plac(' plu> siqu'ilicicllcNiciil (|iir le 4* série. Zooi. I'. VII. (Caliier ii' .ï.) ^ <9 290 nlLNE EUWAHDS. APPAHKIL GASTHO-VASCLLAIRE précédent, remoiile de même le long de la l'ace aniérieurc ou postérieure de l'estomac pour se terminer supérieurement dans le ventricule cliylifère. On voit donc que, sauf le mode d'origine des quatre canaux costaux internes ceux des petits ambulacres), et l'existence d'une anse vasculaire à la place du tronc tentaculaire dépendant de cha- cun de ces canaux, le mode de disfritaition des conduits irrigatoires est tout à l'ait le même ijuc ciiez le Lesueiiria, et permet une cir- culation complète de la portion dn fluide nourricier qui se rend de l'estomac à cha(iue moitié du corps. Il est aussi à noter que les canaux costaux, au lieu d'être simples comme cliez le f.esueuria, sont garnis latéralement d'une série de petits cœcums qui en par- tent à angle droit, poin* longer les lignes d'insertion des franges locomotrices ; mais ces branches ne dépassent pas les bords des côtes, et ne se ramilient pas comme chez les Béroés. Dans le Bolina data, dont M. Agassiz a étudié l'organisation, la disposition de l'appareil gastro-vasculaire parai! aussi ne diffé- rer (pie l'orl peu de ce i]ui existe chez le Lesueuria. Il est même probable que, si ce zoologiste habile avait comiu les recherches publiées quelques années avant sur l'anatomie de ces derniers Béroitliens, il aurait pu compléter ses observations au sujet des anastomoses des canaux costaux latéraux avee les vaisseaux péri- gastriques inférieurs. Mais , quoi qu'il en soit a cet égard , il suffit de comparer les belles planches dont le mémoire de M. Agassiz est accompagné, avec les ligures de l'appareil gastro-vasculaire des Lesueuria, insérées dans le 16*^ volume delà 2' série des Annales des sciences natuvelles , pour se convaincre delà similitude géné- rale de ce système dans les deux genres en question T. §3. Les Gestes, dont l'anatomie n'est encore qu'imparfaitement connue , malgré les recherches de M. Eschscholtz (2), de U. Délie (1 ) Voyez Milne Edwards, Observations sur la slruclurn de quelques Zoophytes. (Ann. dessc. nat., 1841, série 2', t. XVI, pi. 3 et i.) — Agassiz, Contribulions lo the .Va(. Hisl. u[ Ihe Acakphœ of .\ortli America, part. 2, pi. 7 et 8. [Mem. o( Vie American Academij of Arls and Sciences. Cambridge, 1850, vol. II.) (2) Esctisdioltz, System der AkalepUen , pi. 1, lig, 1", 1' (1829). Il ne re- présente pas la portion inférieure du cercle circulatoire. DK QUELyUKS \C\LÈPHES CTÉNOfHOKES. '291 Chiajc 1 1 et (le Merlcns ^2i, diffèrent tant des Lesiieuries et des Chiaiés par la forme générale de lenr eorps , qu'on serait d'aiiord porté à croire que leur mode d'organisation doit être très diffé- rente ; mais il n'en est rien. Le même plan se retrouve dans la struelure de tous ces Acalèphes, et la diversité dans leur aspect lient principalemeni an raiiprocliemeiit des deux grandes paires de côtes frangées qui se touchent presque, à l'élargissement excessif du corps , et à la disparition des ambulacres intermédiaires chez les Gestes. L'épaisseur du bord de l'espèce de ruban formé par le corps de ceux-ci re[irésente les espaces interambulacraires la- téraux des autres Béroïdiens, et présente comme d'ordinaire, à sa partie supériein-e et médiane, une fossette dorsale, au fond de la- quelle se trouve un organe oeuliforme et un ganglion nerveux central, semblables à ceux que j'ai di'couverts chez le Lesueuria , mais beaucoup plus petits. La bouche occupe l'extrémité opposée du pcMe, dont le point ocnliforme marque le sommet et l'estomac qui surmonte cet orifice, et qui est très étroit, se termine comme chez les divers Béroïdiens dont il vient d'être question par un orifice garni de cils vibratiles , et conduisant dans le ventricule cliylifère, à la base duquel naissent comme d'ordinaire deux sys- tèmes de vaisseaux périgasiriques : les uns ascendants, les antres descendants. Le5|>rcmiers, toujours au nombre de quatre, n'offrent rien de remarquable; ils s'élèvent en divergeant vers le bord su- périeur du cor[is, et un peu avant d'y arriver se bifurquent. Leur branche supérieure ('onslitiie le vaisseau costal externe (|ui longe l'ambulacre correspondant jusqu'à l'extrémité latérale du corps ; l'autre branche, qui correspond au vaisseau costal intermédiaire des Béroïdiens, a (|uatre paires de côtes frangées , se recourbe imnK'iliaIcmenI en bas, descend à peu près |)arallèlement à l'esto- mac jusque vers les deux tiers inl'crieurs du corps, puis se re- courbe à angle droit en dehors, et va gagner l'cxtréinité latérale (i; DelIcCIjiaje, Op. al., l. IV, pi. S2, fig. 2. Il ne parait pas avoir connu les vaisseaux périgasiriques inférieurs. (î) Beohachlungen und L'nlertuchungen (ifter die flerocarligcn Aknlephen. {¥ém. de l'Aeait. ileSt.-Pélertbottrg, tcienc. mélh. phij$. et nat., t. Il, p. 179, pi. 4, Cg. 1 cl 5.) "2'J'2 inlI.NE EDWAHUS. APPAKEIL GASTRO-VASCL'LAIRE de l'espèce de ruban formé par le corps de ranimai (1). Là il s'a- nastomose avec le vaisseau coslal externe, et les deux canaux ainsi réunis se contiiment avec un vaisseau qui longe le bord frangé in- térieur du Geste pour retourner vers la bouche, et se réunir à son congénère sur la ligue médiane au-devant du voile labial , et s'y anastomoser avec l'un des vaisseaux périgastriques inférieurs. Ceux-ci , au nombre de deux seulement, sont disposés verticale- ment contre les parois de l'estomac sur les faces opposées du corps, et naissent, comme je l'ai déjà dit, à la base du ventricule cbylifère. anee de Fauconnette appartenant à M. Gaudiberl- Barret. L'inépuisable obligeance de JL Gaudibert pour tout ce qui a rapport aux sciences m'a permis, juscju'à ce ipie la lumière se fil, de fouiller im]nmément avec la pointe de mon pic desirueleur les lianes de la chambre monolithe; car cette métliode, empruntée à l'art du carrier, est la seule qui permette de se procurer le sujet de ce mémoire. Les faces latérales de celte excavation, surtout vers l'entré'C, cl le plafond, lorsque le roc n'y est pas inunédinle- inent à nu, sont forés d'une multitude d'oriliccs circulaires, pres- sés l'un contre l'autre jusqu'à se trouver fréquemment conligus. Ces trous arrondis dont la ri'gularilé peu! défier la tarière, et les corridors capricieusement llexuenx auxipiels ils servent d'cnirée, et qui s'enfoncent à 2 ou S décimètres dans les parois du hangar, sont l'ouvrage d'un Hyménoptère collecteur du miel, d'une Antho- phore, Ànllwphora pilipcs, fort commune dans ces contrées. C'est géné-ralciiient sous des abris plus ou moins pareils à celti que je viens de décrire qui' cet Hyménoptère établit son domicile. 300 FABKE. IIVPERMÉTAMORPIIOSE Je l'ai vu également mettre à profit des voûtes grossières en pierre sèche destinées à soutenir un remblai, et se glisser dans les inter- stices séparant les voussoirs bruts. Mais quand ces abris, ces grottes, soit naturels, soit produits par la main de l'homme, ne sont pas à sa portée, l'Anlhophore bâtit ses cellules dans l'épais- seur des nappes verticales d'un sol nu et exposé au midi, comme en présentent les talus des chemins profondément encaissés. Si l'on veut assister aux travaux de l'industrieuse Abeille, c'est dans la dernière quinzaine du mois de mai qu'il faut se rendre sur ces divers chantiers. On peut alors, mais à respectueuse distance, con- templer, dans toute son activité vertigineuse, le tumultueux et bourdonnant essaim occupé à la construction et à l'approvisionne- ment des cellules. C'est plus fréquemment dans les mois d'août et de septembre que j'ai visité les diverses localités habitées par l'An- lhophore . A cette époque, tout est silencieux dans le voisinage des nids , car les travaux .sont achevés depuis longtemps , comme le témoigneraient au besoin les nondjrcuses loiles d'araignée qui ta- pissent tous les recoins, et s'enfoncent en tubes de soie dans l'in- térieur des galeries de l'Hyménoptère. N'abandonnons pas cepen- dant à la hâte la cité naguère si populeuse, si animée, et mainte- nant déserte. A quelques pouces de profondeur dans le sol, dor- ment, jusqu'au prinlcmps prochain, des milliers de larves et de nymphes enfermées dans leurs cellules d'argile. Des proies suc- culentes, incapables de défense, engourdies comme le sont ces larves, ne pourraient-elles tenter quelques parasites assez indus- trieux pour les allcindre? Voici, en effet, des Diptères à livrée lu- gubre, mi-parlie blanche et noire, des Anthrax [Anthrax sinuata) volant mollement d'une galerie à l'autre pour y déposer leurs œufs , en voici d'autres plus nombreux dont la mission est remplie, et qui, étant morts à la peine, pendent desséchés aux toiles d'arai- gnée. Ici, la surface entière d'un talus à pic ou tout le plafond d'une grotte est tapissé de cadavres secs d'im Coléoptère (Sitaris humeralà) appcndus, comme ceux des Anthrax, aux réseaux soyeux des Araignées. Et donnant la vie au milieu même de la mort, parmi ces cadavres circulent affairés des Sitaris mâles s'ac- couplant !ivp(^ la piemière Icmelle (|ui jiasse à leur porico, tandis ET .M(IKUKS DES MÉLOIDES. 301 (jue les t'enielles fécondées enfoncent leur voluniineiix ahdomcn dans l'orifice d'une galerie et y disparaissent à reculons. Il est ini- |)Ossible de s'y méprendre : quelque grave intérêt amène en ces lieux ces deux espèces qui , dans un petit nombre de jours , appa- raissent, s'accouplent, [londent, et meurent aux portes mêmes des liabitations des Anllinpliores. Donnons maintenant quelques coups de pioche au sol où doi- vent se passer les singulières péripéties que l'on soupçonne déjà, et où l'année dernière pareille chose s'est passée ; peut-être y trou- verons-nous des témoins irrécusables du parasitisme présumé. Si l'on fouille l'habitation des Antliophores dans les derniers jours du mois d'août, voici ce qu'on observe. Les cellules, formant la couche superficielle, ne sont pas pareilles à celles qui sont situées à une plus grande profondeur. l^MIe différence provient de ce que le même établissement est exploité à la fois par l'Anthophore et par une Osmie [Osmia tricornis), comme on peut s'en convaincre par une courte observation faite au mois de mai. Les xVnlhopliores sont les véritables pionniers, le travail du forage des galeries leur ap- partient en entier : aussi leurs cellules sont-elles situées tout au fond. L'Osmie profite des galeries abandonnées , soit à cause de leur vétusté, soit à cause de rachèvement des cellules qui en oc- cupent la partie la plus reculée; et c'est en les divisant, au moyen de grossières cloisons de terre, en chambres inégales et sans art, qu'elle construit ses cellules. Le seul lra\ail de maçonnerie de l'Osmie se réduit donc a ces cloisons. C'est d'ailleurs le mode or- dinaire adopté, dans leurs constructions, |)ar les diverses Osmies, qui se contentent d'une fissure entre deux pierres, ou de la tige sèche el creuse de quelque plante, pour y bâtir à peu de frais leurs cellules empilées, au moyen de faibles cloisons de mortier. Les cellules de l'Aiithophon; d'une régidarilé géométrique irrépro- chable, d'un fini |iarfail, sont des ouvrages d'art creusés à une profondeur convenable dans la masse même du banc argilo- sablonnciix et sans auli-e pièce rap|)orléc (pie l'épais couvercle qui en l'crine l'orilice étroit. .Viiisi protégées par la prudente indiisti'ie de leurs mères, hors de loule alleinle au fond de leurs retraites solides el reculées, les larves de l'Anlophore sont dépourvues de 302 FABRE. — HYI'EKMÊTAJIORPHOSK l'appareil glandulaire destiné à sécréter la soie. Elles ne se lilent donc jamais de cocon, mais reposent à nu dans leurs cellules dont l'inlérieur est jioli avec un soin minutieux. En se laissant guider par ces lois providentielles qu'on ne trouve jamais en défaut dans les mille moyens employés par la nature pour sauvegarder même la moindre espèce, on doit s'attendre à trouver d'autres procédés de défense dans les cellules de l'Usmie, placées sous la couche superficielle du banc, irrégulières, rugueuses dans leur intérieur, et à peine protégées contre les ennemis du deliors ]iar de minces cloisons de terre. Les larves del'Osmie savent, en effet, s'enfer- mer dans un cocon ovoïde, d'un brun foncé, très solide, qui les met à la fois à l'abri du rude contact de leurs cellules informes et des mandibules de parasites voraces, larves de l'Anthrène, larves de Clerus octo-punclatus^ Acariens, etc., ennemi multiple qu'on trouve rôdant dans les galeries quœrens quem devoret. C'est au moyen de celte admirable balance entre les talents de la mère et ceux de la larve ((ue l'Osniic cl l'Antbophore échappent, dans leur premier âge, à une partie des dangers qui les menacent. Il est donc facile de reconnaître, dans le banc exploité, ce qui appartient à chacun des deux Hyménoptères, par la situation et la forme des cellules, et enfin par le contenu de ces dernières, consistant, pour rAnthophore,en une larve nue, et pour l'Osmie, en une larve in- cluse dans un cocon. En ouvrant un certain nombre de ces co- cons, on finit par en trouver qui, au lieu de la larve de l'Osmie, contiennent chacun une nymphe étrange que reproduit !a figure 1 (pi. 17). Ces nymphes, au moindre attouchement, à la plus légère secousse , se livrent à des mouvements désordonnés , fouettent violemment de leur abdomen les parois de leur demeure qu'elles ébranlent et font entrer dans une sorte de trépidation. .Aussi, sans ouvrir même le cocon, on est averti de la présence de cette nymphe par un sourd frôlement qui se fait entendre dans l'intériem' de l'ha- bitacle de soie lorsqu'on vient à le remuer. L'extrémité cépha- lique de cette nymphe est façonnée en espèce de boutoir armé de six robustes épines, et qui constitue un appareil éminemment propre à fouir. En outre, mie double rangée de crochets règne siu" l'arceau dorsal des quatre segments antérieurs de l'abdomen, et enfin un KT MOECRS DES .MÉLOÏDES. oOS l'aisceaii de pointes acérées forme l'armure de l'exlrémilé anale. Si l'on examine attentivement la surface de la nappe verticale de terre qui recèle ces 'divers nids, on ne tarde pas à découvrir des nymphes pareilles aux précédentes, engagées par l'exlrémilé pos- térieure dans une galerie île leur diamètre, et ayant l'extrémité antérieure librement saillante au dehors. Mais ces nymphes sont réduites à leurs dépouilles sur le dos et sur la tète desquelles règne une lont^uc lis.snre par où s'est échappé l'inseclc parfait. La destination de la puissante ai'iniu'e de la nymphe devient ainsi manifest(» : c'est la nymphe ipji est chargée de déchirer le cocon tenace ([ui l'emprisonne, de fouiller le sol compacte oii elle est en- fouie, de creuser une galerie avec son boutoir à six jjoinles et d'amener enfin au jour l'insecte parfait ineapalile, apparemment, d'exécuter lui-même d'aussi rudes travaux. Et en effet, ces nym- phes, prises dans les cocons, m'ont donné dans l'intervalle de quelques jours un débile Diptère, VAtithrax sinuala, tout à fait impuissant à entamer le cocon et encore plus à se frayer une issue à travers un sol que je ne fouille pas sans peine avec la pioche. Bien que de pareils faits abondent dans l'histoire des insectes, c'est toujours avec une profonde admiration que l'on constate les effets de cette incompréhensible puissance qui, tout à coupa un moment donné, commandes irrésistiblement à un obscur vermisseau d'a- bandonner la retraite où il est en sûreté, pour se mettre en marche à travers mille diflieidtés, et pour venir à la lumière qui lui serait fatale dans toute autre occasion, mais qui est nécessaire à l'insecte parfait et où ce dernier ne saurait arriver de lui-même. J'essaierai de raconter un jour f>ar quelle adroite ta<'tique la larve de r.\n- Ihrax se trouve liiiaieineiu itu'Iuse, cote à cùle, avec la larve ou la nymphe d'Osmie qu'elle doit dévorer dans un cocon intact et dans une cellule sans effi'aelion; poiu- le moment, je me bornerai au peu de mots que je viens de dire sur son compte et qui sont suffi- sants pour expli(pier la présence, en si grand nombre, d'Anthrax adultes, morts ou vivants, aux portes du domicile commun des deux Hynu'nnpières. Mais voilà la couche des cellules de l'Osmie enlevé-e. i,a pioche atteint maintenant les celluliis de l'Anthopliore. Parmi ce» cellules, les imes renferment des larves et proviennent 304 FABRE. — HYPERMÉTAMORl'HOSK des travaux du dernier mois de mai ; les autres , sans aucun doute plus vieilles, sont occupées par l'insecte parfait qui, métamorphosé trop tard, passera l'hiver dans cette retraite; d'autres encore, aussi nombreuses que les précédentes , renferment (m Hymcnop- tère parasite, une Mélecte {Melecta armala) également à l'état par- fait; enfin, les dernières contiennent une singulière coque ovoïde (1), divisée en segments, pourvue de boutons stigmatiques, très fine, fragile, ambrée et si transparente, qu'on distingue très bien, à travers sa paroi, un Sitaris adulte [Sitaris humeralis), qui en occupe l'intérieur et qui se démène comme pour se mettre en liberté. Ainsi s'explique la présence, l'accouplement, la ponte en ces lieux, des Sitaris que nous venons de voir tout à l'heure errer en compagnie des Anthrax, à l'entrée des galeries des Anthophores. L'ûsmie et l'Anlhophore, copropriétaires de céans, ont donc cha- cune leur parasite particulier; l'Anthrax s'attaque à l'Osmie et le Sitaris à l'Anlhophore. Mais qu'est-ce que cette coque bizarre où le Sitaris est invariablement renfermé, coque sans exem|ile dans l'ordre des Coléoptères ? Y aurait-il ici un parasitisme au second degré ; c'est-à-dire le Sitaris vivrait- il dans l'intérieur de la chry- salide d'un premier parasite qui vivrait lui-même aux dépens de la larve de l'Anlhophore ou de ses provisions? Et comment encore ce ou ces parasites trouvent-ils accès dans une cellule (jui parait inviolable, à cause de la profondeur où elle se trouve, et (jui d'ail- leurs ne trahit à l'étude scrupuleuse de la loupe aucune violente irruption de l'ennemi ? Telles sont les questions qui se sont pré- sentées à mon esprit, lorsque, pour la première fois en 1855, j'ai été témoin, à l'entrée de la grotte de Fauconnetle, des faits que je viens de raconter. La solution de ce problème m'a tenu près de trois ans en haleine. Je viens d'obtenir le dernier mot de l'énigme cet été, et je suis enfin en mesure d'ajouter à l'histoire des nior- phoses des insectes, un de ses plus étonnants chapitres. Quelque c.xceptionnefs que soient les faits que j'ai à raconter, j'ai été cepen- dant devancé par Newport qui , dans un mémoire de main de maitre (2), nous a fait connaître des morphoses et des habitudes (1) Voyez Planche 17, figure i. (2) On the Nalural Hislory, Analomy and Development of thc Dil-Beelle, ET MOKUltS DES .MÉLOÏDES. 305 analogues chez lus Méloi's. Plus heureux ijuo M. NewporI, j'ai |m suivre jour par jour l'évolulion de mes élèves, cefjui inc peniicltra de combler, par analogie, au moyen des faits dont les Sitaris m'ont rendu témoin, les légères lacunes de l'histoire des Méloës. J'ai pu d'ailleurs suivre, en grande parlie, l'évolulion du /ye/oec(ca(r/cosus, précisément le même que celui (|ui sert de t\ |ie dans le méuioirc du savant auleiu' anglais ; j'aurai donc aussi, pour combler ces la- cunes, mieux (jue l'analogie, j'aurai l'observation tlirccle, CHAPITRE I. SlTAIilS. Ayant reeneilli un assez grand nombre de coijnes problémati- (jues ipii contenaient des Sitaris adultes, j'eus la satisfaclion d'ob- ser\er à loisir l'issue de l'iuscclc parfait hors de laco(]uc, l'accou- plenient et la ponte. La rupture de la co(iuc est facile ; aussi quel- ques coups de mandibules dislriliuésan hasard, et rpielques ruades des pattes, sufliseni ponrmellre l'insecte hors de sa fragile prison. Dans les llacons où je tenais mes Sitaris, j'ai vn l'accouplement suivre de hès près les premiers instants de liberté. J'ai pu même être témoin d'un l'ait qui témoigne hautement combien est impé- rieuse, [)onr l'inscclc parlait, la nécessilé de se livrer, sans i"e- tard, à l'aclc qui doil assurer la conservation de sa race. Une l'e- melle, la t('Mc déjà hors de la coque, se démène avec anxiété pour achever de .se libérer ; un mâle, libre depuis une paire d'heure.i, monte sur cette coque, et, tiraillant en tous sens la fragile enve- loppe avec les mandibules, s'efforce de débarrasser la femelle de ses entraves. Ses efforts sont bientôt couronnés de succès ; une rupture se déclare vers l'extrémité anale delà coque, et, bien que la femelle soit encore aux trois (piarls ensevelie dans ses langes, l'acconpleincnl a in)m(''diatcmcnl lien. Le rapprochement dure une miiinle à peu près, i'i'udanl l'ct acte, le niàlc se tient immobile sur le dos de la cciriue, ou bien sni' le dds de la fi'inellr, si celle-ci Mêlai', iiiorc especially of Melor ciculnmifus, l.eacli, Traiti. (// llic l.iiui. une. vol. XX, p. 297. l' Pcric, /.OUI.. T. vil. (Caliiui n' a.} * 20 oOC) FABRE. — HYiM:l\.MET\M0nPHOSE est cntièrementlibrc. J'ignore si, dans les circonstances ordinaires, le inàie aide ainsi parfois la l'eincllc. à se mettre en lilierlé; pour cela, il lui l'andrait ]iénélrer dans nne cellule rent'erniant une le- nielle, ce qui lui est après tout possihle, puisqu'il a su s'éclia|jper delà sienne. Toutefois, sur les lieux niènies , raccouplemcnl s'opère en général à l'entréedes galeries des Anthophores ; et alors ni l'un ni l'autre des deux sexes ne traîne après lui le moindre lambeau de la coque d'où il est sorti. Après l'accouplement, les deux Sitaris se mettent à lustrer leurs pattes et leurs antennes en les passant entre les mandibules , puis cbacim s'éloigne de son côté. Le mrde va se tapir dans un |)li du mur de terre, y languit deux ou trois jours, et périt. La femelle, elle aussi, a|irès la punie qui s'opère sans aucun relard, meurt à l'entrée du couloir où elle a déposé ses œufs. Telle est l'origine de tous ces cadavres appen- dus aux toiles d'Araignée qui tapissent le voisinage des demeures de l'Anthopliore. Les Sitaris ne vivent donc, à l'étal parfait, que le temps néces- saire pour s'accoupler et pondre. Je n'en ai pas encore vu un seul autre pari que sur le tbéàtre de leurs amours et en même temps de leur mort , je n'en ai pas surpris un seul pâturant sur les plantes voisines; de sorte que, bien (|u'ils soient pourvus d'un appareil digestif normal, j'aurais (pielques raisons de douter s'ils prennent réellement la moindre nourriture. l'ne fois fécondée, la femelle inipiièlc se met aussitôt à la rc- cberclie d'un lieu favorable pour y di''|ioser les œufs. Il importail de constater en quel lieu précis s'effectue la ponte. La lèmelle va-t-elle, de cellule en cellule, confiti' un œ'uf aux lianes succu- lents de chaque larve, suit de r.\nlliopliore, soit d'un parasite de celte dernière, comme le porte à croire la coipie énigmali(|ued'où sorl le Sitaris? Ce mode de dépôt des feufs, un à un dans chaque cellule, parait être de tonte nécessité pour expliquer les faits déjà comius. Mais alors comment se fait-il que les cellules usurpées par les Sitaris ne gardent pas la plus légère trace de l'effraction indis- pensable à celte u(iéraliun? El comment encore peut-il se faire que, malgré de longues recherches où ma persévérance a été son- tenue jKir le plus vif désir de jeter quelque jour sur tous ces I ET «(«uns ORS MÉLOÏDES. 307 mystères, conimenl, dis-jp, |ieiit-il so faire qu'il ne me soit pas tombé sous la inain un seul ries parasites présumés auxquels la coque pourrai! être rapportée, puisque celte dernière paraît être étrangère à un (]oléoplère? Je désespère de pouvoir faire eoni- prendre combien mes faillies connaissances en entomologie ont été bouleversées par cet inextricable dédale de faits contradic- toires. ^Slnis patience, le jour se fera peut-être. Constatons d'abord en quel lieu précis les inufs sont déposés. Une femelle vient d'être fécondée sous mes yeux ; elle est aussitôt séquestrée dans un large flacon, où j'introduis en même temps des mottes de terre renfer- mant plusieiM's cellules d'Anthopbore. Ces cellules sont occupées en partie par les larves et en parlie par des nymplies encore tontes blanches; quelques-unes d'entre elles sont légèrement ouvertes, et laissent entrevoir leur contenu. Enfin je ])ralique à la face inté- rieure du bouchon de liège qui ferme le flacon un conduit cylin- drique terminé en cul-de-sac, et du diamètre des couloirs de l'An- thophore. Pour que l'insecte puisse ])énétrcr dans ce couloir artificiel, s'il le désire, le llacon est couché horizontalement. La fe^nelle, traînant avec peine son volumineux abdomen, parcourt tous les coins et recoins de son logis improvisé, et les explore avec ses palpes rpiVlle promène partout. Après une demi-heure de làtonnement et de rccherclics soigneuses, elle finit jiar choisir le puits horizontal creusé dans le bouchon. Elle enfonce l'abdomen dans cetlc cavité, et, la tête pendante au dehors, elle commence sa ponte. Ce n'est f|ue trente-six heures après que l'opération a été terminée, et pendant cet incroyable laps de temps, le patient animal s'est tenu dans une immobilité' des plus complètes. Les œufs sont tilaiics, en forme d'ovale, et très petits. Leur longueur afleinf à peine les deux tiers de 1 millimètre. Ils sont faiblement agglutinés entre eux et amoncelés en rm las informe qu'on ftourrait comparer à une forte pincée de semences non mûres i\c (piclque Oi'chidé'C. Ouaiil à leur nombre, j'avouerai qu'il a infructnensemenl fatigué ma iiafience. Je ne crois pas cependant l'exagérer en l'i-valuanl au moins à deux milliers. Voici sur quelles données je base ce chill're. La ponte, ai-je dit, dure Ircnle-six heures; et mes Iréiiiicntes visites à la femelle, livrée à cette opé- o08 FABRE. HYPERMÉTAMORPHOSE i:ilion dans lii cavité du bounlion , m'ont convaincu f|ii'ii n'y a pas d'inlerriiplion notal)lc dans le dépôt successif des œul's. Or, moins d'iuic minute s'écoule entre l'arrivée d'un œul' et celle du suivant; le nombre de ces œul's ne saurait donc être inférieur au nombre île minutes contenues dans trente-six heures ou à 2,160. Jlais peu importe ce nombre exact, il suffit de constater qu'il est fort grand ; ce (jui suppose, pour les jeunes larves qui en provien- dront, de bien nombreuses chances de destruction, puisqu'une telle prodigalité de germes est nécessaire au maintien de l'espèce dans les proportions voulues. Averti par la précédente observation et renseigné sur la forme, le nombre et l'arrangement des œufs, j'ai recherché, dans les gale- ries des Anthopliores, ceux que les Silaris y avaient déposés; et je les ai invarial)lement trouvés groupés en (as dans l'inlérienr des galeries, à 1 jiouce ou 2 au jilus de leur orifice toujours ou- vert à l'extériciu'. ,\.insi, contrairement à ce i|u'on avait quelque droit de supposer, les ojufs ne sont pas pondus dans les cellules de l'abeille-maçonne ; ils sont simplement déposés, en un seul tas, dans le vestibule de son logis. Rien plus, la mère n'exécute pour eux aucim travail protecteur ; elle ne prend aucun soin pour les abriter contre les rigueurs de la mauvaise saison; elle n'essaie pas même, en bouchant tant bien que mal le vestibule où elle les a pondus à une très faible profondeur, de les préserver des mille ennemis f|ui les menacent: car, tant que les froids de l'hiver ne sontpasvenus, dans ces galeries ouvertes circulent des Araignées, des Aearus, des larves d'Anthrêne, et autres ravageurs, pour qui ces œufs, ou les jeunes larves qui vont en provenir, doivent être une friande curée. Par suite de l'incurie de la mère, ce qui échappe à tous ces giboyeurs voraces et aux intempéries de l'hiver doit se trouver en nombre singulièrement réduit. De là. peut-être, la né- cessité où est la mère de suppléer par sa fécondité à la nullité de son industrie. L'éclosion a lieu un mois après, vers la fin de septembre ou le commencement d'octobre. La saison encore propice m'a porté à ei'oire (pie les jeunes larves devaient immédiatement se mettre en marelie (.'t se disperser pour tâcher de gagner chacune une cellule ET MOEURS DES MÉLOÏDES. 309 d'Aiillioplioi'c, giCice à quelque imperceptible fissure. Celle pn''- visioii s'est trouvée complètement fausse. Dans les boîtes où j 'iivais mis les œufs pondus par mes captifs, lesjeiuies larves, iiuperceii- tibles bestioles noires de 1 miliimèlrc tout au plus de longueur, n'ont pas changé de place, quoique pourvues de vigoureuse.s pattes ; elles sont restées pêle-nièle avec les dépouilles blanclies des œufs d'où elles étaient sorties. Vainement j'ai mis à leur portée des blocs de terre renfermant des nids d'Antbopbore, des cellules ou- vertes, des larves , des nymphes de rAbeille-Maronne : rien n'a pu les tenter, et elles ont continué à former, avec les téguments des œufs, un tas pulvérulent pointillé de blanc et de noir. Ce n'est qu'en promenant la pointe d'une aiguille dans cette jiiucée de poussière animée que je pouvais y provoquer un groiiillemenl actif. Hors de là, tout était en repos. Si j'éloignais forcément (jiicl- ques larves du tas connoun, elles y revenaient aussitôt avec pré- cipitation, pour s'y enfouir au milieu des autres. Peut-être que, ainsi groupées et abritées sous les téguments des œufs, elles ont moins à craindre du froid. Quel que soit le motif qui les ])orte à .se tenir ainsi amoncelées , j'ai reconnu qu'aucun des moyens que je |)ouvais imaginer ne réussissait à leur faire abandonner la pelile masse spongieuse ijue forment les dépouilles des (cid's faiblement agglutinées entre elles. Enlin, pour mieux m'assurcr (pi'en liberté les larves ne se (lis|iersent pas après r(''closion, je me suis rendu |)endant l'Iiivei- à (^arpentras, et j'ai visité la grotle île Kaucon- netle. J'ai trouv('' là, comme dans mes boites, les larves amonre- lées en las, |)èle-mèlc avec les dé|iouilles des germes. Jusque vei's la (in du mois d'avril suivant , rien de nouveau ne se i»asse. Je profitcr'ai de ce long l'cpos, pour mieux faire coimaître la jeune larve dont voici la description (1) : Longueur, 1 millimètre on un peu moins. (Coriace, d'un noir veiat(es pour s'épousseler, pour se lustrer. De là, sans doute, la nécessité de cet appareil étrange qu'une station et une locomotion sur des surlaces ordinaires ne saurait expliquer, comme il a été dit plus haut, lors- qu'on s'est demandé quel pouvait être le corps si mobile, si vacil- lant, si plein de dangers où la larve devait s'étalilir plus lard. Ce corps, c'est un poil d'un Hyméuoptère qui exécute mille courses rapides, qui tantôt plonge dans ses étroites galeries, tantôt pénètre avec violence dans la gorge étranglée d'une corolle, et ne reste en repos que pour se brosser avec les (lattes et se débarrasser des grains invisibles de poussière recueillis par le duvet qui le re- couvre. Ou comprend très bien maintenant l'ulililé du croissant exsertile dont les deux cornes, en se ra|)prochant, peuvent saisir un poil mieux que ne le ferait la pince la plus dc'lieate ; on voit toute l'opportunité de la glu lenace qu'au moindre danger l'anus distille pour arrêter l'animalcule dans une chute in)minenle ; on se rend compte enfin du rôle utile que peuvent jouer ici les cirrhes élastiques des liancbcs et des pattes, véritable superiluilé très em- barrassante pour la marche sur un plan uni, mais qui, dans le cas KT MfIFXRS DES MÉLOÏDES. Ô19 iicliicl, iicnùlreiit eonimc aillant de sondes dans l'épaisseur du duvet de l'Anthopliore. et servent à maintenir la larve de Silaris pour ainsi dire à l'ancre. Pins en l'éflécliil à cette organisation modelée en apparence par un caprice avenjT:le, lorsque la larve se traîne péniblement sur un plan uni, et pinson reste pénétré d'admi- ration devant les moyens aussi efficaces que variés prodigués à la débile créature |ionr conserver son miraculeux équilibre, au milieu de tous les danj^ers (|ui le menacent. Avant de raconter ce que ileviennent les larves de Silaris en abandonnant le corps des Aniliopliorcs, je ne saurais passer sous silence une particularité tort remarquable. Tous les Hyménoptères envahis par ces larves, et observés jusqu'ici, se sont trouvés, sans une seule exception , des Antbopbores mâles. Ce sont des mâles que j'ai retirés de leurs cachettes, ce sont des mâles que j'ai saisis sur les (leurs ; et malgré des recherches actives, je n'ai pu trouver une seule l'emçlle en liberté. La cause de cette absence totale des l'enielles est facile à conslatei'. En abattant quelques mottes de terre de la nap|)e occupée par les nids, on voit que si tous les mâles ont déjà ouvert et abandonné leurs cellules, les l'emelles, au conirain', y sont encoi'c incluses, mais sur le point de prendre bientôt l'essor. Cette apparition des mâles un mois presque avant la sortie des l'emelles n'est pas particulière aux Anlhophores ; je l'ai éfralcnient constal(''(! chez beaucoup d'autres Hyménoptères, et en particulici'che/. l'Osm/a tricornis t\ii\ habile les mêmes emplace- ments que l'yhi^/iop/iora pilipes. Les mâles de l'Osmie apparais- sent même avant ceux de l'Anthopliore, et à une époque si précoce, qu'alors les jeunes larves île Sitaris ne sont |)eut-êti'e [las encore excitées |iar la secrète iiupiilsion (pii les met en activité. C'est, sans aucun doute, à leur riHcil pré(;oce ((ue les mâles de l'tJsinic doivent de pouvoir traverser impunément les ccu'iidors où sont entassées les ji-uncs larves de Silaris, sans ipie ces dernières s'atta- chent à leur toison ; du moins, je ne saurais expliquer autrement l'absence de ces larves sur le dos des Osinies mâles, puisfjue, (juaiid on les metartiliciellement en présence de ics llyin(''no|ilères, elles s'y atlacbcnl aii.ssi volonticis (pi'aux .Vnlhophorcs. La sortie boi's de remplacement commun commence par les Osmics mâles, se 320 FABRE. HVPERMÉTAMORPHOSK continue par les Anthophores mâles , et se termine par la sortie à peu près simultanée des Osinies et des Anthophores l'enielles. J'ai pu aisément constater ces faits , en observant chez moi , au pre- mier printemps, pour l'une et l'autre espèce , répo(pie de rupture des cellules que j'avais recueillies dans le précédent automne. Au moment de leur sortie, les Anthophores mâles traversant les galeries où attendent en plein éveil les larves de Sitaris, doivent en prendre un certain nombre; et ceux d'entre eux qui, s'engageant dans les couloirs déserts, échappent ainsi une première fois à l'ennemi, ne lui échapperont pas longtemps, puisque la pluie, l'air froid et la nuit les ramènent à leurs anciennes demeures où ils s'abritent, tantôt dans une galerie, tantôt dans une autre, pendant une grande partie du mois d'avril. Ces allées et venues des mâles dans les vestibules de leurs habitations, le séjoiu- prolongé que le mauvais temps les contraint souvent d'y faire, fournissent aux Si- taris l'occasion la plus favorable pour se glisser dans ieni- fouirure et y prendre position. Aussi, après un mois environ d'un pareil manège, il ne doit pas rester, ou il ne reste que fort peu de larves errant encore sans avoir atteint leur but. A cette épotpie, je n'ai pu réussir à en trouver, si ce n'est sur le corps des Anthophores mâles. Il est donc extrêmement probable qu'à leur sortie, ayant lieu à l'approche du mois de mai, les Anthophores femelles ne prennent jiasdes larves de Sitaris dans les couloirs, ou n'en pren- nent (pi'un nombre qui ne peut soutenir la comparaison avec celui que portent les mâles. En effet, les premières femelles que j'ai pu observer à la fin d'avril dans le voisinage même des nids étaient exemptes de ces larves. Cependant, c'est sin* les femelles que les jeunes Sitaris doivent finalement s'établir; les mâles sur lesquels ils sont en ce moment n'étant pas capables de les introduire dans les cellules, puisqu'ils ne prennent aucune part à leur construction et à leur approvisionnement. 11 y a donc, â un certain moment, passage des larves de Sitaris des Anthophores mâles sur les An- thojihores femelles ; et ce passage s'effectue , sans aucun doute, lors du rapprochement des deux sexes. Chose étrange : la lémelle trouve à la fois dans les embrassements du mâle, et l,i vie et la mort de sa progéniture ; au moment où elle se livre au mâle pour ET MOEURS DES MÉLOÏDES. 321 la consci'valiou de sa race, les parasites vigilants passent du mâle sur la femelle pour l'exierminalion de celte même race. Pour constater expérimonlalcment si ces déductions sont bien l'expres- sion de la vérité, voici un essai qui me paraît assez concluant alors même qu'il ne réalise que grossièrement les circonstances natu- turelles. Sur une femelle prise dans sa cellule et par conséquent dépourvue de Sitaris, je place un mâle qui en est pourvu, et je maintiens les deux sexes en eontael, en maîtrisant autant que pos- sible leurs mouvements désordonnés. Après quinze ou vingt mi- nutes de ce rapprocliement forcé , la femelle se trouve envahie par une ou plusieurs des larves qui étaient d'abord sur le màlc. Il est vrai qu'on ne réussit pas toujours; mais aussi comment réa- liser les préludes de l'accouplement, et les frottements passionnés, et les étreintes intimes, et la fusion pour ainsi dire des deux corps en un seul ? En surveillant à Avignon les rares Antbophores que j'ai pu dé- couvrir, il m'a été possible de saisir l'instant précis de leurs tra- vaux; et le jeudi suivant, 21 mai , je me suis l'endu en toute hâte à Carpentras pour assister, s'il était possible, à l'entrée des Sitaris dans les cellules de l'Abeille. Je ne me suis pas trompé, les travaux sont en pleine activité. Devant une haute nappe de (erre, s'agite, comme dans un ballet- démence, un es.saim stimulé parle soleil qui l'inonde de lumière et de chaleur. C'est une nuée d'Anlhophores de quelques pieds d'épaisseur et d'une étendue mesurée sur celle de l'espèce de fa- çade (pie forme le sol à jiic. Du sein tunnilluciix di; la nut'c s'élève un monotone et menaçant nun'niui'e, tandis que h', reganl s'égare, sans pouvoir se retronvci', au milieu drs inextricables évolutions de l'ardente cohue. Avec la ia|iidilé de l'éclair, des milliers d'An- lhophores s'(''loignent incessannnent et se dispersent dans la cam- pagne pour butiner ; inccssanunent aussi des milliers d'autres arri- vent, chargées de miel ou de mortier, et mainlienneni l'essaim dans les mêmes redoutables |)roportion.s. Malheur à riniiirinlcnt qui poussci'ait l'audace jusqu'à pénétrei' au ciiau' de l'essaim et surloul jusqu'à porlei' une main It'mi'raiie sur les demeures en construction. Aussitôt enveloppé |iar la Joule en liuie, il expÎL'rait 4" sérii!. ZooL. T. VII. (Caliier n" 6.) ' 21 3'22 FABBE. — ■ llVPERMÉTAMOKrHOSE sa folle entreprise sous mille coups d'aiguillon. A celte pensée rendue encore plus alarmante par le souvenir de certaines més- aventures dont j'ai été victime en voulant observer de trop près les gâteaux des Frelons (Fespa Craôro), je sens un frisson d'appréhen- sion me courir sur le corps. Et cependant, pour mettre en tout son jour la question qui m'amène ici, il faut nécessairement péné- trer dans le redoutable essaim ; il me faut me tenir des heures en- tières , tout le jour peut-être , en observation devant les travaux que je vais bouleverser ; et, la loupe à la main, scruter patiemment, au milieu du tourbillon furieux, ce qui se passe dans les cellules. L'emploi d'un masque, de gants, d'enveloppes quelconques, n'est pas d'ailleurs possible, car toute la dextérité des doigts et toute la liberté de la vue sont nécessaires pour les recherches que j'ai à faire. N'importe ; devrais-je sortir de ce guêpier le visage tuméfié, méconnaissable, il me faut aujourd'hui une solution décisive au problème qui m'a trop longtemps préoccupé. Quelques coups de filet donnés, eu dehors de l'essaim, sur des Anthopliores se ren- dant à la récolte ou en revenant, m'ont bientôt appris que les larves de Sitaris sont campées sur leur thorax, comme je m'y at- tendais, et y occupent la même place que sur les mâles. Les cir- constances sont donc on ne peut plus favorables, et sans plus de retard visitons les cellules. Mes dispositions sont aussitôt prises : je serre étroitement mes habits , pour ne laisser aux Abeilles que le moins de prise possible, et je m'engage au milieu de l'essaim. Quelques vigoureux coups de pioche qui éveillent dans le mur- mure des Anthopliores un crescendo peu rassurant, m'ont bientôt mis en possession d'une motte de terre, et je fuis à la hâte tout étonné de me trouver encore sain et sauf et de ne pas être pour-- suivi. Mais la motte de terre que je viens de détacher est trop su- perficielle, elle ne contient que des cellules d'Osmie olà je n'ai rien avoir pour le moment. Une seconde expédition a lieu, plus longue que la première, et quoique ma retraite se soit opérée sans grande précipitation, aucune Anihophore ne m'a atteint de son dard, ne s'est pas même monirée disposée à se précipiter sur l'agresseur. Ce succès m'euhanlil ; je reste en permanence devant les construc- tions, aballant sans relâche des mottes pleines de cellules, et au ET MOEURS DES MÉLOÏDES. 323 milieu du désordre inévitable, répandant à terre le miel liquide, éventrant des larves, écrasant des Anthophores occupées dans leurs nids. Toutes ces dévastations n'arrivent qu'à éveiller dans l'essaim un murmure plus sonore, sans être suivies d'aucune dé- monstration hostile de sa part. Les Anilioplioies dont les cellules ne sont pas atteintes s'occupent de leurs travaux comme si rien d'extraordinaire ne se passait à côté; celles dont les habitations sont bouleversées tâchent de les réparer, ou planent éperdues de- vant l'emplacement de leurs cellules absentes; mais aucune ne parait vouloir fondre sur la cause du dégât ; tout au plus quelques- unes plus irritées me viennent, de temps à autre, planer devant le visage, face à face, et à une paire de pouces de distance, puis s'envolent après (iueU]ues instants de ce curieux examen. Malgré le choix d'un emplacement commun pour leurs nids, qui ferait croire à un commencement de communauté d'intérêts entre les Anthophores, ces Hyménoptères obéissent donc en réalité à la loi égoïste de chacun pour soi, et ne savent pas se liguer [lour re- pousser un ennemi qui les menace tous. Chaque Antliophore prise isolément ne sait pas même se précipiter sur l'ennemi quj ravage ses cellules et l'écarter à coups d'aiguillon : la pacifique bête quitte à la hàle sa demeure ébranlée par la sape, fuitéclopée, quelquefois même blessée mortellement, sans songer à faire usage de son dard venimeux, si ce n'est lorsqu'on le saisit. N'y aurait-il donc que les Hyménoptères sociaux qui sachent combiner une défense commune, ou bien (}ui osent fondre isolément sur l'agres- seur pour en tirer une vengeance individuelle? Grâce à cette bénignité inattendue de l'Abeille maçonne, j'ai pu des heures entières poursuivre à loisir mes recherches, assis sur une pierre au milieu de l'essaim murmurant et éperdu, sans rece- voir un seul coup d'aiguillon, bien (pie je n'eusse pris aucune pré^ caution pour m'en préserver. Des gens de la campagne venant à passer et me voyant assis im[iyssible au milieu du tourbillon fu- rieux d'Abeilles, se sont arrêtés ébahis pour me demander si je les avais conjun'es, ensorcelées, puisque je paraissais n'avoir rien à en redouter. Mémounhelami, li-z-avé doun escunjuradoqiw vou pougnioun pa^ canèu de sor! Mes divers engins répandus à terre, 32/4 FABKE. inTEKMÉTARlOUi'HOSK boilcs, flacons, tubes de verre, pinces, loupes, ont clc ccrlainc- nicnt pris parées bonnes gens pour les insiruiiieuls de mes nia- léliccs. Procédons maintenant à l'examen ties cellules. Les unes sont encore ouvertes et ne contiennenl {]u'uue provision plus ou moins eom[ilctc de miel. Les autres sorit liermélii|uemcnt fermées avec un couvercle ou rondelle de terre. Le contenu de ces dernières est fort variable. Tantôt c'est une larve d'Hyménoptère ayant achevé sa pâtée on étant sur le point de l'achever ; tantôt une larve blanclic comme la précédente, mais plus ventrue, et de forme fort diffé- rente; tantôt enfin, c'est du miel avec un nnif flottant à sa surface. Le miel est liquide, gluant, d'une couleur brunâtre et d'une odeur forte, repoussante. L'œuf est d'un beau blanc, cylindrique, un peu courbé en arc, d'une longueur de k à 5 millinièlrcs , sur une largeur qui n'atteint pas tout à fait 1 millimètre; c'est l'œuf de l'Anthophore. Dans quel(]ues cellules, cet 03uf nage seul à la sur- face du miel ; dans d'autres, fort nombreuses, on voit juchée sur l'œuf de l'Anthophore, comme sur une espèce de radeau, une jeune larve de Sitaris avec la forme et les dimensions que j'ai dé- crites plus liant, c'est-à-dire avec la forme et les dimensions que possède l'animalcule au sortir de l'œuf. Voilà l'ennemi dans le logis; quand et comment s'y est-il introduit? Dans aucune des cellules où je l'observe, il ne m'est possible de distinguer la moindre tissure qui lui ait permis de s'y introduire ; elles sont toutes closes de la manière la plus irréprochable. Le parasite s'est donc élalili dans le magasin de miel avant que ce magasin fût fermé ; d'autre part, les cellules ouvertes et pleines de miel, mais encore sans l'œuf de rAnthopliorc, sont constamment sans para- site. C'est donc pendant la ponte on après la ponte, quand l'Anto- phore est occupée à maçonner la porte de la cellule, que la jeune larve s'y introduit. Il est iin|)ossible de décider expérimentalement à laquelle de ces deux époques il faut rapporter l'introduction du Sitaris dans la cellule; car, quc^iuc pacifique que soit l'Antho- phore, il est bien évident qu'on ne peut songer à être témoin de ce qui se passe dans sa cellule au moment où elle y dépose un œuf, ou au moment où elle en construit le couvercle. Mais quel- ET MOEURS DES MÉLOÏDES. 325 qiies essais nous auront bientôt convaincus que le seul instant qui puisse permettre au Sitaris de s'établir dans la demeure de l'Hy- ménoptère est l'instant même où l'œuf est déposé à la surface du miel. Prenons une cellule d'Antbopiiore pleine de miel et munie d'un œuf, et, après en avoir enlevé le couvercle, déposons-la dans un tube de verre avec quelques larves de Sitaris. Les larves ne pa- rais.sent nullement alïriandées par ce trésor de nectar qu'on vient de mettre à leur portée; elles errent au hasard dans le tuije, par- courent le dehors de la cellule, arrivent parfois sur le bord de son orifice, et très rarement s'aventurent dans son intérieur, sans y plonger bien avant et pour ressortir aussitôt. Si quelqu'une arrive jusipi'au miel qui ne remplit qu'à demi la cellule , elle cherche à fuir dès qu'elle a éprouvé la mobilité du sol gluant sur lequel elle allait s'engager; mais trébuchant à chaque pas, par suite de la viscosité qui s'est attachée à ses pattes, elle Unit sou- vent par retomber dans le miel où elle périt étouffée. On peut en- core expérimenter de la manière suivante : après avoir préparc une cellule pareille à la précédente, on dépose, avec tout le soin |)Ossible, une larve sur sa paroi interne, ou bien à la surface même des provisions. Dans le premier cas, la larve se hàtc de sortir, et ne rentre plus dans la cellule; dans le second cas, elle se débat quelipie temps à la surface du miel, et finit par s'y empêtrer telle- ment, qu'après mille efforts pour gagner la rive, elle est étouffée dans le lac visqueux. En somme, toutes les tentatives pour faire établir la larve de Sitaris dans une cellule d'Anlhophore approvi- sicjnnée de miel et munie d'un teuf n'ohiionnent pas [ilus de succès (|ue celles que j'ai faites avec des cellules, dont la provision de miel était déjà enlamée par la jeune larve de rHynu'noplèic, comme je l'ai dit jilus haut. Il est doue (u^rlain ipic la laivede Si- taris n'abandonne pas la toison de r.Vbeille mai;oune , lorsque celle-ci est dans sa cellule ou à son entrée, pour se porter elle- même au devant du miel convoité; car ce miel (îau.serait inévita- bleincnt sa perte si, par malheiu-, elle venait à toucher, siuifilc- meiit du bout des tarses, sa dangereuse suriaee. Puisqu'on ne peut pas admelire qu'au moment (lù l'.Vntliophore bàlil sa pdilo, la 326 FABBE. — HYPERMÉTAMORPHOSE larve de Sitaris quitte le corselet velu de son amphitryon pour pé- nétrer inaperçue dans la cellule, dont l'ouverture n'est pas encore entièrement murée, il ne reste plus que l'instant de la ponte à exa- miner. Rappelons d'abord que le jeune Sitaris, qu'on trouve dans une cellule close, est toujours placé sur l'œuf de l'Abeille. Nous allons voir dans quelques instants (]ue cet œuf ne sert pas simple- ment de radeau à l'animalcule nottant sur un lac très perfide , mais encore constitue sa première et indispensable nourriture. Pour arriver jusqu'à cet œuf placé au centre du lac de miel, pour atteindre de toute nécessité ce radeau, celle première ration, la jeune larve a évidemment quelque moyen d'éviter le contact mor- tel du miel ; et ce moyen ne saurait être fourni que par les manœuvres do l'Hyménoptère même. En second lieu, des obser- vations multipliées à satiété m'ont démontré qu'à aucune époque, on ne trouve dans chaque cellule envahie qu'un seul Sitaris sous l'une ou l'autre des formes multiples qu'd revêt successivement. Et cependant, dans le fourré soyeux du thorax de l'Hyménoptère, sont établies plusieurs jeunes larves, toutes surveillant avec ardeur l'instant propice pour pénétrer dans le domicile où elles doivent poursuivre leur développement. Comment se fait-il donc que ces larves, aiguillonnées par un appétit comme doivent en faire suppo- ser sept ou huit mois d'abstinence absolue, au lieu de se ruer toutes ensemble dans la première cellule à leur portée, pénètrent au contraire une à une et avec un ordre parfait dans les diver.ses cellules qu'approvisionne l'Hyménoptère. Il doit y avoir encore là quelque manœuvre en jeu indépendante des Silaris. Pour satis- faire à ces deux conditions indispensables, l'arrivée de la larve sur l'œuf sans passer sur le miel, et l'introduction d'une seule larve, parmi toutes celles qui attendent dans la toison de l'Abeille, il ne peut y avoir que l'explication suivante : c'est de supposer qu'au moment où l'œuf de l'Anthophore s'échappe à demi de l'oviducte, parmi les Sitaris accourus du thorax à l'extrémité de l'abdomen , un, plus favorisé par sa position, se campe àl'inslant sur l'œuf, pont trop étroit pour deux, et arrive avec lui à la surface du miel. L'impossibilité de remplir autrement les deux conditions que je viens de signaler donne à l'explication que je propose un degré I ET JIOEURS DES MÉLOÏDES. 327 de cerKtude presque équivalent à celui que fournirait l'observation directe, malheureusement impraticable ici. Cela suppose , il est vrai, dans la microscopique bestidic, appelée à vivre en un lieu où tant de dangers la menacent d'abord ; cela suppose, dis-je, une inspiration étonnamment rationnelle, et appropriant les moyens au but avec une logique qui nous confond. Jlais n'est-ce pas là l'in- variable conclu,sion où nous amène toujours l'étude de l'instinct? En laissant tomber son œuf sur le miel, rAnthopborc vient donc de déposer en même temps dans la cellule l'ennemi mortel de sa race ; elle maronne avec soin le couvercle qui en forme l'en- trée, et tout est fait. Une seconde cellule est construite à côté pour avoir probablement la même fatale destination, et ainsi de suite, jusqu'à ce que les parasites, plus ou moins nombreux qu'abrite son duvet, soient tous logés. Laissons la malheureuse mère pour- suivre son infructueux travail, et portons notre attention sur la jeune larve qui vient de se procurer le vivre et le couvert d'une si adroite manière. En ouvrant des cellules dont le couvercle est encore frais , on finit par en trouver où l'œuf pondu depuis peu porte un jeune Sitaris. Cet œuf est intact, et dans un état irrépro- chable. Mais voici que la dévastation commence ; la larve, petit point noir qu'on voit courir sur la surface blanche de l'œuf, s'arrête enfin, .s'équilibre solidement sur ses six pattes , puis sai- sissant, avec les crocs aigus de ses mandibules , la peau délicate de l'tcuf, clic la tiraille violemment jusqu'à la rompre, et en fait épancher le contenu dont elle s'abreuve avec avidité. Ainsi le premier coup de mandibule que le parasite donne dans la cellule usurpée a pour but de di'truire Trenf de l'Hyménoptère. Précau- tion admirable ! La larve de Sitaris doit, comme on va le voir, se nourrir du miel de la cellule ; la larve d'Anthophore qui provien- drait de cet ii'iif réclamerait la même nourriture : mais la part est trop petite pour loiilcs les deux; donc, vite un coup de dent sur l'a'iif cl la dilficiillé sera levée. Le récit de pareils faits n'a i)as be- soin de commentaires. Celte destruction de l'œuf embarrassant est d'autant plus inévitable, r|uedes goûls providenliellcmeiit imposés portent la jeune larve de Sitaris à eu faire sa première nourriture. On voit d'abord, en effet, la larve .s'abreuver avec avidité des sucs 3'28 FABRE. HYPERMÉTAMOKPHOSE que laisse écouler l'enveloppe lacérée de l'œuf; et pendant plu- sieurs jours, on peut l'observer tantôt immobile sur cette enve- loppe qu'elle i'ouille par intervalles avec la têto, tantôt la parcou- rant d'un bout à l'autre pour l'évenlrer encore, et en l'aire sourdre quelques sucs de jour en jour plus rares; mais on ne la surprend jamais à iniiserdans le niiol qui l'environne de toutes paris. Il est d'ailleurs l'acille de se convaincre qu'à l'ol'licc d'appareil de sauve- tage, l'œuf réunit celui de première ration. J'ai déposé à la sur- face du miel d'une cellule une bandelelte de papier ayant les di- mensions de l'œuf; et sur ce l'adeau, j'ai placé une larve de Sitaris. Malgré tous les soins, mes essais, plusieurs fois réitérés, ont con- stamment échoué. La larve, déposée au centre de l'amas de miel sur un esquif de papier, se comporte comme dans les expérimen- tations précédentes : ne trouvant pas ce qui lui convient, elle cherclic à s'échapper , et périt engluée, dès qu'elle a abandonné le sol de la bandelelte de papier , ce qui ne tarde pas arriver. En prenant, au contraire, des cellules d'Anlhopliore non envahies par le parasite, et dont l'œid' n'est pas encore éclos, on peut aisé- ment élever les larves de Silaris. 11 suffit de happer une de ces larves avec le bout mouillé d'une aiguille, et de la poser délicate- ment sur l'œuf; il n'y a plus alors la moindre tentative d'évasion. Après avoir exploré l'oeuf pour s'y reconnaître, la larve l'éventre, et de plusieurs jours ne change pas de place. Son évolution s'effec- tue dès lors sans aucune entrave , pourvu que la cellule soit à l'abri d'une évaporation trop prompte qui en dessécherait le miel, et le rendrait impropre à sa nutrition. L'œuf de l'Anlhophore est donc absolument nécessaire à l;i larve de Sitaris, non jias simple- ment comme esquif, puisqu'une bandelette de papier ne peut le remplacer, mais encore comnie première nourriture. C'est là tout le secret qui, faute de m'ètre connu, avait jusqu'ici rendu vaines mes tentatives pour élever les larves écloses dans mes llaeons. Au bout de huit jours, l'œuf épuisé par le parasite ne forme plus qu'une pellicule aride. Le premier repas est achevé. La larve de Sitaris, dont les dimensions ont à peu près doublé, s'ouvre alors sur le dos ; et, par une fente qui embrasse la tête et les trois segments thoraciques, un corpuscule blanc, seconde forme de ET MOEURS DES MÉLOÏDES. 329 cette singulière orgiinisalion , s'éeliappe pour tomber ù la surfaee du miel, tandis que la dépouille abandonnée reste cramponnée an radeau qui a sauvegardé la larve, et l'a nourrie jusqu'ici. Bientôt cette double dépouille du Sitaris et de l'œuf disparaîtra, submergée sous les flots de miel que va soulever la nouvelle larve. Ici se termine l'histoire de la première des formes qu'affecte la larve des Sitaris. En résumant ce qui précède, on voit que l'étrange ani- malcule attend, sans nourriture, pendant sept mois, l'apparition des Antliophores,et s'attache enfm aux poils du corselet des mâles qui sortent les premiers, et qui liassent inévitablement à sa portée en traversant leurs couloirs. De la toison du mâle, la larve passe, trois ou quatre semaines après, dans celle de la femelle, au mo- ment de l'accouplement; puis delà femelle sur l'œuf qui s'échappe de l'oviducte. C'est par cet encbainement de manœuvres com- plexes que la larve se trouve finalement campée sur un œuf, au centre d'une cellule close et pleine de miel. Ces périlleuses voltiges sur un poil de l'IIyménoptère tout le jour en mouvement; ce passage d'un sexe sur l'autre ; celte arrivée au centre de la cellule par le moyen de l'œuf, pont dangereux jeté sur l'abîme gluant , nécessitent surabondamment les appareils d'équilibre dont elle est pourvue, et que j'ai décrits plus haut. Enfin la desirucfion de l'œuf exige à son tour des ciseaux acérés , et telle est la destination de ses mandibules aiguës et recourbées. Ainsi la forme primitive des Sitaris a pour rôle unique de se faire transporter par rAntbo[>horc dans sa cellule, et d'en évenlrer l'œuf. Cela fait, l'organisation se transfigiu'e à tel point , qu'il faut les observations les plus multi- pliées pour ajouliT loi au l(''moignage de ses yeux. Ladesirucliou immédiate de l'œuf de rAntlio]iliore par le para- site r|ui vient d'arriver dans la cellule me suggère quelques ré- flexions sur le mode que peuvent employer les Hyménoptères parasites |ioiu' établir leurs O'ufs dans des cellules étrangères, sans avoir à craindre que la provision de miel soit partagée par la larve maîtresse du logis. Je me permettrai donc une courte digression sur ce sujt.'t, avant de conliiuier l'iiisloirc des Sitaris. On admet (1) (1) Lepelletierdc Sainl-Fargcau, liât de! Ilymàt., I.II, p. 417. 330 FABBE. mPERMÉTAMORPHOSE que l'œuf de l'Hyménoptère parasite est pondu dans une cellule non encore entièrement approvisionnée. Quand l'approvisionne- ment est fini, la propriétaire du nid pond à son tour dans la cellule qui renferme ainsi deux œufs , celui de la propriétaire et celui de l'étrangère. On admet, en outre, que la larve du parasite éclose la première, comme restant moins longtemps sous la formed'œuf, dévore, avant la naissance de Venfant de la maison, la nourriture préparée uniquement pour ce dernier. Quelque ingénieuse que soit l'hypotlièse de ^1. Lepelletier, des doutes m'étaient survenus an sujet de cette manière de voir, parce que, ayant élevé fréquem- ment «6 ovo des larves appartenant à diverses espèces d'Hymé- noptères se nourrissant soit de miel, soit de proie animale, j'avais toujours vu réclosion arriver de quatre à six jours après la ponte. D'autre part, ces larves, pour achever leurs provisions, mettent d'ordinaire une dizaine de jours. Il faudrait donc supposer que la larve du parasite est capable de dévorer en quatre ou six jours ce que les autres larves n'achèvent que dans un espace de temps double, et encore faudrait-il admettre pour cette larve une éclosion très prématurée. Tout cela n'est guère vraisemblable; on pourrait croire alors que la larve du parasite, plus précoce que l'autre, dévore tôt ou tard cette dernière. Mais, dans ce cas, on devrait trouver parfois deux larves dans une même cellule, ce que per- sonne, je crois , n'a encore observé ; et puis comment admettre qu'une larve destinée à se nourrir de miel puisse, sans changer d'organisation, dévorer une autre larve? Au moment où je sapais les constructions des Anthophores en pleine activité, pour sur- prendre les Sitaris à leur arrivée dans les cellules, une excellente occasion s'est présentée de voir jusqu'à quel point mes doutes étaient fondés ; et tout en portant principalement mon attention sur les Sitaris, j'ai pu faire quelques observations sur un Hyménoptère parasite de l'Anthophore, sur le Melecta armala. Lorsqu'on ouvre les cellules de l'Anthophore vers la fin de l'iiiver, on trouve qu'une bonne partie de ces cellules est occupée par des Sitaris, et (pie le reste se partage à peu près également entre la JMéleclc et l'Anthophore , en tenant compte des rares cellules occupées par des Méloés, des Clairons et des Chalcidiens. Les Mélectes ET MœURS DEÈ MÉLOÏDES. 331 jouent donc un granrl rôle dans les demeures de l'Antliophore, En effet , au mois de mai , on voit, pêle-mêle avec les Abeilles maçonnes, de nombreuses IMéleetes très affairées, qui, avec le plus ffrand sang-froid, parcourent en tous sens le talus vertical criblé de trous, et pénètrent sans se presser, sans paraître en rien effrayées, au fond des divers couloirs. Le parasite et l'amphitryon semblent vivre dans une iiarfaitc intelligence. Je n'ai jamais vu l'Anthophore chasser la Mélccte, ni la Mélecte fuir devant l'An- tliophore. L'Abeille maçonne est quelf|uefois sur sa porte et se lustre le corps : le parasite arrive, se glisse entre ses pattes, et pénètre dans l'Iiabitation, sans que r.\nniophorey paraisse prendre garde. Ou bien encore, la Mélecte sort d'un couloir et s'arrête à son orifice : l'Abeille survient, se fait petite pour passer entre le parasite et la paroi du couloir, s'insinue sous le ventre de la Mé- lecte et pénètre dans ;^on nid, sans chasser l'effrontée étrangère, sans donner même aucun signe d'inquiétude. Si l'Anthophore est déjà dans sa demeure (juand le parasite y pénètre, on voit celui-ci ressortir après un temps assez long, sans se hâter, sans se mon- trer effarouché, et prouvant ainsi, avec une entière évidence, que rien de grave ne lui est survenu en pénéirant dans un logis où veille le propriétaire. Si l'inverse a lieu, si l'Abeille arrive au fond d'un corridor où la Mélecte a d'abord pénétre, l'Abeille re- vient pacifique sur le seuil de sa porte, et attend que l'autre se retire. Il y a donc entre les deux Hyménoptères les relations les plus amicales. J'ai vu cette Mélecte et un Cœlioxys visiter avec la même familiarité les ccWiûcii ûc VA nthophora parietina en con- .struction à côté des premières. Mais voici bien une autre chose : qu'une Anthophore pénètre étourdimeni dans le corridor d'une autre Anthophore, sa voisine, sa sœur; qu'clhî se montre simple- ment à sa porte; aussitôt l'Abeille jalouse se précipite surl'impru- dente, la saisit avec les mandibules, fait jouer son nignillon, cl une lutte acharnée a lieu dans la pou.ssière où se roulent en un peloton commun les deux Abeilles ivres de colère. Le combat est rarement mortel, une aile déchirée ou une antenne tronquée met fin â ces chaudes bourrades. Ineffables harmonies! L'AnIbophoro dont la fureur .s'allume à la vue, sur le seuil de .sa porte, d'une 332 FABBE. IIYPERMÉTAMORPIIOSE autre Antliophore inoffensive, incapable de dérober à ses trésors une sinnple gorgée demiei, se montre pacifique, débonnaire, jiour la Mélecte, qui ne sait, ne peut élever ses larves, et qui, pour leur procurer le vivre et le couvert, va exterminer à demi la race de l'aveugle mère. Les Mélecles étant fort abondantes dans l'essaim des Anlbophorcs, cl leurs visites au fond des couloirs se renouve- lant très fréquemment , il est indubitable qu'une bonne partie des cellules doit être envabie par ces parasites, comme le prouve d'ailleurs l'examen de ces demeures à la fin de l'hiver, ainsi que je viens de le dire. Par conséquent, si l'explication de M. Lepel- lelier est fondée, on doit, en ouvrant un nombre convenable de cellules depuis peu terminées, en trouver qui renferment deux (pufs, celui de l'Abeille et celui du parasite. Eh bien ! parmi les décombres des travaux des Anlbophorcs dont les cellules récem- ment closes se comptaient par milliers, il ne m'est pas arrivé d'en trouver une seule pourvue de deux (cufs. l'n œuf, un seul, ayant toujours la mènie forme, la même couleur, les mêmes dimensions, nage invariablement à la surface du miel de chaque cellule. Rien de particulier ne se montre dans aucune demeure, si ce n'est de temps à autre une jeune larve de Sitaris établie sur l'œuf; et si les IMélecles ne rôdaient nombreuses aux portes des couloirs, on ne pourrait soupçonner que, parmi ces cellules, il y en a qu'elles ont envahies. Dans les cellules usurpées , qu'est devenu l'œuf de rAbeillc maçonne, car on ne peut douter qu'il y ait élé pondu? Supposons à la Mélecte cette inspiration prévoyante qui fait dé- truire tout d'abord par la jeune larve de Silaris l'œuf (|ue l'Anlho- j)hore vient de déposer, généralisons l'admirable précaution que la clairvoyante larve vient de nous révéler, et toute difficullc sera levée. Je crois donc que, pendant (|ue l'Anlhopliore est occupée à maçonner la porte de la cellule où elle a pondu .son (cuf, la j\lé- lecte profile de ses courses à la recherche du moi'tier pour détruire cet œuf d'un coup de mandibule, pour en rejeter les débris de- hors, dans le couloir, et pour déposer à sa place son a^uf pareil au premier. Abusée par celle simililudc, l'Aulhophorc mure soi- gneusement l'entrée de la cellule où la laivc du |iarasitc sera dé- sorniaisseule en (lossession de la pàlée de miel. D'aulrcs parasites, ET MOEURS DES MÉLOÏDES. 333 les ClirysidiL'iis, les Mulilles, au lieu de s'altaqucr à la provision de miel, dévorent la larve de l'Hymcnoplère récollant, quand celle larve a achevé ses vivres et même a lissé son cocon. Dans ce cas, les manCL'uvres de la mère parasite sont fort dilférenlcs de celles de la .Mclecte. J'espère pouvoir un jour les raconter. Pour le mo- ment, j'ai lieu de croire que les divers Hyménoptères parasites qui convoitent siniplemcut les provisions d'une cellule, emploient la tactique de la larve de Sitaris; et avant de déposer leur œul'sur ces provisions, détruisent préalablement celui pour iecjuel elles avaient été amassées. Revenons maintenant à la larve de Silaris. J'ai dit que, au bout de huit jours, l'œuf de l'Anlhophore est épuisé et se réduit à l'en- veloppe, mince nacelle qui préserve la larve du contact mortel du miel. C'est sur celle nacelle (jue s'opère la première métamorphose de l'animalcule. Après celle transformation, la larve étant orga- nisée pour vivre dans un milieu gluant, se laisse choir du radeau dans le lac de miel, et abandonne, accrochée à l'enveloppe de l'œuf, sa dc[iouilie tendue sur le dos. On voil alors flotter, immo- bile sur le miel, un corpuscule d'un blanc laiteux, ovalaire, aplati, et d'une paire de millimètres de longueur. C'est la larve de Silaris sous sa nouvelle forme. A l'aide d'une loupe, on distingue les llucluations du tube digestif qui se gorge de miel, et sur le pour- tour du dos [liât cl elliptique, on aperçoit un double cordon de points stigmatiqucs cpii par leur position ne; peuvent cire obstrués que par le lluide visqucu.v. Pour décrire en détail celle larve, at- tendons qu'elle ail acquis tout son développement, ce qui ne sau- rait tarder, car les provisions diminuent avec rapidité. Cette rapi- dité loutcfois n'est pas coin[iarable à celle que niellent les larves gloutonnes de l'Anthophorc ii achever les leurs. Ainsi, en visitant une dernière fois les habitations des Aniiiopbores, le 25 juin, j'ai trouvé que les larves de l'Abeille avaient toutes achevé leurs pro- visions et atteint leur complet développement ; tandis que celles des Sitaris, encore plongées dans le miel, n'avaient, poiu' la plu- pari, (jue la moitié du volume (|u'elles doivent (inalemcnt a(;((ué- rir. .Nouveau motif pour les Silaris de détruire un (cufcpii, s'il se dcvcloppail, produirait une larve voracc capable de les affamer en 334 FABBE. HÏPERMÉTAMORPHOSE fort peu de temps. En élevant moi-même les larves dans des tubes de verre, j'ai reconnu que celles des Sitaris mettent de trente-cinq à quarante jours pour achever leur pâtée de miel, et que celles des Anthopliores emploient moins de deux semaines pour le même repas. C'est dans la première quinzaine du mois de juillet que les larves de Sitaris atteignent tout le développement qu'elles sont susceptibles d'acquérir. A cette époque, la cellule usurpée par le parasite ne contient plus qu'une larve replète, et, en un coin, un tas de crottins rougeâtres. Cette larve est molle (i), blanche, et mesure de 12 à 13 millimètres en longueur sur 6 millimètres dans sa plus grande largeur. Vue par le dos, comme lorsqu'elle flotte sur le miel, elle est de forme elliptique, atténuée graduellement vers l'extrémité céphalique, et plus brusquement vers l'extrémité anale. Sa face ventrale est fort convexe: sa face dorsale, au con- traire, est à peu près plane. Quand la larve flotte sur le miel li- quide, elle est comme lestée par le développement excessif de la face ventrale plongeant dans le miel, ce qui lui rend possible un équilibre qui est pour elle de la plus haute importance. En effet, les orifices sligmatiques, rangés sans moyens de protection sur chaque bord du dos presque plat, sont à fleur du liquide visqueux, et au moindre faux mouvement seraient obstrués par cette glu tenace si un lest convenable n'empêchait la larve de chavirer. Jamais abdomen obèse n'a été d'une plus grande utilité ; grâce à cet embonpoint du ventre, la larve est à l'abri de rasfihyxie. Ses segments sont au nombre de treize, y compris la tête. Celle-ci est pâle, molle, comme le reste du corps., et fort petite relativement au volume de l'animal. Les antennes sont excessive- ment courtes et composées de deux articles cylindriques. J'ai vainement, à l'aide d'une forte loupe, cherché des yeux. Dans son état précédent, la larve, assujettie à de singulières migrations, a évidemment besoin de la vue, et elle est pourvue de quatre ocelles. Dans l'état actuel, a quoi lui serviraient des yeux au fond d'une cellule d'argile où règne la plus complète-obscurité ? Le labre est saillant, non distinctement séparé de la tête, courbé en avant, et (1) Voyez la planche <7, figure 3. ET MOEURS DES MÊLOÏDES. 335 bordé de cils pûles et très fins. Les mandibules sont petites, rous- sâtres vers l'extrémité, obtuses et excavées au côté interne en forme de cuiller. Au-dessous des mandibules, se trouve une pièce charnue, couronnée par deux très petits mamelons. C'est la lèvre inférieure avec ses deux palpes. Elle est flanquée, de droite et de gauche, de deux autres pièces également charnues, étroitement accolées à la lèvre, et portant à l'extrémité un rudiment de palpe formé de deux ou trois très petits articles. Ces deux pièces sont es futures mâchoires. Tout cet appareil, lèvres et mâchoires, est complètement immobile , et dans un état rudimentaire qui met la description en défaut. Ce sont des organes naissants, encore voilés, embryonnaires. Le labre et la lame complexe, formés par la lèvre et les mâchoires, laissent entre elles une étroite fente, dans laquelle jouent les mandibules. Les pattes sont purement vestigiaires , car bien que formées de trois petits articles cylindriques, elles n'ont guère que 1/2 millimètre de longueur. L'animal ne peut en faire aucun usage , non-seulement dans le milieu coulant où il habite, mais encore sur un sol consistant. Si l'on lire la larve de sa cellule pour la mettre sur un corps solide et l'observer plus à l'aise, on voit que la protubérance démesurée de l'abdomen, en tenant le thorax élevé, empêche les pattes de trouver un appui. Couchée sur le liane, seule .station possible, à cause de sa conformation, la larve reste immobile, ou n'exécute que quelques mouvements vermiculaires et iiarcsseux de l'abdomen, sans jamais remuer ses ])atlcs débiles qui ne pourraient d'ailleurs lui servir en aucune manière. Enfin, on comi)le neuf paires de stigmates : une paire sur lemésolhnrax cl les autres sur les huit [ircmicrs .segments de l'abdomen. La dernière paire, ou celle du huitième segment abdo- minal, est formée de stigmates si petits que, pour la découvrir, il faut être averti par les étals suivants de la larve et jjromcner une loupe bien patiente siu' l'alignement des huit autres paires. Ce ne sont là encore que des stigmates vestigiaires. Les autres sligmates sont as.se7, grands, à périlrème pâle, circulaire et non saillanl. Qui recormaîlrail (liais cet animal lourd, mou, aveugle, laidemcnl ven- Iru , n'ayant pour patle» (pi'unc sorte de moignons sans usage , l'élégante bestiole de tout à l'heure, l'animalcule cuirassé, svclte et 336 FABRE. IlYPERMÉTAMORPHOSE pourvu d'organes d'une liaule perfection pour cxéculer ses péril- leux voyages ? Si, sous sa première forme, la larve de Silaris est organisée pour agir, pour se niellre en possession de la cellule convoitée, sous sa seconde forme, elle est uniquement organisée pour digérer les provisions conquises. Donnons, par conséquent, un coup d'o'il à son organisation interne, et en particulier à son appareil diges- tif. Chose étrange : cet appareil où doit s'engouffrer la masse de miel amassée par l'Antliophore est en tout pareil à celui du Sitaris adulte qui ne })reiid [leut-ètre jamais de nourriture. C'est de part et d'autre le même œsophage très court, le même ventricule chyliliquc, vide dans l'insecte parfait après la disparition toutefois du ballon transitoire où s'accumule l'acide uriquc (1), distendu dans la larve par une abondante pulpe orangée; c'est dans l'un et l'autre les mêmes vaisseaux biliaires au nombre de quatre et ac- colés au rectum par une de leurs extrémités, .\insi que l'insecte parfait, la larve est déi)Ourvuc de glandes salivaires et de tout autre appareil analogue. Son tissu adipeux est formé de lobules blancs, assez gros ; et son appareil d'innervation comprend onze ganglions, en ne tenant compte du collier o'sopliagien, tandis que dans l'insecte parfait , on n'en trouve plus que sept, trois pour le thorax dont les deux derniers contigus, et quatre pour l'abdomen. Quand ses provisions sont achevées, la larve reste un petit nombre de jours dans un état stationnaire, en rejetant de temps à autre quelques crottins rougeàtres jusqu'à ce que le tube digestif soit totalement libéré de sa nulpe orangée. Alors l'animal se con- tracte, se ramasse sur lui-même, et l'on ne tarde pas à voir se dé- tacher de son corps une pellicule transparente, un peu chiffonée, très fme, et formant un sac sans issue, dans lequel vont se passer désormais les morphoscs suivantes : Sur ce sac cpidcrmiquc, sur cette espèce d'outre transparente, formée par la peau de la larve détachée tout d'une pièce sans aucune fissure, on distingue les divers organes externes très bien conservés : la tête avec ses an- tennes, ses mandibules , ses mâchoires, ses palpes , les segments (t) Voyez mon Mémoire sur t'inslincl et, /« mélamorphoses des Sphégicna [Ann. des se. nat,, 1837). ET MCEIIRS DES MÉLOÏDES. 337 thoraciques avec leurs pâlies vcstigiaires, et l'abdomen avec son cordon d'orifices stigmatiques encore reliés l'iiii à raiilie par des filamenls Irachéons. Puis sous celte enveloppe, dont la délicatesse peut à peine supporter le louclier le plus circonspect, on voit se dessiner une masse blanche, molle, qui en quelques heures ac- quiert une consistance solide, cornée, et une teinte d'un fauve ar- dent. La transformation est alors achevée. Déchirons le sac de fine gaze envelopfiant l'organisation qui vient de se former, et |ioi-toiis notre examen sur cette troisième forme de la larve de Silaris. C'est un corps inerte (1), segmenté, à contour ovalaire, d'une consistance cornée, en tout pareille à celle des pupes et des chry- salides, et d'une couleur d'un fauve ardent qu'on ne peut mieux comparer qu'à celle des jujubes. Sa face supérieure forme un double plan incliné dont l'arêle est très émoussée ; sa face inférieure est d'abord plane, mais devient, par suite de l'évaporalion, de jour en jour plus concave, en laissant un bourrelet saillant sur tout son contour ovalaire. Enlin ses deux extrémités ou pùlcs sont un peu aplaties. Le grand axe de la face inférieure est en moyenne de 12 millimètres, et le petit axe de 6 millimètres. Au pôle cé- phalique de ce corps se trouve une sorte de masque modelé va- guement sur la tête de la larve ; cl au pôle opposé, un petit di,sque circulaire profondément ridé dans sa partie centrale. Les trois segments qui font suite à la tête portent chacun une paire de très petits boutons à peine visibles sans le secours de la loupe, et qui sont par rapport aux pattes de la larve dans sa forme précédente ce que le masque céplialif]ue est pour la télé de la même larve. Ce ne .sont pas des organes, mais des indices, des traits dcî repère jetés aux jioints où doivent |)lus tard apparaître ces organes. Sur chafpie liane, on ronqite cnlin neuf stigmates placés comme pré- cédemment sur le mé.solliurax et les huit premiers segments ab- dominaux. Les huit premiers stigmates sont d'un hnui foncé cl tranchent nettement sur la couleur fauve du corps. Ils consistent en petits boutons, luisants, conirpies, et perforés au sonimct d'un (t) Voyez figure 4. 4' série. Zool, T. Vil. (Cahier n" 0.) ' 22 338 FABRE. IlVl'KllMliTAMORl'llOSK orifice roml. Le neuvième stigmate, (luoique l'açoiiné comme les prccédents, est incomparablement plus petit. On ne priit le dis- tinguer sans loupe. Tels sont, en peu de mots, les caractères extérieurs de la larve de Sitaris sous sa troisième forme. L'anomalie, déjà si manifeste dans le passage de la première forme à la seconde, le devient en- core ici davantage; et l'on ne sait de quel nom appeler nne orga- nisation sans terme de comparaison , non pas seulement dans l'ordre des Coléoptères, mais dans la classe entière des insectes. Si, d'une part, celle organisation olïre de nombreux points de ressemblance avec les pupes des Diptères par sa consistance cor- née, par l'immobilité complète de ses divers segments, par l'ab- sence à peu près totale des reliefs qui permettraient de distinguer les parties de l'insecte parfait; si, d'aulre part, elle se rapproche des chrysalides, parce que l'animal, pour arriver à cet état, a be- soin de se dépouiller de sa peau, comme le font les Chenilles ; elle diffère de la pupe, parce qu'elle n'a pas pour enveloppe le tégu- ment superficiel et devenu corné de la larve, mais bien un tégu- ment plus interne ; et elle diffère des chrysalides par l'absence des sculplurcs qui trahissent , dans ces dernières, les appendices de l'insecte parfait. Enfin, elle diffère encore plus profondément, et de la pupe cl delà chrysalide, parce que de ces deux organisations dérive immèdialemcnt rinsecle parfait, tandis que ce qui lui suc- cède est simplement une larve pareille à celle qui l'a précédée. Pour une organisaiion nouvelle, il faut un nom nouveau. J'em- ploierais volontiers celui de pseudo-larve employé déjà par M.New- port dans un cas analogue, ainsi que je l'exposerai au chapitre des Méloés; mais celte expression ne rappelle pas le caractère essen- tiel de cette organisation, la consistance cornée de ses téguments, son apparence de pupe ou de clirysalide; d'ailleurs, elle s'appli- querait beaucoup mieux à la seconde forme que je viens de décrire, ou bien à la suivaul(^ ou la quatrième, car, dans ces deux états, l'animal a vraiment les traits d'une larve, et celte larve n'a aucune resseml)lance exierne avec la larve primitive ou celle qui est issUc de l'œuf. J'enqiloicrai donc , pour désigner l'organisation actuelle, la dénomination de iiscudo-chrysalide, et je réserverai les noms ET MOEURS DES SIÉLOÏDES. 339 de larve primitive, de seeoude larve, de troisième larve, pour désigner, en peu de mots, chacune des trois formes sous lesquelles les Sitaris ont tous les caractères des larves. Si le Sitaris, en revêtant la forme de pseudo-chrysalide, se transfigure à l'extérieur jusqu'au point de dérouter la science des morphoses entoniologiques, il n'en est pas de même à l'intérieur. J'ai, à toutes les époques de l'année, scruté lesentrailies des pseudo- chrysalides, ijui restent, en général, stationnaires pendant une année entière, et je n'ai jamais observé d'autres formes dans leurs organes que celles (pi'on trouve dans la seconde larve. Le système nerveux n'a pas subi de cliangement. L'appareil digestif est rigou- reusement vide, et, à cause de celte vacuité, n'apparait que conune un mince cordon, perdu, noyé, au milieu des sachets adipeux. L'intestin slercoral a plus de consistance, ses formes sont mieux arrêtées. Les quatre vaisseaux biliaires sont toujours parfaitement distincts. Le tissu adipeux est plus abondant (|ue jamais : il forme à lui seul tout le contenu de la pseudo-cbrysalide, en ne tenant compte, sous le rapport du volume, des filaments insignifiants du système nerveux et de l'appareil digestif. Quelques Sitaris ne restent guère qu'un mois à l'élat de pseudo- chrysalide. Leurs autres morphoses s'accomplissent dans le cou- rant du mois d'aoïJt ; et au commencement de septembre, ils arrivent à l'état d'insectes parfaits. Mais, en général, l'évolution est plus lente; la pseudo-chrysalide passe l'hiver, et ce n'est, pour le plus tôt, qu'au mois de juin de la seconde année (jue s'opèrent les dernières morphoses. Passons sous silence celte longue p('rio(le de repos, pendant laipielle le Silaris, sous la forme de pseudo-chrysalide, dort, au lond de sa cellule, d'un .sonnneil aussi léthargique que le fait un germe dans son œuf; etari-ivons au mois de juin et de juillet de l'année suivante, épo(juc d(^ ce qu'on pourrait presque appeler une seconde éclosion. La pseudo-chrysalide est toujours enfermée dans l'outre délicate, formée par la peau de la seconde larve. A l'extérieur, rien de nou- veau ne s'est passé ; mais à l'intérieui' de graves changements viemient de »'acconi|)lir. J'ai dit que la pscudlik FABUE. — HYPERMÉTAMORPHOSE une dernière fois, en suivant le mode ordinaire, pour atteindre sa forme finale. Les élytres sont alors d'un blanc jaunâtre uniforme, ainsi que les ailes , ralxlomen et la majeure partie des pattes ; tout le reste du corps est, à peu de chose près, d'un noir luisant. Dans l'intervalle de vingt-quatre heures, les élytres prennent leur coloration mi-parlie fauve et noire ; les ailes s'obscurcissent, et les pattes achèvent de se teindre en noir. Cela fait, l'organisation adulte est parachevée. Cependant le Sitaris séjourne une quinzaine de jours encore dans la coque jusqu'ici intacte, rejetant par inter- valles des crottins blancs d'acide urique, qu'il refoule en arrière avec les lambeaux de ses deux dernières dépouilles, celle de la troisième larve et celle de la nymphe. Enfin, vers le milieu du mois d'août, il déchire le double sac qui l'enveloppe, perce, à l'aide des mandibules, le couvercle delà cellule d'Anthophore, s'engage dans un couloir, et apparaît au dehors à la recherche de l'autre sexe. CHAPITRE II. MÉLOÉ. La larve primitive des Méloés, obtenue directement des œufs pondus par ces insectes parGœdart et de Geer, a été revue depuis, au milieu du duvet de divers Hyménoptères et de quelques Diptères, par un assez grand nombre d'observateurs qui n'ont pas reconnu la véritable origine de la bizarre bestiole, etqui parfois, sous l'intlueucedesapparencesles plus trompeuses, en ontfaitune espèce ou un genre particulier des Insectes aptères. LePedicubis apis de Linné (1), le Trmngidinus Andrenetarum de M. L. Dufour (2), n'ont pas d'autre origine. Enfin M. Newport, dans son iWemoîVe sur les Méloés (3) , a suivi ce parasite des Hyménoptères depuis sa sortie de l'œuf jusqu'à son arrivée à l'état parfait, et a jeté ainsi le plus grand jour sur l'un des points les plus singuliers du parasi- tisme et des morphoses entomologiques. {11 Linn., Syslema natura. (2) L. Dufour, Annales des sciences naturelles, 1828. (3) Newport, loc. cit. ET MOEURS DES MÉLOÏDES. 345 Des observations qui me sont propres, et qui sont de iiatm-e à combler quelques rares lacunes clans le mémoiredu savant anglais, m'engagent à donner ici une courte notice sur l'évolution des Jléloés, en me servant du travail de .M. Newport, là où mes propres observations font déraul. J'aurai ainsi l'occasion de comparer l'évolution des Silaris avec celle des Méloés qui ressemble tant à la première , et de cette comparaison jaillira peut-être quelque lu- mière sur les transformations anomales de ces insectes. La même Abeille maçonne {Anlhophora pilipes), aux dépens de laquelle vivent les Sitaris, nourrit aussi dans ses cellules quel- ques rares Méloés (Me/oen'ca/neosîw). C'est encore dans les nids d'une Anthopbore, mais d'espèce différente [Anthophora relusa) , que M. Newport a observé le même Méioé. Cette double demeure, adoptée par IciU. cicatricosus, peut avoir quelque intérêt en nous portant à soupçonner que chaque espèce de Méloé est apparem- ment parasite de divers Hyménoptères, soupçon qui ne fera que se confirmer lorsque nous examinerons la manière dont les jeunes larves arrivent à la cellule pleine de miel. Malgré la présence du Meloe cicatricosus dans les demeures de l'Anthophore, que j'ai fouillées si souvent pour l'histoire des Silaris, je n'ai jamais vu cet insecte, à aucune époque de l'année, errer sur le sol vertical, à l'entrée des couloirs, pour y déposer ses œufs, comme le font les Sitaris ; cl j'ignorerais les détails de la ponte, si Gfcdart, de Geer, et surtout M. Ncwport, ne nous apprenaient que les Méloés dépo- sent leurs œufs dans la terre. D'après ce dernier auteur, les divers Méloés qu'il a eu occasion d'observer creusent parmi les racines d'une touffe de gazon, dans un sol aride et exposé au soleil, un trou d'une paire de pouces de profondciu', qu'ils rebouchent avec soin après y avoir pondu leurs œufs en un tas. Cette ponte se répète à trois etqiiatre reprises, à (juclqiics jours d'intervalle dans la même saison. Pour chaque ponte, la femelle creuse un trou particulier, qu'elle ne manque pas de reboucher apiès. C'est en avril et en mai que ce liavail a lieu. Le nombre d'unifs fournis par une seule femelle est vraiment prodigieux. A la première ponte, qui est, il est vrai, la plus fécoiide de toutes, le M. Proscarabœus, d'a[)rès les supputations de M. NewporI, piddiiil le nouibrc éldiinanl de 34G FABKE. — }IYPEKMÉTAM0RPHOSE 4218 œufs (1) ; c'est le double des œufs pondus par un Siluris. Et que ne serait-ce pas en tenant compte des deux ou trois pontes qui doivent suivre cette première! Les Sitaris, confiant leurs œufs aux galeries mêmes où doivent nécessairement passer les Anlho- phores, épargnent à leurs larves une foule de dangers qu'auront à courir les jeunes larves de Méloé, qui, nées loin des demeures des Abeilles, sont obligées d'aller elles-mêmes au-devant des Hymé- noptères qui doivent les nourrir. Aussi les Méloés, dépourvus de l'instinct des Sitaris, sont-ils doués d'une fécondité incomparable- ment plus grande. La ricliesse de leurs ovaires supplée à l'insufll- sance de leur instinct, en proportionnant le nombre des germes à l'étendue des chances de destruction. Quelle est donc l'harmonie transcendante qui balance ainsi la fécondité des ovaires et la per- fection de l'instinct? L'éclosion des œufs a lieu en fin mai ou en juin. Gœdart a ob- tenu celte éclosion quarante-trois jours après la ponte; 3L New- porl, dans un laps de temps variant, suivant la température de la saison, depuis vingt et un jours jusqu'à trente-six; ce qui donne, en moyenne, un mois environ pour la durée de l'œuf. C'est aussi un mois après la ponte qu'éclosent les œufs des Sitaris. Mais plus favorisées, les larves oi Anthophora are Ihe proper food of the spccies with which 1 »\vas making liie experimenl. In order farther lo assure myself » of Ihe Iruth, I put several larvae ofil/etoe inio the ceils o^AnthO' » phora, and lefi Ihem for further examination. On Ihe ibllowing » day I again visiled Ihespol, bal could not discover a single larva »ofMe/oe in Ihe nesis iri which I had placed them. Tiie larvœ of " Anthupliora were slill liicre, wilh Iheir cells stored wilh food, but » tiie Meloes were gonc. » To ascerlain moi'e dceidedly whellier Ihe young Meloe is pa- » rasitic on Ihe body of liie bec-larva, I sciecled lliree spécimens »of larvai of Anthophora of différent sizes and âges, and iiaving » placed eacli in a scjiarale glass lube, iiicludcd wilh llicm in each » lube lise or six ot tlic larviju oii Meloe. At lirsl Meloes colleclcd on » (lie body of the bee-larva, and appearcd as if inclined to feed » upoii il, but having left the tubes undislurbed for Ihe niglil, I II foimd at llie expiration of eightcen hours thaï Ihe Meloes were » removed from Ihe larva, and coliccled logclhcr as iisual al Ihe » up[ier part of Ihctube. At liie expiration ol'forly-lwo hoinslliey « remained in llio saine slale, so Ihal llie only (;oiic!iision I was " iTialilril 1(1 arrive al was Ihal Ihe laivii' of Meloe violarens and » Meloe proscarabœus art' iiol parasitic on tln' liait' ni' fiill-grnwn 352 FABBE. HYPERMÉTAMORPHOSE » larva of Anlhophora rehisa. Yct tVom the circumstance of Iheir » always allacking tlie larvœ in Ihcse experimenfs there seems )> reason to suspect tlia( they niay prey on llie very young of some » specics of bee, soon after it luis Icft the egg, alllioiigli not in its » advanced growlii (1). » Je n'ai pas vu, comme M. Newport, les larves de Méloé s'éta- blir quelque temps sur les larves de l'Anthophore, et essayer même de leur percer la peau ; je ne les ai pas vues davantage rester tranquilles sur le miel où je les déposais ; dans les deux cas, elles m'ont paru, au contraire, fort inquiètes, et chercher unique- ment à s'évader. M. Newport n'est pas éloigné de croire qu'il aurait réussi à faire établir les jeunes Méloés sur les larves de Y Anlhophora retusa, si, au lieu de jeunes larves appartenant au Meloe violaceus et au Meloe proscarabœus, il avait eu à sa disposi- tion celles du Meloe cicatricosus, la seule espèce qu'il eût observée dans les cellules de l'Anthophore. Ce n'est pas là bien certaine- ment la cause de son peu de succès : puisque le même Méloé, le M. cicatricosus, est parasite en Angleterre, et dans ces contrées de deux espèces différentes d'Antiiophore, VA. retusa eiV A. pi- lipes, il est probable que les Méloés expérimentés par M. Newport, quelle que soit l'abeille qui les nourrit, se seraient contentés des cellules de V Anlhophora retusa, s'ils y avaient trouvé les cir- constances voulues. Des fouilles faites, à diverses époques, dans les nids de l'An- thophora pilipes m'avaient appris, depuis quelques années, que le M. cicatricosus est, comme les Sitaris, parasite de cet Hymé- noptère; j'avais, en effet, trouvé de temps à autre, dans les cel- lules de l'Abeille des Méloés adultes morts et desséchés. D'autre part, je savais, par M. L. Dufour, que l'animalcule jaune, que le Pou qu'on trouve dans le duvet des Hyménoptères avait été re- connu , grâce aux recherches de M. Newport , comme étant la larve des Méloés. Avec ces notions rendues plus frappantes , par ce que j'apprenais chaque jour au sujet des Sitaris, je me suis rendu, le2l mai, à (larpentras, pour visiter les nidsen construction (t) NewporI; loc. cit., p 315. ET MOELRS DES MÉLOÏDES. 353 des Anlliophores. Si j'avais presque la certitude de réussir tôt ou tard dans mes reciierches au sujet des Silaris qui y sont excessi- vement aijondanls, je n'avais que ijien peu d'espoir pour les Jléloés, (jui sont fort rares, au contraire, dans les mêmes nids. Cependant les circonstances m'ont favorisé plus que je n'aurais osé l'espérer, et après six heures d'iui travail où la pioche jouait un grand rôle, j'étais possesseur, à la sueur de mon front, d'un nombre considérable de cellules occupées par les Sitaris, et de deux autres cellules appartenant aux Méioés. Si mon enthousiasme n'avait pas eu le temps de se refroidir par la vue, renouvelée à chaque instant, déjeunes Sitaris campés sur un œufd'Anlliupliore flottant au centre de la petite mare de miel, il aurait pu se donner libre carrière à la vue du contenu de l'une de ces deux cellules. Sur le miel noir et liquide llotle une pellicule ridée, et sur cette [lellicnle se lient immobile un animalcule , un pou jaune. La pelli- cule, c'est l'enveloppe vide de l'o'uf d'AnIbophore; le pou jaune, c'est une larve de .Méloé. L'histoire de celte larve se complète maintenant d'elle-même. Le jeune Méloé abandonne le duvet de l'Anthoiihore au moment de la ponte ; et puisque le contact du miel lui est fatal, il doit, pour s'en préserver, adopter la lactique suivie par le Sitaris, c'est-à-dire se laisser couler à la surface du iniel avec l'œuf en voie d'être pondu. Là son premier travail est de dévorer l'œuf qui lui sert de radeau, comme l'atteste l'enve- loppe vide sur laquelle il est encore ; et c'est après ce repas, le seul qu'il prenne tant qu'il conserve sa forme actuelle, c'est après ce repas qu'il doit commencer sa longue série de transformations, et .se nourrir du miel auiassé par rAntbo|ibore. Tel est le motif de l'échec complet, tant de mes tentatives que de celles de .M. .Newpnrt [)our (-lever les jeimes larves de Méloé. Au lieu de leur olfrirdu miel, ou des larves, ou des nynqihes, il fallait les déposer sur les œufs récemment pondus par l'Anthophore. A mon retour de (;ar|ientras, j'ai voulu faire cette éducation, en même teni|ps que celle des Silaris, qui m'a si bien réussi; mais comme je n'avais pas de larves de .Mi'loé à ma disposition, et «pie je ne pou- vais m'en judrurer i|u Vu les recherchant dans la toison des llymi'noplères, les ii'uls d'AnIbophore se sont Ions trouvés éclos 4' série Zooi. T. VII. (Cahier W 6.) * 2.T 354 FABBE. HYPERMÉTAMORPHOSE dans les cellules que j'avais rapportées de mon expédition, lorsque j'ai pu enfin en trouver. Cet essai manqué est peu à regretter, car les Silaris et les Méloés ayant, non-seulement dans leurs mœurs, mais encore dans leur mode d'évolution la similitude la plus com- plète, il est hors de doute que j'aurais dû réussir. Je crois même que celle éducation peut se tenter avec des cellules de divers Hyménoptères, pourvu (pie l'œuf et le miel nediffèrent pas trop de ceux de l'Anthopliorc. Je ne compterais pas, par exemple, sur un succès avec les cellules del'O^mîo tricornis, dont l'œuf est court et gros, et le miel jaune, sans odeur, solide, presque pulvérulent, et d'une saveur très faible. La seconde des deux cellules dont je viens de parler est égale- ment pleine de miel. Sur le liquide gluant flotte une petite larve blanche de 4 miliimèlres environ de longueur, et très différente des autres petites larves blanches appartenant aux Sitaris. Les fluctuations rapides de son abdomen dénotent qu'elle s'abreuve avec avidité du nectar à odeur forte amassé par l'Abeille. Suivant toute apparence, cette larve est le jeune Méloé dans la seconde période de son développement. Je n'ai pu conserver ces deux précieuses cellules que j'avais largement ouvertes pour mieux en étudier le contenu. A mon re- tour, par suite des mouvements de la voilure, leur miel s'est trouvé exiravasé, et leurs habitanis morts. Le 25 juin, une nouvelle vi- site aux nids des Anihophores m'a procuré encore deux larves pa- reilles à la précédente, mais beaucoup plus grosses. L'une d'elles est sur le point d'achever sa provision de miel, l'autre en a encore près de la moitié. La première est mise en sûreté avec mille pré- cautions, la seconde est plongée aussitôt dans l'alcool. Ces larves (1) sont aveugles, molles, charnues, d'un blanc jau- nâtre, couvertes d'un duvet fin visible seulement à la loupe, re- courbées en hameçon, comme le sont les larves des Lanielli- cnrncs, avec lesquelles elles ont une certaine ressendilance dans leur conlignralion générale. Leurs segments , y compris la tète, sont au nombre de treize, dont neuf sont pourvus d'orifices stig- (1) Voyez la figure 7. ET MŒURS DES MÉLOÏDES. 355 niatiques l'i péritrènic pâle et ovalaire. Ce sont le mésothorax et les huit premiers segments abdominaux. Comme dans les larves de Silaris, la dernière paire de stigmates, ou celle du huitième seg- ment de l'abdomen, est inoins développée que les autres. Tête cornée, légèrement brune. Épistomc bordé de brun. Labre sail- lant, blanc, trapézoïdal. Mandibules noires, fortes, courtes, obtuses, peu recourbées, tranchantes et munies chacune d'une large dent au côté inleriie. Palpes maxillaires et palpes labiaux bruns en forme de très petits boutons de deux ou trois articles. Antennes brunes, insérées à la hase même des mandibules, de trois articles : le pre- mier, gros, globuleux ; les deux autres, d'un diamètre beaucoup plus petit, cylindriques. Pattes courtes , mais assez fortes, pou- vant servir à l'animal pour ramper ou fouir, terminées par un ongle robuste et noir. La longueur de la larve avec tout son déve- loppement est de 25 millimètres. Autant que je peux en juger par la dissection de l'individu conservé dans l'alcool et dont les vis- cères sont altérés par un trop long séjour dans ce liquide, le sys- tème nerveux est Inrmé de onze ganglions, outre le collier œsopha- gien, et l'appareil digestif ne diffère pas sensiblement de celui du Méloé adulte. Celle identité de l'appareil digestif dans la larve que je viens de décrire et dans le JMéloé adulte prouverait seule que cette larve est bien réellement celle du Méloé dans sa seconde période d'existence. Au besoin, s'il restait à ce sujet quelques doutes, n'ayant pu être témoin du passage de la larve primilivedu Méloé à la forme suivanle, les faits (ju'il me reste à faire connaître les dissiperaient comph-tement. Il est donc établi que chez les Méioés, connue chez les Sitaris, à la petite larve qui s'établit dans le duvel de l'Anlhophore et pihièlre dans la cellule de l'Abeille pour en dévorer l'o'uf, succède une larve de forme toute différente et qui .se nourrit de miel. La plus grosse des deux larves du 25 juin, mise dans un tube de \erre, avec le reste de ses provisions, a revêtu une nouvelle forme dans la première semaine ais, on l(!s retiduve intacts, après un séjour assez long, dans la poche c()pulalric(^, tandis que chez les autres Mollusques ils si- détruisent facilement. (1) Haijporl (Je MM. Wesmaël et Dumorliersur la notice de M. Van Beneden concernant un curps particulier trouvé dans la bourse du Poupre d'une nouvelle espèce de l'ainiacelle (Acad. de Orux.j. 372 ••■ FISCnKR. ÉTIDKS Le spennalopliore (lu P. Falenciennii est d'un brun obscur; sa surface esl bosselée. Contourné sur lui-même, il ressemble ù une coquille frAuimonile; il est très élastique, finement strié en long. En somme, il ne diiïère guère de celui de l'espèce précé- dente. Genre Limax. LiMAx maximus. — Un sait combien il est rare d'observer raccouplemenl des Limaces; car on a donné sur cet acte des dé- tails (pii paraissent au moins liypolbétiques, et qui n'ont pu être encore parlaitenient éclaircis. A une épo(pie où nous ne dirigions |ias nos rerberclies sur les spermatophores . nous avons vu celui d'une Liniace-, et c'est d'après nos souvenirs que nous en parlons ici. Ce capreolus nous a paru contourné en spirale sur lui-même, jaunâtre, corné, épais, édastique. Nous ne saurions rien avancer de positif sur la présence d'un prolongemeni plus ou moins considérable à la partie posté- rieure du noclus. l,espermalo|iliore des Limaces ressemble par son nodus à celui des Parmacelles , à cette différence près que \c nodus forme tout entier la spirale , au lieu (pie celui des Parmacelles ne comprend dans la spirale que sa portion postérieure. Genre Peltella. pELTELLA pa//io/î«m . — Les Peltelles s'éloignent beaucoup des Parmacelles où elles ont été classées, ainsi que des Limaces, des Arions, etc. On les considère avec juste raison comme des ^Fol- lusques voisins des Vitrini's par leiu- organisation et leurs mo'urs. Blainville, en dissétpiaut uu cxem|ilaire de ce genre, trouva dans la pocbc copuiatrice ce ipi'il appelle le corps styliforme, et i|ui n'est autre chose qu'un spermntopliore. O corps esl mince, allongé, subcorné, transparent, acuminé en avant, élargi en arrière, sans êti'c terminé par un probuigc- nient llliforme : aussi doit-on le considérer comme un Iragnienl de capreolus. Sa présence dans la poche co|iulatrice . sa non- aillKMVMice aux parois, coulîrnieut celle nianièrc devoir. SIR I.KS SPERM.VTOPIIORKS DKS GASTÉIiOI'Onrs PIIJIOM-IS. 37S Genre Hélix. Hélix aspersa. — (liirps 1res allongé, grele, capillaiir, cciiiiiiio carlilagineux, siibcrélact', ('lastiiiue, légèremi'iil iliapliane, olïrani vers le tiers antérieur une dilatation oblongiie, aplatie, assez régu- lièrement découpée et roinine crénelée sur les bonis, fortement courbée dans le sens longitudinal. Cette dilatation embrasse étroi- tement une petite masse pulpeuse, contre laquelle sont appliquées les découpures marginales. La portion anli-rieure au nodus porte quatre lamelles longues, étroites, iormant quatre gouttières; une section transversale donne la figure d'une croix de IMalte. En arrière du ?îO(fi(.s, le spei'nialopliore, plus long et plus grêle, l'orme un tube ("Iroil, terminé par uu faible renilement (Moquin- Tandon)(l). Hélix pomatia. — I.e spermatopliore de l'C .Molliis{pie est plus dévelop|)é que celui de l'espèce précédente. L'extrémité antérieure est assez épaisse , aiguë ; le nodus commence un peu plus en avant ; il paraît plus large, plus aplati, et les deux rangées de den- liculalions mar^;iiiales sont plus acérées et plus fortes i Lister) (2). Hélix nemoralis. — Chez cette espèce, le spermatopbore est long, atténué aux deux extrémités, renflé vers sa partie moyenne et antérieure. Le nodus mesure les deux cinquièmes de la longueur totale du capreoliis (dont la partie anli'rieure n'a alors qu'un cin- quième , et la partie postérieure les deux derniers cinquièmes) ; il est fusiforme; son diamètre alleinl jiis(|irà 3 millimètres; ses parois sont molles, distendues |>ar un liquide blanc, savonneux, qui, ajirès (puïlipjcs instants d'exposition à l'air, devient jaunâtre. C(!lle teinte, qui n'existe que dans le not/u*, le fait voir terminé en pointes très lines à ses deux exliémili's. (1j l.ongiipur lolale du spermatopliore, 107 millim.; rie la partie anlorieure, îi'i; noduf. M: parlic poslérieure, 70. Largeur de la panie anlérlcurc, 0,33 ; rio(/uii, 1 ,'iO ; parlie poslérieure, 0,25. (2j I.oiif^ueur totale du spernialophore, M'o-VM) iiiiiliin. ; ilo la partie anté- rieure, 27 inilliiii. 37â p. FiSCUER. — ÉTUDES Le sperm.itopiiore se termine en arrière par un [irolongement très mince, creux, se contournant sur lui-même, dès (pi'il a été extrait des organes. Examiné à nn fort grossissement, ce corps a l'aspect d'un cylindre, porlant à l'extéricnr (|ualre arêtes vives, diaplianes, d'une minceur extrême. Sur le nodiis, ces arêtes sont un peu effacées, et une cou|ie transversale, faite sur ce point, donne une figure ellipsoïde, comprimée latéralement. Les parois sont char- gées de stries longitudinales et de cannelures très fines. Une coupe laite en avant ou en arrière du nodus présente une circonférence et quatre ailes en croix. Après f|uek|ues instants d'exposition à l'air, le nodus s'aplatit ; les autres parties gardent leiu' forme primitive, mais se contour- nent davantage. Le caractère important de ce spermatophore est l'absence com- plète de denticulalions , la pn'sence de quatre arêtes sur toute sa longueur , enlin le grand développement du nodus yi). Hélix vermiculala. — Nous ne savons rien de parliculier sur sa structure , mais son existence a été constatée par Draparnaud. Hélix arbustorum. — Son capreolus a été observt's très impar- faitement par Nitzch (2), (pii le décrit comme un corps roide, fili- forme, semblable à une soie. Retiré de l'organe génital, il paraît fusifornie, et terminé par deux extrémités grêles, pointues, for- mant un simple pas de vis à l'endroit où elles naissent de la portion médiane. Comme on le voit, cette description a besoin d'être appuyée sur de nouvelles observations |iour èlre acceptée scientifiquement. Hélix pisana. — (ÀMIe espèce est une de celles qui sont ab.so- lument dépourvues de spermalopliores. Nous avons séparé des individus accouplés un très grand nombre de fois et avec la plus grande précaution , sans avoir jamais pu apercevoir trace de ca- preolus. Les tIelLv rotundata, lenlicula, fruticum, sont dans le même cas, d'après Moquiii- Tandon. (1) Longueur totale, 30 à 50 millim.; de la partie antérieure, 1 ; du no- dus, 20 ; de la partie postérieure, 20. Largeur du nodus, 2 à 3 , (2) Cité par Moquin-Tandon, Hist. nat. Uoll. SUR LES SPEKMATOPHORES DES GASTEROPODES PULMONÉS. 375 Genre Bulimus. Bi'LiMi's aculvs. — Filnmonf crislallin , Ininsparent , très allongé, minco, cassant vers l'exlréinilé postériciiro, tlexible vers l'anlérieiire , mais pendant (jiielques minutes seulement. Sa lon- gueur peut déliasser les deux liers de eelle de la cmjuille. A la loupe, on remarque plusieurs lignes ou siries longitudi- nales, et sur le côté eonvexe une suite de deuliculalions triangu- laires 1res acérées, quelquefois bifides, au nombre de cent environ. Le diamètre est à peu près égal partout; eepcndant la portion introduite la première dans l'organe l'emelle est plus volumineuse que celle qui suit. Il n'y a p;is, ■■\ propii'meut parler, de mxlus ; l'extrémité posté- rieure se Icrmine [lar une pointe très aigiii'. Quelque soin ijue l'on apporte à retirer le spemiatophore, il est rare (pie les légumenls ne soii'iil pas déchirés \mx les pointes de la région dorsale, qu'on trouve elles-mêmes émoussées ou détruites, surloul aux deux extrémités. l.ccapreotus de cette espèce (qui, par son organisation intime, se rapproche des Hélices a |ilus de rapport avec celui des Arions, ii cause de son unique rangée de spinules et de l'absence d'un norfus bien earaelérisé (1). S IV. lin ii'sumé , les diverses variétés observées jiiscpi'à présent dans ces corps .se réduisent aux suivantes : 1° IVodiis |ircccd(' cl tern'iri(' par une partie effîh'c; par consc- (luent, siibriK'dian Ilclix . ^° Noilus non précédé d'inic partie cl'lili'c : par conséquent, anli'i'iciu' [Piinnacella, Pellella? . 3" Pas fie nndus bien marqué, tue rangée de denticiilalions dorsales Àrion, Ihdimus). (1) Longueur totale,? à 10 millim.; fif;iirépl. 7, fig. 6, dans ./ouni. concAj/l., t. V(4 856). o7G p. FISL'UER. KilDllS Nous raiigeoii:i ces l'ornies dans le tableau ci-dessous SPERMATO- . à deux rangs de den-) Hélix as;jers«. ! Un iiodi/s i submédian. , liculalions (et pomaiia. iljjen ) '.à quatre arêtes . . . Hélix nemoralis. marqué (antérieur i '"'-'««'é Pahmacella. '( presque lisse .... Limas, Peltella. Pas de «od«s évident. . f P'"%l'"-g« «" "^ant- Buumus ac«(Hs. \ (plus large en arrière. Arion rufiis. § V. Après l'étude de la (briue vient celle de la composition. La structure du capreolus est semblable à celle de plusieurs cor[is qu'on peut regarder comme accessoires ou accidentels chez les Mollu.sques : tels sont les dards des Hélices, les pyramides cristal- lines placées sur la muqueuse stomacale des Aplysies. la tige cristalline qu'on rencontre dans le caecum, l'estomac ou l'intestin des Acéphales Dimyaires, elc. Chez les Vertébrés, le corps qui est le plus analogue au spermatophore, est le cristallin. Il est inutile de dire qu'on y chercherait en vain des traces de vaisseaux. Ces corps ont une existence temporaire ; ils peuvent être détruits , lancés au dehors ; leur reproduction est facile et rapide. Les otolithes des Mollusques paraissent également avoir la même composition, quoique r(''lément calcaire y soit plus abon- dant. Nous en dirons autant des aiguilles calcaires répandues si abondamment dans les téguments des Nudibranches, et qu'on a retrouvées chez les Gastéropodes Icrresirescl fliiviatiles. Le spermatophore est composé d'albumine coagulée et d'une petite quantité de carbonate de chaux. L'acide acétique, l'acide azo- tique lui font faire effervescence. L'albumine chez les Parmacelles est étendue en plusieurs couches iju'on peut reconnaître en plon- geant le capreolus dans l'eau chaude. Exposé à l'air, le capreolus se tord , se dessèche , devient fra- gile; son nodus garde [ilus longleuqis sa souplesse; placé dans un milieu humide, il conserve sa llexibililé, son claslicilc. Après l'a- voir fait sécher, on peut lui rendre ses propriétés en le fiiisant ma- cérer dans l'eau. Chez les animaux qui le renfermaient au moment SLK LES Sl'EliMATOPHORKS DES «ASTÊHOI'OUES PULMONÉS. 1^77 OÙ ils ont été capturés et mis dans l'esprit-de-vin , le s|iiM'inato- phore ne se durcit pas. Il est introduit dans l'organe femelle de telle façon, que lors- qu'il est pourvu de spinules. elles sont dirigées d'avant en arrière. On constate alors ce qui arrive quand on introduit dans sa manche un épi de blé par sa partie inférieure ; les moindres mouvements le font avancer, même lorsqu'on t'herche à s'en débarrasser, et en voulant l'extraire trop brus(]uement, il se rompt, ou déchire les tissus. Pendant l'accouplement, les animaux sont agités de mou- vements convuisil's du système génital , qui doivent exercer une influence nianil'este sur l'introduction du spermato|)hore. §VI. Le rôle physiologique du capreolus mérite d'être étudié. Po- sons d'abord en principe qu'il n'est pas absolument nécessaire à la fécondation, puisqu'un ceitain nondtre de Gaslf'ropodes andro- gjnes, à orilices contigus, en sont privés. IJans l'acte reproduc- teur, il doit rendre l'union sexuelle plus intime et plus efficace, en empêchant la séparation trop brusque des animaux. Chez les Hé- lices ipii sont dépourvues de ce corps accessoire, la verge et l'ori- fice femelle sont dans un état de turgescence excessif, et l'on dé- chire les organes plutôt qu'on ne les sépare (Hélix pisana). Chez les espèces munies de sperniatophores, la turgescence de la verge est moins maiipu'c, mais le capreolus, rempli de sperme à sa partie nodale, dilate la verge considérablement, et représente à nos yeux fquant à ses usages/ les corjis caverneux des animaux supérieurs. Outre cette l'onclion, le spermatophore en remplit une autre tout aussi importante : il assure l'arrivée de tout le sperme dans la poche co[)ulatrice; celui-là, pressé jiar lesoi-ganes, sortira peu à peu de son enveloppe par une des extrémités, et fécondera les ovules au passage. Le capreolus reste plus ou moins longtemps dans cette poche. Les s|)eiinalo/.oaires, à l'abi'i du contact de l'air, et soumis à l'in- lluenic d'une li'mpi'-ratui'e ( onveiialile, conservent leur mobilité, et par i(jnséqni'ul li ur a|)lilude à la fécondation. Peu à jicu , à la 378 p. FISCOEU. ÉTUDES suite des nimivements de contraction des viscères , de l'action d'un liquide spécial très abondant à cette époque, ou enfin de la diminution de volume des organes génitaux, après raccou|)lement et la saison des amours, el du retrait de leurs parois , les éléments du spermatophore se désagrègent, se brisent, se dissolvent, dispa- raissent, el le sperme s'échappe de sou réservoir ou nodus, soit par la destruction de celui-ci, soil par une simple pression, qui lait couler la liqueur fécondante par ses extrémités. Chez les Hélices, il y a presque toujours desiruclion partielle ou totale du spermatophore, car ou n'en retrouve plus que de minces fragments peu de temps après la copulation ; chez les Arions, Li- maces, Parmacelles, le nodus reste très longtemps intact. §VII. Ici vient se placer un fait intére-ssant et dont l'explication pré- sente au premier abord (pichpios difficultés. L'époque qui sépare l'accouplement de la ponle est des plus variables cliez les .Mollusipics lerreslres, et l'on voit souvent, après un seul accouplement, plusieurs pontes successives séjiarées par des intervalles éloignés. Cela provient sans doute de l'inégalité du teiniis nécessaire à la desn-uclion du spermatopliorc ; ccl acic s'ef- fectue à diverses reprises, el la fécondation dure [ilusieurs jours, à cause de la sortie très longue du sperme de son canal temporaire. Il y a donc des fécondations plus ou moins éloignées après un seul accouplement, et par conséquent des pontes éloignées entre elles. Le sperme des (gastéropodes peut conserver très longtemps ses propriétés vitales, après son expulsion de l'organe mâle, lorsqu'il est déposé dans la [lOche copulatrice. La suspension d'une parlie des fonctions organiijues, dans le sommeil spécial aux Gastéropodes terrestres (1 j, ne porte pas atteinte aux spennatozoaires, (pielque prolongé qu'il soit. La science s'est enrichie rccenunent de faits bizarres , qui ne peuvent s'expliquer que de celte façon : ainsi, M. Gaskoin cite (1) Fischer, Mél. conehyl, p. 29 (1863). SLR LES SPERMATOPHORES DES GASTÉROPODES Pl'LMONÉS. 379 une Hélice adulte, séiii'estrée, ijui, après une hibernation de quatre ans, a [londii une trentaine d'œufs. Les spermafophores n'existent que dans la saison des amours. A cette cpof|ue, de prrandes modifications ont lieu dans les organes génitaux : l'organe de la glaire ou glande albuminipare devient énorme, à tel point que nous l'avons vue remplir les trois quarts de la cavité abdominale i Testacella) ; la matrice, la verge, la poche copulalricc, sont turgcscenles, d'un blanc laiteux, résistantes au toucher ; la poche du dard (Hélix) s'agrandit pour sécréter les tela veneris; chez les Pariuacelles, on voit sortir, près de l'orifice femelle, un repli membraneux, élargi, très développé, comparable à un clitoris l'ii; enfin chez les ,Mi)llus(pies que nous avons étudiés, le sperrnatophore se constitue. Les auteurs sont en dissidence au sujet du lieu où il est formé, et la questi(Mi présente en effet de grandes difficultés. Ce corps n'a [las d'adhérences; sa longueur est considérable; enfin il est muni de pointes, d'arêtes caracli'ristiques. Sicbold .se demande si les vésicules muqueuses ou multifides des Hélices ne sécréteraient pas une substance coagulable qui en- vclop|ierait le s|ierme au moment de la fécondation. M. iMoquin- ïaudon croit que le s|iernia1ophorc est fiu-mé par cet ajipendice souvent considérable de la verge, pourvu d'un uuiscle rétracleur et désigné sous le nom de flagellum. Il ajoute avoir trouvé sur des Hélices des sillons quadrangulaircs à la base du flagellum et cor- respondant aux arêtes du cupreolus. Ces deux opinions, ipioifpie soutenues par des savants d'un mé- rite incontestable, peuvent cire discutées; cai- les ^rion, Peltella, Parniacella, sont privés à la fois de vésicules nuiqueuses et de flagellum. jNe pourrait-on pas admettre avec plus de justesse que le spci-nialophore est formé dans le, canal déféri'ul hii-mème, .soit dans .sa portion adhérente à la matrice, soit dans sa portion libre. Nous savons que h; s|)ermatopliore ne se montre que (juel(|ues instants après rintroduetion de la verge dans rorilicc femelle, par conséquent sa partie anti'TifMrc est .sécrétée d'abord; plus tard, (t) Fisctier, Uél. cmehyl., p. 48, pi. », ûg. la. 380 p. FISCBER. — ÉTLUES quand le sperme arrive dans le canal, il est enveloppé par le nodus, (jui se moule sur les parois du canal dilatées par les sper- malozoaires ; enlin celles-ci, continuant leur sécrétion, terminent le nodus, et forment l'appendice postérieur liliforme. Chez les espèces à nodus antérieur (Bulimus, Parmacella) ou sans appen- dice bien marqué (Àrion) , la sécrétion du capreolus ne com- mence qu'au moment où le sperme arrive en grande quantité dans le canal déférent. La formation du Spermatophore n'a pas lieu de toutes pièces; nous ne pensons pas que dans toute la longueur du canal il y ait exsudation inslanlanée d'albumine; nous sommes porlé à croire plutôt que de nouvelles couches s'ajoutent d'arrière en avant, à mesure que la partie antérieure est poussée par les con- tractions musculaires du canal déférent dans sa partie libre), el de l'organe femelle, lorsqu'elle y est engagée. D'où viennent les éléiucnls dont le capreolus est compusi'? On sait qu'il y entre princi|)alcment de l'albumine, et cette matière existe en grande abondance dans la plupart des glandes des Mol- lus(|ues : glandes mucipares, ]ioche du dard, poche copulalrice, etc.). Mais nous trouvons sur le Irajet du canal déférent une glande dont l'usage esl peu connu, et qui est très développée à l'époque de l'accouplement; c'est la glande albuminipare, ou organe de la glaire, queCiivicr regardait comme un testicule. On a pensé qu'elle foiu'nissail une enveloppe albumineuse aux ovules lors de leur passage, soit que cette albumine fût nécessaire à la constitution organique des ovules, soit qu'elle jouât le rôle d'une matière des- tinée à faciliter leur trajet en lubrihant les parois de la matrice. Ce serait alors un corps analogue à la synovie des animaux supé- rieurs, ou plutôt aux produits de sécrétion muqueuse de la matrice et des trompes, etc. Nous ajouterons iiu'elle peut très bie fournir au sperme l'enveloppe albumineu.se (|ui le renferme, et rien, dans la disposition anatoniique de cette glande, ne prouve qu'elle appar- tienne plutôt aux organes femelles (|u'aux organes mâles. Coinme on le voit, il reste encore dans cette partie de nos études quelques recherches à faire. Nous pensons que les nalin-alistes auront à observer des détails intéressants , en s'oceupant d'un SLR LES SPEP.MATOPHORES DES GASTÉROPODES PILMONÊS. 381 sujet que l'on peut considérer, pour ainsi dire, comme neuf. Il faudrait suivre avec soin la série des Mollusques terrestres andro- ■iyiM's à orifices conligus, cliez lesquels, jusqu'à jirésent seulement, on a trouvé des spermatopliores. Les Gastéropodes pulmonés tluviatiles à orifices génitaux sé- \)ari-s Planorbis, Limnea) ne nous ont rien offert qui ressemblât à un capreolus. 11 en est de nicme des Pulmonés operculés à sexes séparés (Cyclostoma), Chez ces derniers, l'accouplement se fait sans (|u'il y ait union bien intime; au moindre attouchement , les animaux se séparent sans effort. On conçoit que la fécondation ne doit pas être aussi parfaite que chez les Hélices, par exemple. Il faut dire aussi que les Cydostomes s"ac(^ouplcnt sans cesse dans la sai.-;on des amours, et qu'ils suppléent, par le nombre de fécondations, à la difficulté pour eux dim rapiirochement intime et prolongé. FIN DU SEPTIÈME VOLUME. PUBLICATIONS NOUVELLES. Leçons sur la physiologie et Fanatomie comparée de VHomme et des Animaux, ^arU. Milne Edwards, 3' volume, 1" partie. Cette nouvelle livraison a paru récemmenl, et contient : 1° l'historique des découvertes relatives à la circulation du sang chez l'homme et les divers ani- maux; 2" l'étude anatomique et physiologique de l'appareil irrigatoire dans les diverses classes d'animaux invertébrés. Contributions lo the Nalural Uistory of ihe United States of America. — Matériaux polir servir à l'histoire naturelle des États-Unis d'Amérique, par M. Agassiz, l" partie, 2 vol. in-i. Boston, 1857. Ce bel ouvrage, exécuté avec un luxe remarquable, ne pourra manquer d'in- téresser vivement les zoologistes. Dans une première partie, M. Agassiz expose l'ensemble de ses vues sur le mode de constitution du Règne animal, sur les rapports naturels qui existent entre les différentes espèces dont ce groupe se compose, et sur la classification à l'aide de laquelle on peut représenter de la manière la plus vraie les divers degrés d'affinité zoologique qui existent entre tous ces êtres. Dans la seconde partie, il prend, comme exemple de sa méthode, l'ordre des Chélonieiis, et fait l'histoire des Tortues d Amérique. Enlin, dans la troisième partie , il traite de l'embryologie de ces Reptiles. Cet ouvrage est accompagné de 3i planches in-i". Le succès que cette grande publication obtient en Amérique prouve combien l'étude des sciences naturelles s'étend dans ce pays. La liste des souscriptions se compose de 2S00 noms, qui appartiennent presque tous au nouveau monde. Histoire naturelle des Lépidoptères, par MM. Bois-Di'val et Gcénée , t. IX et X.Paris, 1857. Cette nouvelle livraison des Suites à Buffon de Roret contient une monographie des Uranides et des Phalénites par M. Guénée ; de même que les autres parties de ce travail déjà publiées, c'est un species très complet. Elle est accompagnée de 22 planches. Essai sur ta faune de l'île de Woodlurk ou Moiou, par le P. Mont- RotziEB, missionnaire. Partie ichlliyoloi^ique, revue parM. Thiollière. In-8, Lyon. Cet opuscule, extrait des Artiiales de la Société d'agriculture et d'histoire na- turelle de Lyon, contient la description d'un assez grand nombre d'espèces nou- velles appartenant presque toutes à la division des Poissons osseux. TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLDME. AKIMAIIX VERTÉBRÉS. Études sur le conarium et les plexus choroïdes chez l'homme et les animaux, par . E. Faivre 52 Mémoire sur la structure intime de la moelle épinière, de la moelle allon- gée et du pont de Varole, par M. DK Lenhossék 237 Monographie de lii l'amille des Ostracionides , par M. Hollard. . . . 121 De la détermination de quelques Oiseaux fossiles et des caractères ostéolo- giques des Gallides, par M. Blancbaiii) 91 AKIIMAUX INVERTÉBRÉS. Histoire de l'organisation et du développement du Dentale, par M. Lacaze- DcTHiERS. iSuile.) !1, 171 Éludes sur lesspermatophores des Gastéropodes Puluionés, par M. Fischer. 367 Note sur les organes buccaux des Masaris, par il. DE Saussdre. . . 107 Note sur quelques Insectes des grottes de l'Ariége , par M. Lespès. . . 277 Mémoire sur l'hypermétamorphose et les mœurs des Méloïdes , par M. Fabbk -299 Observations sur des œufs d'Insectes qui servent à l'alimentation de l'homme, par M. 'Virlei d'Aoust et par M. Guérin-Menneville. . 366 Observations sur quelques Cercaires parasites de Mollusques marins, par M. Lespes 113 Note sur une nouvelle espèce du genre Echinobolhryum, par M. Lespès. 118 Note sur l'appareil gastro-vasculaire de quelques Acalèphes Cténophores, par M. MiLNE Edwards "285 Publications nouvelles 120, 256, 381 TABLE DES MATIERES PAR NOMS d'auteurs. AcABtiz. — Sur l'histoire natu- des substances toxiques {An- relie des États-Unis {An- nonce) 120 nonce 382 AtLidA!!. — Monographie des l'o- hzoaires d'eau douce [Aii- nodcc) 256 Behoaro. — Leçons isur les effets Bl^Eï. — Mollusques terrestres du l'Amérique septentrionale (/Innotice) 256 Blasciiarii. — De la détermina- tion de quelques Oiseaux ios- TABLE DES PLANCHES. 384 siles et des caractères ostéolo- giques des Gallides ... 91 DiEsiNG. — Description de Né- màloiàes [Annonce]. . . . 120 Edwahds (Mil>e). — Note sur l'appareil gastro-vasculaire de quelques Acalèphes Cténo- phores 2Sb — Histoire naturelle des Coral- liairts [Aimonce'j S.'ie . — Leçons sur la physiologie et l'a- natoniie comparée delhonime et des animaux (Annonce). 25R, 382 FiiBnE. — Mémoire sur l'tiyper- métamorpliose et les mœurs des Méloïde.s 299 Faivke. — Études sur le co- narium et les plexus cho- roïdes chez l'homme et les animaux 52 FiscBER. — Éludes sur les sper- matophores des Gastéropodes Pulmonés 367 FiTcii. — Rapport sur les In- sectes nuisibles [Annonce]. . 256 GiÉRiN. — Sur des œufs d'In- sectes qui servent à lalimen- tation de l'homme. . . 36fi GuÉNÉE. — Histoire naturelle des Lépidoptères (/Innoncf). . 382 HoLLABD. — Monographie de la famille des Ostracionides. . 121 Lacaze-Ddthif.iis. — Histoire de l'organisation et du dévelop- pement du Dentale. . S, 171 Leshos.sék. — Mémoire sur la structure intime de la moelle épinière, de la moelle allongée et du pont de Varole. . . 257 Lespés. — Observations sur quelques Cercaires parasites des Mollusques marins. . . 113 — Noie sur une nouvelle espèce du genre Echmobothrytim. . 118 — Note sur quelques Insectes des grottes de l'Ariége. . . 277 MoBins. — Sur les perles [An- nonce] 256 MoNTuouziEii. — Faune de l'île Woodiark [Annonce). . . 256 PiciET et HiMBEBT. — Descrip- tion d'une Émyde du terrain jurassique [Annonce). . 120 RoLLET. — Recherches sur la structure des fibres muscu- laires (^)inonce) 120 ViRLET. — Sur des œufs d'In- sectes qui servent à l'alimen- tation de l'homme. . . . 366 Vbulik. — Recherche anatomi- que sur le Dendrolobus i.ln- notice) 120 Saussure. — Note sur les or- ganes buccaux des Masaris. 107 TABLE DES PLANCHES RELATIVES AUX MÉMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. 1 . Lèvre des Masaris, Echinobollinjum buccalr, Cercaires, 2, 3, 4. Organes de la circulation du Dentale. 5. Organes génitaux du Dentale. 6. Embryologie du Dentale. 7. S, 9, 10, 11, 12. Osléologie des Oiseaux. 13. Écailles des Ostracionides. 14, 15, 16. Système gastro-vasculaire des Acalèphes Cténophores. 17. Hypermélamorphosedes Mélo'ides. Insectes des grottes de l'Ariége. FIN DE LA TAULE. .'Jn/t- t/tv Scilefu> na£^ ^^Scric'. y_7, /fvw (A's J/f/.ui/'i.r . /trtii d*j Jfunc itaf 4 ' St'rtt Zoo/ Tenu - F/ Z. JfLM ad niit M Organes de la circulation du Dentale . ^':*L H.f'°''- Zml Tome - fl 3. -içmsm^' Organe.^ île la araiùifum et de ài rxjpirafyvn du Dmfnk ^ (* 7 Ann des SciciK naf 4'Scrit 7.nol Tome " Ft A :|ï>'^'^ ^; ri/r-i :^. • 5: ^ NIJ) ,.<(■ >u,t dJ Ûrqanij: de lu cinnlaùon lùi Dentale J . Zooi. Tome 7. FL. ê. 3 âàk>,^^-^'^- -t^s > -T'^ •^i ■v.v ^N ) A ) Aiuiedi-af/ie xe Ch-f/a/ifi}- ^fV///:tz/Ar i/// Pc'^fM/e ■ I J- A .Inn^ .^ Sc^^ic. nat'- v '"'^jvv^'. Zool-. Tirniic 7. 1*1 , ■. ^'^' W /.^.Kd.fmt. tfW^. ^//f^fv/(ft/c'me ^/^^ y^e/i/a/e . N Jùmi-nJ cfft/' '- ytej//zy/0(/r/i/i' t/// /^/'/v/v/^' \*iimf y A"!^*/ r«y r lifi//f Ai(ra/>i.fi-.if Jltri^- -^/ï>ï.,/(V Scie^iC' ftit^.. 4'Sare&. ^o^i. Tom.. 2 M.ç. ¥■ :.a^ ^- a^ '}':à kVl^UL/y' : U ff /- ff ,xJ. nut. ^/. £f^i^7^o^^c/i£c J/i y?c^i/a/e . \( - X ntJnoi,.{ tm^ r Ft-^iSt^ Xjù-i^^e^jS Jiu-U l^i: ...,o^ ^n/t Jea Sricnc nul ^' Sê^ic . y.ovl. Tenu y. J'i K / ./<•.'" ^Wfivii- n.^/ A' Sf'/- Zool Tome j. PL jj >.J^ / \ ,7 \ r Wf ''\j) i„V ^A v/co/o t/fC t/cj- ÛéSi .Y /{fmanii urif r t'ifilf^ f.'jtm/'/liff j /ut. s fton^-nj